Renault 4

La Renault 4 ou la “quatrelle”

Il est rare de pouvoir dire à quelqu’un « je sais pas si tu connais cette voiture, la quatrelle ». En effet, la Renault 4 est toujours, près de 30 ans après la fin de sa production, une voiture emblématique de la production automobile française.


Naissance et conception de la Renault 4

Son histoire débute en 1956. Renault envie Citroën qui a sur faire avec la 2CV : motoriser les campagnes avec une voiture peu chère et pratique. Il faut surtout remplacer la 4CV qui, avec son moteur arrière, paraît moins pratique que la chevronnée. L’idée de la Renault 4 part de là, il faut faire une voiture de 4cv fiscaux, à plancher plat, une bonne habitabilité, ne pas être beaucoup plus chère que la 2CV en étant « moins laide ».

Guy Grosset-Grange propose une traction avec une plate-forme supportant tous les organes mécaniques. Niveau suspensions, c’est une solution à barre de torsions qui est retenue. À l’avant elles sont longitudinales et à l’arrière, des barres transversales. Du coup, chose saugrenue, pour permettre le passage des deux barres en parallèle, l’empattement est de 48 mm plus grand coté droit.

Coté motorisation, on utilise du connu, le moteur est un 4 cylindres 747cm³ Billancourt développant 24 ch et 4,5mkg. Il est couplé à une boîte 3 vitesses, le tout emmène la voiture à 105km/h.

Les tests sont long, ils commencent en 1959 et vont disperser les prototypes dans le Sahara, en Guinée, dans le Minnesotta, ou sur les pistes. 2.900.000km seront parcourus.

Le 6 Juillet 1961, la dernière 4cv sort des chaînes de Billancourt. Le lendemain l’usine ferme pour congé et profite de ceux-ci pour faire installer les chaînes des R4.

Pendant ce temps, Renault joue un grand coup de com’ pour préparer le public. En août, 25 Renault 4 et 5 Renault 3 sont laissées à des journalistes en Camargue. Tous publient tous leurs essais avant même le salon de Paris où l’auto est révélée au grand public. En parallèle du salon, 200 voitures sont mises à disposition du public qui parcourt 440.000km.

Le coté pratique de la voiture séduit de suite. Trois versions sont disponibles, R3 et R4 à 4 glaces et la R4L avec ses 6 glaces. Les prix sont de 4800 à 5300 NF.

Les évolutions de la Renault 4 à travers les ages

Au millésime 1962 on a donc au catalogue les R3 et R4, sans glace de custode, sans enjoliveurs, sans grille de calandre, un tube en guise de pare choc, et une seule couleur. Ce sont les entrées de gamme, la première s’oppose frontalement à la 2CV.

La R4L, c’est la version luxe. Elle a des glaces de custodes ouvrantes, des enjoliveurs à 3 branches, des butoirs en caoutchouc sur le pare-choc qui est chromé, une moulure de bas de caisse en alu et un monogramme 4L doré.

En Octobre 1961 c’est la fourgonnette, avec 300kg de charge utile qui est intégrée au catalogue et reprend la place laissée vide plus d’un an auparavant par la Juvaquatre.

Une dernière version, encore plus luxueuse est disponible à partir de Mars 1962. C’est la R4 Super, avec pare-choc doublé, hayon arrière en deux parties, des sièges mousses et une banquette arrière repliable.
En 1962 on voit également apparaître des versions 4×4 produites par Sinpar.

Pour le millésime 63, la R3 disparaît du catalogue. Renault s’avoue vaincu, c’est un échec commercial et le nombre d’autos produite n’est pas assez grand…

La R4 ne change pas et occupe désormais seule la place du bas de gamme. La Renault 4L perd son « chrome » sur les feux arrières. La Renault 4 Super, passée à 5CV, le grand luxe, voit plusieurs modifications dont le but est globalement de réduire les coûts… tout en la faisant devenir un peu moins luxueuse.

Pour le modèle 1964, apparu fin 1963, la Renault 4 reçoit un pare-choc à lame peinte en remplacement du fragile pare-choc tubulaire. Les contre-portes et le pavillon sont garnis. De son côté la 4L voit son chauffage et son vide-poche passés en gris au lieu du noir. Les glace arrière deviennent coulissantes et les custode fixes.

En haut de la gamme, la R4 Super disparaît en devenant une 4L avec option « moteur 5cv ». Par contre on voit apparaître la première série “spéciale” (et pas limitée), c’est la parisienne. Il s’agit d’une R4 Super, noire, avec un décor extérieur représentant soit un canage soit un motif écossais.

Le 3 Mars 1964 c’est déjà la 500.000e Renault 4 qui sort de l’usine !

Au millésime 1966, la gamme se compose de trois modèles et l’appelation R4 “de base” est supprimée. Elle est remplacée par la Renault 4 Luxe avec glaces arrières coulissantes, vitres de custodes fixes, sièges hamac en drap ou simili et sans butoirs de pare-choc. On trouve ensuite la Renault 4 Export, a des sièges mousses en plus et l’option moteur 5cv. Enfin la Parisienne ne change pas, sauf le gain de monogrammes métalliques.

Le 1er Février 1966 c’est la millionième Renault 4 qui sort de l’usine !

