Maintenant que le coup de feu est passé (on ne va pas le nier, ces 4 jours ont été plus que sportifs pour l’équipe de News d’Anciennes sur place, encore merci à eux), il est temps de revenir sur Le Mans Classic Legend et de se poser la question de ce que vaut cette nouvelle formule, car on a entendu tout et son contraire, sur place et sur les réseaux.
En bref :
– C’était la première édition de ce Le Mans Classic Legend
– Il regroupait des voitures des années 70 à nos jours
– Cette première édition a apporté quelque chose de nouveau mais sera à perfectionner pour 2028
Au sommaire :









Notre avis sur Le Mans Classic Legend
Un rajeunissement voulu, assumé et finalement bienvenu
À l’intérieur même de notre équipe, les attentes étaient diverses concernant ce Le Mans Classic Legend. Certains piaffaient, d’autres demandaient à voir (et certains préféraient rester chez eux). Cela résume bien ce qui va suivre !
Les plateaux ? Ils étaient finalement connus. Le plateau 6 est au Mans Classic depuis des années, les Groupe C sont présentes depuis longtemps et les autres sont des habituées de l’Endurance Racing Legend, donc connues aussi. Ne restaient que les courses support à découvrir. On débriefe le contenu de ces plateaux plus bas mais ce qui amenait l’attrait, outre les voitures, c’était évidemment le cadre avec ce grand circuit du Mans.





Le but non caché de créer Le Mans Classic Legend avec ces plateaux « modernes » était d’attirer un public plus jeune, et non la « clientèle habituelle ». En dehors de l’aspect mercantile, je trouve la démarche intelligente, chaque génération à sa période de référence, et si on veut attirer un nouveau public, aménager une porte d’entrée qui leur parle est une étape importante, si ce n’est incontournable. Le Mans Classic Legend prend ce rôle. Cela se ressent aussi dans la direction artistique de la communication ou de la décoration des paddocks et du village, avec ce côté faux eighties qui a le vent en poupe chez les trentenaires.
D’ailleurs le résultat est sans appel : la tranche d’âge principale du public se situe entre 20 et 40 ans. Objectif atteint, donc. Si vous êtes « moins jeune » et que vous n’avez pas aimé ce Le Mans Classic Legend, c’est NORMAL, ce n’est pas à vous que l’événement s’adressait.





Des défauts malgré tout
Malgré les réussites, il faut être lucide quant aux quelques défauts de cette première édition.
Premièrement, le nom. On le voit, personne n’y fait référence en tant que Le Mans Classic Legend, mais Le Mans Classic « tout court », et de ce fait, je comprends que beaucoup se plaignent, ce n’est pas au niveau de l’événement auquel tout le monde est habitué depuis plus de vingt ans. Pourtant un simple regard jeté au planning, montre clairement qu’il n’en est rien. Le public est peut-être à prendre plus par la main. Mettre une Porsche 935 sur l’affiche, une voiture qu’on retrouvait déjà lors des dernières éditions n’apportait peut-être pas assez de rupture. En tout cas, le Legend, même rose, aura besoin de s’ancrer dans les têtes.

Il faut aussi évoquer les prix pour le public. Garder la même grille tarifaire que les précédentes édition était plus que risqué. Pourquoi ? Parce qu’on visait un public plus jeune, on l’a dit, et que ce public plus jeune n’a pas le même pouvoir d’achat tout simplement. Résultat ? Il y avait moins de public. C’était à la fois agréable de pouvoir se balader tout au long du week-end sans se sentir dans la fosse d’un concert mais triste de voir les tribunes dégarnies.
Les courses « officielles » ? À revoir !
Commençons par un point qui fâchera forcément : la taille des plateaux. Sur les 5 plateaux officiels, on retrouvait 51 voitures dans le plateau 6, ce qui est la norme. Pas de surprise. Dans le plateau 7, celui des Groupe C qui était un des plateaux phares de ce Le Mans Classic Legend, on tombait à 16 voitures. On remontait à 24 dans le plateau 8, 36 dans le plateau 9 (bien aidé par les GT) et 23 dans le Plateau 10 où les GT étaient quasi absentes.
Première cause : les coûts
Au delà du coût des inscriptions, les coûts de roulage, qui comprennent l’essence, l’usure de ces voitures pas récentes, les mécanos, les pneus représentent un véritable coût.
Ce coût d’achat est également un « souci » dans tous ces plateaux. Dans les plateaux de Le Mans Classic 2025, on pouvait encore trouver des amateurs qui se sont regroupés, ont cassé leur PEL et se sont « offert » un Le Mans Classic avec une voiture dont le coût, préparation comprise, peut être contenu dans une fourchette de 50 à 100.000€, voire moins. Aucune chance de viser la victoire mais une chance de venir au Mans Classic et tourner sur le grand circuit. Impossible de le faire en Groupe C et dans les plateaux plus récents.
Le vrai souci vient d’ailleurs de la concurrence interne, notamment pour le Plateau 7. Pour un gentleman driver, il est bien moins coûteux de faire rouler une GT3 qu’une voiture du Groupe C. C’est particulièrement visible quand on remarque les C2, les « petites » groupe C, quasi absentes puisqu’à leur volant les pilotes ne peuvent se mêler à la bagarre, au contraire des GT3. Au-delà des GT3, même une LMP-1 est moins compliquée à faire rouler ! Ajoutez également des coûts d’achat moindre et vous avez un premier aperçu du problème.



