Le catalogue de RM Sotheby’s à Monterey était l’un des plus fous de la Monterey Car Week. Si le marché peine pour la majeure partie des voitures anciennes, les plus folles, les plus prestigieuses semblent moins atteintes… encore que. Certaines voitures partent à des prix fous tandis que d’autres stagnent. En tout cas, les multi-millionnaires étaient bel et bien de sortie en Californie.
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La vente RM Sotheby’s à Monterey en bref
199 lots étaient proposés pour cette vente en trois partie les 13, 14 et 15 Août ! Une vingtaine est encore disponible ce qui représente un score très élevé. Presque la moitié du catalogue pouvait dépasser le million et, alors que nous écrivons ces lignes et que certaines after-sales sont en train de se conclure, près de 70 voitures ont bien été vendues au-dessus de ce montant symbolique. 2026 est l’année record de RM Sotheby’s à Monterey… et on ne parle même pas du montant global de 380 millions de dollars !
Les stars de la vente et leurs très gros prix
RM Sotheby’s et Ferrari nous on refait le coup de l’an dernier. La Ferrari Luce n’était pas au catalogue, mais elle est bien vendue. On parle là du châssis 0 ! Comme la SP3 Daytona l’an dernier, cette voiture était proposée à la vente directement par le constructeur qui reversera l’intégralité des recettes à la Fondation Ferrari. Les recettes en question ? 40 Millions de dollars !

Cette Ferrari électrique eclipse donc les voitures anciennes… et pourtant ! La plus grosse estimation de la vente confirme. La McLaren F1 GTR de 1996, 10R est l’une des deux GTR courtes et a été convertie à la route avant de passer entre les mains de Nick Mason. Estimée « plus de 35 millions », elle s’arrête un peu avant avec 34.655.000 $.


D’autres supercars, de toutes époques pour le coup, étaient proposées par RM Sotheby’s.
Parmi les plus anciennes, la 14e des 19 Aston Martin DB4 GT Zagato de 1962 qui a couru et est devenue une référence des concours d’élégance, était estimée entre 12 et 15 millions d’euros mais ne se vend pas.
Les supercars des années 80 et 90 étaient plus nombreuses.
Côté Ferrari, toute la série était là, de la 288 GTO de 1985, la 99e construite avec seulement 1541km au compteur, vendue 11.555.000 (est 9-11 millions), à la LaFerrari de 2015 avec 711 miles et vendue 8.695.000$ (est. 5-6 millions). On complète avec la F50 « US » de 1995 avec 6196 miles partie à 12.105.000$ (est. 7-9 millions) une F40 avec 320 miles vendue 8.365.000$ (est. 4-5 millions) ou une Enzo de 2003 qui s’envole contre 9.410.000$ (est. 6,75-7,5 millions).






En dehors des Ferrari, la vente RM Sotheby’s de Monterey proposait aussi une Porsche 959 Sport (29 exemplaires) ex-Nick Heidfeld, peu de kilomètres, restaurée, estimée entre 5 et 6 millions de dollars et vendue 7.045.000$ !
On trouvait aussi des supercars plus originales comme la Bugatti EB110 GT de 1993 estimée entre 1,75 et 2,25 millions et vendue 1.847.500$ ou la Cizeta-Moroder V16T de 1988, le prototype et seule voiture badgée ainsi, entre les mains de Giorgio Moroder jusqu’en 2022 estimée entre 1,4 et 1,8 million de dollars et vendue contre 1.450.000$.
Vous voulez voir les prix de toutes les supercars et hypercars modernes qui étaient aussi au catalogue ? De Bugatti à McLaren en passant par Ferrari et Czinger, on claque aussi de gros score, c’est ici.



En plus des supercars, RM Sotheby’s proposera des voitures plus classiques. On retrouvait ainsi une Ferrari 250 GT Cabriolet Serie I de 1958, celle du salon de New York, parfaitement préservée, devenue une reine de concours estimée entre 4 et 5 millions de dollars et vendue 4.927.500$.
Toujours chez Ferrari, on ajoute la 275 GTB nez court de 1965, restaurée, estimée entre 2 et 2,2 millions de dollars et vendue 2.177.500$, en dessous des 2.7 millions de la « long nez » Alu de 1966 (la jaune).
Côté anglaises on retrouvait une des 25 Aston Martin DB5 « Goldfinger », la série réalisée en 2020 qui reprend les gadgets du film. Estimée entre 1 et 1,5 million de dollars, elle se vend 1.072.000$.
Autre italienne : la Miura P400 de 1967, la troisième voiture de la série après les 5 exemplaires de pré-série. Complètement restaurée, estimée entre 1,9 et 2,8 millions de dollars, elle se vend 3.030.000$.
Et puis, parce qu’il en fallait une (sur 5 au catalogue) et qu’elle illustre parfaitement la hausse de la cote du modèle, on retrouvait aussi cette Mercedes 300 SL de 1955, restaurée entièrement était estimée entre 1,8 et 2,2 millions de dollars et termine à 1.820.000$.






