Renault 15 et 17, fausses jumelles et vrais succès

Renault 15 et 17, fausses jumelles et vrais succès
Alexis Bonhomme
Alexis est un passionné de photo et d'automobiles bourguignon. Il a rejoint l'équipe de News d'Anciennes en Juin 2018.

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Précédemment j’ai pu écrire au sujet de la Renault Fuego, une auto atypique, qui m’a donné soif d’en savoir plus à son sujet. Du coup, retour en arrière et on s’intéresse cette fois à celles qu’elle a remplacé, j’ai nommé les Renault 15 et Renault 17. Sont-elles tout autant atypiques et intéressantes ?

Les Renault 15 & 17, des Renault 12 façon coupés

Avant-propos :

Avant de parler des deux protagonistes, intéressons-nous brièvement à la Renault 12, la berline moyenne gamme de la régie Renault apparue en 1969. En plus d’être une traction à moteur en porte à faux avant, elle possède un train arrière rigide. Ceci est la recette classique de Renault à l’époque. Elle se vend bien, même très bien puisqu’elle se retrouve en tête des ventes françaises en 1973.

Renault 15 et 17, fausses jumelles et vrais succès

Cependant, il n’est pas rare que dans les gammes adverses se trouve un coupé dérivé d’un modèle existant ou qu’une version de ce type soit dans les cartons. La firme Américaine à l’ovale bleu Ford a ainsi sortie courant 1969, dérivé de sa berline Taunus, un coupé prénommé Capri. Le Blitz Opel quant à lui fît de même en 1970 avec son Ascona de laquelle découlera les ni plus ni moins connues Opel Manta. Toujours du côté Outre-Rhin, en 1974 sortira la Volkswagen Scirocco, coupé dérivé de la sacro-sainte Golf.

C’est dans ce contexte que la Régie développe ces deux coupés. Deux coupés pour deux esprits ! L’un plutôt rustique et abordable, l’autre plutôt bourgeois et aisé. Lors de leurs sorties, 4 modèles sont présentés courant Juillet 1971 ; les Renault 15 étant les modèles inférieurs aux Renault 17. Tous deux arborèrent le losange interdit. Elles furent produites au début à Sandouville pour être délocalisées à Maubeuge de 1972 à la fin de production.

La Renault 15 :

La plus petite version de la Renault 15 se nomme TL. C’est un coupé 4 places possédant un moteur Cléon-Fonte de 1289cm³ (type R1300). Les aficionados de la puissance seraient déçus puisque l’on parle d’une bagatelle de 60 chevaux pour 5500Tr/min pour mouvoir cette automobile avec un couple de 93 Nm disponible à 3500 Tr/min. Malgré tout, ce coupé dispose déjà d’un carburateur double corps. La boîte de vitesse à 4 rapports est de la partie ce qui, par contre, en fait une voiture de 7 chevaux fiscaux. Niveau performances, ce coupé peut accrocher les 155 km/h.

La plus grosse versions de la Renault 15 se nomme quant à elle TS. C’est toujours un coupé 4 places mais qui, par logique de grade, possède un moteur Cléon-Alu de 1565cm³ (type R1302). En tout cas, chez Renault, passer du L au S ne réduit ni la taille du moteur, ni la puissance et le couple délivrés, bien au contraire ! La puissance fait un bond de la moitié de celle existante sur la R15 TL c’est-à-dire 90 chevaux (délivrés à 5500Tr/min) et le couple devient intéressant (125Nm à 3000Tr/min). Les 170 km/h s’atteignent toujours avec la boîte à 4 rapports. C’est une 9 chevaux fiscaux.

La Renault 17 :

Autre Renault mais même classification ! Les monogrammes TL et TS sont toujours présents.

Ainsi, la Renault 17 TL, plus petit modèle de cette gamme, est toujours un coupé (qui deviendra par la suite découvrable). Le moteur disposé devant le conducteur est le même que la Renault 15 TS c’est-à-dire un 1565cm³ (type R1322). Les performances mécaniques et physiques ne changent pas.