Seconde cause : le format
Sur le format des courses, plusieurs pilotes ont pointé du doigt quelques « soucis ». Ainsi, l’enchaînement des courses sur deux plateaux qui se suivent n’est pas aisé. Si certains pilotes tentent le diable lors de Le Mans Classic « classique » (et futur Héritage), c’est plus compliqué sur Le Mans Classic Legend. Pourquoi ? Au-delà du timing qui impose de courir entre la rentrée du circuit et la pré-grille, ça s’est déjà vu, les voitures étant plus rapide, elles fatiguent plus leurs pilotes qui ont du mal à enchaîner. Certains peuvent choisir leurs plateaux et roulent en binôme, donc on a vu des pilotes sur plusieurs plateaux, mais le phénomène était plus rare.
Une fois les participants inscrits, quelques surprises sont encore arrivées. Le Mans Classic Legend proposait des courses de 42 minutes. Vous ne voyez pas le souci ? Et bien en fait, les voitures concernées ne sont tout simplement pas conçues pour rouler au Mans pendant 42 minutes sans ravitaillement et cela a entraîné des pannes d’essence. Galant fut touché avec sa Panoz LMP-1 alors qu’il était en tête dans le plateau 8 ! Dans ce même plateau, des batailles contre nature ont eu lieu entre protos et GT puisque les premiers devaient lever le pied, pas pour recharger les batteries comme en F1 mais pour pouvoir simplement terminer !





Là, on touche l’erreur de jeunesse. La plupart de ces voitures ont, certes, roulé au Mans Classic, mais pas forcément sur des formats aussi longs. Le Mans Classic Legend 2028 reverra certainement sa copie sur ce point, on ne s’inquiète pas.
Enfin, petit point supplémentaire quant à la taille des plateaux : les abandons. Ces voitures sont donc capricieuses et difficiles à faire repartir après un abandon. L’érosion de la taille des plateaux est une habitude, mais c’était bien plus visible avec des plateaux déjà peu garnis.
Les courses support ? Euh…
Impossible de ne pas aborder ces courses support. Rien à redire sur le plateau NASCAR. Les liens sont forts entre ces voitures et les 24 heures et elles ont apporté leur dose de spectacle. Même chose pour les GT3 avec un plateau costaud. La Porsche Cup ? Pourquoi pas, nous sommes habitués aux plateaux 100% Porsche au Mans Classic mais le quasi monopole des 996 est un peu dommageable. Le Berlinetta Challenge ? Pas assez nombreuses et avec d’énormes écarts de performances, sans vouloir heurter leurs pilotes, ces voitures n’avaient pas grand chose à faire là.
En mettant de côté leur qualité, leur insertion dans le programme est questionnable. Le plateau 6 a lancé le bal des courses de ce Le Mans Classic Legend mais on n’a pas vu le Plateau 7 ensuite mais les NASCAR. Ensuite ? Plateau 8 ? Non, le Berlinetta Challenge ! Résultat, si on a enchaîné les plateau 8, 9 et 10, ces deux derniers ont lancé leurs séquences de nuit et n’ont découvert la piste de jour qu’au petit matin. Dommage pour les spectateurs qui sont bien moins nombreux en tribune à ce moment là.
On ajoutera également que le Dimanche après-midi, réservé aux GT3 puis aux NASCAR n’aide pas à garder le public sur place après l’arrivée de la course du plateau 10 aux alentours de 13h.




