Alfa Romeo GTV, le coupé à ne pas oublier

Alfa Romeo GTV, le coupé à ne pas oublier
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Alfa Romeo GTV, le coupé à ne pas oublier
Benjaminhttp://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Ce n’est jamais facile de remplacer une légende. Le coupé Bertone a idéalement placé la marque milanaise sur le marché du coupé sportif. Au milieu des années 70 l’Alfa Romeo GTV prend le relai avec des ambitions différentes.

Un cahier des charges qui évolue

Dès la fin des années 60 on commence à tabler sur la remplaçante de la Giulia. Et on va aussi regarder du côté de son dérivé coupé.

Pour celui-ci on a de belles ambitions chez Alfa. Si le “coupé Bertone” est assurément une bonne auto, que ce soit par son accueil, son style ou ses ventes, à Milan on compte corriger quelques points.

Les premières études sont en fait réalisées sur la 1750 dès 1967. Mais finalement on ne retient pas cette première mouture.

Le premier c’est le placement du produit. On veut en finir avec le 2+2 et proposer quatre vraies place. Giugiaro, qui n’est plus chez Bertone mais qui est indépendant chez Italdesign, va se charger de lui créer une ligne qui rompt avec sa devancière. Pour autant les équipes d’Alfa Romeo travaillent également sur un projet qui ne sera pas retenu. Ainsi le nouveau coupé aura une carrosserie fastback tout en gardant de belles surfaces vitrées. Le profil est ramassé et dynamique.

L’intérieur est signé Giuseppe Scarnati du Centro Style Alfa Romeo et propose un dessin assez original. Devant le conducteur on trouve uniquement le compte-tour. Tous les autres cadrans sont rejetés au centre de l’auto !

Côté technique, le nouveau coupé sera basé sur l’Alfetta. Pour autant tout n’est pas identique et l’empattement est réduit d’une dizaine de centimètres. Sous le capot on retrouvera bien entendu le Bialbero. Et puis le dynamisme de l’auto devrait bénéficier de l’architecture transaxle de la berline (moteur avant et boîte arrière).

1974 : lancement de l’Alfa Romeo GTV

Deux ans après la berline, voilà le coupé. De son vrai nom Alfa Romeo Alfetta GT, il présente une ligne plaisante, tout à fait moderne pour l’année et plutôt bonne aérodynamiquement parlant. Son moteur c’est le 1779 cm³ qui ne s’appelle pas 1750 ici mais 1,8 litres. Les 122 ch n’ont qu’une tonne à déplacer et les 100 km/h sont accrochés en moins de 10 secondes. En pointe, l’Alfa Romeo GTV atteint 185 km/h.

L’année suivante l’auto arrive sur le marché américain avec un moteur adapté aux normes de pollution locales et évidemment un élégant pare-choc couleur locale.

Pendant deux ans c’est le seul modèle de la gamme. Mais en 1976 arrivent les premiers changements. Le 1.8 litres disparaît, remplacé par deux versions. Le “petit” GT reprend le 1570 cm³ de 190ch et le “gros” GTV (pour Veloce) reçoit le 1962 cm³ de 122ch. On reconnaît ses versions à l’apparition d’une grille d’aération entre la calandre et les pare-chocs ou l’apparition de la marque en majuscule au dessus de la plaque à l’arrière.
Pour différencier les deux modèles on note que la 2.0 reçoit des liserés chromés sur la calandre et des butoirs de pare-choc en caoutchouc.

En 1977 apparaît une première série survitaminée d’Alfa Romeo GTV. C’est la GTV 2.6 V8. Construite à la demande du réseau allemand, elle s’équipe du V8 2.6 litres de 200ch de la Montreal. 100 Exemplaires sont prévus mais l’aventure tourne court, Delta Technik qui doit les produire en réalisera seulement… deux !

1978 voit l’arrivée de petits changements. L’Alfa Romeo GTV 2.0 devient 2,0 L avec un moteur qui atteint désormais les 130 canassons. Le pare-brise collé est également abandonné, son étanchéité laissant à désirer.
On note aussi un changement de l’autre côté de l’Altantique puisque l’auto y est baptisée Sprint Veloce !

En 1979 apparaît l’Alfa Romeo GTV 2.0 Turbodelta. Le moteur reste le 2 litres, comme son nom l’indique. Mais son nom l’indique aussi : il reçoit un Tubo Alfa Avio qui le dope à 150 ch. Le capot est bombé et noir et des inscriptions Turbodelta annoncent la couleur. Ce n’est pas une auto réellement nouvelle dans la gamme, en fait c’est une série limitée destinée à l’homologation en groupe 4.

La deuxième série d’Alfa Romeo GTV

En Novembre 1980 est présentée la deuxième série d’Alfa Romeo GTV. Comment la reconnaître ? C’est simple : le plastique c’est fantastique. Les élégants pare-chocs métalliques laissent leur place à de plus massifs éléments en plastique noir. Le bas de caisse reçoit aussi une protection du même matériau. Les feux arrières changent, le tableau de bord également. D’ailleurs ont peut officiellement appeler l’auto Alfa Romeo GTV puisque le nom Alfetta est abandonné.

