Renault 20 et Renault 30, deux autos pour une même ambition

Renault 20 et Renault 30, deux autos pour une même ambition
Renault 20 et Renault 30, deux autos pour une même ambition
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

À la une sur News d'Anciennes

La Peugeot 404, populaire classique ET innovante !

La Peugeot 404 est restée 19 ans au catalogue de la marque au lion. Belle performance ! Et cette auto qu'on pourrait croire classique...

Sur les pistes de l’Histoire : Reims, Gueux mais pas que

Après vous avoir emmené en Bourgogne pour parler des circuits autour de Dijon, direction une autre ville française qui a vu défiler les F1,...

J’ai regardé Wheeler Dealers France, voilà ce qu’en pense

Cet article date du lancement de Wheeler Dealers France. Nous en sommes à la saison 3 et notre avis sur l'évolution du programme est...

La Renault 3, le chaînon manquant

Si tout le monde connaît la R4, devenue la 4L, il faut savoir que Renault a également produit la Renault 3. Celle qui se...

Renault et le haut de gamme c’est une vraie histoire de désamour. À tel point que les Renault 20 et Renault 30 ont presque été oubliées. Leur histoire comme leur carrière furent compliquées, vous les raconte en détail.

Contraintes fortes pour un retour dans le haut de gamme

À la fin des années 60 Renault est un constructeurs de “petites” voitures. La R4, la R6, la R8 et la R10 n’ont que la Renault 16 pour les chapeauter. Et à vrai dire, si c’est le haut de gamme du losange, elle n’est pas vraiment haut de gamme pour autant. En tout cas elle n’a pas les mêmes ambitions que les précédentes incursions de la marque dans le domaine : la Frégate et même la Rambler ! Par contre notre R16 marche bien commercialement parlant et il faut déjà penser à la remplacer.

Mais Renault veut aussi retourner dans le haut de gamme. Au début on part sur deux autos : la remplaçante de la 16 et une plus grosse auto avec un plus gros moteur qui viendrait de Douvrin et qui se placerait au-dessus.
Sauf que les coûts sont élevés alors on rationnalise et on ne lance finalement qu’un seul projet qui sera déclinable : le projet 127.

C’est bien sûr la grande auto qui va être au centre des études. Renault ne fera qu’en décliner une auto plus accessible pour remplacer sa R16. Côté moteur vous nous avez vu venir : on prépare alors le grand moteur français. D’abord on a pensé à un V6 et un V8 sur la même base mais finalement seul le V6 va voir le jour. C’est le PRV, commun à Volvo mais surtout à Peugeot. Et comme l’autre moteur qui est alors en études pour être fabriqué à Douvrin, le Moteur X des 104 et R14, il se logera sous le capot des autos françaises… qui seront concurrentes.

Sauf que Renault et Peugeot ont bien pensé la chose. Comme pour la 104, qui fera d’abord l’impasse sur le hayon et la carrosserie 3 portes pour ne pas concurrencer des Renault, les autos haut de gamme des deux constructeurs seront différentes. Si la Peugeot (la future 604) sera une tricorps à propulsion, Renault restera dans ce qui fait sa marque de fabrique depuis la R4 (et donc la R16) : une traction à hayon.

Côté style c’est Gaston Juchet qui va se mettre au travail. L’idée première est de faire une grande Renault 15/17 ! Au final c’est elle le véhicule le plus désirable de la gamme d’alors. Du coup l’avant ressemble fortement du dessin du capot à celui des ailes. Même l’arrière reprend le léger renfoncement de la lunette arrière dans le hayon ! Et puis on va différencier les deux autos qui seront produites par le projet 127 de la même façon que les coupés : le haut de gamme reprendra quatre phares ronds, comme la R17, celle du dessous reprendra des phares rectangulaires, comme la R15.

Pour la technique on reprend des solutions classiques avec un moteur longitudinal, des roues indépendantes avec triangles superposés à l’avant et bras tirés à l’arrière.

Mars 1975 : c’est parti pour la Renault 30.

C’est au salon de Genève 1975 qu’on présente la Renault 30. On avait envisagé de la nommer R23 mais pour l’export ce n’était pas si pratique. La nouvelle grande Renault est dévoilée en même temps que la 604, mais cette dernière ne rentrera effectivement en production qu’à l’été.

La gamme se résume à un seul modèle : la Renault 30 TS. Elle embarque donc le V6 PRV de 2664 cm³. Avec ses deux carbus il sort 131 ch. Accolé à une boîte 4, ou une boîte auto à trois rapports en option il entraîne donc les roues avant.

