On a visité le musée des 24h, Le musée des fabuleuses !

Le Mans tout le monde connais, son circuit comme son épreuve mythique ! Mais ce que l’on connaît (peut-être) moins c’est son musée. Je vais vous le faire découvrir aujourd’hui. Des musées automobiles News d’anciennes vous en a fait découvrir plutôt pas mal, des grands comme celui de Mulhouse, de plus petits avec Poissy et même des conservatoires avec celui de Citroën. Le musée des 24h recèle plus de 120 véhicules, dont une bonne moitié retraçant l’histoire de cette épreuve d’endurance bientôt centenaire.


Le musée des 24h

Pour trouver le musée, c’est très facile, il se trouve juste à gauche de l’entrée du circuit. Le bâtiment est assez récent et plutôt facile d’accès, on bénéficie du parking du circuit. Après avoir réglé les 8,50€ de l’entrée, la visite peut débuter.

Une borne Michelin historique nous indique le départ. On attaque directement par l’allée des légendes, couloir regroupant les personnalités ayant participé à la construction de la légende du circuit, les personnages sont présentés en photo, parfois accompagné d’un objet leur ayant appartenu. Au premier tournant à gauche on arrive à une immense salle ronde, projetant un film documentaire et surtout une incroyable collection de miniatures a faire pâlir d’envie les collectionneurs et les petits garçons, de plusieurs diaporamas et d’une immense maquette du circuit.

La genèse de l’automobile également au menu

Seconde bonne surprise, musée des 24h ne traite pas que du sport automobile, mais bien de l’histoire de la voiture. On découvre ainsi une belle collection de la famille des constructeurs Amédée Bollée et fils, originaires du Mans. Plusieurs modèles datant du tout début de l’histoire de l’auto nous sont également présentées, avec parfois des marques quasiment inconnues pour nous. On citera par exemple cette incroyable Audibert et Lavirotte datant de 1901 ou cette Saïga limousine de 1912, modèle quasi unique avec son pare-brise panoramique et ses phares incorporés. Les années trente terminent cette évocation historique avec des marques de prestiges comme Rolls Royce, Avions Voisin, Bugatti, Hispano Suiza, Delahaye bref des exemplaires parfait de tout le gratin du luxe et de la haute histoire de la carrosserie Française.

Autour des autos, la décoration

Tout au long de la visite du musée des 24h, un grand nombre de belles vitrines, nous offrent de découvrir des costumes, photos originales ou des objets historiques correspondant aux époques traitées. Avec des présentations de tableaux ou de magnifiques plaques émaillées routières, là aussi des pièces rêvées pour les collectionneurs. J’ai apprécié le peu de documents à lire, en effet je n’aime pas trop les musées qui tartinent leurs murs de textes qu’on ne lit que rarement, encore un bon point. Une large place est faite au talentueux peintre français Rob Roy, pour Robert de la Rivière, avec une présentation d’une dizaine de ses œuvres.


La consécration

Le musée des 24h, continue à nous faire voyager dans l’histoire de l’automobile, avec cette fois une brochette de voitures très emblématique. On commence avec une Panhard Dynamic et sa robe incroyable, LA reine de la route une Traction 15/6, une Rolls juste énorme à côté d’une non moins sublime Lincoln Eldorado ! Toujours dans les belles carrosseries, une élégante fusée DS, superbe œuvre d’art, trône au milieu, sublime ! D’autres exemples de carrosseries, avec la Grégoire à turbine ou la TatraPlan ! Un curieux bus électrique Krieger de 1908, nous rappel que les véhicules électrique ne sont pas si nouveaux.

“La course, c’est la vie” S. McQueen

La partie histoire étant passée, on attaque maintenant les voitures de la compétition. Comme pour les autres sections, les voitures sont présentées par ordre chronologique et les années 20 commencent avec une présentation d’une dizaine de voitures.

On y découvre de parfaites inconnues comme cette torpédo Vinot Deguingand qui a couru la même année que sa voisine, la Bentley 3L, victorieuse en 1923 et une Lagonda de 1935, nous rappelait que la présence Britannique est quasiment fondatrice de cette épreuve. La toujours si particulière Chenard et Walcker en modèle Tank Z1 de 1925, qui avec sa carrosserie tranchait avec celle de la magnifique 302 Darl’Mat dans sa robe argenté dont Benjamin nous parlait ici. A côté se trouve une des plus petites voitures engagées au Mans, je veux parler de la Simca 5 préparée par, le déjà, “sorcier” Gordini avec son moteur de 568 cm3 et ses 30ch, je l’avais déjà rencontrée lors du salon Rétro Auto dans cet article.

Des bleues et des rouges

Arrive l’immédiate après-guerre avec la suprématie des barquettes bleues DB. Elles aussi nous propose leurs “tanks” qui malgré leurs airs frêles se classèrent honorablement dans l’épreuve, mais elles étaient un peu faible face à la terrible Ferrari 166MM et son V12. Avec elle, la Scuderia fit fort, 1ère participationet 1ère victoire, Forza Italia !

Les anglaises encore et toujours avec le Lotus XI de 1956. La fabuleuse Porsche 904 GTS gagnante de l’édition 64 et 65 dans sa catégorie côtoyait la Peugeot SP66 à moteur de 204 de 1967, reconnaissable à son double aileron et a son aérodynamique très recherchée. On parle de cette auto plus en détail ici. La même année, la monstrueuse Ford GT40, avec son énorme V8 et ses 335cv rafla la première de ses 4 victoires consécutives dans cette épreuve mythique, avec notamment le grand Jacky Ickx à son volant, faisant entrer dans la légende tant son nom que celui de la marque à l’ovale.

