Rallye de la Chaume 2019 : pour une première…

… eh bien c’était une bien belle première ! En effet, alors que l’on s’est habitués à les voir organiser le Rassemblement Mensuel du Prieuré des Sables (dont on avait parlé ici et ici), les 3 Mousquetaires (Franck, Martial et Stéphane) ont cette fois rassemblé leur équipe pour organiser leur premier rallye touristique, le Rallye de la Chaume. Retour sur une recette quasi-parfaite…

Instant édito

Avant de parler des autos qui ont garni le plateau (et je peux vous dire qu’il y aurait de quoi garnir des pages et des pages si nous étions un journal), je vais me permettre de vous parler de qui, pour moi, fait toute la force de ce genre d’événement. Qu’on les appelle Rallye de la Chaume, Route des Châteaux (racontée en 2018 et 2019), Rallye des Givrés (idem pour 2018 et 2019) ou que sais-je, la philosophie reste la même : revenir aux fondamentaux de ce qu’est la passion de l’automobile ancienne… et la recette n’est pas si compliquée de prime abord : prenez une bande de copains, deux ou trois sponsors pour payer le café, des routes plus sympas les unes que les autres, une bonne table pour le repas… et c’est tout ! Vraiment !

Tout le reste est un risque supplémentaire de polluer cette passion brute : introduisez un engagement à prix prohibitif et vous obtenez une “élitisation” de vos participants ; portez-y la notion de classement aux nues et vous prenez le risque de faire tomber le pilier “convivialité” de l’événement… bref, à trop vouloir en faire, ne tombons-nous pas (par nous, j’entends “les organisateurs”) dans la mécanique inverse à celle qui nous animait jusque là ? Je mets, volontairement, les rallyes “gourmets” (comme ceux de l’ami Alexandre) et les rallyes au long cours de côté (on pensera notamment au travail de Yann sur le Babyboomer’s raconté avec brio par Fabien) : les besoins et prestations ne sont évidemment pas les mêmes et n’incluent pas la même “gamme de services” il serait donc malvenu de les analyser sous la même loupe… Parenthèse close, mais elle me semblait avoir son importance, notamment pour comprendre ce qui va suivre !

Demandez le programme !

Comme tout bon rallye touristique qui se respecte, c’est autour du café et du petit-déjeuner que les équipages se retrouvent. Pas de chichi, Super U ouvre ses portes pour servir les équipages, on range les voitures, on discute, on commence à s’inquiéter de ce que les organisateurs ont concocté comme vacheries sur le parcours… et pendant ce temps, les autos se dorent la pilule !

Et quel plateau ! Sur 32 équipages au départ, ce sont quelques pièces inhabituelles et de toute beauté que l’on va voir évoluer… en voici un premier tour d’horizon : entre Alpine, MG “Q-Type” et autres Mondial, on y croisera même un Z que les lecteurs assidus auront reconnu (hum hum pour les autres, c’est ici que ça se passe)…

Puis vient ensuite la route en elle-même… et les Pays de Loire ont cette force qu’on y trouve des routes de toute beauté : pour dire, il est possible de faire Guérande – Les Sables d’Olonne pratiquement sans quitter la mer des yeux ! La fine équipe en aura jouer. Mais, partenaire oblige, la journée aura été rythmée par les agences L’Adresse.

Première pause pour les participants du Rallye de la Chaume, au bout d’environ 1h00-1h30 de route sur la place de Brem-sur-Mer. Après avoir arpenté la côte, la forêt puis les marais, il est temps de se retrouver une première fois tous ensemble… et le débrief commence ! Et je vous dis pas, ces premiers kilomètres ont déjà fait un massacre au niveau des carnets de bord : il suffit de voir les autos arriver de tous côtés et le nombre de contrôles de passage à relever différer d’un équipier à l’autre pour comprendre que la correction va être faste-idieuse (sic) ! Mais le plaisir est-il vraiment dans la complétion du carnet ?

Back on the road… on attaque cette fois la montée vers le Passage du Gois (à marée basse pour l’occasion, l’affaire est bien faite) : cette fois, la plupart des équipages laissent carrément tomber le carnet de bord, roulons pour le plaisir ! S’enchaînent de nouveaux passages dans les marais, puis détour par St Gilles Croix de Vie et Beauvoir sur Mer, avant de voir gentiment pointer l’arrivée du midi au Restaurant Fleur de Sel (une très belle table dans un cadre des plus sympas par ailleurs…) !

Enfin, il est temps de garer les autos sur le green pour l’arrivée. C’est à l’heure de l’apéritif que les langues se délient pour ceux qui se sont perdus, que le souffle reprend son cours normal pour les organisateurs… et qu’on fait le point : sur les 32 voitures au départ, 1 seule s’avérera non-partante et 1 seule ne ralliera (vous saisissez le jeu de mots ?) pas l’arrivée ! Ce n’aura pourtant pas été sans peine : entre une japonaise dont les écrous inférieurs ont eu la bonne idée de se déserrer et une britannique qui, jouant avec une Mustang, rompt sa tige d’accélérateur… bref, c’est pour fêter l’arrivée d’un très bel événement que se retrouvent les équipages. Une belle première édition donc…

Mon coup de cœur du Rallye de la Chaume… et quelques mentions (plus) qu’honorables !

