Essai d’une Porsche 911 2.4 S Targa, perfs, cheveux au vent, tout en nuances

Publié le par Benjamin

Essai d’une Porsche 911 2.4 S Targa, perfs, cheveux au vent, tout en nuances

Dans le genre marronnier du monde des voitures anciennes, la famille des 911 se pose là. Rares sont les voitures anciennes si reconnaissables, si visibles partout et pourtant si recherchées. Ce n’est pas la première 911 à passer dans nos colonnes, loin de là. Mais l’avantage qu’a cette famille, c’est qu’elle est grande. L’ADN de base ne s’est pas trop perdu et pourtant, on a multiplié les déclinaisons ce qui fait que la diversité existe même dans une famille si « commune ». Et puis, ce serait oublier qu’on parle d’une sportive et qu’on trouve souvent beaucoup de plaisir derrière le volant. Autant d’arguments qui font mouche quand on nous propose d’essayer une Porsche 911 2.4 S Targa.

Notre Porsche 911 2.4 S Targa du jour

Voilà donc une des déclinaisons que nous n’avons jamais touché. Côté Porsche 911, on a donc déjà bien abordé le sujet. Au cours des 12 derniers mois, on avait pris le volant de voitures plus récentes avec deux 964 : une Jubilé sous la neige et une brutale 3.6 Turbo. Auparavant, on avait aussi tâté de la 993, Targa elle aussi, de la 930 Turbo mais en version cabriolet et américaine. Et puis, on avait un peu tourné autour de notre modèle du jour avec l’essai d’une 2.0 S Targa et, notre première 911, une 2.4 T « pas Targa ».

Tout ça pour vous dire qu’on va éviter de vous replonger dans une énième description du physique de notre auto du jour. De toute façon, il y a des chances qu’en fermant les yeux vous puissiez vous l’imaginer. D’accord, il y a eu des variations de style, mais vu qu’on a déjà essayé des 901 (les 2.0 S et 2.4 T) vous ne trouverez aucun changement. Aucun ? Il y a des nuances quand même. Et en parlant de nuances, ce serait un peu oublier la couleur de notre voiture du jour. Oui, c’est une couleur peu courante.

Notre Porsche 911 2.4 S Targa arbore un beau bleu. La série des 2.4 n’a pas existé longtemps : 1972 et 1973 seulement. Deux millésimes pendant lesquels un seul bleu était standard : le bleu Albert et encore, uniquement en 1972. Sur commande, un propriétaire pouvait cependant demander un bleu émail, un bleu Gulf, un bleu de Mer ou un bleu Métallisé. Ici, c’est le bleu Gulf qui habille la sportive de Stuttgart.

Il faut avouer que ça lui va très bien. La couleur sied parfaitement à une Targa, beaucoup plus qu’à un coupé en tout cas. La raison vient de la définition même de la Targa : la seule découvrable de la gamme Porsche 911 de l’époque. Rappelons simplement que ce n’est pas Porsche qui a inventé cette architecture, déjà vue sur des créations de Michelotti dès la fin des années 50. Par contre, c’est bien le constructeur de Stuttgart qui va l’appeler ainsi, en référence aux succès du constructeur à la Targa Florio, quand il la présente sur la 911 et la 912 en 1965. Le succès ne sera pas démenti et même après l’arrivée des 911 Cabriolet.

La Targa est donc une voiture qui invite donc à rouler en bord de mer, les cheveux au vent… et donc dans un environnement où le bleu domine, tout simplement. Il est vrai, également, que ce bleu, même clair, pourrait être massif sur un coupé. Sur la Porsche 911 2.4 S Targa, avec son arche métallisée et sa grande lunette arrière (et le toit habillé de vinyle s’il est en place), on retrouve quelque chose d’assez fin.

Bref, côté style, on a fait le tour. Ah, évidemment, les puristes auront trouvé l’année de notre Porsche 911 2.4 S Targa en regardant sa carrosserie. Comment ? Grâce à la fameuse « trappe à huile ». L’orifice de remplissage d’huile avait été déplacé sur l’aile arrière droite sur les Porsche 911 2.4 lors de leur sortie. Sauf que cela ne concerne que les 2.4 de 1972. Du coup, fatalement, notre Porsche 911 2.4 S Targa est une auto de 1973, CQFD.

Les mêmes puristes auront d’ailleurs pu reconnaître une S au premier coup d’œil puisque la face avant reçoit un spoiler tout en bas, histoire d’augmenter l’aspect sportif (et améliorer l’aéro).

Technique : haute pression

La 2.4, c’est l’aboutissement de la gamme « classique » de la 911 de première génération, la 901 qui sera remplacée dès 1974 par la 911 G. Oui, on parle de gamme classique parce que la 911 Carrera RS 2.7 est une voiture d’homologation, une voiture de course qu’on a posé sur la route en fait. Donc c’est de la triche ! Et dans la famille des 2.4, c’est bien la S qui est la plus évoluée d’une gamme comprenant également les T et E et la différence se fait au niveau du moteur.

