Essai d’une Alfa Romeo Montréal, parfaitement imparfaite

En matière d’automobile, rien ne vaut les quatre phares ronds de part et d’autre de la calandre. Je me souviens du jour ou un pote me sorti « Si t’aimes les phares ronds regarde cette caisse tu vas rêver ! ». Direction Google image, recherche « Alfa Romeo Montréal », et la « woh purée qu’elle envoie ». Même si je savais qu’elle m’était inaccessible, impossible de l’oublier. Après quelques années de patience, voici le moment venu ou j’allais pouvoir poser mes mains sur le volant de ce chef d’œuvre. Qui l’eut cru ? Certainement pas moi. Cela dit, je suis de ceux qui pensent que certains rêves doivent le rester. Est-ce le cas de cette beauté tant décriée !?

Cette belle GT sera à l’honneur de la vente Osenat qui aura lieu demain à Fontainebleau. On en parle en détail ici.

Histoire de l’Alfa Romeo Montréal

Ah la Montréal, c’est l’histoire d’un monument, mais surtout d’un sacré coup d’épée dans l’eau ! Voilà qui nous ramène en 1967, plus précisément à l’exposition universelle de Montréal. Le constructeur en mal d’image décida d’y présenter un concept marquant. Une auto dont la mission n’était ni plus ni moins que d’offrir un porte étendard à la maison d’Arese, et de renouer avec un passé glorieux.

Bon dans les faits c’était plutôt du genre, « les gars vous êtes sympas mais avec l’alfasud on a plus de thunes. Au fait, vous avez 6 mois ! ». Heureusement l’officine put compter sur un certain Gandini en pleine hype pour carrosser sa belle. Et le bougre fut sacrément inspiré, car il ne faut pas oublier que par manque de moyens, il partait de la base d’une Giulia GTV. Bilan des courses, lorsque le prototype fut présenté, le public tomba sous le charme de cette gueule hors normes ! Tant est si bien que le constructeur décida de produire une version de série baptisée « Montréal ».

On ne garde que le meilleur

C’est là que les choses se sont compliquées. Le design définitif reprenait le coup de crayon du concept, mais devait tenir compte de pas mal de contraintes (moteur avant, 4 places et un grand coffre) ! Coté mécanique, chez le Biscione, a part des 4 en lignes il n’y avait pas grand choses en stock. J’imagine les réunions dans le genre : « Les gars, le bialbero il est cool, mais on parle d’une auto fer de lance, et qui plus est d’une GT, alors collez moi un vrai truc sous le capot ! Au fait, vous n’avez toujours pas de budget. ». Bilan des courses, les ingénieurs reprirent le V8 Chiti de la TIPO 33, l’adaptèrent pour la route, puis le collèrent à l’avant d’un châssis de Giulia… Même si c’était une mécanique de choix, bon sang quelle idée de m****. L’adaptation fut un véritable calvaire et je n’évoquerais pas les soucis de répartition des masses. Finalement, la version de série fut présentée au salon de Genève 1970, alors que le travail n’était même pas terminé. Tant est si bien, qu’il faudra attendre un an de plus pour voir les premières unités sortir d’usine, ce qui nous amène en 1971.

Quand on analyse le déroulement du développement de l’Alfa Romeo Montréal, c’est évident qu’une fois mise en production ça ne pouvait pas marcher. Certes avec un tarif de 60.000 Francs elle n’était pas excessivement chère, et punaise qu’elle était belle ! Néanmoins, cela ne restait qu’un bric à brac de pièces existantes assemblées à l’arrache, du genre « bof, on verra bien sur la route ». Et, forcément ça ne fonctionnait pas. La Montréal n’était pas fiable, les performances étaient tout justes moyennes pour une auto de son rang, et l’habitacle faisait pâle figure. On ne parlera même pas du comportement routier qui n’avait rien de sportif. A cela il fallut rajouter le choc pétrolier de 73 qui empêcha la diffusion du coupé sur le marché nord-américain, et vous obtenez un enfant mort-né. La Montréal vivota jusqu’en 1977 avant d’être définitivement retirée du catalogue. La production finale fut de seulement 3925 exemplaires, bien loin des 10000 unités ambitionnées. Si seulement Alfa s’était donné les moyens de ses ambitions…

