Simca Vedette, le dernier V8 français

Simca Vedette, le dernier V8 français
Simca Vedette, le dernier V8 français
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Jamais Simca n’aurait étudié un modèle du genre. Pourtant c’est bien la marque à l’hirondelle qui commercialisa le dernier V8 “Made in France” entre 1955 et 1961. C’était donc sur la Simca Vedette et on vous en raconte l’histoire.

La bonne surprise de Poissy

Depuis 1948 Ford SAF propose à son catalogue une berline plutôt haut de gamme, la Vedette. C’est (déjà) la seule auto de la production française à être placée en face des Citroën Traction 15 avec un V8 sous le capot.

En Juillet 1954 Simca rachète Ford. Ce mariage ne sera effectif qu’à partir de 1955. À vrai dire Pigozzi est bien plus intéressé par l’usine flambant neuve de Poissy (quand il est un peu à l’étroit dans ses usines) que par la Vedette. Si on regarde les modèles précédents, il est vrai que les Simca 5, 6, 8 et 9 devenue l’Aronde sont des petites et moyennes autos. Le luxe, il le laisse à leurs dérivés coupés et cabriolets construits par Facel.

Mais la Vedette est déjà en mutation. Pour remplacer son modèle apparu en 1948 Ford a lancé l’étude de la Vedette millésime 1955. Et elle est même présentée au salon de Paris 1954 avec le badge Ford ! Il sera produit un millier de ces voitures avant qu’elles ne soient badgées Simca qui s’offre donc un haut de gamme pour pas bien cher.

Simca Vedette, le dernier V8 français
La Ford Vedette 1955 dans la cour de l’usine de Poissy fin 1954

La Simca Vedette de première génération

C’est donc au 1er Janvier 1955 qu’on voit apparaître les Simca Vedette. Visuellement, elles n’ont rien à voir avec leur devancière. Elles sont plus modernes, plus fines, bref dans l’air du temps. Leur moteur reste un V8 de 2351 cm³ et 80ch (SAE) et c’est un bel atout dans le haut de gamme, les Traction 15 ne sont plus là !
La grosse innovation ne se trouve pas sous le capot mais concerne la structure qui devient monocoque. À l’avant la voiture est suspendue via un système McPherson quand l’arrière fait appel à un classique pont rigide. Evidemment c’est ce train là qui transmet la puissance.

On parle DES Simca Vedette et c’est bien normal. En fait il n’y a pas moins de quatre Simca Vedette différentes en concessions (Simca et ex-Ford SAF évidemment). Toutes ont un point commun : pour montrer qu’on est dans du haut de gamme, on adopte des noms associés à la royauté française !

On commence avec la Trianon. Relativement dépouillée pour garder un prix compétitif on la reconnaît car c’est la seule auto monochrome de la gamme.

On trouve ensuite le milieu de gamme qui doit représenter plus de la moitié des ventes, dont une bonne partie à l’export. C’est la Versailles, bicolore avec toit et caisse de couleurs différente, on la reconnaît aussi à ses anti-brouillards, des feux de reculs, des baguettes latérales et des entourages de vitres chromés. À l’intérieur le tissu est plus gai et on retrouve un cendrier !

On en dérive une version break dont l’arrière est plutôt bien dessiné, c’est la Marly. Destinée à être une familiale plus qu’une commerciale, elle est dotée d’une banquette arrière, rabattable et même d’une galerie de toît.

Enfin tout en haut de la gamme des Simca Vedette on retrouve la Régence. Elle aussi est bicolore mais c’est sur le bas des portes et sur les ailes arrières qu’on retrouve la seconde couleur. Elle adopte des chromes en plus sur les entourages de phares et un intérieur encore plus garni. Niveau couleur, on peut même la trouver en peinture métallisée !

À défaut de retrouver des carrosseries coupé (comme la Ford Comète) ou cabriolet, les acheteurs peuvent opter pour le toit ouvrant Vistadôme.

Les évolutions seront rares sur les Simca Vedette de première génération. Ainsi en Juillet 1956 elles abandonnent le système électrique 6v pour du plus moderne 12v. On modifie également un peu le train avant et on renforce le freinage. La seule différence esthétique concerne les feux arrière des Versailles, Marly et Régence qui incluent une catadioptre.

En fin d’année on dote les Simca Vedette d’une petite cousine. C’est la Simca Ariane qui installe en fait un moteur flash dans la caisse d’une Trianon. Heureusement la conception monocoque est suffisamment légère pour que le déficit de puissance ne soit pas trop remarqué.