Nos notes des différents plateaux
Pour résumer nos propos sur les plateaux, voici nos notes globales sur les différents plateaux (vous avez les liens des différents articles pour voir de plus près ce qu’on donné les courses).
| Plateau | Note /10 |
|---|---|
| Plateau 6 (1972 – 1984) | 8,33 |
| Plateau 7 (Groupe C 1982 – 1993) | 4,4 |
| Plateau 8 (1994 – 1999) | 7,33 |
| Plateau 9 (2000 – 2010) | 8,66 |
| Plateau 10 (2006 – 2020) | 8,33 |
| Berlinetta Challenge | 1,5 |
| Porsche Classic Cup | 2,5 |
| GT3 Revival | 9,16 |
| NASCAR | 7,6 |
Les parades : les « bonbons » de ce Le Mans Classic Legend
Dans tout ce timing, il y avait aussi les parades. D’accord, ce ne sont pas des courses… mais finalement la très grande star de ce Le Mans Classic Legend, celle qui faisait s’agglutiner les spectateurs au bord des grillages, ce n’était pas une voiture engagée en course, c’était la Mazda. Si on en reparle plus bas, il faut bien lui attribuer ses lauriers.
Si les parades « partenaires » n’ont pas forcément attiré plus que ça les spectateurs, mentionnons deux autres parades très remarquées. D’abord celle des Porsche 917 qui ne sont pas restées en exposition dans le paddock et ont pu régaler les spectateurs… qui ont maintenant hâte de les voir au Mans Classic Heritage. Enfin, la parade Gordon Murray était également très intéressante avec des F1 en piste et, surtout, des voitures vraiment iconiques et de toutes époques.






Conclusion
Tout n’est pas à jeter, loin de là. Beaucoup de ceux qui découvraient l’événement avec ce Le Mans Classic Legend en ont pris plein les yeux et sont repartis ravis. La légende mancelle vit toujours et attire toujours. Cependant l’événement doit s’installer et se réajuster pour permettre une expérience (vu que le mot est si à la mode) qui soit à la hauteur de son aura. Nul doute que les organisateurs, qui sont rompus à l’exercice, sauront mieux calibrer l’événement. On devrait le voir dès l’an prochain lors de Le Mans Classic Héritage (1er au 4 Juillet), avec des voitures plus anciennes, et encore plus dans deux ans.
Nos coups de coeur
Arthur : l’Aston-Martin DBR1-2
Ce n’est peut-être pas la plus classique de cette édition, mais pour moi elle fait partie des voitures mythiques des 24 Heures du Mans. Passer d’avoir ces voitures en miniatures étant enfant à les voir courir en piste aujourd’hui, c’est une sensation un peu spéciale. Nul doute que ces voitures, tombées pour beaucoup dans l’oubli, vont revenir sur le devant de la scène.
Lors de ce Le Mans Classic Legend, plusieurs exemplaires étaient en piste dans le Plateau 10. Face aux Peugeot 908 HDi, les V12 hurlants n’ont pas laissé indifférent. Et c’est là la magie de ces Lola-Aston Martin : leur livrée aux couleurs Gulf et surtout ce son harmonieux. Le V12 n’est pas hurlant, la montée en régime est spectaculaire, douce, mélodieuse ; dans la ligne droite des Hunaudières, voir évoluer ces majestueuses Anglaises est un moment hors du temps.






Pierre : les NASCAR
Mon coup de cœur pour Le Mans Classic Legend va directement au plateau NASCAR, et pour plusieurs raisons. La première, et la plus évidente, on n’en voit pas tous les jours ! J’avais déjà eu le plaisir d’en voir évoluer à Silverstone en 2024, mais sur un circuit comme Le Mans, ça prend une toute autre ampleur.
Mais, et c’était surtout là que ma curiosité était attisée, avec un tel panel, il y avait de quoi voir plusieurs générations de voitures, aux spécificités différentes, notamment pour des raisons de réglementation technique. Est-ce qu’il y aurait de celles que j’appelle les voitures fondues au soleil ? (la Gen 4 pour les amateurs éclairés) ? Réponse sur la piste, oui et, pour l’anecdote je me souviens de la discussion avec Fabien, qui croyait que c’était son appareil photo qui avait une avarie tellement la voiture est déformée (pour des raisons d’optimisation aérodynamique sur circuit ovale).






La liste des pilotes était loin d’être bâclée, elle aussi, et elle se mariait très bien avec le panel de voitures en piste alliant la 71 de Richard Petty, la Chevrolet Lumina de 92 (que ceux qui se souviennent de Jours de Tonnerre lèvent le doigt !) ou les Gen 4 évoquées plus haut.
Et il faut dire qu’elles s’en sont sorti plutôt honorablement quand on prend le temps de constater que certains châssis n’avaient clairement pas été prévus pour les circuits routiers et adaptés autant que possible aux conditions mancelles.
Bref, on en a pris plein les yeux, et surtout plein les oreilles, le son des moteurs est tellement puissant qu’il était impossible de s’entendre dans les paddocks quand elles passaient dans la ligne droite des stands. Est-ce que j’en voudrais tous les jours ? Probablement pas, mais c’est toujours un régal de découvrir de nouvelles voitures.








