Essai d’une BMW 315/1, une belle virada dans le sud

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Essai d'une BMW 315/1, une belle virada dans le sud
Fab Renesis
Fabien est un amateur de moteurs à pistons rotatifs mais aussi un très bon photographe. Il a rejoint l'équipe de News d'Anciennes à l'été 2020 et couvrira les événements du sud-ouest de la France.

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Virada ? Un mot d’origine Occitane signifiant “tournée”. Et quel meilleur endroit pour faire une tournée que le circuit du coin ! Le magnifique circuit de Pau-Arnos nous a accueilli pour cet incroyable essai. La machine du jour, ou plutôt devrais-je dire la machine à voyager dans le temps, c’est une BMW 315/1. Présentation.

L’histoire de la BMW 315/1 en bref :

BMW 315/1? Rien à voir avec celle là !

Petit retour dans le passé. Nous sommes dans les années 30, l’automobile devient un moyen de locomotion de plus en plus fiable et confortable (à remettre dans le contexte de l’époque bien sûr) et certains automobilistes commencent à utiliser celle-ci comme activité sportive. BMW souhaite proposer un modèle dédié à ça.

C’est pour cela qu’au salon de Berlin en 1934, BMW présente un prototype de coupé sport basé sur la Berline 315. La berline possède un toit, une banquette arrière et une forme globalement rectangulaire et pèse autour des 830 kgs pour 34 chevaux.

La BMW 315/1, est bien différente ! C’est une stricte 2 places, à la ligne élégante avec sa calandre incliné et son pare brise. Une capote rabattable, des roues arrières couvertes par la carrosserie pour améliorer l’aérodynamique, et un arrière plongeant et effilé lui procurant une ligne agréable pour un poids autour des 750 kgs.

La base moteur est identique à la berline, mais il est vraiment amélioré. Produite à environ 230 exemplaires, la BMW 315/1 va permettre à BMW d’améliorer son palmarès et réputation dans le sport automobile avant d’être remplacé par la 319/1 et son 1,9L de 55ch. Tiens, vous remarquerez que déjà BMW utilise les 2 derniers chiffres pour indiquer la cylindrée.

L’histoire personnelle de notre BMW 315/1 du jour

En préambule, permettez moi de vous dire que si j’aime l’automobile, c’est pour les histoires qu’elle nous raconte. Si vous êtes comme moi, avec l’essai de cette BMW 315/1, vous allez être servi.

Rendez vous pris entre le propriétaire et moi directement au circuit de Pau Arnos. Sylvain me raconte l’histoire de sa BMW 315/1 unique en son genre.

En 1983, son père achète un petit roadster, une sortie de grange. Cette auto a une bonne bouille, et personne ne connait vraiment ce modèle, peu commun. Le père de Sylvain souhaite la restaurer complétement et découvre qu’en fait, les accessoires de route, phares, ailes en acier et pare-brise cachent une base tout aluminium. Il décide de la restaurer dans sa version de course, la fait repeindre en blanc comme l’était les automobiles allemandes de course de l’époque. Il cherchera à connaitre son historique en envoyant courrier à BMW, BMW historique mais aussi LVA.

C’est en 1995 qu’il réussit a retrouver son mécanicien de l’époque. Sylvain encore gamin accompagne son père lors de leur rencontre. Ils découvriront des photos d’époque, la sortie du carrossier Baudena à Nice, des photos de l’auto en course. Ils apprendront ainsi que l’auto a été piloté par Francois Antonelli de 1947 à 1949, a participé au grand prix de Nice, Nîmes et Marseille et des courses de cotes. Une deuxième BMW 315/1 identique serait sortie de la carrosserie Baudena à Nice, mais à ce jour aucune info n’a pu être trouvé (si vous en avez, nous sommes preneur !)

Nous sommes en 2017, Sylvain récupère la BMW 315/1…

Notre BMW 315/1 du jour

Une caisse couleur blanc pur, ça brille, c’est classe, ça claque !

Elle possède un avant tout en rondeur avec une grande calandre. Les phares au look d’époque ajouté par Sylvain, dans un souci de sécurité évident puisque cette auto peut rouler sur route, sont intégrés dans cette calandre. Deux lignes d’ouïes d’aérations courent tout le long de la caisse de chaque côté, et un arrière tombant finissant en pointe lui donne le look typique des autos de courses de ces années là.

Cette BMW 315/1 de course se paye le luxe de posséder un coffre, pratique pour le rangement du casque et autres accessoires ! L’échappement tout inox longe le coté droit pour se terminer avant le pneu arrière. Rien ne vient briser la forme allongée, pas même la prise d’air classique (la NACA n’existe pas encore) qui se trouve sur le capot et aide au refroidissement. Pour encore plus améliorer cela, le dessous de caisse a été modifié avec une aération permettant d’évacuer l’air chaud du moteur.

