Citroën GS

Citroën GS, trop importante pour être oubliée

Elles sont deux Citroën à fêter leurs cinquante ans cette année. La SM que personne n’a oublié et la GS… que trop de monde a oublié. Pourtant cette auto de milieu de gamme était à l’époque très différente des autos concurrentes, plutôt dans le bon sens du terme. Et pour Citroën elle avait une importance capitale. Alors on retrace ici l’histoire de la Citroën GS et vous allez comprendre que c’est quand même une auto à ne pas oublier si facilement.


Le milieu de gamme de chez Citroën : un vrai serpent de mer

Pour aboutir à la Citroën GS, les études furent nombreuses. Le but était de donner à Citroën un vrai milieu de gamme. Car depuis la fin de la seconde guerre mondiale entre la 2CV et ses grandes sœurs Traction puis DS/ID, c’était le grand écart. Les Ami étaient arrivées… mais elles étaient plus proche de la deuche que des grandes sœurs. Et puis même Peugeot avait enfin investi le marché des 6cv avec sa 204. Citroën se devait de rattraper le coup.

D’abord on étudie le projet C60, sorte de mix entre une Ami6 et une DS. Pas des plus réussis, c’est sûr. Puis il est abandonné en 1962 alors qu’il est roulant et remplacé par le projet F. Mais en 1967 on abandonne également celle-ci, peut-être jugée trop proche de la R16. En tout cas les chevrons n’avancent pas.

Le projet G est sur les rails. La voiture doit être prête en 1970, et trois ans c’est alors très court (et ça l’est toujours). Heureusement, on abandonne pas les motorisations qui sont alors prévues pour cette nouvelle auto.
L’entrée de gamme se fera avec un inédit quatre cylindres à plat de 1015 cm³, reprenant les idées des 2 cylindres, qui sort 55,5 ch à 6500 trs/min tout de même.
Et puis on sait aussi que la version haut de gamme sera basée sur un moteur qui est alors en développement : un moteur rotatif Wankel, de même cylindrée mais de plus forte puissance.

Côté style, on veut booster l’équipe de Opron et Giugiaro va aussi proposer un projet. C’est le projet interne qui l’emporte. Le projet italien sera recyclé du côté de Pomigliano.

La Citroën GS arrive et s’impose d’emblée

En Août 1970 les premières Citroën GS sortent des lignes de production de l’usine de Rennes – La Janais. Quelques autos sont expédiées en Camargue pour la présentation à la presse tandis que le public la découvre au salon de Paris. Seul le 4 cylindres est disponible sous le capot pour le moment. Deux finitions sont au programme : la Confort et la Club (mieux équipée que la première, drôle d’appellation).

Si les premières autos souffrent de problèmes récurrents de fiabilité, cela n’empêche pas la GS de devenir la voiture de l’année 1971 (tandis que la SM est troisième, notons le !). En même temps la Citroën est vraiment une auto qui se démarque dans son segment. François Allain nous le résumait ainsi (il prendra le départ du Tour Auto au volant d’une GS) :

Elle était novatrice dans son segment. On mettait l’hydraulique à la portée de tous. C’était un milieu de gamme. Chez Renault sa concurrente c’était la R12 et chez Peugeot c’était la 304. Et entre une GS, une 304 et une R12, il n’y a pas photo.

News d’Anciennes le 4 Février

Les performances sont là, l’auto file à 150 km/h, avec 55,5 ch, il faut le rappeler. Et puis l’hydraulique est de la partie, la ligne est réussie, la Citroën GS est donc sur les bons rails. Chez Citroën on a fait vite, mais on a bien fait.

Premières évolutions de la Citroën GS

Comme toutes les autos de cette époque là, à chaque année ses nouveautés. Pour la GS en 1971 ça commence par le break. Version service à trois portes ou 5 places à 5 portes. Avec toujours les mêmes finitions.

En 1972 on a bien compris que le manque de puissance de la voiture était trop problématique. On propose alors une Citroën GS 1220, avec un moteur de 1220 cm³ donc, qui fait grimper la puissance à 60ch… tout en l’atteignant 1000 tours plus bas ! Sacré refonte ! Les deux motorisation sont alors au catalogue.

La GS Birotor

En 1973 on présente la version haut de gamme de la GS, la Birotor. Elle utilise le moteur développé à la base par Citroën et NSU dans la Comotor. Sauf que Citroën est seul aux commandes, la Ro80 est bien sortie mais Volkswagen qui a racheté la marque allemande s’est désengagé.

Cette nouvelle auto propose donc un moteur de 107 ch. Sauf que les Wankel sont des moteurs gourmands. Et qu’en 1973, suite à la Guerre du Kippour et au premier choc pétrolier, le prix du baril s’envole. Consommer autant est mauvais. La GS Birotor tombe au mauvais moment.

La GS continue d’évoluer

En 1974 Citroën ne va pas bien, mais la GS se vend. On introduit une version d’entrée de gamme, la GSpécial (sur le principe de la DSpécial). Elle peut être commandée avec les différentes motorisations, mais un équipement toujours aussi chiche. On introduit aussi la X2 à l’autre bout de la gamme, avec le 1220 cm³ poussé à 65ch, des longues portées et une calandre noire.

1975 voit le rachat de Citroën par Peugeot. Les chevrons se sont empêtrés dans le rachat de Maserati et le choc pétrolier a mis un coup sévère aux SM et GS Birotor. Les finances ne sont plus assez bonnes et Michelin ne peut renflouer la marque.

La GS évolue quand même, avec l’arrivée des version X, qui reprend les équipements de la X2 mais pas son moteur, et la version Pallas. Fidèle à son appellation, elle est bien équipée avec une moquette plus épaisse, de grands enjoliveurs et des baguettes latérales. La gamme est aussi modifiée avec l’abandon de la Birotor (déjà) après 873 exemplaires produits.

