Le passage au Musée de Mulhouse à l’occasion de notre article sur la Bugatti Royale fut l’occasion de nous replonger dans les modèles de la marque de Molsheim et en particulier les derniers. Car il ne faut pas oublier que la première période de l’histoire de Bugatti ne cesse officiellement qu’en 1963. Et entre les années 30 et cette date, quelques modèles méconnus ont été produits. On va vous en parler cet été en quatre épisodes et on commence avec la plus ancienne des 4, la Bugatti Type 73, la dernière voiture d’Ettore.
Bugatti au moment de la guerre
Au milieu des années 30, la marque Bugatti possède une vraie gamme. Côté course, on trouve la Type 59. Côté sport on a la supercar de l’époque, sur la fin, la Type 55. LE modèle de route, c’est la Type 57 qui se décline en Coach Ventoux, en cabriolet Stelvio et en Berline Galibier en plus des modèles plus exclusifs. Les dernières autos sortent en 1940, quand la guerre rattrape Bugatti.



Avant que le conflit n’éclate, on a travaillé sur la remplaçante de la Type 57. C’est Jean Bugatti qui est aux manettes de la firme depuis 1936 et qui planche sur la Type 64 dont l’étude s’arrête en fait quelques semaines avant le conflit. Le nouveau patron, qui est aussi ingénieur et dessinateur des autos est occasionnellement pilote d’essai des nouveaux modèles. La Type 57 G Tank a remporté les 24h du Mans 1939 et il l’essaye en vue du Grand Prix de la Baule quand il se tue à son volant le 11 Août 1939. Un cycliste lui coupe la route et, pour l’éviter, il sort de la route, percute un arbre et décède.

C’est le point de départ de ces soubresauts. Alors que la 57 est encore en production, seule, et que la guerre est déclarée le 1er Septembre 1939, Ettore Bugatti reprend les commandes de Bugatti tout en formant son jeune fils Roland qui n’est alors âgé que de 17 ans et qui n’était pas destiné à tenir un rôle automobile.
En Mai et Juin 1940, la France est envahie. L’armistice signé en Juin pose un énorme souci à Bugatti. À partir du 20 Juillet, le pays se retrouve découpé et l’usine de Molsheim se trouve dans les départements (Haut Rhin, Bas Rhin et Moselle) directement annexés à l’Allemagne.
Bugatti se replie alors à Paris dans l’usine du 17e arrondissement. Cette usine n’est pas réellement automobile puisque c’est là qu’on a assemblé les moteurs des Autorails Bugatti (avec 4 moteurs de Bugatti Royale) puis qu’on a étudié et construit le légendaire avion Bugatti-De Monge 100P.
Là, quelques modèles automobiles sont étudiés. En 1943 on propose aussi un mini roadster au 4 cylindres de 370cm³ et seul ce moteur de ce Type 68 est finalement construit. Les Type 70, 71 et 72 ne sont que des études de moteur. Une autre auto, plus grosse est mise en chantier.
La Bugatti Type 73
L’avenir de la marque sera cette Bugatti Type 73. Elle aussi est étudiée à partir de 1943. Son moteur devra être l’avenir de Bugatti. Comme Renault (qui œuvre sur la 4CV pendant l’occupation), la marque se tourner vers l’avenir et va miser sur un moteur bien plus petit. Finis les 8 cylindres en ligne qui ont fait son succès et retour aux 4 cylindres qui ont animé les premiers succès de la marque.
Ce moteur est ambitieux. 1,49 litres de cylindrée et va pouvoir se décliner en deux versions avec simple ou double arbre à cames en tête et le moteur aurait dû recevoir un système de soupapes hydrauliques, un brevet est même déposé.

Le châssis est également étudié. Quand les 57 se basaient sur un empattement de 3,3m, la Bugatti Type 73 sera bien plus petite et se contentera de 2,6 ou 2,4m. Les études sont forcément très lente puisqu’elles se font dans le plus grand secret.
À la sortie de la guerre, un châssis motorisé est prêt. #73001 part chez Pourtout pour recevoir une sa carrosserie et on se prépare à la dévoiler. Le 21 Août 1947, Ettore Bugatti décède à l’âge de 65 ans à Neuilly-sur-Seine et ne verra jamais la présentation de sa dernière création. Celle-ci est dévoilée lors du salon de Paris 1947.



La Bugatti Type 73 fait forte impression dans un salon qui expose aussi de nombreux modèles qui rentreront dans l’histoire automobile française. La voiture reprend un style totalement nouveau, très art déco, mais. Son pare-brise est en deux parties, ses montants volumineux. Son pavillon est arrondi, ses phares intégrés entre ailes avant et calandre. La calandre, justement, est inclinée et plus droite comme sur les Type 57. Elle préfigure donc les future Bugatti de l’après-guerre.
Une seconde Bugatti Type 73 existe, une 73C. Le moteur reçoit alors un double arbre à cames en tête et un compresseur. Une carrosserie de monoplace de compétition existe et la voiture a roulé durant l’année 1946. Au moment où la Bugatti Type 73 est présentée, il existe donc 4 autres châssis avec ce moteur à 16 soupapes dont celui carrossé.
Las, la Bugatti Type 73 ne sera jamais mise en production. Celle qui devait relancer la marque est oubliée, mais pas pour tout le monde.
Épilogue
Le projet de Bugatti Type 73 arrêté, Bugatti se retrouve attaqué en justice ! Serge Pozzoli a commandé deux exemplaires de la version course qui ne seront jamais livrés. Il traînera la marque en justice et obtiendra des dommages et intérêts !
La Bugatti Type 73 Pourtout, la version de route, finira par arriver dans la collection Schlumpf et c’est grâce à cela qu’elle est la plus connue des 73.
Concernant les versions de course, deux châssis de Bugatti Type 73C sont rachetés par Jean de Dobbeleer (concessionnaire Bruxellois de Bugatti) en 1960. Les deux serviront de base à des reconstructions de la monoplace sur des dessins originaux mais différents.


Enfin, un châssis a fait parler de lui il y a quelques années à Rétromobile 2022. Le moteur a pu être remis en route et la voiture fut ensuite carrossée avec un dessin qui était jusqu’ici inconnu. En fait, ce dessin fut envisagé pour l’auto et réalisé par M. Macoin, ancien de chez Bugatti. La superbe auto existe désormais… et chacun est libre de la juger par rapport à la Pourtout.







La suite ? C’est la Type 101 et c’est par ici :
Photos additionnelles : Dave Hamster Wikimedia Commons et Automobileweb

Gougnard
très jolies ces Bugatti bravo et merci Benjamin
· · 28 juillet 2025 à 15 h 23 min
Brigitte Fruncillo
À bon entendeur Bugatti c’est italien c’est pas français c’est un italien qui a créé la marque arrêter de dire que c’est français ce sera jamais français c’est italien et basta
· · 31 juillet 2025 à 19 h 26 min
VANARET François
Ettore était milanais, il a obtenu la nationalité française en 1946, mais la marque Bugatti était FRANCAISE, après avoir été créée en Alsace qui faisait partie de l’empire allemand en 1909.
· · 7 août 2025 à 10 h 26 min