Comme on ne vous dessine pas une 911, on ne vous apprend rien en vous disant que les premières 911 cubaient 2 litres (1991cm³) et avaient des carbus. L’injection arrive en 1969 sur les S et les E et est reconduite quand le moteur passe à 2195cm³. Les 2.4 cubent exactement 2341cm³. La T, avec ses carbus, proposait jusque 140ch (selon les boîtes utilisées), la E, avec Injection, proposait 165ch tandis que la 2.4S montait à 190ch.

Surtout, il faut noter que le couple de notre Porsche 911 2.4 S Targa s’élève à 216Nm. Un couple qui a poussé Porsche à changer sa transmission. On utilisera donc la nouvelle boîte 915 sur les 2.4. Dérivée de la 908 de course, elle propose 5 rapports et une grille plus classique qui abandonne le placement de la première en bas à gauche.

Sinon, sur l’aspect technique, on note un poids de 1150kg (relevés), évidemment des freins à disques ventilés et en fait un châssis très affuté, quand bien même on est en présence d’une Targa qui n’est pas vraiment la carrosserie qu’on destine le plus au sport.

Intérieur : classique, Porsche classic

Si l’extérieur de la 911 est connu, l’intérieur l’est moins… et encore. Pas trop de surprise sur notre Porsche 911 2.4 S Targa puisque ce n’est pas la finition intérieure qui faisait la différence. On se retrouve donc avec une 911 très classique ce qui veut dire… très sobre.

Cette sobriété, c’est le noir qui le veut. Oh, certes, on pouvait trouver des intérieurs avec des simili ou des tissus différents mais le noir est finalement ce qu’on retrouve le plus. Sur notre auto du jour, tout est en parfait état, c’est à noter.

Du coup, on retrouve quelque chose de très classique devant nous. Le volant de notre Porsche 911 2.4 S Targa a bien ses 4 branches et on retrouve derrière les 5 cadrans classiques… enfin pas tellement parce que les premières 911 étaient différentes sur ce point mais ont très vite évolué vers cet intérieur là.

Ces cadrans ont perdu le vert des débuts et les inscriptions sont blanches avec des aiguilles oranges. À gauche on surveille les niveaux de carburant et l’huile, avant de passer à la température moteur et la pression d’huile. Forcément, sur une voiture sportive comme la Porsche 911 2.4 S Targa, le compte-tours est au centre. On retrouve ensuite le combiné tachymètre-odomètre et à droite, c’est une montre, tout simplement. Le reste des commandes se limite à la ventilation et à l’autoradio tandis que la pédale d’accélérateur est évidemment au plancher et le levier de vitesse est donc bien plus classique qu’avant avec sa grille en H.

Ah, comme presque toutes les 911, la Porsche 911 2.4 S Targa expose des places arrières. Bon, une fois de plus, on les réservera à de jeunes enfants ou, plus naturellement encore, à quelques sacs pour partir en voyage.

Au volant de la Porsche 911 2.4 S Targa

L’installation dans la Porsche 911 2.4 S Targa est tout ce qu’il y a de plus simple, surtout que le soleil de la côte d’Azur est là (timide mais là). Pas besoin de beaucoup de réglages pour se retrouver à l’aise. La clé est à gauche, on ne se refait pas, et le flat 6 démarre au quart de tour, même si, par réflexe, je l’aide d’un coup d’accélérateur. Là encore, vous connaissez la sonorité d’une 911. Le bruit est particulier et on sait qu’on va croiser une 911 bien avant de la voir devant nous, surtout avec ces modèles routiers. Pour autant, c’est une autre particularité, le son est relativement discret.

Allez c’est parti. Première, en haut à gauche donc, et la Porsche 911 2.4 S Targa s’élance. Elle ne fait pas partie de ces voitures tellement sportive qu’on a du mal à les conduire autre part que sur une spéciale ou un circuit. Notre belle bleue roule en ville sans aucun souci. Les rues de Cannes défilent sans qu’on ait trop besoin de s’employer. La visibilité vers l’extérieur est bonne et une 911 de 1973 est finalement bien fluette. Un bon point pour naviguer entre des SUVs façon Panzer.

Le couple de la Porsche 911 2.4 S Targa est appréciable. On roule en 4e la plupart du temps et on ne tombe de rapports qu’au moment d’aborder les inévitables ralentisseurs qui sont avalés assez sereinement puisque la voiture n’est pas non plus très basse. On fera juste attention en redescendant à ne pas taper le carter moteur.

