Salon de Reims 2021, une édition forcément particulière

Salon de Reims 2021, une édition forcément particulière
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Salon de Reims 2021, une édition forcément particulière
Patrick Hornstein
Observateur éclairé du monde automobile, Patrick parcourt le monde et assiste aux plus grands événements du monde de l'ancienne.

À la une sur News d'Anciennes

« Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort ».
Nietzsche, Crépuscule des Idoles, 1888.

Les 18 ,19 et 20 juin se tenait le Salon de Reims 2021, le célèbre Salon des Belles Champenoises d’Époque. Un salon d’ampleur qu’on attendait depuis maintenant depuis près d’un an et demi.

Le contexte, ne pas oublier le contexte

Ce salon en était à sa 33ème édition, « 33 », ce nombre ne vous rappelle rien ? L’âge du Christ lors de sa crucifixion… et sa résurrection ! Alors que vous soyez croyant ou non chers lecteurs continuons dans cette direction. Le Christ savait pleinement ce qui allait lui arriver, il l’avait accepté pour des raisons ô combien supérieures. Cette acceptation rendait sa foi et lui-même immortels.

Nos amis organisateurs du Salon de Reims 2021 savaient parfaitement que cette édition s’annonçait très difficile pour ne pas dire plus. Ils l’avaient déjà repoussé par trois fois. Mais que faire quand on est l’un des salons les plus populaires et que les exposants vous appellent tous les jours pour vous supplier de le faire ?

Le Club de Reims ainsi que 2CE ne sont ni des débutants ni des naïfs, ils savaient très bien qu’ils allaient au devant de pertes mais, cette édition, ils ne l’ont pas faite pour eux. Ils l’ont faite pour leurs exposants qui n’en pouvaient plus aussi bien économiquement que psychologiquement.

Ils l’ont faite par altruisme et par courage un peu comme le premier soldat qui monte à l’ assaut lors d’une charge, il sait très bien ce qui l’ attend mais si personne d’autre ne le fait…

Il y a une quinzaine de jours discutant avec Christophe (l’ un des 4 organisateurs), il me disait « On le fait pour nos exposants parce que si le Club en est là où il est aujourd’hui on le leur doit autant qu’à notre travail alors, oui, on sait qu’on peut perdre mais on sait qu’ on s’en relèvera, la vie c’est une roue à aube ».

Un autre paramètre que ne pouvaient pas connaître les visiteurs, ainsi que la plupart des exposants, c’est qu’ils voulaient aussi le faire en hommage à Michel Touche, le sympathique et débonnaire Président du Club, emporté par la COVID-19.

Le Salon s’est donc tenu sur un site entièrement rénové et modernisé après avoir été acquis par GL Events. Il faut saluer la qualité des travaux qui ont permis à ce parc vieillissant d’être remis au gout du jour et particulièrement accueillant. Le Salon des Belles Champenoises inaugurait les locaux.

Nous avons eu le plaisir et l’honneur d’échanger quelques mots avec Monsieur Arnaud Robinet, maire de Reims.

Salon de Reims 2021, une édition forcément particulière

C’est toujours un plaisir pour moi de venir au Salon des Belles Champenoises, c’est une habitude qui remonte à mon enfance j’y venais déjà gamin avec mon père lui-même collectionneur. J’adore cette ambiance. Ce Salon contribue à faire connaître et rayonner Reims dans toute l’Europe et même au-delà.

En temps normal les hôtels, les restaurants les boutiques de la ville travaillent plus que durant n’importe quel autre salon. Savez-vous qu’un collectionneur japonais remplit un container chaque année, qu’un car de collectionneurs vient des pays de l’Est ?

Par ailleurs j’aime bien l’idée d’un rallye collection en boucles autour de Reims durant les trois jours. Nous allons y réfléchir sérieusement. Il faut faire tout ce qu’on peut pour protéger et développer une telle manifestation !”

Merci Monsieur le dynamique Maire, bonne journée ! Force est de constater qu’il a passé 4 bonnes heures avec plaisir sur le salon !

