Depuis le 14 Janvier 2026, l’espace Saint Fiacre à Château-Gontier en Mayenne, accueille L’Épopée du 2 roues, une exposition retraçant plus de 200 ans d’histoire des deux roues à travers de nombreux décors et mises en scènes.
Pour parler de cette exposition nous devons tout d’abord évoquer l’homme qui est à l’origine de ce projet : Jean-Luc Gaignard. Grand collectionneur et restaurateur de motos anciennes, c’est à l’âge de 14 ans qu’il trouve sa première moto, une Kœhler Escoffier 125cc de 1955, dans la grange de la ferme dans laquelle il travaillait. Après avoir conclu que personne ne savait à qui elle appartenait, il en devient alors le propriétaire et de là marque le début de sa grande collection.
Assez vite, sa collection s’agrandit et sa passion pour les motos va devenir son métier. Il commence alors à proposer des expositions dans les centre commerciaux, principalement dans le nord de la France, ainsi qu’en région Parisienne. Après une certaine période fructueuse, il fait la rencontre D’Yvan Bernard qui l’introduit dans le monde du cinéma. Il loue alors ses motos pour différents films.

Le Vélo
L’Épopée du 2 roues commence par retracer l’histoire du vélo, à commencer par son son ancêtre : la Draisienne inventée en 1817 par le Baron allemand Drais. En 1861, Pierre Michaux et son fils Ernest y ajoutent des pédales sur la roue avant. Puis, petit à petit, aux fils des innovations et du progrès technique, le vélo sous la forme que nous connaissons aujourd’hui apparaît.
Avec les nombreux modèles exposés, dont certains proviennent des collections de la ville de Laval, nous pouvons observer son évolution avec parfois des formes et/ou des solutions techniques originales comme la transmission par cardan plutôt réservée d’ordinaire à l’automobile.








L’arrivée du moteur
Très vite, l’exposition l’Épopée du 2 roues nous introduit aux engins à moteurs par le biais de trois véhicules motorisés par des moteurs De Dion Bouton, grand constructeur d’avant guerre ayant participé à l’essor de l’automobile : un tricycle Perfecta de 1898, un prototype de moto de 1898 ainsi qu’un quadricycle de 1899, qui est le plus ancien véhicule de l’exposition.



La guerre 14-18
Autre passion de Jean-Luc Gaignard, la guerre de 14-18, fait l’objet d’une belle mise en scène. Période clef dans le développement technologique nous y retrouvons notamment 4 modèles de marques Françaises et Britanniques maintenant bien connues : Un taxi de la Marne à moteur Renault de 1912, une camionnette Renault de 1912, un side car Peugeot de 1916 ainsi qu’une moto Triumph Trusty de 1915.
Un side car Douglas de 1916 est aussi présent, rappelant ici, les nombreuses marques qui n’ont pas survécu aux conflits mondiaux. Cette période marque aussi les début de l’aviation et c’est en levant les yeux que nous pouvons apercevoir quelques avions comme ce Fokker D.VII tout droit venu des collections du Musée Espaces Air Passion à Angers.







Des motos Françaises
Comme évoqué précédemment, Jean-Luc Gaignard est un grand collectionneur et restaurateur de motos. La particularité de sa collection est le fait qu’il y concentre un grand nombre de motos Françaises d’avant 1960. Clin d’œil à la moto avec laquelle tout a commencé, c’est par la marque Kœhler Escoffier que cette partie de l’épopée du 2 roues consacrée principalement aux motos débute.
Nous retrouvons quelques modèles de la marque allant de la petite cylindrée comme cette Starlette KS2GDC de 1955, en passant par les side-car comme ce modèle Mandoline 500cc de 1927, jusqu’aux grosses cylindrées qui ont fait la réputation de la marque entre les 2 guerres telle que cette Kœhler Escoffier 1000cc de 1929. Cette même année, la marque est rachetée par Monet-Goyon une autre marque française. Plusieurs exemplaires y sont exposés notamment une Brookland compétions 175cc de 1926, une MCC 350cc de 1927 et une G 350cc de 1930.







De magnifiques décors
En plus de proposer de nombreux modèles, l’Épopée du 2 roues les incorpore dans de beaux décors nous transportant dans la France du milieu du siècle dernier. Nous y retrouvons alors des lieux emblématiques de Paris comme le Moulin Rouge ou encore la Tour Eiffel. Nous sommes invités à arpenter l’allée comme une rue avec ses commerçants. Quelques allées plus loin, ce sont des garages et ateliers d’époques qui ont été recréés.
Tout cela permet au public de plonger ou replonger dans le contexte de l’époque dans laquelle la plupart des véhicules exposés ont été fabriqués. Pour prolonger et/ou amplifier cette immersion, il était possible, à certaines dates, d’assister à des spectacles ainsi qu’à des concerts dans l’enceinte de l’exposition. À l’extérieur, les trois derniers jours de chaque semaine, des artisans étaient présents et des animations avaient lieu dans un petit village. Hélas, le jour de ma visite, il était fermé.








