Broad Arrow Auctions a dégainé en premier lors de la Monterey Car Week 2025. Les résultats ont mis un peu de temps à arriver mais ils confirment la bonne forme de la maison américaine qui se développe petit à petit en Europe.
La vente Broad Arrow Auctions de Monterey en bref
Le rendez-vous était donné au Monterey Jet Center. La soirée précédant la vente était un des premiers gros événements mondains de la Monterey Car Week car la vente était en fait divisée en deux et commençait dès le 13 Août. Il fallait bien cela pour disperser les 170 lots du catalogue !
La vente a rapporté 57,4 millions de dollars, dépassant de 20% la vente de 2024. 80% des lots ont été vendus et 13 voitures anciennes (et moins anciennes vous allez le voir) ont dépassé le million de dollars sous le marteau… seulement on note qu’une grosse part des invendus concerne les gros prix.
Les stars de la vente
Pour arriver à 13 millionnaires sous le marteau, il en faut fatalement un peu plus dans le catalogue. Et Broad Arrow Auctions avait amené du lourd. Pourtant, le lot le plus original, un duo composé d’une DB4 GT Zagato continuation et d’une DBS n’est pas vendu pendant la vente mais le fut en aftersale (est 3,5 – 4,5 millions).
Néanmoins la plus grosse estimation de cette vente Broad Arrow Auctios, la Maserati MC12 de 2005avec 11,500km au compteur, révisée en ce mois de Juillet, et estimée entre 4,8 et 5,5 millions de dollars est bien la voiture la plus chère de la vente avec 5.202.500$ sous le marteau.

On avait aussi noté une Ferrari F40 est en specs-US et n’a que 1701 miles au compteur. Complètement originale, estimée entre 3,35 et 3,5 millions de dollar, elle ne surfe pas sur la mode actuelle de la F40 et ne se vend pas pendant la vente et a du attendre les aftersales.
En continuant à remonter le temps on arrivait en 1971 avec une Ferrari 365 GTB/4 Daytona Spider, la 21e de la série. Matching numbers, histoire documentée, elle était estimée entre 2,5 et 2,8 millions de dollars mais ne se vend pas.
On arrivait en 1968 avec la supercar « originelle », la Lamborghini Miura P400 de 1968. Vendue neuve au prince d’Arabie Saoudite équipée d’origine avec le moteur 380ch et déjà doté des renforts de châssis, elle a fait partie d’autres grosses collection du Golfe. Estimée entre 2 et 2,4 millions de dollar, elle non plus ne se vend pas.



On arrivait en 1962 avec une américaine, une Cobra 260 ! CSX 2003 est une des plus anciennes Cobra existantes, probablement un des prototypes de 260 XHP, elle fut testée par Henry Ford II et l’usine. Estimée ente 1,5 et 2 millions de dollars, elle se vend 1.545.000$.
Autre roadster à moteur V8 la BMW 507 Serie I de 1957 estimée entre 1,8 et 2,2 millions de dollars ne se vend pas.
La plus ancienne des stars de la vente Broad Arrow Auctions qu’on avait noté, c’est cette Fiat 8V Zagato Berlinetta de 1953. C’est la seule 8V en conduite à droite et elle a couru à l’époque (Targa Florio notamment) remportant même la Coppa Inter-Europa en 1955 (devant celle d’Elio Zagato). Possédée et restaurée par Andrea Zagato, l’auto était estimée entre 1,5 et 1,8 million de dollars mais ne se vend pas.



Les grands classiques
Broad Arrow Auctions n’y coupe pas. Plusieurs grands classiques figuraient au catalogue et on a noté quelques duos.
Le premier c’est celui des Mercedes 300 SL sont évidemment de la partie. On retrouve d’abord un coupé de 1955 restauré à grands frais, estimée entre 1,9 et 2,2 millions de dollars et vendu 1.902.500$. Ensuite on retrouvait un roadster de 1960 qui n’a jamais été totalement restauré. Estimé entre 1,1 et 1,3 millions de dollars, il ne part pas. Notez que ce n’est pas la seule 300 SL invendue de la Monterey Car Week… alors que l’auto était auparavant une valeur sure des ventes aux enchères.


On poursuivait avec deux duos de Ferrari. On débutait avec deux 250 GT Lusso de 1963. La rouge a appartenu à David Letterman et a été restaurée. En parfaite condition, elle était estimée entre 1,5 et 1,8 millions de dollars et part à 1.622.000$. La grise a, elle, appartenu à l’ancien président du Ferrari Owners’ Club. Elle a déjà été vue à Pebble Beach en 2011 ou au Tour Auto 2020. Estimée dans la même fourchette, elle se contente de 1.380.000$.


Deuxième duo de Ferrari avec les 275. La grise de 1965 est une GTB « tout court » à nez court. Elle a été plusieurs fois primé en concours d’élégance, restaurée entièrement et était estimé entre 2,5 et 2,8 millions de dollars mais elle ne part pas.
La seconde, la GTB/4 de 1967, récemment revue mécaniquement, était estimée entre 2,5 et 3 millions de dollars et se vend 2.562.500$, un des plus gros scores de la vente.


