La Renault 12 à la conquête du monde

La Renault 12 à la conquête du monde
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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La Renault 12 on la connaît bien en France puisqu’elle y a été un vrai succès avec des millions d’exemplaires fabriqués et écoulés. Mais cette auto est particulière pour la régie puisque c’est la première auto conçue pour un marché mondial. On vous raconte son histoire.

La Renault 12 à la conquête du monde

Une étude pour un secteur en plein boom

Au milieu des années 60 la gamme Renault a été renouvelée et modernisée. Les Renault 4 et Renault 6 occupent le bas de la gamme et la Renault 16 le haut de gamme. Toutes sont fidèles à la nouvelle philosophie du losange : un moteur avant, la traction et un hayon. Il y a bien pourtant une irréductible gauloise : la Renault 8.

Le vrai souci c’est que la marché en plein boom n’est pas celui des nouvelles autos, mais celui du milieu. Peugeot s’y est engouffré avec la Peugeot 204 et le succès qu’on lui connaît. Renault ne saurait rester à la traîne bien longtemps, surtout que Simca prépare sa 1100 et même Citroën va s’y attaquer.

Du coup on lance l’étude d’une auto qui va aller chercher le segment des 6/7cv. Par contre Renault n’a pas la même ambition que ses concurrents tricolores. La régie vise le monde entier qui a appris à connaître la marque avec des Dauphine notamment. Et comme la France est déjà une exception culturelle, il faut faire attention au produit qui sera proposé.

Une ambition mondiale… qui impose des choix forts

Attaquer le monde, c’est bien. Mais si on a pas proposé les “nouvelles” Renault sur ces nouveaux marchés, ce n’est pas pour rien.

Argentine, Brésil, Afrique du Sud, Australie sont visés par celle qui est encore le Projet 117. La traction, qui se démocratise donc chez Renault n’est pas tant un problème là bas. Par contre le hayon l’est plus. Si en France on commence à se faire à l’idée, pour les autres débouchés il est encore trop synonyme de véhicule utilitaire.

La nouvelle Renault ne doit pas être trop chère pour ces nouveaux marchés, qui n’ont pas tous la même économie que l’Hexagone (on parle alors de Pays du Sud, Australie mise à part). Il faut donc rationnaliser sans trop sacrifier les équipements. Si la traction est plus chère que la propulsion, on parvient à faire des économies sur le train arrière. Les roues indépendantes à barre de torsion sont troquées contre un essieu arrière rigide.

Sous le capot ? Là encore on ne va pas innover. Le moteur de la R16 est trop gros pour le segment alors c’est le cléon qui va être utilisé. Pas n’importe lequel puisque c’est le 1289 cm³, le plus gros de la gamme, déjà vu sur l’Estafette.

La Renault 12 à la conquête du monde

Pour ce qui du style, c’est autre chose. Pour la face avant on s’oriente vers du classique avec des phares ronds, doublés voir triplés avec une calandre rectangulaire. Finalement on va opter pour la calandre que l’on connaît, large, avec des phares rectangulaires, beaucoup plus modernes.

La Renault 12 à la conquête du monde

Pour le reste de la ligne on fera moins carré que la Renault 8, pas compliqué direz-vous. On introduit quelques courbes en gardant bien un décroché à l’arrière. La nouvelle auto sera une tricorps. Si le capot est relativement classique, le pavillon remonte et donne une ligne originale. Le coffre lui retombe avec une sacrée pente.

La carrière française de la Renault 12

La première apparition se fait en Septembre 1969. Mais au Salon de Paris, la Renault 12 est la star du stand au losange. Dévoilée au grand public elle le déçoit ! Les clients Renault se sont habitués à l’audace du constructeur et la R12 est résolument et volontairement classique. Deux versions sont au programme : la L et la TL. Cette dernière troque la banquette pour des sièges inclinables et propose des accoudoirs ou encore un miroir de courtoisie. Cependant elle reste abordable avec un prix de 10680 francs.

Et ce n’est pas le seul point positif qu’on peut dégager de la Renault 12. Avec 145 km/h en pointe, en partie grâce à sa carrosserie plutôt aérodynamique, elle est très bien placée. Et puis elle c’est une grosse auto pour une 7CV. Son habitabilité et son coffre sont louables.

La R12 commence à prendre sa vitesse de croisière et dès Mars ce sont 700 autos qui sortent des chaînes chaque jour.

Durant l’été 1970 apparaît une nouvelle R12 sur le circuit du Castellet. C’est la Renault 12 Gordini qui sera lancée officiellement au salon. Comme la “normale” elle prend le relai de la Renault 8. Le moteur est toujours un cléon, mais un alu. Issu de la R16 TS le 1565 cm³ de 113ch il permet à la nouvelle auto, elle aussi bleue à bandes blanches, de belles performances. On ajoute à la panoplie des freins à disque ventilés à l’avant ou des longue-portée à l’avant.