Les Simca Vedette de deuxième génération

Au Salon de Paris 1957 on dévoile les Simca Vedette 1958, de seconde génération. Le moteur reste quasiment identique, gagnant quatre petits équidés, mais on améliore le freinage en la dotant de roues de 15″ pouvant accueillir de plus gros tambours.

Côté style, on la redessine en profondeur. La calandre reçoît une grille en lieu et place des barrettes verticales. Le pare-brise est désormais panoramique et modernise à lui seul l’allure de l’auto. Enfin les ailes arrière poussent encore plus loin la mode de l’aileron que les européens ont copié sur les voitures américaines.

Là encore la gamme est vaste. On commence tout en bas par l’Ariane 8 qui prend le pas sur la Trianon avec une nouvelle fois une finition dépouillée mais le moteur V8. Le Flash est toujours sous le capot de la petite sœur l’Ariane 4.

Au dessus on retrouve la Beaulieu qui prend la place de la Versailles. Auparavant milieu de gamme, elle devient le ticket d’entrée des Simca Vedette. On la distingue avec ses enjoliveurs simple et sa peinture bicolore qui offre une couleur différente au toit et aux flancs des ailes arrières, délimités par des baguettes.

La Marly est toujours au catalogue. Sa caisse a moins évolué que celle des berlines mais elle adopte une nouvelle calandre, le nouveau pare-brise et des baguettes latérales différentes. Sa finition est calquée sur la Beaulieu.

La Simca Chambord prend la place de la Régence. On la reconnaît à sa peinture bicolore qui occupe le bas des portes en plus des flancs des ailes arrières. L’intérieur reçoit des barres de maintien derrière les sièges avant, un cendrier supplémentaire, bref des petits riens qui en font le haut de gamme de la gamme “courante”.

Parce que la Simca Vedette se dote aussi d’une finition encore plus haut de gamme. La Présidence, c’est l’Amérique. Presque hors série, elle est modifiée à la main et très rare. On la destine aux ministres et hommes d’affaires. Une preuve évidente est l’installation (optionnelle) d’une séparation chauffeur. Extérieurement elle est souvent peinte en noir. On retrouve également deux détails à l’arrière. Le plus visible c’est la roue de secours fixée sur la malle. Mais en regardant le pare-choc on remarque qu’il intègre les deux sorties d’échappement.

Les évolutions seront plus nombreuses sur l’Ariane que sur la Simca Vedette dont la deuxième génération peine commercialement. Première raison : la Citroën DS s’est accaparée le haut de gamme. Deuxième raison : le choc pétrolier consécutif aux événements de Suez (on vous en reparle bientôt) a fait naître des tickets de rationnement sur l’essence que le V8 des Simca Vedette apprécie moyennement.

En 1960 la messe est dite. La Beaulieu tire sa révérence et on simplifie alors la finition de la Chambord pour combler le trou. On la distingue à sa baguette latérale droite, sans décrochement et ses roues de Beaulieu. Tous les autres modèles de Simca Vedette à V8, Ariane 8 comprise sont arrêtées au début de l’été 1961. Une fois les stocks écoulés on fait les comptes.

105.060 Simca Vedette de première génération et (seulement) 61.836 autos de seconde génération ont été produites. Heureusement qu’elle n’avait rien coût ou presque à développer !

Simca laissera passer deux ans avant de reproposer des berlines pour le haut de sa gamme, ce sera avec les 1300 et 1500.

Les Simca Vedette de nos jours

Les Simca Vedette ont eu un chiffre de production relativement faible mais on les trouve quand même. Certaines versions sont plus prisées, c’est évidemment le cas des autos du haut de la gamme.

Le prix d’appel est toujours la Trianon, que vous trouverez un peu en dessous des 10.000 €. Ensuite on grimpe progressivement mais la plupart des autos se retrouvent entre ces 10.000 et les 15.000 €. Reste le cas des Marly, relativement rares qui vont flirter avec les 30.000 €, tandis que les Présidence sur le marché sont extrêmement rares et peuvent dépasser les 50.000 € !

Pour l’entretien, les spécialistes sont rares mais ils existent. Entre leurs refabrications et ceux du Club Vedette France, vous retrouverez une bonne partie de ce qu’il vous faut. Attention cependant, certains prix peuvent surprendre !

Source : Webmaster Simca

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