Le catalogue proposait aussi plusieurs voitures de course, et de sacrés pedigrees. Pour commencer, la Corvette Grand Sports de 1963, une des 5 construites, avec un beau palmarès en SCCA mais également la 2e place de sa classe à Sebring en 1964 et la 3e l’année suivante. Estimée entre 11 et 13 millions de dollars, elle se vend 18.705.000, devenant la Chevrolet la plus chère aux enchères.
Une Corvette C1 « LM » de 1960 vendue par la famille Cunningham, engagée au Mans par Briggs Cunningham cette année là était aussi au programme mais elle fait partie des invendus jusqu’à ce qu’un acheteur mette 2 millions sur la table.
Troisième Corvette, la L88 RES/NART qui a gagné le Groupe 4 des plus de 5 litres au Mans en 1972 ! Elle a aussi couru aux 24h de Daytona 1973 où elle a terminé 3e. Restaurée, estimée entre 900.000 et 1.1 million d’euros, elle se contente pourtant de 747.500$.
Côté européennes, on avait aussi repéré une Ferrari 512 BB/LM de 1979, la 7e construite, restaurée vendue 2,1 millions de dollars (est. 2-3,5 millions) ainsi qu’une Porsche 550 de 1955 notamment pilotée par Richie Ginther aux USA, équipée d’un moteur 4 arbres, estimée entre 3,25 et 3,75 millions et indiquée comme vendue sans qu’on ne connaisse le résultat.





Avalanche de françaises
Pour les fans de grandes carrosseries françaises, le catalogue de RM Sotheby’s comportait un grand nombre de françaises provenant de constructeurs disparus… et regrettés. Imaginez qu’on retrouvait pas moins de 3 Talbot-Lago T150 et 4 Delage D8 ! Certaines venaient d’ailleurs de belles collections proposées ensemble dans le catalogue.
On commençait avec la Jim Patterson Collection (en plus d’une Mercedes 280 SE) et une Bugatti Type 57SC Atalante de 1937, la plus sportive de la gamme, une des 4 avec des phares de ce genre et déjà Best of Show à Pebble Beach… en 1976 et re-primée en 2014. Restaurée depuis, estimée entre 4,5 et 6 millions de dollars, elle atteint 4.955.000$ sous le marteau.
On poursuivait avec une Delage D8-120 Coach Aérosport de 1937 carrossée par Letourneur et Marchand, une des 6 premières voitures de la série Aérosport et elle a déjà remporté le concours d’Amelia Island en 2022. Estimée entre 2 et 3 millions de dollars, elle se contente de 1,9 million.
Autre D8-120, la S coupé de 1939 sortie des ateliers du même carrossier, était estimée entre 1,5 et 2,5 millions et se vend 1.132.500$.
On retrouvait aussi la Talbot-Lago T150-C Competition Roadster par Figoni et Falaschi. Cette auto à l’histoire originale a été restaurée était estimée entre 1,5 et 2,5 millions et se vend 1.655.000$.




Autre collection proposée chez RM Sotheby’s, la Ray and Bonnie Kinney Collection. Les françaises étaient d’ailleurs accompagnées d’une Duesenberg Model J Tourster, d’une Stutz DV-32 (excusez du peu) et plusieurs Rolls.
La Talbot-Lago T26 Record Cabriolet de 1937 carrossée par Figoni et Falaschi était l’ancienne voiture du réalisateur George Sidney. Restaurée par le passé, estimée entre 1,9 et 2,5 millions de dollars, elle se vend 4.075.000$.
Suivait Type 57 Cabriolet de 1938 carrossée dans le style d’une Aravis par D’Ieteren. Cette auto à 3 places, parfaitement documentée, était estimée entre 900.000 et 1,5 million de dollars et atteint même 1.820.000$.
On passait chez Delahaye pour la prochaine avec une 135 M Cabriolet Dandy de 1937 estimée entre 200 et 275.000$, adjugée 224.000$ et on terminait avec la seule Delage D8C carrossée par Chapron encore existante, estimée entre 175 et 225.000$ qui se contente de 168.000$ sous le marteau.




La collection suivante, celle de Sam and Emily Mann proposait une Duesenberg Model JN, une Mecer raceabout, une Cord 812 ou une Chrysler Imperial Speedster en plus de ces quelques françaises folles.
On débute avec la Delahaye 145, on vous a raconté son histoire folle en détail par ici. Estimée entre 4,5 et 6 millions de dollars, elle se contente de 3.415.000$.
Deux autres Delahaye étaient présentées. La première est une 135 Grand Prix de 1937 qui été transformée et a couru à l’époque et qui est vendue sans qu’on connaisse le prix (est. 250-400.000€) et une 135 M Cabriolet « Vedette » de 1948 par Chapron qui s’est distinguée en concours et qui était estimée entre 700.000 et 1 million de dollars mais n’accroche « que » 472.500$.