Par contre, j’avoue que j’ai toujours un petit moment de latence avant de me faire parfaitement à la conduite d’une 911. Cela vient tout simplement de l’accélérateur au plancher. En bonus, le parcours urbain comprend plusieurs démarrages en côte. Après un piteux calage accompagné de quelques klaxons, je me reprends. En accélérant plus fort, ça se fait mieux. En calant le pied bien au fond, au lieu de toucher la pédale du bout de la chaussure, ça se passe mieux. Après, il faut dire que le couple est quand même haut perché (je me cherche des excuses, oui).

Heureusement, la conduite en ville n’est qu’un petit épisode. Après l’enfer des feux tricolores, voilà une 2×2 qui s’ouvre devant moi. Bon, la limite n’est pas bien haute. Et forcément, elle est vite atteinte. Même en partant bas, la seconde de la Porsche 911 2.4 S Targa nous y amène en un rien de temps. La poussée est franche et constante, le flat 6 respire fort et le paysage défile en accéléré. Coup d’oeil sur le compte-tours, je passe une vitesse, sur le tachymètre… je relâche le pied droit.

Cette petite mise en appétit est carrément malvenue. Oui parce que je dois me retaper de la ville après ça ! Clairement, la Porsche 911 2.4 S Targa n’y est pas mal à l’aise, mais j’attends la suite. Heureusement, dans Grasse, me voilà sur la route Napoléon. La route est historique mais, sur le papier, elle va offrir tout ce que réclame une sportive née à Stuttgart : un bitume de bonne facture, des virages et une largeur suffisante pour s’amuser.

Le panneau de sortie de ville passé, je repasse de la 4e qui m’emmenait docilement à la 3e. Coup d’accélérateur, la Porsche 911 2.4 S Targa bondit. La mise en vitesse est réelle. Les premiers virages arrivent pourtant vite. Allez, on se rappelle du mode d’emploi. Gros freinage et rétrogradage, inscription dans la courbe, on vise la corde et on remet une louche de chevaux. L’avant a été suffisamment chargé pour que la direction fasse son travail et la trajectoire est bonne (selon moi, un instructeur ne sera peut-être pas du même avis).

L’opération se répète en accélérant le rythme petit à petit. Les freins ne montrent aucun signe de fatigue et me servent finalement à quasiment m’arrêter pour ne pas pousser une Dacia qui n’a pas la même aisance dans ces enchaînements. Quelques kilomètres à ronger son frein par manque de visibilité et la roumaine s’efface. Je repars alors docilement, mais ce terme, dans une Porsche 911 2.4 S Targa, signifie quand même un rythme très correct. Ce moment m’invite à profiter des rayons du soleil, de la vue très lointaine sur la mer sans pour autant risquer de voir ma sempiternelle casquette s’envoler. Oui, le Targa c’est vachement cool !

En tout cas, le rythme ne semble pas assez élevé pour la Smart Roadster qui vient de surgir dans mes rétros. On parle d’une voiture vive et légère. Forcément, les virages, elle aime aussi. Alors on va jouer un peu ? Sans attaquer spécialement, le rythme ré-augmente. La Smart suit dans les virages. Mais quand il s’agit de relancer… elle devient encore plus petite dans les rétros. Sans que je ne puisse les compter, je soupçonne les 190ch de la Porsche 911 2.4 S Targa d’être tous au rendez-vous. Le bonus, c’est que pour obtenir ce rythme, il faut vraiment pousser sur le moteur. On reste donc dans les tours et la bande son se fait plus forte et plus suggestive.

Le comportement en virage reste sain, tant qu’on charge le train avant. Et puis, finalement, une bonne ligne droite met tout le monde d’accord. Stuttgart 1, Hambach 0.

Ce n’est pas parce que ma « poursuivante » est larguée que je relâche. Si la conduite « souple » de la Porsche 911 2.4 S Targa reste un plaisir, les sensations qu’on retrouve à son volant quand on est « bien lancés » sont également géniales. Pas besoin de pousser trop fort et se faire peur, la belle bleue vous distille bien ce qu’il faut de sensations. La différence avec la 2.4 T peut paraître ténue. Elle est carrément nulle quand on ne parle que du comportement. Par contre, la cinquantaine de chevaux de différence FAIT la différence. On est passé d’une sportive à une très sportive.

Allez, il reste encore quelques kilomètres à avaler. Ni la voiture ni mois n’avons besoin de calmer le jeu mais l’altitude est plus élevé et le panorama s’est dégagé. J’admire donc le paysage avec le feulement du flat 6 en bande son jusqu’au moment où je dois rendre les clés.

