Les Peugeot 302 et 402 Darl’Mat, des Beautés à l’Assault des 24h

De petites auto, des roadster pour la plupart, souvent bleues, magnifiquement dessinées et admirées. Sur leur capot, c’est le lion Peugeot qu’on retrouve. Le modèle est identifiable autour du trou de manivelle comme leurs sœurs “normales”. Pourtant les Peugeot 302 et 402 Darl’Mat sont bien plus rares. On vous propose de les découvrir ici.

L’origine de Darl’Mat

Emile Eugène Henry Darl’Mat naît dans l’Aisne en 1892. Formé à la mécanique chez son cousin, devient chauffeur d’un richissime homme d’affaire qui l’emmène aux USA dans un premier temps avant de lui octroyer un prêt quand il veut s’installer. Avec ce prêt il loue un local où il répare des autos de la marque La Buire, avant de se spécialiser dans les Peugeot à partir de 1923. Très vite il propose à ses clients des améliorations mécaniques, mais aussi esthétiques. Dès 1930, 160 personnes travaillent dans ses ateliers !

Le premier grand coup de Darl’Mat intervient en 1932. Sur la base de la nouvelle 301, Georges Henri Paulin crée un cabriolet avec un toit en dur se rangeant dans le coffre. La voiture est exposée sur le stand de la marque au salon de Paris et séduit Peugeot. La gamme Eclipse fait partie de la gamme courante Peugeot à partir de ce moment.

Mais c’est en 1935 que Darl’Mat va signer son premier coup de maître.

La Peugeot 302 Darl’Mat

En 1935 apparaît la Peugeot 302. C’est la petite sœur de la Peugeot 402, plus courte et forcément moins lourde. Par contre son moteur 1.8 L ne développe ici que 43 ch. Darl’Mat va transformer la Peugeot 302 en une véritable auto de sport. Le moteur est donc de la 402, avec deux carburateur, et atteint 70 ch. Le pont est également repris de la 402. Le train avant adopte des roues indépendantes. Les performances y gagnent.

Mais le plus spectaculaire est plutôt à chercher à l’extérieur. L’auto est habillée d’une carrosserie Pourtout encore une fois dessinée par Paulin. Fine, racée, sportive, basse et large, elle est simplement superbe. La carrosserie est faite en aluminium. Elle est très remarquée au salon de 1936 où elle présentée et ce n’est que le début !

Les pilotes Charles de Cortanze, Marcel Contet et Jean Pujol vont prendre le volant de cette auto sur l’anneau de Montlhéry en cette même fin 1936. Le but est de tester le potentiel de l’auto sur 24h, certainement avec Le Mans en ligne de mire. Après la première heure la moyenne est de 139,673 km/h. A la 6ème heure, elle est de 133,963 km/h. Au bout de 24h la moyenne est de 139,282 km/h. Au de là des 24h, Charles de Cortanze pousse la voiture et établit une moyenne sur une heure de 144,728 km/h, avec le tour le plus rapide à 147,486 km/h. On s’arrête là, le potentiel de la voiture est établi.

Peugeot donne même son accord et fournit directement les châssis et les moteurs à Darl’Mat.

Les Peugeot 302 Darl’Mat aux 24h du Mans 1937

Gros rendez-vous pour les autos, elles sont engagées aux 24h du Mans 1937. Là c’est chez Peugeot, avec Giauque à la supervision, que sont préparés les moteurs. Un seul carbu sera monté, pour 70ch à 4500 tr/min. Trois Peugeot 302 Special Sport Darl’Mat sont au départ.

Les voitures montent jusqu’à 170 km/h ! Et sur les 17 voitures à l’arrivée, trois sont des Peugeot bleues ! Jean Pujol et Marcel Contet placent leur auto à la 7e place, Charles de Cortanze et Maurice Serre se classent 8e, Daniel Porthault et Louis Rigal finissent eux 10e.

Cette année là ce seront 37 autos qui seront construites par Darl’Mat.

La Peugeot 402 Darl’Mat

La voiture devient 402 Darl’Mat en 1938. On utilise plus le châssis de la 302 mais celui de la Peugeot 302 Légère. C’est une nuance puisque cette “nouvelle” auto n’est qu’une 302 renommée !

Cette année là, Darl’Mat voit les commandes affluer puisque ce sont 68 voitures qui sortent des ateliers. La voiture existe en coupé, en cabriolet et en roadster. Elle peut même recevoir une boîte Cotal en option.

Les Peugeot 402 Darl’Mat aux 24h du Mans 1938

C’est le grand moment de l’année pour les autos bleues. Encore une fois trois autos sont alignées, avec les mêmes pilotes mais des équipages remaniés. La n°25 de Pujol-Rigal et la 26 de Serre-Porhault abandonnent. Par contre de Cortanze et Contet signent un superbe résultat avec la 5e place, également synonyme de victoire en catégorie 2L !

Dernier moment de sport à Montlhéry

Le dernier coup d’éclat d’une Peugeot 402 Darl’Mat sera à Montlhéry. Un coupé profilé est amené sur place pour casser la barre des 200 km/h ! Malheureusement on s’arrête à 199 km/h ! La guerre empêchera toute tentative ultérieure.

Les 302 et 402 Darl’Mat de nos jours

Deux années de production, 105 voitures produites, 53 roadsters, 32 cabriolets et 20 coupés, c’est peu. Par contre, on notera que beaucoup de répliques ont vu le jour, plus ou moins réussies.

Ces autos sont donc rares, et qui dit rares, dit chères. Artcurial lors de sa vente de Retromobile a vendu un roadster à près de 280.000 € ! C’est le prix juste, une Darl’Mat originale est aujourd’hui cotée entre 220 et 320.000 € !

Ce qui n’empêche pas de voir certaines autos sur la piste, comme celle qui illustre cet article vue au Mans Classic cette année !

Photos : News d’Anciennes aux Grandes Heures Automobiles, à la Traversée de Paris à Le Mans Classic et à l’Aventure Peugeot, Artcurial, L’autodrome Blog, Wikimedia Commons

 

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes

Passionné d’automobile ancienne, il a créé News d’Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.

Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu’elles sont un peu plus rapides !


4 commentaires sur “Les Peugeot 302 et 402 Darl’Mat, des Beautés à l’Assault des 24h”

  1. Bonjour,
    Magnifiques automobiles !
    Toute une époque !
    Sachez, pour qui cela intéresse, que Norev avait sorti un modèle similaire (Le Mans ) au 1 / 18, en plus de 2 versions civils et 2 coupés.
    La version Le Mans est très difficile à trouver !
    Cordialement
    Gérard

  2. Merci pour cet article, ce sont de jolies voitures !

    J’ai toujours rêvé de trouver une Darl’mat à restaurer, simple, sans palmarès… On ne sait jamais 🙂

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