Des autos dans l’Épopée du 2 roues !
Si, comme son nom l’indique, l’exposition est bien entendu consacrée principalement aux 2 roues, quelques voitures y sont aussi exposées et participent aux décors évoqués précédemment. Il est alors possible de croiser notamment une Alvis 12 60 de 1932, une Ponette de 1913 et une Morris Léon Bollée de 1925 fabriquée au Mans à seulement quelques kilomètres.



Une allée entière leur est même consacrée. On y retrouve alors une Silver Hawk de 1920, une Salmson de 1924, une Rally Type S de 1925, une BNC Miramas de 1925 et trois MG PA de 1934 dont un modèle usine course unique.







Un espace est aussi dédié au tricycle car avec notamment une Morgan de 1934, une Darmon spéciale de 1934 et une Sandford de 1968.




Des motos encore des motos
Revenons maintenant au cœur de l’Épopée du 2 roues, et reprenons là ou nous nous étions arrêtés : les motos Françaises. Leur présence en grand nombre est un témoignage des nombreuses marques qui constituaient le paysage des constructeurs de motos Français jusqu’aux années 60-70 où de nombreuses marques ont fusionné ou mis la clef sous la porte. Dans l’exposition l’Épopée du 2 roues il y en a un peu plus d’une vingtaine de présentes avec notamment des marques comme Jonghi, Alcyon, Terrot, Gnome-et-Rhône, Motobécane-Motoconfort ou encore Peugeot.






Beaucoup de marques anglaises étaient également exposées pour cette Épopée du 2 roues avec notamment Sunbeam, Douglas, BSA et Norton.




Ambiance steam punk avec les motos d’avant guerre du constructeur Belge FN, souvent plus anciennes, c’est vrai.






Retour à un design plus « conventionnel » pour cette Sarolea Gregoire 350cc de 1930.

L’Italie était surtout représentée dans l’Épopée du 2 roues avec la présence de plusieurs modèles de Moto Guzzi allant du petit cyclomoteur 5Occ de 1949 au modèle C2V course 500cc de 1928.





Peu de modèles allemands dans cette Épopée du 2 Roues avec une NSU 250cc de 1948, un side-car BMW de 1966 et une Zündapp K800 militaire de 1936.



Pour finir ce tour des constructeurs européens, deux modèles 750cc de 1923 et de 1937 fabriqués par la marque Danoise Nimbus étaient exposés.


L’Épopée du 2 roues c’est l’Amérique
Passons de l’autre coté de l’Atlantique avec un espace quasi entièrement dédié à la marque Harley-Davidson. Nous y retrouvons une réplique de la petite cabane qui servait d’atelier au fondateur de la marque : William Harley et les frères Davidson, Arthur et Walter.
Devant cette dernière, se trouvent exposés quelques uns des premiers modèles de la marque dont deux Silent Grey Fellow 492cc de 1910 et 1912. Un vélo à moteur De Dion Bouton de 1902 rappelle les origines de la marque qui s’est notamment inspirée de leurs moteurs pour produire la Number one en 1903 dont une réplique se trouve à coté.





D’autres modèles de la marque ainsi que des modèles incorporant des moteurs de la marque sont exposés comme notamment un modèle « Racer » artisanale de 1935 et un Chopper de 1982 transformés par Daffy custom chops.





Pour Indian, concurrent historique d’Harley-Davidson, nous retrouvons un sublime modèle Power plus modifié de 1917.

Certains exemplaires ont un historique de course dont cette DS Malterre 250cc de 1951 avec laquelle Marcel Camus a remporté le championnat de France moto 250cc en 1952 et 1953 et cette Norton Triton 650cc de 1972 ayant appartenu au pilote Ron Haslam.


Des motos qui ne roulent pas sur la route
Quelques motos « originales » sont aussi exposées à L’Épopée du 2 Roues, comme ces trois modèles destinés aux courses de demi fond cycliste : Une Stayer Mag de 1922, une Bac Anzani de 1920 et Harley-Davidson Stayer Type J de 1930. À la sortie de l’exposition il est aussi possible d’admirer le travail de Roger Grandperret avec trois motos et une voiture dénommées respectivement La Rogers, La Légende et La Pythie. Des mots de l’artiste, « ces motos ne sont pas conçues pour parcourir des routes, mais pour habiter l’espace. » Elles ont été créées à partir de pièces de motos et d’automobiles.