L’année suivante la GS est légèrement restylée. En 1977 le 1015 d’origine est remplacé par un 1100 (1129 cm³ en fait) de 56 chevaux.
En 1978 on présente la série limitée Basalte. Noire avec des décos très 70s, elle donne un petit coup de jeune à la Citroën GS. Elle reprend le 1220 de la X2 et les finitions de la Club.

Dernière évolution pour l’année modèle 1979 avec la X3 dont le moteur de 1299 cm³ sort 65 ch.

La Citroën GS s’arrête alors après 1.896.742 exemplaires… mais ce n’est pas tout à fait fini !

L’arrivée de la Citroën GSA

En attendant que la BX ne soit totalement prête, Citroën refond la GS qui devient la GSA pour le millésime 1980 (en Juillet 79 donc).

Poignées de porte, calandre, baguettes noires, les différences sont notables mais discrètes. Elle pourrait se résumer en la suppression des chromes et l’arrivée massive du plastique. Surtout on remédie à un des “défauts” de la GS en dotant la GSA d’un hayon, ce que toutes les bicorps ont adopté depuis bien longtemps. Elle est proposée avec différentes finitions, Club, X3, Pallas, et les versions berline et break.

Le moteur de base est le 1300 accolé à la boîte 4 rapports mais la GSA X3 est bien dotée d’une nouvelle boite à 5 vitesses.

La GSA connaîtra peu d’évolutions. En 1980, la version Special, d’entrée de gamme toujours dépouillée, adopte un moteur 1129 cm³ pour se placer dans la catégorie des 5 cv.

En 1982 la GSA de base adopte le 1129 et laisse la spéciale retrouver le 1300. La BX est sortie entre-temps mais l’auto reste au catalogue. On la dote même cette année là d’une série spéciale Tuner avec son équipement Hi-Fi haut de gamme.
En 1983 le Break GSA Cottage se démarquera avec sa sellerie… spéciale.
Enfin en 1984 on proposera la Chic avec vitre teintées, becquet de X1, calandre de X3, jantes alu et sellerie “écossaise”.

La GSA sera produite jusqu’en 1986 à 576.757 exemplaires.

Les Citroën GS et GSA de nos jours

Pour des autos construites à près de 2.5 millions d’exemplaires, il faut avouer qu’elle ne courent pas les rues ! Le monde de la collection aurait-il oublié ses qualités ?

En tout cas, son déficit d’image a un avantage : le prix des autos. Les GS se trouvent entre 3000 et 5000 € pour les versions les plus courantes. Les X3 et Basalte font exception en cotant respectivement 6000 et 7000 €.
Si vous êtes fans de Wankel, il faudra encore plus chercher. La GS Birotor est rare et chère : plus de 10.000 € pour un bel exemplaire.

Enfin si vous trouvez que le plastique c’est fantastique, les GSA se trouvent entre 2000 et 4500 € !

Alors si vous cherchez une voiture ancienne avec un côté rationnel et que vous regardez les perfs et les équipements, ne passez pas à côté de ces deux là ! Côté conduite qu’est ce que ça donne ? Et bien on espère pouvoir en essayer une… dès qu’on pourra sortir !

Photos complémentaires : 100% Citroën


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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

5 commentaires sur “Citroën GS, trop importante pour être oubliée”

  1. Ah bon Patrice,
    les places arrières sont suffisamment spacieuses pour une berline de cette catégorie (4.12m de long) et sa ligne est tout sauf quelconque.(sans parler de son tableau de bord).
    A comparer à ses concurrentes directes la renault 12, la simca 1100 et la peugeot 304.
    Les 2 qui ont le moins vieillis : la 304 avec sa ligne classique et la GS avec sa ligne non conventionnel et toutes les 2 avec
    des intérieurs bien dessinés (je ne parle pas de finition).
    En fait le défaut principal de la GS c’est sont manque de puissance. Son chassis aurait pu encaisser quelques chevaux supplémentaires. Les défauts secondaires un coffre pas très accessible mais d’une taille honorable et parfaitement parallélépipédique, des matériaux fragiles sur les 1eres versions (accoudoirs).
    Le reste ce sont les détracteurs de citroën qui veulent l’enterrer ou ceux dont les mécaniciens ne savaient pas les régler correctement. notamment pour la consommation d’essence. Et puis aussi les propriétaires qui négligeaient l’entretien.

    La GS est une voiture très agréable a conduire, très confortable et beaucoup plus fiable que ce que l’on veut nous faire croire. Sinon il ne s’en serait jamais vendu autant.
    En attendant la GS est en train de sortir du purgatoire. La seule Citroën dont la cote est encore anormalement basse mais les choses sont en train de changer et tant mieux. Cela incitera les possesseurs a remettre a niveau leurs autos.
    Malheureusement il en reste trop peu.

  2. J’aimerais monté un projet sur un GS spécial phase 1
    Intéressé cuir sur mesure haute couture
    Carrosserie épurée avec Chrome
    Enjoliver Chrome
    Moteur 1300 avec un carburant qui va bien et une ligne sur mesure

  3. Très bon article, pour ce véhicule fort intéressant, déjà pour son époque traversée, avec succès, et multiples versions.
    Son aura est à la hausse, je pense, et il est grand temps de s’y re-intéresser, comme avant.
    Cette fois-ci, pour un achat coup de coeur de collectionneur.

  4. j’en ai eu 2, une 1220 et une 1300, la concurrence pouvait s’aligner, en matière de sécurité, vous pouviez rouler a 140 et freiner a fond en lâchant le volant, la voiture gardait sa trajectoire, et sur la neige les autres restaient sur le bas-côté.

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