Par contre son accueil est plutôt mauvais. Quand la R8 Gordini était une propulsion avec moteur en sac à dos, la R12 Gordini est une traction. Et ça ne lui sera pas pardonné !

Autre nouveauté du salon, la berline est épaulée par un break, également disponible en L et TL. Au passage cette version TL reçoit de nouveaux équipements pour rehausser ses prestations. Nouvel accélérateur, poignée de maintien côté passager ou baguettes de bas de caisse chromées s’invitent.

À l’été 1971 on dévoile les Renault 15 et 17. Ce sont en fait des coupés basés sur la R12 qui complètent l’offre. Pour plus d’infos on en parle en détail par ici.

Au salon de Paris 1971 la gamme se voit revue. La dynamo est remplacée par un alternateur (que la Gordini emportait déjà) quand les feux de position quittent les ailes.

En septembre la Renault 12 change son losange, le Vasarely remplace le losange interdit. On dévoile aussi des évolutions pour le reste de la gamme. Ainsi le frein à main passe au plancher, entre les sièges avant ce qui entraîne le remplacement de la banquette de la Renault 12 L par des sièges séparés et la disparition de l’accoudoir central de la TL.

En Octobre 1972 on comble le trou entre la TL et la Gordini. La Renault 12 TS reprend le 1289 cm³ de 60ch avec carbu double corps de la Renault 15 TL. Elle reçoit aussi des freins assistés et des sièges avec un meilleur maintient et à l’intérieur on retrouve des appuie-tête, un compte-tours et un indicateur de température moteur, sur une console centrale inédite. À l’extérieur on la reconnaît avec ses roues style Gordini, une baguette latérale chromée et des longue-portée.

En fin d’année chez Renault on débouche le champagne. La Renault 12 succède à une de ses concurrentes, la Simca 1100, en tête des ventes en France.

La gamme se renforce pour l’année modèle 1974. La R12 TS est disponible en break. Et puis apparaît la Renault 12 TR avec sa boîte de vitesse automatique à pilotage électronique. Elle reçoit la finition de la TL avec les sièges de la TS.

En Août 1974 la Renault 12 perd une version avec la Gordini qui n’a décidément pas pris. Quelques semaines plus tard, les breaks sont renommés LN et TN. La TN reçoit une baguette latérale chromée tout comme la nouvelle TR Break. On reconnait aussi les TL de ces années là par l’absence d’enjoliveurs remplacés par des… écrous chromés !

En 1975 intervient le restylage “de mi-carrière” de la Renault 12. La nouvelle calandre est bordée de gris tandis que les pare-chocs sont relevés et intègrent les butoirs. Pour l’extérieur on note aussi des blocs optiques arrières plus grands et de nouvelles jantes. Côté intérieur, la blanche de bord est redessinée (sauf sur les L) et le freinage est désormais assisté (là encore, sauf sur les L).

Évidemment la voiture est en fin de vie. Du coup les nouveautés sont absentes. La Renault 12 L est remplacée par la Renault 12 “tout court”.

En Janvier 1976 on propose pourtant une nouvelle version, le break Société avec ses panneaux tôlés à l’arrière.

En Juillet 1978 le losange présente sa nouvelle R18. Remplaçante de la 12 elle sonne son glas. Ne perdurent que la berline TL et les breaks. On en profite pour ajouter les ceintures de sécurité à l’arrière où elles sont devenues obligatoires et les feux avant son désormais bicolore.

Le dernier millésime français de la Renault 12 sera celui de 1980. Ne subsistent au catalogue que les R12 TL berline et break.

Lorsqu’elle tire sa révérence cette auto si classiques est un vrai succès avec des millions d’exemplaires vendus… mais sa production n’est pas stoppée partout !

La Renault 12 à l’international

Une voiture monde, d’accord. Et pour le coup la Renault 12 n’a pas été produite qu’en France, contrairement à ses concurrentes directes.

Les plus connues : les Dacia 1300 et 1310

On est en pleine guerre froide… ce qui n’empêche pas certains pays du bloc de l’est de faire leurs emplètes de l’autre côté du rideau de fer. C’est ce qui se passe avec les roumains de Dacia. Ils achètent la licence et l’outillage et se mettent à fabriquer la Dacia 1300 en 1969.

En 1969 arrive la 1310 qui est une évolution et qui sera en production jusqu’en… 2004 et même 2006 pour les utilitaires ! Presque deux millions d’autos auront été construites ! Chez Dacia on est passé de la Renault 12 à la Logan. On vous l’a faite courte mais on en reparlera.