Les voitures de course
Plusieurs voitures de course figuraient au catalogue de la vente Broad Arrow Auctions au Monterey Jet Center. On avait noté une Porsche 718 RSK Spyder de 1959 (est. 3,5-4 millions) et une Alfa Romeo SZ de 1960 (est. 450-550.000$) qui ne se vendent pas.
La BMW M1 Procar a eu plus de succès. Cette auto de 1980 n’a pourtant jamais couru. Estimée entre 1,45 et 1,95 million, elle se vend à 1.600.000$.
Autre pistarde, la Porsche-Kremer CK5, une groupe C de 1983 motorisée par un moteur de 935 qui a couru aux 24h du Mans 1983 avec Warwick, Jelinski et Gaillard. Estimée entre 800 et 950.000$, elle ne se vend pas.


On terminait notre sélection avec des voitures de rallye. La Fiat 131 Abarth Groupe 4 de 1980 au catalogue de la vente Broad Arrow Auctions de Monterey a couru sous les couleurs du Jolly Club et c’est à son volant que Walter Rörhl remporta le San Remo en 1980. Estimée entre 250 et 350.000$, elle se contente de 218.400$ sous le marteau.
Suivait une Lancia Delta Integrale 16v de Groupe A. Ex voiture du Martini Racing Team, voiture d’usine donc, elle a servi lors de la saison 1990, notamment avec Miki Biasion à son volant au San Remo. Ensuite, elle courut en championnat d’Italie des rallyes avec Nicola Larini son volant. Estimée entre 350 et 450.000$, elle ne se vend pas.


Quelques françaises étaient au programme
La vente Broad Arrow Auctions au Monterey Jet Center proposait quelques voitures françaises au catalogue… sans populaires évidemment.
On débutait en 1936 avec une Talbot-Lago T120 Cabriolet Sport. Habillée par l’usine sur un dessin Figoni, cette auto n’est arrivée aux USA que l’an dernier. Estimée entre 200 et 225.000$, elle reste à quai.
Suivait une Delage D6-70 de 1939. C’est une des 4 auto carrossée en Coupé 3 Positions par Figoni et Falaschi avant-guerre. Elle gagna le concours du Bois de Boulogne 1939 avant d’être cachée pendant des années au Portugal. Restaurée dans les années 90, estimée entre 325 et 375.000$, elle se vend pour 268.800$.
On arrive en 1969 avec une Citroën DS21 Cabriolet. Commandée avec la finition Pallas et livrée à Troyes, cette auto passa par la collection Mullin. Estimée entre 200 et 300.000$, elle se vend 212.800$.



Les dernières françaises étaient des voitures de course. La première est une recréation. Cette Delahaye 175S GP est un hommage aux voitures de l’Ecurie Lutetia engagées par Pozzi et Chaboud aux 24h du Mans 1949 et 1950. Exposée à Pebble Beach en 2005, dans la collection Mullin jusque l’an dernier, elle était estimée entre 150 et 250.000$ mais reste en dessous avec 117.600$ sous le marteau.
On terminait avec une auto « quasi » française. Cette Viper GTS-R, la version de course conçue par Oreca est reconnaissable à sa livrée. Elle a couru en championnat FIA GT en 1999, remportant notamment les 500km de Budapest et du Nurburgring en plus des 3H de Watkins Glen et des championnats de France FFSA 2000 et 2001 par la suite ! Restaurée et estimée entre 850.000 et 1,25 million de dollars, elle ne se vend pas alors que les plateaux pouvant l’accueillir se développent.


Les originales
On avait terminé notre sélection dans le catalogue Broad Arrow Auctions du Monterey Jet Center avec des voitures anciennes plutôt originales.
On débutait avec la 911 Singer, une des 75 « Dynamics and Lightweight Study » basée sur une Carrera 2 de 1991 et dotée d’un moteur 4 litres de 500ch. Estimée entre 2,9 et 3,2 millions de dollars, elle part contre 2.645.000$.

Autre préparateur « es 911 », c’est de RUF dont on parle cette fois. La première, la Carrera 3.4 « Goldfinger », une Carrera de 1987 convertie en 2018 avec un moteur passé à 279ch et cette couleur originale était estimée entre 850.000 et 1,1 million de dollars, elle ne se vend pas… pas plus que la RUF CTR 2 Sport de 1998 avec son 3,6 litres de 580ch et une estimation comprise entre 3 et 3,5 million de dollars.


On poursuivait avec un concept-car de 1984, la Lotus Etna basée sur la Lotus Esprit, dessinée par Giugiaro et exposée au salon de Londres. Cette auto qui peut faire penser à une Testarossa était estimée entre 250 et 400.000$ mais se contente de 224.000$.
On poursuivait avec une Siata 208CS Lungo 2+2 Berlinetta. Cette descendante des Fiat 8V (toute l’histoire est ici) fut commandée par Wacky Arnolt et reçut une carrosserie Bertone (dessin de Franco Scaglione). Voiture unique qui fut exposée à Paris en 1953 et à New York en 1953, plusieurs fois exposée à Pebble Beach, estimée entre 750 et 850.000$, elle n’est pas vendue.
On avait terminé avec une des autos les plus petites et une des moins chères du catalogue de Broad Arrow Auctions, la Honda Z600 de 1974 estimée entre 25 et 35.000$ et vendue contre 10.080$.
Pour voir l’intégralité des résultats, c’est par là.



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