Côté motorisation, le “petit” GTV c’est désormais le 2,0 L. Le 1,6 L est retiré mais surtout c’est un nouveau moteur qui coiffe la gamme : le V6 Busso à Injection. 2492 cm³ de bonheur pour ceux qui ont pu le faire rugir. La puissance reste mesurée avec 160 ch et si l’auto a pris environ 100 kg depuis ses débuts, avec ce nouveau moteur elle tape les 225 km/h et les 100 en moins de 8 secondes ! Pour le reconnaître c’est simple : le capot est renflé et l’auto repose sur des jantes à 5 écrous.

En 1981 Alfa Romeo lance une série limitée à 800 exemplaires : c’est la Grand Prix. La marque milanaise fait en effet son retour en F1. Tout l’habillage est livrable en rouge tandis que l’équipement fait un bond en avant.

La version V6 apparaît aux USA sous le nom GTV-6.

En 1982 une série limitée est d’ailleurs proposée sur le marché américain. La GTV-6 Balocco reprend le nom de la piste d’essai de la marque. Elle est forcément rouge, avec toit ouvrant et intérieur noir. 350 exemplaires sont produits avec leur numéro inscrit sur la boite à gant.

Un dernier lifting va apparaître sur les Alfa Romeo GTV en 1983, très léger, mais l’auto en profite surtout pour enrichir son équipement et se doter de nouveaux sièges à l’avant.

Aux USA apparaît la GTV-6 Maratona. Produite par Autovolante elle se doute d’un kit carrosserie avec élargisseurs d’aile et spoiler. Elle restera limitée à 150 exemplaires.

C’est en 1984 qu’apparaît le Graal des amateurs du modèle. Depuis le début des années 70 on assemble des GTV à Brits en Afrique du Sud. D’abord on a construit environ 750 unités d’un GTV6 Turbo. Mais cette année là apparaît une auto conçue par la filiale locale et Autodelta pour la course. Le moteur est bien le Busso mais il passe à 3 litres pour se rapprocher de la concurrence. Et comme il faut l’homologuer ce sont 212 autos qui seront produites avec ce moteur “hors série” de 2934 cm³ pour 174 ch.

En France, la même année, on commercialise les 300 exemplaires de la série GTV Production. Disponibles en 2.0 et 2.5 elles reçoivent un kit carrosserie signé Stand 21, des jantes spécifiques et deux coloris : rouge et gris métal (très foncé). Le numéro est inscrit sur une plaque fixée sur la boite à gant. Le but de cette auto est de célébrer les victoires de Cudini et Snobeck en Championnat de France de Supertourisme. D’ailleurs, en France, l’Alfa Romeo GTV brillera aussi en rallyes avec Jacques Pantiatici ou Yves Loubet.

Le modèle va continuer sa carrière sans nouvelle amélioration. En février 1987 la production est stoppée et les derniers exemplaires sont en vente jusqu’en Juillet. Au total ce sont 135.743 autos qui ont été produites. D’accord c’est beaucoup moins que le Coupé Bertone. Mais ce dernier pouvait compter sur une version Junior qui a assuré le gros des ventes. D’ailleurs le Bertone était encore proposé alors que le GTV était déjà en production !

Les Alfa Romeo GTV de nos jours

Toujours dans l’ombre du coupé Bertone l’Alfa Romeo GTV peut quand même compter un allié de force : son prix ! Vous trouverez ainsi un 2 litres de première série en bon état dès 15.000 € et les plus beaux dépasseront rarement 25.000 €. Nos amis de Mecanicus en proposent actuellement un pour 18.000 €, c’est à voir par ici. Ceux de la deuxième série sont encore plus abordables : les plus beaux sont autour des 15.000 € !

Évidemment les V6 sont plus recherchés. Néanmoins de très beaux modèles sont disponibles à 15.000 € et les plus beaux dépasseront à peine les 20.000 €.

Alors où est le problème ? Et bien il faut trouver ces beaux modèles. La protection contre la corrosion n’était pas vraiment une priorité pour la marque et bon nombre d’Alfa Romeo GTV sont irrécupérables pour cette raison.

Photos additionnelles : Alfa Romeo

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3 Commentaires

  1. Je comprends votre enthousiasme ….. je suis moi même heureux propriétaire d’un GTV6 depuis 21 ans maintenant …… Par contre le GTV6 n’a jamais atteint les 225 km /h (les meilleurs ont atteint 213) et jamais fait le 0/100 en moins de 8 secondes. La lenteur légendaire de la commande de boite rend ces chiffres inaccessibles ! il faut compter 29,5 s pour un km DA environ. Sauf à s’appeler B Ballas, il faut oublier l’dée d’arsouiller facilement sur les routes de corse ou des cévennes. Pas de DA et nez assez lourd, ça virole moins qu’un Bertone. Mais sa stabilité en grande courbe et son confort (surtout avec les sièges des “séries 3” sortis en 83) sont bluffants. De petites améliorations permettent d’en profiter davantage : barre anti roulis de 75 turbo, amortisseurs “jaunes réglables” (pour ne pas faire de pub), des jantes ronal 15′ permettent aussi d’avoir un déport supplémentaire de 2 pouces (1 par jante)

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