Détaillons notre Alfa Romeo Montréal

Extérieur : Coup de maitre

Pas évident de décrire une telle bête. A part dire mille fois qu’elle est belle je ne suis pas convaincu d’apporter grand choses au débat. Enfin on va essayer. Pour moi qui n’en avais jamais vu avant ce matin d’hiver, je confirme que Gandini ne s’est vraiment pas loupé sur ce coup-là. Mais on va y revenir plus tard. Ce qui m’a surpris en premier lieu, ce sont les petites dimensions de la belle. Je m’attendais à trouver une grosse limande, mais finalement non. 4 mètres 20 de long, pour 1m67 de large, et 1 mètre 21 de haut, c’est plus petit que mon e30 qui n’est pourtant pas bien gros. Vous êtes sure qu’il y a quatre places et un V8 sous cette petite robe rouge ? Ensuite sont venus le « purée elle est belle », le grand sourire, puis l’analogie à la Miura. Maintenant que je l’ai sous les yeux, c’est évident que la grosse Lambo a servi d’inspiration pour le coupé au Biscione.

Suffit de la regarder de profil pour que cela saute vraiment au yeux. La découpe du vitrage latéral, le bas de caisse poli, ou encore l’ondulation de la ceinture de caisse ne trompent pas. En revanche le parallèle s’arrête là. La partie arrière de la Montréal est plus courte, et l’avant moins plongeant, la faute au placement du moteur. La ligne est aussi globalement moins ramassée, et les angles plus vifs. Faudrait pas oublier qu’on est à l’aube des années 70. Pour le reste, qu’importe l’angle, le coupé Italien est une œuvre d’art à part entière. Que ce soit l’avant, avec ce regard si caractéristique, et ces paupières agressives. Ou encore chaque courbe, chaque détail, tout est fait pour donner du relief, et du corps à ce top model. On peut tourner pendant des heures, varier les angles de vues, l’Alfa Romeo Montréal offre systématiquement un profil différent. Et aucun d’eux n’est vilain !

C’est bien là le coup de maître du designer ! Cette capacité à produire une ligne conservant sa signature, tout en proposant une identité très forte. La Montréal est agressive à souhait, sensuelle, mais ne sombre jamais dans le style rassemblement de parking Auchan. Elle ne ressemble à aucune autre, et pourtant on sait qui est derrière ce corps de rêve. Et bon sang qu’elle est belle ! Sera-t-elle aussi réussie de l’intérieur ?

Intérieur : Tout venant

Les dernières italiennes que j’ai pu essayer étaient dotées d’un intérieur de bonne facture. Je commençais même à douter du précepte : Italienne = habitacle pourri. Heureusement la Montréal est arrivée pour “redresser” la barre. Faut dire que c’est une bonne blague quand on ouvre la portière. Bon j’admets, le dessin du mobilier intérieur est ultra classe ! Il fait même penser à celui d’une certaine Miura (encore) ! Niveau comparaison il y a pire. Perso j’adore, c’est beau, c’est élégant et je me sens tout de suite dans l’ambiance 70’ ! Mais pour le reste, c’est pas possible les milanais ont fait les poubelles ou quoi ? Plastiques durs, laine, cuir, vinyle, faux chromes, tissus, on retrouve l’ensemble des chutes qui devaient traîner entre deux palettes derrière le hangar. Les matériaux ne témoignent d’aucune cohérence ! Les ajustements et finitions, c’est plutôt du genre « ça nous en touche une sans faire bouger l’autre », ou alors ils avaient des réductions Brico-dépôt sur les vis à bois. Puis pourquoi s’emmerder à les masquer. Cela dit, tout tient encore 45 ans plus tard, et globalement j’ai vu des BMW vieillir plus mal, alors pourquoi en faire un plat ?