C’est cet ensemble mécanique qui va attirer les premières critiques. La puissance est juste, surtout comparée aux concurrentes. Par contre la consommation est élevée avec 15 litres au 100 km de moyenne et presque le double à vitesse soutenue sur autoroute. Néanmoins la tenue de route et le freinage sont loués. Seul un cabrage à l’accélération et une plongée au freinage sont à relever.
Côté équipement la Renault 30 n’est pas mal lotie. L’intérieur est de bonne facture et les sièges peuvent s’habiller de cuir. On note aussi la condamnation centralisée et les vitres électriques.

Elle va rester seule dans la gamme pendant encore quelques mois.

La Renault 20 arrive !

Étonnamment la Renault 20 va arriver après la Renault 30 ! Elle est présentée en fin d’année 1975 et sera effectivement disponible début 1976. Trois autos arrivent dans la gamme : la L, la TL et la GTL.

Au jeu des différences, on en note pas mal au final. Extérieurement d’abord avec des phares qui sont donc différents, des roues en 13 pouces, des encadrements de vitres peints, l’absence de baguettes latérales et des pare-chocs sans caoutchouc.

Mécaniquement on retrouve sous son capot le Cléon-Alu de la R16 TX. Avec 1647 cm³ et 96 ch ses performances vont se montrer un peu justes pour emmener une caisse prévue pour la cavalerie du V6 ! On note aussi que la Renault 20 est moins large de 6 mm et a un empattement inférieur de 12 mm comparé à la Renault 30. On a aussi fait une autre économie : les freins arrières sont cette fois des tambours, les disques restent à l’avant.

Pour la gamme donc, la Renault 20 GTL est la mieux lotie en reprenant la direction assistée, la condamnation centralisée et les vitres électriques. Une vraie “petite Renault 30”. D’ailleurs, économie ou pas c’est elle la plus vendue ! La TL propose moins d’équipements, la L se reconnait avec des roues différentes et fait l’impasse sur l’autocollant de lunette arrière.

La carrière des Renault 20 et Renault 30

Les deux autos sont donc en production en même temps… et côtoient d’ailleurs la R16 qui fait de la résistance.

Le millésime 1977 voit quelques améliorations. Ainsi on cache la trappe à essence et les poignées inversées sont remplacées. L’intérieur subit quelques retouches.

Mais c’est l’arrivée du millésime 1978, en Juillet 1977, qui marque les premiers gros changements.
Une nouvelle Renault 20 TS apparaît. Elle abandonne le cléon pour le nouveau moteur Douvrin de 1995 cm³, avec arbre à cames en tête et 110 ch disponibles. La version L disparaît puisqu’elle faisait trop concurrence à la R16, les TL et GTL persistent avec des moteurs revus pour être plus performants (le ventilateur est en fait débrayable). Enfin toute la gamme reçoit des jantes reprenant le dessin de la R30.

La Renault 30 quand à elle voit sa version à boîte auto dotée d’un allumage électronique tandis qu’on change un peu l’esthétique avec des feux arrières chromés, un logo V6 (pour encore mieux se différencier de la R20) ou des caoutchoucs de pare-chocs plus épais.

Nouveau millésime et nouveaux changements en Juillet 1978. La puissance diminue un petit peu sur la Renault 20 TS qui peut recevoir une boîte 5. Les deux modèles reçoivent un feu antibrouillard à l’arrière et des ceintures de sécurité aux places arrières.

Au salon de Paris La même boîte 5 se retrouve sur la nouvelle Renault 30 TX qui reçoit aussi l’injection. La puissance augmente quand la consommation baisse. Deux bonnes nouvelles d’un coup ! On en profite pour améliorer l’équipement avec des fauteuils en velours enveloppants et une condamnation centralisée qui s’étend au hayon.

En Juillet 1979 on change un peu le look des autos. La Renault 30 reçoit des barrettes chromées sur sa calandre tandis que les deux autos voient leurs entrées d’air modifiées sous la calandres et celles présentes à la base du pare-brise disparaissent.
On note aussi l’arrêt de la production des Renault 20 TL et GTL à boîte auto, très peu prisées.

En décembre 1979 la Renault 20 est disponible en version TD et GTD (reprenant les finitions des TL et GTL). Vous l’aurez compris il s’agit de l’arrivée d’un moteur diesel sous le capot. Dérivé du moteur essence, également en alu et produit à Douvrin ce 2068 cm³ sort 63,5 ch.
On en profite pour modifier le train avant des Renault 20 (sauf la TS) avec déport négatif qui corrige les soucis de cabrage et de plongée et s’accompagne de l’arrivée de nouvelles roues.

Les Renault 20 et Renault 30 sont revues !

L’arrivée du millésime 1981 entraîne de nombreux changements. Déjà ceux communs aux deux autos : un nouvel intérieur, du tableau de bord aux contre-portes en passant par les sièges. Ensuite l’essuie glace conducteur passe au pantographe.