Pour accéder a la mécanique, le capot s’ouvre des deux cotés (pratique pour l’entretien) via un montant central. Un minuscule parebrise est présent afin de casser le flux d’air devant le pilote. Les pneus et la suspension apparents font leur effet. Le fait qu’ils soient visibles, pas recouverts par des ailes, accentue la forme allongée et profilée de la BMW 315/1.

La recherche sur l’aérodynamique a démarré très tôt dans l’automobile. Et nul doute que cette BMW315/1 a eu droit à une forme basse et allongée dans ce but. À la regarder de coté, le capot semble dépasser les 50% de proportion de longueur. Impressionnant !

L’intérieur de notre BMW 315/1

Une magnifique banquette en cuir beige fauve fait office de siège. Coté sécurité c’est comme vous avait peut être déjà lu un jour sur un autocollant collé sur une ancienne…”pas d’abs, pas d’airbag, je meurs comme un homme” sauf que là c’est encore plus, pas de ceinture ! On colle complétement aux années 30. Assez de malheur !

Le tableau de bord en aluminium bouchonné est du plus bel effet. Le volant en bois a quatre branches est de travers, afin de laisser visible le compte tours immense typique de l’époque, lorsque les roues sont droites. L’horloge y est incorporé. Le compteur de vitesse se situe au niveau du passager.

Un manomètre de pression d’huile et ampèremètre sont les seules informations qu’a le pilote. Notons que cette BMW 315/1 possède un circuit électrique en 12 Volts et un démarreur électrique.

La mécanique de notre BMW 315/1

BMW a repris le moteur présent de la berline 315. La BMW 315/1 à donc un 6 cylindres en ligne, de 1,5 litres de cylindrée, arbre à cames latéral, 2 soupapes par cylindres. Trois carburateurs, fournissant 40 chevaux et permettant au coupé d’atteindre 125 km/h.

Notre BMW a trois carburateurs de chez Zenith Stromberg, pipe d’admission sur mesure. Le refroidissement à été amélioré en faisant appel à une entreprise locale. Un pont plus long a également été monté.

Au vu des modifications qu’a subi l’auto comparé à l’origine, la boite de vitesse a été modifié et une longue tringlerie est en place. Il s’agit d’une boite 4 rapports, la 1ere étant trop courte, Sylvain démarre en 2eme. Seules les vitesses 3 et 4 ont des synchros.

Essai d'une BMW 315/1, une belle virada dans le sud

C’est Sylvain qui s’occupe de l’entretien de sa BMW 315/1. La mécanique étant assez basique, il peut facilement faire appel aux entreprises locales pour des refabrications si besoin.

Le gabarit de notre auto est de 3.6 mètres de long, 1.3 mètres de large et un empattement de 2.4 mètres. Le poids lui est inférieur à 700 Kgs, au vu des éléments supprimé comparé a la BMW 315/1 d’origine. Pour les pneumatiques, notre BMW 315/1 est équipée en 600×16, une dimension classique.

Coté tenue de route, la suspension avant a un triangle inférieur. Un ressort à lames fait office d’élément supérieur. À l’arrière, deux ressorts à lames et amortisseurs télescopiques. La direction est, déjà, à crémaillère. Quatre freins à tambour assure le “freinage”.

Au volant de notre BMW 315/1

Rendez-vous avait été pris avec Sylvain au circuit Pau Arnos pour cet essai. Voir arriver cette BMW 315/1, faisant un beau bruit rauque, par la route, fait son effet. Après nous être présenté à la directrice du circuit et pris les consignes de sécurité, je monte en tant que passager pour quelques tours.

Monter dans cette BMW 315/1, c’est séance souplesse ! J’entends souvent sur des rassemblements les plus âgés d’entre nous se plaindre des caisses basses, dorénavant je comprends pourquoi.

Je me retrouve à moitié assis, à moitié allongé. Je pense être bien calé… Pense seulement car, dés les premiers virages à allure modéré, pour le repérage et faire chauffer la mécanique, la gravité s’invite aussi en passagère, et même en couple avec le cuir de la banquette ! Vous devinez la suite?

Tout au long des virages, faut s’accrocher sinon vous glissez! Et là vous revenez aux bases du pilotage, a savoir bien se caler dans une auto, en utilisant ces jambes. Le haut du corps, lui, travaille à contrer les virages. Cela devient instinctif et voila que je peux être plus attentif aux véritables sensations. Pas de toit, pas de pare-brise, je peux voir tout autour de moi sans que rien ne me gène. Un bonheur.

Le vent vous gifle le corps, le bruit du moteur et de l’échappement, l’odeur d’essence et d’huile vous font voyager au premier tiers du siècle dernier. Avec ce type d’automobile, le mot liberté, qui lui est souvent associé, prend tout son sens.

J’ai l’impression de voir une scène surréaliste lorsque je regarde les roues avant. Elles sont devant moi, visible, je les vois tourner au grès des virages. Le pneu travaille, la suspension bouge et fait le boulot. Dingue mais bien réel. Nous nous arrêtons sur la ligne de départ, c’est à moi.