L’Oyak-Renault turque

En 1971 Oyak commence à fabriquer ses Renault 12. Presque identique à la version française, elle est entièrement revue en 1989 pour devenir la Renault Roros avec un cléon 1,4 litres. Elle sera vendue jusqu’en 2000.

Les FASA

Les Renault 12 ont également été produites en Espagne chez FASA. Les autos sont similaires aux françaises… si ce n’est leurs phares. En effet les phares sont remplacés par une double optique rectangulaire.

Les Renault 12 australiennes

Non les Renault 12 australiennes ne sont pas identiques aux françaises, mais aux anglaises. Bah oui, il faut mettre le volant du bon côté ! Fabriquée à Heidelberg à partir de kits CKD, certains éléments sont approvisionnés localement. Elle remporte dans le pays-continent le prix de la voiture de l’année en 1970.

Là bas le lifting arrivera en 1976. On remplacera aussi le moteur 1289 cm³ par un 1397 cm³. Elle deviendra alors la Renault 1,4 litre avant de devenir Renault Virage en 1978 qu’on reconnaissait à ses phares ronds. Elle s’arrête elle aussi en 1980.

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Les Renault 12 néo-zélandaises

Une fois de plus c’est à partir de kits CKD qu’on assemble des R12 en Nouvelle-Zélande. Par contre on source 50% des matières localement. La production reste confidentielle, tout comme la gamme limitée à une berline et un break.

Des Renault 12 Brésiliennes ? pas vraiment

À la fin des années 60 Renault travaille avec Willys-Overland pour fabriquer la R12 localement. Sauf que Ford rachète l’usine et sort une Ford Corcel… qui n’est qu’une Renault rebadgée ! Le pire c’est qu’elle sort avant que la Renault 12 ne soit révélée au public français ! Motorisées par le cléon, elles ont une face avant un peu différentes. Surtout, une version coupé a existé à partir de 1969 ! Cette première génération durera jusqu’en 1977 quand même !

Les R12 Argentine

C’est IKA, partenaire local de Renault qui produisit les Renault 12 en Argentine. Le début se fit en 1974 avec des autos proches des françaises. En 1976 le moteur 1397 cm³ s’invite sous les capot et en 1992 il passera même à 1600 cm³ ! À la fin des années 70 on retrouvera même des R12 argentine avec la climatisation ! Mais la version la plus recherchée c’est la R12 Alpine. Le moteur est celui de la R5 Alpine du même nom (qui était également produite sur place). Avec 110ch elle a brillé sur les rallyes locaux.

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Les Renault 12 aux USA

Présentées en Mai 1971 la gamme des Renault 12 pour les USA tient au départ en deux modèles, une berline TL et un Break qu’on reconnaît à leurs deux optiques rondes et à leurs jantes de TS.

En 1974 la gamme s’étendra avec la Basic Sedan, la Intermediate et la Luxury Sedan, toujours complétés par un seul break. Deux ans plus tard elle sont restylées et la gamme est simplifiée. Il ne restera que la berline GTL et un break.

Les Renault 12 canadiennes

Si les Renault 12 étaient disponibles sur le marché canadien c’est aussi via la SOMA qui fabriqua les auto sur place à partir de 1973. Pour le coup l’auto est vraiment adaptée au marché local puisque seul le Cléon Alu se loge sous le capot. Néanmoins l’aventure tourna court, Renault trouvant qu’il valait mieux importer ses autos que de les produire localement. Près de 20.000 Renault 12 furent tout de même produites sur place !

On trouvera également une série limitée distribuée sur place ainsi que les sur les marchés scandinaves : la Nordic qu’on reconnaît facilement avec ses panneaux de bois sur la carrosserie.

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Mais aussi…

Si on veut être complet, il faut aussi noter la fabrication de Renault 12 en Colombie (CKD), en Afrique du Sud, en Côte d’Ivoire, en Irlande, à Madagascar, au Maroc ou au Portugal !

Les Renault 12 de nos jours

La Renault 12 est loin d’être la plus recherchée de la gamme Renault d’alors. La plus visible, parce qu’on la remarque plus, est aussi la plus recherchée : la Gordini. Une auto en bon état se négociera entre 15 et 25.000 €.

Et cela tranche énormément avec le reste de la gamme. Même en très bon état une R12 L ou TL se négocie entre 2000 et 3000 €. On vous demandera environ 500 € de plus pour une TS et un peu moins pour un break.

Un prix d’ami pour une voiture qui reste encore très utilisable au quotidien !

Photos complémentaires : Renault 12 Passion, Renault, l’Automobile Ancienne

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