La Renault 4 ou la "quatrelle"

En 1967, la planche de bord devient plane et beige. Le volant marron a un moyeu rectangulaire. Les monogrammes deviennent métalliques à l’avant et sur l’aile avant droite.

La Renault 4 des 70s

Gros changement au millésime 1968 entré en production mi-67. La face avant est complément modifiée avec l’apparition de la calandre alu englobant les phares. La boîte passe reçoît une 4 vitesses et elle est entièrement synchronisée.

La Parisienne disparaît mais la Plein Air arrive au catalogue. Ce cabriolet dont toute la partie arrière de la caisse a été découpé délaisse le côté besogneux et populaire de la R4 et vise plus haut en gamme.

En Avril 1970, comme le veut la loi, toutes les Renault 4 reçoivent des ceintures de sécurité à l’avant.

La prochaine évolution arrive en 1971. L’option du moteur 5cv apparaît sur toute la gamme, sauf sur les Sinpar tandis que le circuit électrique passe en 12V. La nouvelle gamme se démarque d’ailleurs avec la suppression de la Plein Air, restée confidentielle.

1972 voit arriver le nouveau moteur 4cv 782cm³. Le passage de manivelle disparaît du pare-choc, les feux de stationnement sur les ailes avant disparaissent. La TL reçoit la boîte de la Renault 6 qui impose des changements de cardans.

En 1974, la planche de bord et le volant deviennent noir. Le monogramme de l’aile avant droite disparaît, et celui à l’arrière devient en plastique.

En 1975, on change à nouveau la calandre. L’élégante en alu laisse place à une nouvelle, plus massive, qui en reprend les contours… mais est en plastique. De nos jours cela paraît moins élégant, mais à l’époque c’est plus moderne !
Une nouvelle fourgonnette rallongée apparaît dans la gamme.

1976 voit une amélioration électrique, la dynamo est remplacée par un alternateur et un voltmètre apparaît sur le tableau de bord. Cette année là la Renault 4 Export est remplacée par la TL. Les versions L et TL se reconnaissent à leurs monogrammes. Une nouvelle série, la Safari apparaît au catalogue avec baguettes et pare-chocs noirs, la sellerie est spécifique.

Pour 1977 les clignotants avants deviennent rectangulaires, comme la barre centrale du volant. Le 9 Septembre la Renault 4 franchit la barre symbolique des 5 millions d’exemplaires produits !

La Renault 4 ou la "quatrelle"

L’ère du cléon

En 1978, l’aération change, le volet devient une grille. La version luxe devient la Renault 4. Mais surtout, le 25 Janvier, le moteur Cléon-Fonte 1108 cm³ arrive sous le capot d’une nouvelle version, la GTL. Une petite grille supplémentaire est percée sous la calandre, les jantes sont ajourées, et un pare-choc gris avec renforts latéraux apparaît. La Safari est supprimée à l’été.

En 1981, le chauffage gagne une seconde vitesse, les pare-chocs gris s’étendent aux versions de base, tandis que les jantes ajourées arrivent sur les TL. La GTL se pare de la série limitée Jogging avec toît ouvrant, peinture blanche, décors bleus et sièges tubulaires.

En parallèle du côté de la Bretagne sont produites une nouvelle version découvrable, c’est la JP4.

Pour 1982, les charnières de portes sont masquées.

En 1983 les freins avant abandonnent (enfin) les tambours pour des disques, un nouveau tableau de bord apparaît avec compteurs et voyants ronds. Le rétroviseur intérieur passe sur le ciel de toit, le frein à main passe au plancher sur les GTL. La version de base et la TL ont toujours le moteur 845cm³ sous leur capot.

En 1985 apparaît une nouvelle série limitée, spécialement pensée pour les jeunes. C’est la Renault 4 Sixties.

Enfin entre 1987 et 1993, la TL est remplacée par la Savane avec moteur Cléon 956cm³ et freins avant à disques. La GTL devient la Clan avec des jantes à 6 branches. Ces jantes seront communes aux Clan et Savane en fin de production.

Au total 8.135.424 modèles seront construits. La Renault 4 est alors la voiture française avec la plus grosse production et il faudra attendre pour que la 206 puis la 207 ne la dépassent !

Les Renault 4 de nos jours

On en voit plein, et heureusement ! La Renault 4 c’est comme la deuche, indémodable et tout le monde connaît quelqu’un qui en a eu une. Sauf que, contrairement à la deuche, elle est restée accessible.

Aussi étonnant que cela puisse paraître les Renault 4 les plus chères ne sont pas les plus anciennes. Cette palme revient aux version Sinpar et Plein Air (plus de 8000 €). À l’inverse les moins chères sont les L, TL et Savane, celles qui recevaient le plus petit moteur… et qui sont donc les plus courantes. Mais à l’intérieur de ces “classes”, effectivement les calandres plastiques seront moins chères que les calandres alu, et les calandres originelles encore au dessus.

Niveau pièces ? Pas de problème, vous retrouverez tout, notamment chez notre partenaire Melun Rétro Passion.

Source : Rétroviseur n° 133 / Septembre 1999 et La 4L de Sylvie


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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

1 commentaire sur “La Renault 4 ou la “quatrelle””

  1. Pour le premier millésime, il existait plusieurs couleurs, dont le gris olivier tirant sur le vert/jaune, commun au R3 et R4 de base. Il en reste 3 répertoriées en France dont 2 R3

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