Conclusion

Tout est une question de nuances. La nuance du bleu de la Porsche 911 2.4 S Targa joue évidemment. Mais ce n’est pas la seule nuance à prendre en compte. On pourrait croire que les 911 se ressemblent sur tous les points mais c’est faux. À rythme poussé, la S est bien plus performante que la T. 50ch, ça fait une différence surtout qu’on parle de plus de 25% d’augmentation ! Le tout est distillé dans une voiture toujours aussi performante au niveau des trains roulants. Il faut juste bien se rappeler de charger l’avant pour que tout se passe bien.

Niveau nuance, la différence entre la Porsche 911 2.4 S Targa et la 2.4 T se ressent également à un rythme plus cool. Le fait de pouvoir enlever le toit est un vrai plus pour l’agrément et c’est d’autant plus intéressant que ça ne grève pas les performances générales ! En bref, on tient là un parfait compromis et une sorte d’aboutissement de la première génération des 911.

Les plus de la Porsche 911 2.4 S TargaLes moins de la Porsche 911 2.4 S Targa
Son agrémentLe prix devenu astonomique
Ses performancesSeule la couleur la différencie au 1er regard
Donc sa polyvalence
Le mythe 911
Les notes de la Porsche 911 2.4 S Targa
Fiche techniquePorsche 911 2.4 S Targa
Années1972-1973
Mécanique
Architecture6 cylindres à plat
Cylindrée2341cm³
AlimentationInjection monopoint
Soupapes12
Puissance Max190ch à 6500 trs/min
Couple Max216Nm à 5200 trs/min
Boîte de VitesseManuelle 5 rapports
TransmissionPropulsion
Châssis
Position MoteurLongitudinale arrière
FreinageDisques Ventilés AV et AR
VoiesAV 1372 mm / AR 1354 mm
Empattement2271 mm
Dimensions L x l x h4147 x 1610 x 1320 mm
Poids (relevé)1150 kg
Performances
Vmax Mesurée232 km/h
0 à 100 km/h7,0s
400m d.a15,2s
1000m d.a27,2s
Poids/Puissance6,05 kg/ch
Conso Mixte± 14 litres / 100km
Conso Sportive± 23,5 litres / 100 km
Prix± 150.000 €
Cote Flat 6

Rouler en Porsche 911 2.4 S Targa

C’est votre rêve ? Il va falloir vous en donner les moyens ! Les cotes des 911 ont flambé, quelle que soit le modèle en fait. Alors forcément, quand on se retrouve devant une telle auto, ça va chercher loin. Le prix d’entrée pour une 2.4 est aux alentours des 80.000€ avec une T en bon état. Une E rajoute quasiment 10.000€ de plus. La Porsche 911 2.4 S Targa est encore au-dessus puisque la moyenne est autour des 150.000€ et que notre auto du jour est dans un superbe état, tant de présentation que de fonctionnement (en plus d’une couleur pas si courante).

Quoi surveiller ? L’état bien sûr. La corrosion n’est pas impossible et il y a une multitude de points critiques à surveiller, notamment le fait que la voiture n’ait jamais été accidentée puisqu’on parle quand même d’une vraie sportive. Sinon, une bonne nouvelle c’est qu’une grosse part des 911 2.4, dont notre Porsche 911 2.4 S Targa du jour, ont déjà été restaurées. Attention, ça n’enlève pas tous les doutes mais c’est une bonne base. Notez que les experts automobiles connaissant parfaitement ces modèles existent et qu’ils seront une bonne aide avant votre achat.

Un énorme merci à Pascal pour cette fabuleuse journée… qu’on a pas fini de vous raconter. Petit teasing ci-dessous !

Benjamin

http://newsdanciennes.com

Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos et a publié plus de 5000 articles directement... et participé à de nombreux autres. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres et compte plus de 300 essais de voitures anciennes à son actif. Il sillonne la France et l'Europe pour vous faire vivre toute sorte d'événements, de la petite exposition aux plus grands salons.

Commentaires

  1. Christian ALMERAS

    Bonjour. Je découvre à l’instant votre article et je trouve que vous transmettez à la perfection les sensations de conduite de cette voiture. J’ai eu la chance de posséder une S en version coupé de 73 achetée en 82 et revendue en 85 (l’arrivée de ma première fille lui aura été fatale…). Ces trois années resteront à jamais gravées dans ma mémoire et uniquement dans ma mémoire compte tenu du prix des modèles en parfait état aujourd’hui. Pour avoir essayé une T avant d’acheter une S je confirme que c’est le jour et nuit! Dernier point, j’ai achetée ma Porsche 45000 F avec 105 000 km au compteur et je l’ai revendue 50 000 F avec 160 000 km et les freins à refaire. Pas trop de regret, je n’avais pas les moyens de la garder. Merci d’avoir réveillé en moi de bons souvenirs.
    PS: malgré mon nom je n’ai pas de rapport avec les préparateurs de Montpellier.

    Répondre · · 20 janvier 2026 à 17 h 30 min

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