Sur la Renault 20 on abandonne la GTL qui est remplacée par la LS qui conserve le même moteur mais avec une finition plus sommaire pour laisser place nette à la TS.
On propose également la Renault 20 TX dont le Douvrin est porté à 2165 cm³ et 115ch.
Du côté des roues, c’est la valse. Les LS et TL reçoivent les roues de la TD. La TS reçoit les roues de la GTD. Et puis la TX reçoit les jantes acier de la R30 TS ou celles en alu en option.

Du côté de la Renault 30 TX on propose une nouvelle calandre, des pare-chocs totalement métalliques et un rétro extérieur noir.

La gamme Renault 30 va d’ailleurs se résumer à la seule TX à partir de Janvier 1981.

Le millésime 1982 voit peu de changements. Seule la Renault 20 est réellement impactée avec l’arrêt de la TL et l’arrivée d’un allumage électronique sur les moteurs Douvrin.

Un mois plus tard apparaît une nouvelle Renault 30. C’est la Turbo D qui reprend le Douvrin diesel, avec un Turbo qui fait passer la puissance à 85ch. Le train avant est celui des R20. La présentation est identique à celle de la TX, sauf les jantes alu qui viennent de la R18 Turbo !

En Janvier 1982 la Renault 20 est sous le feu des projecteurs. Les frères Marreau remportent le Paris-Dakar avec une auto dotée d’une transmission 4 roues motrices et d’un moteur de R18 Turbo.

Le millésime 1983 est présenté en Juillet 1982 et on distingue les autos avec l’arrivée d’un becquet à l’arrière. Toutes les versions de Renault 20 reçoivent des jantes noires à enjoliveurs. Autre amélioration sur les R20 “Douvrin”, l’arrivée d’une boîte 5 plus longue.
Toujours côté jantes, les Renault 30 TX reçoivent celle en alu de série.

En tout cas ça sent la fin. La Renault 30 est tombée très bas au niveau des ventes et sa remplaçante arrive en Octobre 1983. La “grande” s’arrête donc après 136.403 autos produites. Encore une fois c’est peu. Même Peugeot qui s’est raté avec la 604 a fait mieux…

En parallèle la R20 fait un peu de résistance. Elle est même dotée du moteur Turbo Diesel. Pour autant la production sera courte : on l’arrête elle aussi en Janvier 1984. Là le bilan est un peu meilleur… mais bien loin de la R16 ou même de la R18 qui l’ont clairement cannibalisé : 607.405 autos ont été produites.

Les Renault 20 et Renault 30 de nos jours

Si les R30, plus haut de gamme ont été un peu mieux préservées, les R20, plus produites, sont aussi répandues. Enfin répandues est un bien grand mot car ces autos se font quand même rares en collection…

Pour la cote, les Renault 20 sont trouvables roulantes légèrement en dessous des 2000 €. Les versions TX, les plus recherchées peuvent valoir le double…
Côté Renault 30 on part un peu plus haut mais en tout cas on trouvera de belles autos à moins de 5000 €.

Des autos à considérer en tout cas. Si la consommation ne vous effraie pas, vous aurez avec ces Renault de bonnes routières, confortables et surtout très logeables !

Photos complémentaires : l’Automobile Ancienne

Renault 20 et Renault 30, deux autos pour une même ambition

Sur le même thème

3 Commentaires

  1. Il est très étonnant qu’au pays du luxe, les constructeurs automobiles français soient totalement incapables de faire un haut de gamme digne de ce nom (sauf peut-être DS mais surtout la DS7). Moteurs indigents, voitures moches et/ou insipides. C’est toute l’histoire du haut de gamme français depuis l’après-guerre (on ne parle pas de FACEL, évidemment). La Talisman est, enfin, une belle voiture; mais moteur pas terrible, réservoir minuscule, bugs et autres pannes, SAV Renault, etc., c’est certes pas ainsi que l’on fait du haut de gamme. D’où les échecs encore aujourd’hui.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Nos derniers articles

Sur les pistes de l’Histoire : Reims, Gueux mais pas que

Après vous avoir emmené en Bourgogne pour parler des circuits autour de Dijon, direction une autre ville française qui a vu défiler les F1,...

La Peugeot 404, populaire classique ET innovante !

La Peugeot 404 est restée 19 ans au catalogue de la marque au lion. Belle performance ! Et cette auto qu'on pourrait croire classique...

[La Clé de 13] Zoom sur les roues élastiques !

Dans ce nouvel article technique, on va revenir sur une technologie qui n'a pas fait long feu. Apparues peu de temps après les automobiles,...

Ferrari & Porsche, deux marques légendaires, pas pour les mêmes raisons

Qu'on soit sensible, ou non, à leurs charmes et à leurs autos, on ne peut pas le nier. Ferrari et Porsche sont deux marques...