La France des vainqueurs

Avec les années 70 et 80, on revit des marques françaises aux premières places. Le musée des 24h présente ainsi la Matra MS 670B avec laquelle Henri Pescarolo s’offrit les victoires de 72, 73, 74, pardon du peu ! Mais aussi l’Alpine Renault A442 victorieuse en 1978 avec la fabuleuse paire Pironi/Jusseaud. Ensuite la Rondeau, victorieuse au général en 1980, et toujours bien placée les autres années. A l’instar de Jean Rondeau, natif du Mans, le constructeur Sarthois Yves Courage engage son auto pour l’édition 82 mais abandonne à la 13ème heure. Sans oublier la fameuse Inaltéra, dont Benjamin nous parle ici.

Mais j’avoue qu’après ces cocoricos, ma petite préférée reste quand même, celle que j’appellerais l’éclair des Hunaudières, la flèche d’argent, la Porsche 917LH de 1971. LH pour LangHeck ou longue queue en français, une auto juste sublime, que je résume en quelques chiffres : moteur turbo 12 cylindres à plat, 4907 cm³, 600 ch, elle frôlait les 400kmh dans les Hunaudières alors sans chicanes. Elle fut construite spécialement pour cette épreuve ou elle remportât les 1ère et 2ème place en 1971 !


Les décades de la puissance

La partie présentant les autos des années 90 à nos jours n’est pas en reste au niveau de la qualité des autos présentées. Là encore, beaucoup de modèles de légende comme la splendide Porsche 962C “MOMO”. Les années 90 concrétisent la domination des marques nippone avec des voitures comme la Toyota 94CV et ses 600ch.

Toujours des Porsche avec la 911GT1 de 1998, victorieuse cette année-là, ce qui fera la 16ème ! D’autres encore avec l’Audi R8 et ses 4 victoires. Toujours chez Audi, la R10 TDI et son 12 cylindres, 1ère victoire d’un moteur diesel. Le retour victorieux en 2003, d’une Bentley après 71 ans d’absence.

Un exemple de LMP1 avec une Nissan hybride de 2015 ou de GT3 avec une superbe Porsche 911 de 2013. Un bel exemple de la rencontre de l’art de la course avec une Morgan Nissan LMP2 dont la carrosserie est entièrement faite de morceaux de panneaux de signalisation ! On finira cette visite avec la très moderne Audi E.Tron Quattro, voiture hybride, propulsé par un moteur diesel et deux autres électrique aux roues avant, plus de cent ans après l’électricité est toujours d’actualité.

Le Mans 1967, des F1 sur le Bugatti !

L’espace des expositions temporaire du musée des 24h accueillait, une expo de F1 qui coururent en 1967 pour la seule et unique fois sur le circuit Manceau. Cette année-là, plus d’une trentaine de monoplaces étaient au départ, et le musée du Mans nous en présente quelques-unes. Des F1 historique, j’en ai déjà vu en juillet à Magny-Cours, je vous en parle ici, c’est donc avec plaisir que je revois la BRM de Jackie Stewart, la Cooper-Maserati de Guy Ligier, ou la Lotus 49 de Hill et Clark.

Beaucoup de modèles rare et surtout historiques, comme la Brabham BT3, piloté par son constructeur, Jack Brabham. Un débutant français nommé Henri Pescarolo, remportât la couronne en catégorie F3, au volant de la Matra MS5, avec comme coéquipier J-P Jaussaud. Le Mans allait devenir leur terrain de jeux.

Une R8 Gordini était également présente, non qu’elle courut avec les F1, mais elle était là pour rappeler qu’une manche de la coupe, eu également lieu en ce week-end de 67. Une superbe expo en tout cas, avec de très belle et rares autos et avec beaucoup d’informations placardé sur les murs. Un écran diffusait un reportage sur les courses, tourné par la TV anglaise à cette occasion.

Conclusion : courrez au musée des 24h

Vous l’aurez compris, le musée des 24H du Mans, m’a plus que conquis ! C’est un magnifique musée qui, non seulement nous présente tout un panel historique de voitures ayant couru sur ce circuit, mais aussi une très belle évocation de l’histoire de l’automobile.

La scénographie est bien faite, sans être tape à l’œil. Les vitrines regroupant les souvenirs sont superbes de qualité. Un très bon point sur les guides fils très bas qui ne gênent pas le regard, et les photos du coup. Les fiches explicatives des voitures sont claires et concises. Peut-être un petit bémol sur l’éclairage, parfois un peu trop sombre sur certaines zones, et un autre sur le fléchage du sens de visite pas toujours très lisible. J’ai aussi apprécié le fait que le musée des 24h ne tombe pas dans la facilité de mettre des tonnes de document à lire. Là beaucoup d’écrans nous diffusent des documentaires nettement plus digeste et ludiques. Un musée à faire donc, pour tout ceux qui comme moi sont fans absolus de cette épreuve !

La galerie du musée est ici.


 

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bertrand
photographe/reporter

rédacteur et photographe à news d’anciennes.

Passionné d’histoire et de véhicules anciens, il rejoint la rédaction de news d’anciennes en 2015. Armé de son fidèle Nikon, il écume les rasso et salons pour vous les faire découvrir.


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