Toujours dans la même collection, on ajoutait une Delage D8 Aerodynamic Coupé de 1937 carrossée par Pourtout. Prototype du genre, best of show à Pebble Beach en 2005, estimée entre 5 et 6 millions de dollars, elle part contre 5.780.000$.
L’Hispano-Suiza H6C Monza Speedster de 1924 construite sur un vrai châssis Monza et avec une carrosserie inspirée par Kellner était estimée entre 500 et 800.000$ et part pour 527.500$.
On arrive en 1934 avec l’Avions Voisin C23/24 Roadster de 1934 à carrosserie Saliot qui a remporté le Best of Show de Pebble Beach en 2002 et Amelia Island en 2004 ! Entièrement restaurée, estimée entre 2,5 et 3 millions de dollars, elle se vend 2.810.000$.
Dernière auto de cette collection, la Bugatti Type 57 Atalante carrossée par Gangloff estimée entre 1,5 et 1,8 million de dollars est toujours en vente.




Après toutes ces beautés sorties de leurs collections respectives, il reste des françaises et pas n’importe lesquelles. On commençait ainsi avec deux autres Talbot-Lago T150. La première est une C SS « Goutte d’Eau », l’une des 11 fabriquées avec le dessin original « New York ». Particularité : cette auto a couru aux 24h du Mans 1939 ! Documentée, estimée entre 7 et 8 millions de dollars, elle n’est pas vendue.
La seconde est une T150 C « Lago Speciale » Cabriolet de 1938, identique à celle qu’on avait essayé, passée notamment par la collection Mullin. Estimée entre 550 et 750.000$, elle se vend 412.000$.


On poursuivait avec deux Bugatti. La première, la une 37A Grand Prix, la 2e construite, avec beaucoup de pièces authentiques, estimée entre 800.000 et 1,1 million de dollars est vendue sans qu’on n’en connaisse le prix.
La seconde est une Type 57C Cabriolet de 1939 qui fut carrossée dans le style de Corsica dans les années 2000, estimée entre 650 et 750.000$ et vendue 610.000$.


Plus massive on retrouvait une Hispano-Suiza J12 de 1937 carrossée par de Villars estimée entre 750.000 et 1 million de dollars mais partie à 692.500$.
Autre voiture unique, la 175 S Cabriolet de 1949, la seule 175 carrossée par Franay, estimée entre 400 et 450.000$ et vendue 500.000$.
Dernière française la 135 MS Cabriolet par Faget Varnet, celle du salon de Paris 1949 et qui aurait appartenu au Roi Mohammed V. Prête pour le concours, estimée entre 450 et 600.000$, elle se vend 445.000$.



On note aussi
Dans cet énorme catalogue, difficile de limiter notre sélection. On ajoute quelques voitures qu’il fallait suivre.
On débutait avec d’autres avant-guerre de grande classe. D’abord les Duesenberg déjà citées. La JN Convertible Coupé de 1935, carrossée par Rollston and Bohman & Schwartz a été commandée neuve par Clark Gable. Devenue une voiture de concours, estimée entre 5,75 et 8 millions de dollars, elle atteint 9.080.000$.
La J Tourster de 1931 carrossée par Derham est passée dans de belles collections, était estimée entre 2,25 et 3,25 millions et se vend contre 2.315.000$.
On repassait en Europe pour la Mercedes 680 S Torpedo-Sport avec une carrosserie « Cannes » par Saoutchik. Restaurée, estimée entre 5 et 6,5 millions de dollars, elle part contre 4.955.000$.



Côté italiennes, on notait Fiat Abarth 750 Bialbero Record Monza de 1959 carrossée par Zagato avec un palmarès comprenant une 2e place à Sebring en 1959 et plusieurs prix en concours d’élégance ces dernières années, estimée entre 175 et 250.000$, elle se contente de 117.600$.
Pedigree différent pour la Dino 206, la voiture qui fut exposée au salon de Turin en 1966. Forcément unique, estimée entre 3 et 3,5 millions de dollars, elle fait pourtant partie des invendues.


On terminait avec deux allemandes. D’abord la BMW 507 qui serait une star dans bien des catalogues mais se retrouve noyée dans celui-ci malgré sa provenance sympathique et sa restauration récente. Estimée entre 2 et 2,5 millions de dollars, elle n’est d’ailleurs pas vendue.
Plus originale, l’Audi 5000 CS Quattro Speed Record Prototype de 196 qui fut conduite par Bobby Unser pour plusieurs records à Talladega (206,3 mph) était estimé entre 250 et 300.000$ et part à 280.000$.
Pour voir les résultats complets, c’est par ici.


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