Par contre niveau ergonomie, c’est pas mal joué. Le bloc d’instrumentation en plus d’être magnifique, est lisible et complet. Il faut juste faire attention au tachymètre qui fonctionne par dizaines. Je ne suis pas sûre que les flics acceptent l’excuse : « désolé je croyais rouler à 20 monsieur l’agent ». Pour le reste on retrouve les comodos de la Giulia, et les commandes importantes sont positionnées sur la console centrale avec de gros cryptogrammes très lisibles. Ce qui ne m’a pas empêché en bon neuneu de chercher les essuies glaces pendant 10min. Ah les habitudes… Sinon, l’habitabilité avant est bonne, les sièges sont plutôt confortables, et je me sentirais capable de voyager plusieurs heures sans soucis. Pour l’arrière, hum, je ne vois qu’une solution : découper les passagers en plusieurs morceaux, et les mettre dans deux sacs poubelles. Sérieusement comment on peut considérer l’
Alfa Romeo Montréal comme une quatre places ! Sachant que le coffre ne permet pas non plus de transporter les bagages de quatre humains. Coté équipement, à part du chauffage, une radio, et une ignoble cassette de Laurent Voulzy notre Montréal se la joue cistercienne. Même les vitres sont manuelles ! Passons à la salle des machines.

Mécanique : en toute schizophrénie

Si Alfa Roméo a bien comprit une chose avec la Montréal, c’est que cet écrin magnifique se doit d’abriter un organe d’orfèvre. Et sous le capot avant, quel moteur ! Il ne s’agit ni plus ni moins que du V8 développé par Carlo Chiti pour la TIPO 33 de compétition (Benjamin en parle par là). Cela dit il a sévèrement été remanié afin d’être exploitable sur route.

D’abord réalésé, la cylindrée passe de 2.0 à 2.6 litres, le régime moteur est quant à lui abaissé de 11000trs/min à 7000trs/min, et les conduits d’admission allongés. L’objectif étant de privilégier le couple pour une utilisation routière. Il profita aussi de l’opération pour se voir greffer un allumage électronique, ainsi qu’une injection mécanique « Spica » à la noix qui ne fonctionne que si la pleine lune tombe un 29 Février !

Pour le reste, cette mécanique exotique ne renie en rien ses origines racées. On retrouve un bloc en alliage léger, d’un angle de 90°. L’architecture se veut supercarré avec vilebrequin plat. Dans la plus pure tradition, les quatre arbres à cames en tête sont entraînés par chaîne, et actionnent 16 soupapes.

Pour peaufiner le tableau, la lubrification se fait par carter sec. Pfiou ça me filerait presque la larme ! Bilan des courses, ce pur-sang italien développe 200ch à 6500trs/min pour un couple de 235nm à 4750trs/min. Les ingénieurs ont beau avoir tenté de civiliser cet étalon, il n’en reste pas moins pointu avec une forte propension à prendre des tours. Afin de passer la puissance aux roues, une boite de vitesse inversée à cinq rapports est accolée à ce ténor des paddocks.

Pour ce qui est du châssis, c’est plus délicat. La carrosserie et le moteur ont dû pomper tout le budget. C’est donc en fouillant leurs poches que les ingénieurs ont travaillé sur le reste. Bilan des courses, la Montréal se retrouve avec la plateforme et les trains roulants de la Giulia. Oui ils ont osé ! Alors bon, de base ce n’est pas un mauvais châssis, loin de là. Mais on ne parle pas d’une petite berline 4 cylindres de 100ch (j’ai essayé une 1300Ti il y a peu, c’est par là) ! Non ! Ici c’est un coupé de 1300kgs que l’enclume posée sur le train avant propulse de 0 à 100km/h en 7s et à plus de 200km/h en pointe ! C’est un non-sens ! Enfin bref ! Ils ont au moins pris la peine d’agrandir les quatre disques ventilés.