Paul : le plateau 10
Choisir un coup de cœur sur un événement d’automobile ancienne n’est pas une mince affaire, encore plus lorsque les plateaux présents se rapprochent de mon année de naissance ! Pourtant mon coup de cœur est un peu plus jeune que moi puisqu’il porte sur le plateau 10 avec notamment la Peugeot 908 et la très sonore Lola B09/60 plus connue sous le nom de Lola Aston Martin DBR1.
Alors que je partais de base sur la Peugeot 908 qui a fait rêver les français, j’ai découvert durant cette édition la beauté physique et sonore de ces Aston Martin qui nous laissent difficilement de marbre lorsqu’elles se lancent dans la ligne droite des hunaudières avec leur son moteur si envoûtant.



Gabriel : le plateau 9
Avant de vous donner mon coup de cœur personnel, je me dois de préciser que ce Le Mans Classic Legend était ma première accréditation sur le circuit de la Sarthe. D’une manière générale, j’ai vécu un week-end formidable. Le jeune Sarthois passionné de sport automobile et de photographie que je suis a été comblé. Mes premières 24 Heures du Mans remontent au début des années 2000, quand je parcourais le circuit avec mon père et mon grand-père. Le Mans est souvent une affaire de famille, et il me tarde de transmettre le virus à mon fils.
Mon coup de cœur s’est naturellement porté sur le plateau 9, véritable plateau de mon enfance.
Quel plaisir de revoir les Audi R8, Dome, Courage et Pescarolo en pleine bagarre. Un temps où les voitures affrontaient une véritable course d’endurance, plus qu’un sprint de 24 h dans son format moderne. Un temps aussi où les modèles étaient très variés, offrant toujours des surprises d’année en année. La nostalgie me ferait-elle dire que c’était mieux avant ? Peut-être.





Pour préciser mon coup de cœur, je souhaite vous emmener dans un moment particulier de ce Le Mans Classic Legend. Il est 4 h du matin, dimanche. Alors que le seuil des 24 heures sans sommeil pour moi approche, la fatigue commence à gagner du terrain. Mais le lever de soleil tant attendu est dans deux heures. Alors, pour patienter, je m’en vais faire des photos dans la voie des stands. Le circuit est quasiment vidé de ses spectateurs, et je déambule seul dans les coursives du bâtiment des stands, comme si le circuit m’appartenait le temps d’un instant.
La salve d’arrêts du groupe 9 commence. À ce moment, je prends une claque. Je retombe dans cette enfance où la nuit était le moment le plus magique de la course. Mais, ce coup-ci, je me retrouve à quelques centimètres de tous ces bolides. Au diable la fatigue, je cours de long en large pour saisir le maximum d’instants d’arrêts. La DBR9 m’explose les tympans au redémarrage. La Dome S101 et sa livrée mythique noire et blanche s’arrête sous mes yeux. Tout va très vite. Voilà ce que j’étais venu chercher sur cet événement. Les arrêts se terminent. Il est temps de monter à la Dunlop (je maintiens mes propos !) pour le lever de soleil.





Je souhaite remercier Benjamin et l’ensemble de l’équipe pour leur accueil et la confiance accordée. J’espère, chers lecteurs, que vous avez pris autant de plaisir à lire les articles du week-end que nous avons pris de plaisir à couvrir cet événement, premier du nom. C’est une expérience qui restera gravée à vie me concernant.
Fabien : la Mazda 787B
La voilà devant moi, trente-cinq ans après sa victoire au Mans. Enfant, je ne la connaissais qu’à travers la TV ou photos. Un rêve devenu réalité, avec ce sentiment étrange d’être resté le même enfant, simplement équipé d’un appareil photo.
À son volant, Yojiro Terada-san, véritable légende au Japon, fort de 28 participations aux 24 Heures du Mans et surnommé « Mr. Le Mans » dans son pays. Sa présence rend ce moment encore plus particulier.



Puis le moteur quatre rotors Wankel s’éveille. Sa voix envahit le circuit de la Sarthe une fois encore : profonde et grave au ralenti, puis aiguë et presque lyrique lorsqu’il prend ses tours. Une véritable aria mécanique qui ne laisse personne indifférent.
Depuis toujours, Mazda a cru au potentiel du Wankel, malgré ses contraintes. Il n’est certes pas exempt de défauts, mais les critiques dont il fait l’objet font sourire lorsqu’on les compare aux défaillances qui ont touché de nombreux moteurs modernes, qu’il s’agisse de certains TFSI, PureTech ou d’autres mécaniques pourtant plus conventionnelles…
La 787B n’est pas seulement une voiture de course victorieuse. Elle est devenue une icône. Et l’espace de quelques tours, elle m’a permis de vivre un rêve d’enfant.




sensationallywerewolfbb358e14d1
je n’était pas au Mans ! mais quel bonheur de revoir la magique 787 B merci .
· · 11 juillet 2026 à 10 h 34 min
jean michel ouvrard
rien que pour la mazda le we valait le coup et j ai plus de 40 ans
· · 11 juillet 2026 à 11 h 16 min