Le cinéma
Nous arrivons maintenant dans la partie consacrée au septième art, car, comme évoqué précédemment, Jean-Luc Gaignard loue régulièrement ses motos pour des besoins de tournages. Nous retrouvons alors notamment une Ultima 330cc de 1914 apparue dans le film « La Guerre des Lulus » sorti en 2022, une Bernasse 260cc de 1902 apparue dans le film « Le Clown Chocolat » sorti en 2016, un Break de chasse Unic de 1910 aperçu dans les films « Un Long Dimanche de Fiançailles » sorti en 2004 et « Le Parfum de la Dame en Noir » sorti en 2005.



Continuons la liste des motos présentes avec une NSU OSL civil 250cc de 1939 qui pourra être aperçue dans le film « Des Rayons et des Ombres » qui sortira en 2026, un triporteur Ninon de 1923 apparu dans le film « Cessez le Feu » sorti en 2016, un side car CEMEC 750cc de 1955 aperçu dans le film « De Gaulle » sorti en 2020, une New Impérial 250cc de 1922 qui a tourné dans le film « La Garçonne », une BSA 550cc de 1918 aperçue dans la série « Les Sentinelles » sortie en 2025 et enfin une Ratier C6S de 1961 apparue dans le film « Natacha » sorti en 2025.






Pour clore ce chapitre sur le cinéma dans l’exposition l’Épopée du 2 roues, voici une petite anecdote qui a fait le tour des médias locaux en 2016. Cette année là, Brad Pitt donne le départ des 24h du Mans et en profite pour faire un détour en Mayenne afin de visiter la collection de Jean-Luc Gaignard. C’est alors au guidon de ce side car Indian CAV de 1939 que Jean-Luc Gaignard emmena Brad Pitt en passager pour un petit tour le long des routes Mayennaises.

À coté de ces motos qui sont passées devant les caméras, nous retrouvons quelques motos « insolites » à commencer par une moto conçue par une personne qui n’a pas eu à passer devant ces dernières pour devenir célèbre : le tueur en série Henri Désiré Landru, guillotiné en 1922. En effet, avant de commettre ses assassinats, il a revêtu de nombreuses casquettes dont celle d’ingénieur pour concevoir cette moto qui a fait l’objet d’un dépôt de brevet.






Les clubs
La dernière allée de L’Épopée du 2 Roues était principalement dédiée aux clubs locaux. Nous retrouvions alors l’organisateur de la bourse d’échange des Amateurs Mayennais de Véhicules Anciens dans ce même bâtiment, l’AMVA, avec notamment deux populaires Françaises, une Renault 4CV de 1956 et une Citröen Ami 6 de 1965 ainsi qu’un tandem Derny de 1950.
Comme à la bourse, le club des phares jaunes Castrogontériens était aussi présent avec une Citröen Traction 11 BL de 1954 et une Simca Marly de 1957 suivie de sa caravane Sologne de 1961. Pour finir, l’Automobile Club de l’Ouest était présent avec deux motos de leur collection : une motocyclette à vapeur Paul Buard de 1907 et une Sunbeam Long-Stroke de 1921. Si vous avez loupé l’annonce, le nouveau musée des 24H du Mans, le M24 ouvrira ses portes le 28 mai prochain.








En bref : ne ratez pas l’Épopée du 2 roues
Véritable machine à remonter le temps, l’exposition de 450 véhicules sur une surface de 4500m² a donné du fil à retordre à l’équipe de Jean Luc Gaignard, dont fait également partie sa fille Agnès. Il aura fallut notamment 18 mois de préparation ainsi que 19 jours d’installation pour offrir aux spectateur la possibilité de parcourir cette exposition.
Si vous souhaitez vous y rendre, L’Épopée du 2 Roues est ouverte jusqu’au 1er mars de 10h à 18h, il ne vous reste donc plus que quelques jours. Si vous n’en n’avez pas eu l’occasion, Jean-Luc Gaignard a déjà exprimé plusieurs fois en interview son souhait de conserver sa collection dans un musée. Peut-être que ce projet se réalisera, en tout cas cette exposition en montre tout le potentiel !
On se quitte sur des photos supplémentaires :





















































































































Jean-Luc AHIER
Très bien ! Merci pour ces belles photos qui reflètent très bien l’ambiance de l’exposition.
Un grand bravo aux organisateurs et à Jean Luc pour sa collection personnelle
· · 26 février 2026 à 9 h 34 min
Marc Gosselin
Il faut être définitivement fou et passionné comme Jean-Luc pour nous offrir une telle exposition, hors norme ! C’est pour cela qu’on l’aime tant ! Sans oublié le camion restaurant qui sert des repas d’excellente qualité juste en face !
Merci Jean-Luc, en route pour Lyon en pensant à toi !
Marc
· · 26 février 2026 à 9 h 47 min
Tressy
Une très belle exposition proposée par pégase événement une idée géniale qui nous à permis de découvrir la collection de jean Luc gaignard
· · 28 février 2026 à 19 h 13 min