Du coup, à l’avant on retrouve le système de doubles triangles accouplés à des amortisseurs télescopiques et ressorts hélicoïdaux. L’ensemble dispose bien évidement d’une barre anti roulis. Pour l’arrière notre belle conserve l’essieux rigide doté du même système d’amortissement issu de la Giulia. Petit plus, celui-ci est équipé d’une barre stabilisatrice. Pour la direction c’est le système à recirculation de billes non assisté bien connu chez Arese. Pourquoi n’ont-ils pas collé une crémaillère bien plus efficace ? Enfin, même si c’est du foutage de tronche, j’adore les italiennes, et je me dis que cet ensemble schizophrène promet un grand moment de conduite ! Peut-être même que je vais adorer, qui sait ?!

L’Alfa Romeo Montréal sur la route : un amour stupide

Le sommeil fut court, faut dire que ce top model occupe mes pensées depuis quelques temps. Enfin, l’heure de s’installer derrière le volant est arrivée ! On pourrait même dire que je me suis jeté sur le siège conducteur comme un sauvage. Ni une ni deux je trouve ma position ! Le réglage se fait aisément, et globalement la posture reste soutenable sans être parfaite. Le volant est proche, le levier de vitesses un peu loin, et le pédalier déporté sur la droite. J’ai envie de dire que c’est aussi classique qu’un plat de spaghettis bolognaises. Tandis que je mets la clé dans le Niemann, le pouls accélère. Quart de tours, le V8 se réveille. Ça y est j’ai déjà le sourire ! Coté bande son, on dirait plus que l’on a affaire à un double 4 cylindres qu’a un V8, mais bon dieu que c’est beau ! 1ère, le 2,6L secoue la caisse dans un feulement merveilleux, c’est parti pour quelques kilomètres urbains.

Fallait s’y attendre, l’Alfa Romeo Montréal n’est pas à l’aise dans les petites rues. La boite est brutale, l’accélérateur plutôt musclé, et le V8 ne se révèle pas extra souple. Attention ce n’est pas non plus un petit quatre cylindres, mais on dira qu’il n’apporte rien de plus qu’un 6 en ligne.

Je n’ai pas non plus évoqué la direction qui veut me péter les poignets, ni le fait que j’ai l’impression de rouler dans un donjon médiéval. A bord on ne voit rien, et les rétroviseurs sont aussi utiles que les freins.

Mais étrangement je m’éclate. D’une part, cette conduite bien virile flatte mon côté macho, mais aussi parce que purée qu’on a la classe à bord ! Impossible de ne pas regarder son reflet dans les vitrines ou de mettre un petit coup de gaz devant les passants (au cas où ils ne nous auraient pas remarqué). Mais ce n’est pas en ville que notre beauté s’apprécie le plus.

Drapeau vert !

Panneau barré, voyons voir ce que cette limande vaut sur la route. Et bien rien de spécial en fait. A train de sénateur l’Alfa Romeo Montréal est facile d’utilisation et rassurante. Elle offre aussi tous les défauts d’un châssis oldschool. La direction n’est pas mauvaise mais le feedback manque de croustillant. Les freins sont nuls et nécessitent de vraiment enfoncer la pédale. L’ensemble n’est pas vraiment super incisif et montre une certaine paresse. En revanche le moteur est un vrai bonheur de par sa sonorité, quant à la boite, elle est tout simplement géniale à manipuler. A condition d’apprécier une certaine fermeté. Coté tenue de route, c’est du tout bon. Certes la Montréal est pataude mais le comportement est sain. Je sens bien le déséquilibre causé par le V8, avec une tendance au sous virage. Mais rassurez-vous ce n’est pas non plus du genre à frôler la sortie de route à la première courbe venue. L’Alfa Romeo Montréal est tout simplement une petite GT, agréable à cruiser et confortable.