1936, année de l’innovation ?

Voilà bien la première fois où je n’ai absolument pas eu à hésiter pour trouver l’auto qui sera mon coup de cœur du Rallye de la Chaume… imaginez vous trouver devant une auto unique au monde, à la technologie plus que pionnière et vous rendre compte que le proprio est super sympa ? Eh bien voilà ce qui m’a décidé, je vous présente donc l’Armstrong-Siddeley de Roland, l’exemplaire numéro 1 sur… 1 !

Cette auto, c’est un bout d’Histoire à elle toute seule. Mais commençons par la présenter dans les grandes lignes. Sortie des lignes de Maltby’s en 1936, elle aligne un 6 cylindres de 2.5L développant près de 70cv et couplé à une boîte présélective Wilson qui, contrairement à ses homologues françaises de l’époque, est entièrement mécanique.

Place maintenant à ce qui fait le caractère “unique” de cette auto… l’élément le plus incroyable dans ce modèle est la capote. Ok, je sais, dit comme ça je ne vais épater personne, c’est le propre d’un roadster… si je vous dis qu’elle est à mécanisme hydraulique, commencez-vous à voir ce qui fait scintiller mon regard ? Cette auto est tout simplement la première au monde à adopter une capote à ouverture hydraulique ! Idem pour le mécanisme des portes : elles sont à ouverture antagonistes, mais sans montant central, système plutôt rare pour l’époque… et qui le restera ! Mais ce n’est pas la seule anecdote qui émaille son parcours…

Je vais vous raconter 2 anecdotes : une propre à la marque, et une propre à cet exemplaire très précisément. La marque, vous la connaissez maintenant, c’est Armstrong-Siddeley, mais avez-vous repéré le logo de la marque ? En fait, je devrais même dire LES logos de la marque… si les initiales AS sont gravées sur le bouchon essence, c’est le sphinx qui trône sur le capot qui m’intéresse le plus. Lors des essais presse de la marque en 1910 (soit dans l’année suivant sa création) un journaliste dira au fondateur que son auto dégage cette même force tranquille (silencieuse et énigmatique) que l’on retrouve dans la figure du sphinx…

Deuxième anecdote et pas des moindres, même si je n’aurais malheureusement pas d’images pour vous l’illustrer, se situe sur l’aile avant-droite de l’auto. A bien y regarder, jouant avec le soleil, Roland me montre du bout du doigt une sorte de rectangle qui transparaît sous la peinture… c’est en fait la dernière trace de la première utilité de la voiture : sa propriétaire de l’époque était homeguard c’est à dire (pour faire trèèèèès simple) un “personnel civil” de l’armée britannique qui, pendant la guerre, participait à la surveillance des frontières, amenait de la nourriture aux réfugiés, etc. Afin d’être identifiables, leurs autos étaient équipées… de porte-drapeaux dont l’embase a marqué les ailes ! Ne vous ai-je pas dit que cette auto était un bout d’histoire à elle toute seule ?

Mentions honorables : la Simca pour l’esprit, la Sunbeam pour le sport

Je ne pouvais passer à côté ni de l’une, ni de l’autre. La Simca, parce qu’elle représente un formidable exemple de ce que les petits événements permettent de voir : une auto parfaitement restaurée, finalement assez rarissime, et présentée avec son journal d’époque…

La Sunbeam, c’est le côté rallye qui vient frapper au portillon… Elle est en plus une formidable histoire de famille : Franck, sa compagne Marianna et leur fils Lorenzo étaient tous trois de la partie. Et c’est un vrai bonheur de les voir : Franck, parce qu’il est intarissable sur l’histoire du groupe Rootes ; Marianna parce qu’il transparaît autant de passion dans ses propos sur les autos que lorsqu’elle évoque la licence de tourisme littoral qu’elle prépare (comme quoi, comme la Bretagne, la Vendée ça vous gagne) et le petit Lorenzo qui démarre déjà les voitures tout seul et démonte l’indémontable ! Et le quatuor est gagnant : cette Sunbeam Rapier est un modèle incroyable avec un palmarès brillant sur fonds de Monte Carlo et de Maroc Historique… bref, une bien belle auto pour une bien sympathique famille.

Comme d’habitude, je vous laisse avec un petit folio des autos présentes au Rallye de la Chaume. Clin d’oeil à l’équipage de la Martin : faire gagner une voiture produite aux Sables d’Olonnes, fallait le faire… rdv l’année prochaine ?

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Thibaut
Auteur et Photographe à News d'Anciennes
Etudiant, copilote, collectionneur, Directeur de Course FFSA, président de l'AutoMoto Classic de l'Ouest... et rédacteur/photographe pour News d'Anciennes (depuis 2017) lorsque les évènements s'y prêtent. C'est au volant d'une 2CV6-PO de 1976 et d'une Peugeot 205 XS de 1990 que j'arpente les routes de France, au tous-les-jours comme en rallye ! Viendriez-vous avec moi découvrir ce que la passion de l'auto ancienne a de plus diversifié ?

2 commentaires sur “Rallye de la Chaume 2019 : pour une première…”

  1. Très bel article, bravo et merci ! OUI pour le coup de cœur aussi … je vais partager quelques clichés sur ma page Amizautos, avec source et lien bien sûr ! Vraiment sensible à cette publication !

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