Je me sens allongé dans l’auto, les pédales loin devant. La position est beaucoup plus agréable. J’appuie sur chaque pédale pour avoir le feeling. La pédale d’embrayage n’est pas extrêmement dure mais la course est longue. Idem pour celle de frein, frein a câble oblige. Quand à celle d’accélérateur, je la ressent plus classique.

Sylvain à mes cotés me demande de démarrer en 2eme directement, la 1ere tirant trop court. Je démarre, et à ce moment dans ma tête, j’ai 10 ans. Un mix entre feu d’artifice du 14 juillet et carnaval de Rio. Le 6 cylindres, bien aidé par son échappement inox, délivre un son magnifique, proche du son rauque d’un V8. Une auto comme ça, “road legal” c’est un pur plaisir.

Le 1er virage à me voir arriver est le fameux “Pif-paf”, bien connu par les pratiquants des journées roulage proposé par le circuit. L’allure est faible et sans risque, me permettant de ressentir prudemment le volant. Au vu de sa taille typique de ces années là, j’ai plus l’impression de tenir la barre d’un voilier. Malgré tout, la direction est précise et l’auto s’inscrit là où je lui demande.

Nous sommes sur circuit, et malgré un bitume propre, la suspension travaille et me secoue un peu. Non, je n’oublie pas que cette BMW a 86 ans et est extrêmement basse et rigide. Et en comparaison, elle est moins tape cul que certaines sportives modernes.

Les virages s’enchaînent, l’allure augmente. Cette BMW 315/1 me surprend. Elle a une très bonne tenue de route et l’anxiété des premiers tours, à la simple idée de piloter une auto sans toit ni arceau, s’estompe. Pour la petite anecdote, Sylvain était présent lors du Classic Festival Nogaro.

À bord de sa BMW 315/1, il a pu se frotter a une Rally Type R 15 de 1932. Si la Rally était devant lors des lignes droites grâce à un moteur plus moderne (double arbre à cames en tête), la BMW était meilleure en virage grâce à son châssis plus élaborée. Cela avait donné une jolie battle.

Le freinage, par contre, est très moyen, la faute aux 4 tambours de frein à la garniture récente mais basique. Je suis obligé de taper dans la pédale et d’anticiper le freinage en avance pour moi, par manque d’habitude et surtout de prudence. Sylvain trouvant le freinage également trop juste, il a depuis fait remplacer les garnitures par des modèles plus performant en vue des prochaines courses.

Tout au long de l’essai, j’ai pu souvent rester en 4, de temps en temps en 3 car ce petit 6 cylindres 1.5L ne manque pas de couple et permet de repartir aisément même à 1500 tours seulement. La longue tringlerie n’aidant pas à la précision, et la 2 n’ayant pas de synchro, c’est tant mieux.

Conclusion :

Cette BMW 315/1, c’est une véritable machine à voyager dans le temps. Une caisse de course des années 30, road légal, avec un superbe look, au moteur fiable et à l’entretien accessible. Nul doute qu’en posséder une laisse rêveur. Tellement rare que vous lui pardonnez ses imperfections

Les plusLes moins
OriginalePosition de conduite
Mécanique fiableprécision du levier de vitesse
Moteur coupleuxtrop rare
Tenue de routesécurité inexistante
rare
CritèreNote
Budget Achat10/20
Entretien13/20
Fiabilité15/20
Qualité de fabrication11/20
Confort8/20
Polyvalence7/20
Image19/20
Plaisir de conduite19/20
Facilité de conduite12/20
Ergonomie6/20
Total12/20

Vous comprendrez qu’avec, à ce jour seulement deux (à confirmer) BMW 315/1 de ce genre existant en France, il nous est impossible de conseiller l’achat comme nous le faisons d’habitude dans nos autres essais.

Une dernière demande. Sylvain est également à la recherche de sponsoring pour l’aider à participer aux différentes courses et évènements tout au long de l’année afin de perpétuer la philosophie de cette BMW 315/1 unique. N’hésitez pas à vous manifester auprès de nous ici, nous relaierons tout ça.

Un grand merci a Nadia et son équipe du circuit de Pau arnos pour l’accueil et pour nous avoir permis de réaliser cet essai dans ce cadre magnifique.

Essai d'une BMW 315/1, une belle virada dans le sud
Fiche Technique de la BMW 315/1
MécaniquePerformances
Architecture6 cylindres en lignesVmax120 km/h
Cylindrée1489 cm³0 à 100 km/hNon mesuré
Soupapes12400m daNC
Puissance Max40 ch 1000m daNC
Couple MaxNCPoids / Puissance16,5 kg/ch
Boîte de vitesse4 rapports manuelle



TransmissionPropulsion
ChâssisConso Mixtenon mesuré
Position MoteurTransversal avantConso Sportivenon mesuré
FreinageTambours AV et AR
Dimensions Lxlxh360 x 130 x 110 cmCote 2021NC
Poids-de 700 kg

photos additionnelles : myautoworld

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