Puis vient le moment d’enfoncer l’accélérateur ! Attention, c’est un instant sacré ! Des lors que le pied se fait lourd, la Montréal me plonge à l’époque des grandes orgues automobile. Le 2,6 litres se gave d’air, et la sonorité relativement discrète jusqu’à présente vire au rauque graveleux. J’ai l’impression d’avoir Pavarotti sous le capot ! Puis mine de rien ça pousse ! Bon, avec seulement 200ch ce n’est pas non plus un plaquage façon Chabal. Mais la manière dont ce bloc exprime sa rage colle un sacré frisson ! Assez creux jusqu’à 4500trs, tout explose une fois ce palier franchi. L’aiguille est aspirée dans le rouge, l’élastique se tend, et le ténor crache ses tripes en vomissant sur les directives écologiques ! C’est qu’elle va me filer la larme cette caisse ! 5000, 5500, 6500trs/min, la poussée est de plus en plus forte ! Jusqu’à la zone rouge ! Ce V8 ne lâche rien et s’il pouvait, je suis persuadé qu’il continuerait son opéra à plus de 8000trs/min ! C’est un truc de fou, et je peine à décrire le sentiment de plaisir intense procuré par cette mécanique d’une autre époque !

Le temps d’empoigner le pommeau de vitesses, d’enclencher la trois. C’est reparti, le tachymètre flirt avec le crime. Mais à bord je suis en symbiose avec ce moulin qui ne demande qu’à envoyer. Si c’était permis, j’égrainerais tous les rapports jusqu’à plus de 200 à l’heure. Façon golden boy italien des 70’. D’autant que le comportement, même s’il n’est pas dynamique, est rassurant à haute vitesse. Et la Montréal tient bien la route dans les courbes. Puis finalement qu’est-ce que j’en ai à foutre qu’elle n’ait pas les réactions d’une ballerine. A chaque relance, à chaque changement de rapport, je me prends une bouffée de passion italienne. Même en roulant à 100 chrono j’affiche un sourire niais ! Et puis cette boite ! Elle vient parfaitement compléter l’organe majeur qui loge sous le capot ! Ultra ferme, précise et bien guidée. On en fait plus des comme ça ! Même si la grille est inversée son maniement est cérébral, c’est comme si j’avais toujours su m’en servir. Elle me fait penser à cette vieille amie qu’on connait depuis la nuit des temps, et qu’on est content de retrouver !

Parce que la magie de l’Alfa Romeo Montréal c’est ça ! Et que peu de monde est fichu de le comprendre ! Elle peut sembler moyenne au premier abord. Ce n’est ni une GT d’exception, ni une bonne sportive, et encore moins une bonne citadine. Et pourtant, tandis que j’enchaîne les courbes de la forêt de Fontainebleau, en jouant gentiment avec cet instrument mécanique, j’ai le sourire jusqu’aux oreilles. Elle ne sert à rien, elle est stupide, mais quelle gueule, quelle noblesse mécanique, et finalement quel instant privilégié. Cette fois je suis définitivement sous le charme, mais il faut rendre les clés. Pourvut qu’on me laisse juste le temps de savourer ce V8 une dernière fois ! Des autos de cette trempe on en voit pas tous les jours.

Conclusion

L’Alfa Romeo Montréal fait partie de ces autos sorties à l’arrache au mauvais moment. Bourrée de défauts, peu fiable, et pas aussi performante qu’elle aurait pu l’être, elle a longuement été boudée. Personnellement, je dis merci à Alfa ! Merci pour la beauté du geste ! Car même si elle est totalement imparfaite, rare sont les constructeurs assez couillus pour se lancer dans des paris aussi stupides. Qu’importe si ça marche ou non. Elle fait partie de ces caisses atypiques qui font rêver certains, et laissent d’autres de marbre. Pour ma part elle m’a fait rêver. Où est ce qu’on signe ?