La meilleure de toute pour celui qui veut de la performance sera donc la Renault 17 TS. Au programme, toujours la même cylindrée de 1565cm³ (type R1323). La grosse évolution qui différencie cette TS des deux autres est l’ajout de l’injection électronique D-Jetronic Bosch. Cette optimisation dernier cri permet ainsi de tirer 108 chevaux à 6000Tr/min et 137Nm de couple à 5500Tr/min. La Renault 17 TS entre dans une nouvelle ère de motorisation mais l’on s’égare du sujet. En dépit de ces beaux chiffres, elle se voit greffer une boîte 5 vitesses et reste à une puissance fiscal de 9 chevaux fiscaux. Ces améliorations vont permettre de flâner jusqu’à 185 km/h !

Et dire qu’à l’époque ces données techniques étaient toutes mises en valeurs alors qu’elles paraissent banales voir insuffisantes pour le premier jeune permis venu qui a soif de performance.

Différencier des Renault 15 & 17, plus facile qu’il n’y paraît

Maintenant que l’on a parlé technique sur les versions de lancement, nous allons nous attarder sur les façons de différencier ces deux autos, tâche qui va se révélée plus facile que prévu.

Pour commencer, lorsque l’on croise une auto durant nos balades champêtres ou de nos balades citadines, les plus belles silhouettes se dessinent sous nos yeux par le ¾ face ou le ¾ arrière. Ces deux vues très appréciées des photographes amateurs comme professionnels nous permettent d’avoir une vue somme toute globale de l’auto en question.

Concernant les Renault 15 et Renault 17, intéressons-nous d’abord à leurs  ¾ avant. La première chose qui frappe entre ces deux coupés, hormis leurs lignes (existe-t-il une ligne d’un coupé autre que belle et désirable ?), ce sont leurs faces avant et surtout les optiques.

D’un côté nous avons les blocs optiques rectangulaires aux bords arrondis, classiques et déjà connus dans la gamme puisque provenant de la Renault 12, je vous parle bien de la Renault 15. De l’autre nous avons quatre beaux optiques ronds (ah le charme des phares ronds… Merci la France pour les globes jaunes !). Ce n’est ni une Ford Capri ni une Alfa Roméo GTV, c’est bien la Renault 17.

Ensuite intéressons-nous à la ligne. Comme ce sont tous deux des coupés, leurs lignes sont identiques, mais les détails, non. Le premier détail qui fait mouche sur la Renault 15 est sa grande surface vitrée comme seule les anciennes possèdent. Les vitres de custodes s’entrebaillent
La Renault 17 quant à elle possède des grilles de custodes arrière ce qui fait que les vitres arrière latérales sont beaucoup plus courtes et biseautées. Ces différences latérales permettent encore plus de hiérarchisé le coté simple de la Renault 15 et le côté sportif de la Renault 17. “Une auto”, deux personnalités.

Intérieurement, à cette époque, les stylistes osent. Vous n’êtes pas sans savoir que très régulièrement dans le monde automobile les concepts qui préfigurent les séries sont assez extravagants. Le duo Renault 15 & 17 n’y fait pas exception puisque le styliste en charge de ce projet, Jacques Ousset, eu la grandiose idée d’implanter une visière de combiné d’instrumentation amovible dans la planche de bord. Pour faire simple, elle était sortie lorsqu’il faisait jour et rentrée lorsqu’il faisait nuit. Elle n’était là que pour empêcher des éventuels reflets dans le pare-brise.

Malheureusement, comme toute idée belle et géniale, son coût de fabrication et de faisabilité était tel qu’il a fallu se rentre à l’évidence, la visière restera fixe ! Cela dit, la planche de bord des Renault 15/17 nous offres quatre beaux cadrans ronds. Les plus imaginatifs et caricaturaux d’entre vous y verrons quatre réinterprétations des casquettes et verres de feux tricolores.

Ombre à ce tableau prometteur, la Renault 15 pourvue d’un volant à l’allure sportive (qui ne rêve pas d’un volant aluminium à trous ?) n’est en fait qu’une pâle copie. Ce n’est autre que du plastique qui est utilisé. Le début du m’as-tu vu ?

Les évolutions des Renault 15 et Renault 17

La phase 1
1971-1976

Renault 15 et 17, fausses jumelles et vrais succès

La phase 2
1976-1979

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