Rouler en Alfa Romeo Montréal

Si vous faite partie de ces rêveurs qui désirent être transportés à chaque fois que vous franchissez la porte de votre garage, alors cette pornstar italienne est faite pour vous ! Mais n’oubliez pas ! En échange de sa présence, cette escorte-girl vous ruinera. Rien que pour l’adoption il vous faudra lâcher autour de 60-70 000€. Faut dire que la Montréal a enfin retrouvé de l’attrait auprès des collectionneurs et des Alfistes. Pour éviter une fin à la Matchpoint pensez aussi à sérieusement inspecter la belle ! Pas de corrosion, et surtout, tout doit fonctionner, sans quoi la situation sera aussi facile à tenir qu’une triple relation.

L’Alfa Romeo Montréal n’est pas réputée pour sa fiabilité. D’abord l’injection Spica, est un calvaire à l’entretien et tombe souvent en rade. L’électricité peut aussi se montrer fantaisiste, tout comme l’embrayage réputé fébrile, ainsi que les éléments du système de refroidissement. Les trains roulants peuvent aussi éprouver une fatigue prématurée du fait de la puissance et du poids de l’auto. Pour ce qui est du reste, la mécanique de la Montréal est bien née, et ne souffre pas de défauts majeurs. Seulement si elle est respectée. Ce n’est pas un 325tds, donc oubliez les rupteurs ou donuts à froid !

Pour ce qui est de l’entretien, sachez que cet animal exotique requière la présence d’un vétérinaire spécialiste au savoir faire d’orfèvre. La mécanique de course qui vit sous le capot nécessite d’être révisée tous les 6000km, les grosses révisions doivent être effectuées tous les 30000km. Soyez très rigoureux, ce V8 pardonne aussi peu qu’il est noble. N’oubliez pas non plus que les pièces spécifiques sont forcément rares et couteuses. Pas la peine non plus de vous pointer en concession, car il y a fort à parier que personne ne connait ce modèle. Quant à la consommation est-il vraiment nécessaire d’en parler ?

Vous l’aurez deviné, la Montréal c’est un peu cette maîtresse aussi belle qu’infâme à vivre. Vous l’aimerez pour ce qu’elle offre, mais n’espérez pas la côtoyer au quotidien ! Bref, un achat aussi stupide que génial.

Un grand merci à Osenat et Loïc de nous avoir permis de prendre le volant de cette GT exotique en compagnie de la Fiat 600D Multipla.
D’autres infos sur l’auto, ici.

Les plusLes moins
Ligne à tomberFragile
Mécanique d’exceptionMal foutue
SonoritéPrix d’achat élevé
Facilité de conduiteEntretien dispendieux
Machine à rêveNe plaira pas à tout le monde
Image
Entretien
Plaisir de Conduite
Ergonomie
Facilité de conduite
Note Totale
Fiche Technique de la Montréal
Mécanique Performances
Architecture8 Cylindres en VVmax 222 km/h
Cylindrée2593 cm³0 à 100 km/h ​7,7 s
Soupapes16400m da 15,8
Puissance Max200 ch à 6500 tr/min1000m da 28,4 s
Couple Max235 Nm à 4750 trs/minPoids / Puissance 6,35 kg/ch
Boîte de vitesse5 rapports manuelle

TransmissionPropulsion
ChâssisConso Mixte 13,7 L/100 km
Position MoteurLongitudinale avantConso Sportive 25 L/100km
FreinageDisques ventilés AV et ARCote 1966± 60.000 Frs
(62.000 € constants)
Dimensions Lxlxh422 x 167 x 121 cmCote 201970.000 €
Poids ~1270 kg

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Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

7 commentaires sur “Essai d’une Alfa Romeo Montréal, parfaitement imparfaite”

  1. Perso sur le plan esthétique je la trouve superbe mais trop “haute sur patte” ! Pour le reste, excellent ensemble boîte/moteur, sinon, comme bien dit dans l’article, Alfa n’a pas mis sur la table les moyens de ses ambitions … et pour une italienne des 70′ ça veut dire ce que ça veut dire !

    1. C’est vrai qu’en chipotant un petit 4-6cm de moins ne lui ferait pas forcement de mal. D’ailleurs c’est marrant car pendant qu’on l’observait avant de la shooter on ‘est fait la même réflexion.

  2. Pour en avoir une, je rejoins pas mal de vos commentaires. La mienne est un peu rabaissée, ce qui lui confère une gueule encore plus époustouflante. Pour le reste, elle est entièrement d’origine (1972) – je dois du reste changer les échappements bientôt. Vous avez essayé un modèle avec vitres manuelles, pourtant elles sont quasi toutes sorties d’usine avec des vitres électriques. Concernant le V8, accouplé à la ZF 5, il distille des sensations que l’on ne connaît plus de nos jours et qui, à elles seules, font oublier certains détails de finition. Toutefois, comme vous le soulignez, l’ensemble vieillit plutôt bien après un demi-siècle. Merci pour ce reportage et bienvenue dans le monde addictif de l’Alfa Romeo Montreal, unique à tous points de vue.

  3. J’ai eu l’immense plaisir de posséder une Montréal acheté en 1985. A l’époque personne ne connaissait, ni n’achetait. je l’avais payer 3000 frs. Je l’ai conservé 5 ans. En lisant votre reportage, j’y ai retrouvé les sensations de la conduite de cette voiture aussi atypique, mais quel bonheur! Coté fiabilité je suis un peu surpris, perso je n’ai eu aucun souci, et pourtant j’ai fait de nombreux Km. Mais il est vrai que ce n’est pas un moteur de camion! il faut être patient et l’amener doucement à bonne température, ensuite vous pouvez lui demander ce vous voulez.

    Coté freinage, Oups !!! A 200 km:h il faillait être trèeeees… prévoyant Coté entretien , c’est vrai qu’il ne fallait pas confier à n’importe qui! Perso, j’avais la chance d’avoir un concessionnaire Alfa dont le chef mécanicien était un passionné. Pour amélioré le freinage il était possible d’adapter un maître cylindre de coupé GTV. (dixite mon mécano)

    Coté carrosserie, Aie! Aie! nous sommes dans les années 70 et comme presque la totalité des voitures de l’époque ( y compris les Allemandes) bonjours la corrosions. La mienne a était restaurée avec l’aide d’un ami carrossier et nous avons eu bien des surprises, il a fallut reformer certaines pièces, en particulier les bas d’ailes sous les ouies latérales.

    Pour la petite histoire cette voiture fut acheter neuve à Paris, revendu à un restaurateur de la Somme à qui je l’ai acheté, elle a servie au mariage de mon ami carrossier à qui je l’ai revendu et à ce jour il circule toujours avec, après une remise en état complète du moteur.

  4. J’oubliais! Je suis surpris que le modèle que vous avez essayé ai des vitres à commandes manuelles ? La mienne de 1972 avait des commandes électrique et toutes celles que j’ai eu l’occasion d’admirer disposaient d’un équipement électrique.

    Si quelqu’un à la réponse je suis preneur.

  5. C’est ce que je mentionnais également; en fait, les vitres électriques étaient en option, mais quasiment tout les clients les prenaient sur ce niveau de voiture à l’époque. Par contre la clim, je suis content de ne pas l’avoir… !

  6. Pour avoir possédé et beaucoup roulé pendant 10 ans une Montréal , je viens vous donner mon avis sur cette auto : Les seuls vrais problèmes sont : l’essieu arrière rigide cata !qui réclame une modification pour une conduite sportive ……
    Surveiller de près la pompe à eau au moindre bruit de roulement suspect car n’étant pas extérieure elle peut vous occasionner une casse moteur , et le système injection qui peut facilement noyer le moteur au démarrage ……;;;;;;;;Mais quel moteur plaisant , je l’ai bien aimée cette Montréal , !

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