Alors ce salon de Reims 2021 ?

Les exposants français étaient présents mais, covid-19 oblige, allemands, anglais, belges ou hollandais manquaient à l’appel. On aurait pu penser la bourse extérieure plus petite, mais c’était en fait une illusion due à la nouvelle configuration des lieux puisqu’elle était découpée en plusieurs parties, l’un des deux halls lui étant également dédiée.

Reims a toujours été un salon fabuleux pour les mobs et autres cyclos ainsi que les motos, bien sur il y en avait moins cette année mais malgré tout plus que sur aucun autre salon. Les prix étaient plus abordables aussi. A partir de 250€ pour une mob’ et jusqu’à 800/1000€ pour une très très belle.

Pas mal de motos aussi rares qu’intéressantes principalement d’avant-guerre mais il faut être connaisseur. On ne se lance pas dans la restauration d’une machine de 80 ans comme dans celle d’une japonaise de 40 ans où l’on trouvera les pièces avec facilité.

Un des autres points forts du Salon de Reims est la profusion de plaques émaillées. Léamateur désireux de décorer son garage n’a que l’embarras du choix. Je pense que Reims est le salon de France où l’on trouve le plus de (belles) plaques émaillées et ce à des prix très abordables. Contrairement à Paris l’exposant ne doit pas chercher à amortir un prix stratosphérique pour ses m² et peut donc vendre les objets à leur juste prix. Oui, à Reims on fait des affaires !

Autre spécificité du Salon de Reims : les voitures à pédales ! Bien sur il y en a aussi sur les autres salons mais pas près de 200 comme à Reims.

Même chose pour les pièces détachées. Vous en connaissez vous des autos de collection n’ayant pas besoin de pièces détachées ? Non ! Et bien tout comme à Lyon les «piéçards» sont légion et les prix tout à fait raisonnables. Ça a toujours été une des caractéristiques de l’événement et le Salon de Reims 2021 n’a pas fait exception. Toutes les grandes enseignes sont présentes, en intérieur ou en extérieur.

On ajoute les spécialistes des produits d’entretiens, de la documentation, etc, pour retrouver les enseignes qui ont manqué aux collectionneurs pendant des mois.

Les amateurs de miniatures trouvent aussi leur bonheur mais toujours à des prix raisonnables en fonction de l’équation exposée précédemment : un mètre carré très (trop) cher c’est toujours le client final qui paie à l’arrivée.

Et les autos dans tout ça ?

Par Ludovic
Après avoir fait le tour des vendeurs de pièces réunis sur les aires extérieures et dans le premier hall, les visiteurs se dirigeaient vers le second hall, dédié à l’exposition des autos.

À première vue, oui, ça paraît plus grand, les véhicules sont beaucoup plus espacés et je me suis posé la question de si c’était l’effet Covid qui avait contraint les propriétaires de garder les véhicules bien au chaud chez eux plutôt que de les exposer sur l’événement.

L’exposition, est très varié. Les clubs sont bien évidemment présents, certains étant locaux, d’autres venant de région parisienne, pas si loin au final, et certains sont des clubs nationaux qui profitent toujours de l’événement pour se rassembler. Le salon de Reims 2021 n’aura pas fait exception.

La première voiture dont je m’approche est une très belle Delorean DMC-12 parfaitement entretenue.

On y retrouve également plusieurs Alpine A110, A310, une Ford Mustang cabriolet du début des années 70 mais aussi une Juvaquatre repeinte avec beaucoup de goût.

Pas très loin une imposante Ford Comète avec ses pneus à flancs blancs s’expose pour faire briller les yeux de petits et grands.

Ma préférée du lot c’est une vieille Coccinelle Split découvrable de 1951 restaurée dans les règles de l’art. Bref, il y avait l’embarra du choix, après plusieurs minutes à la contempler nous sommes passés à la suite de la visite.

Le parking visiteur ancienne, le moment tant attendu

Par Ludovic
Le parking réservé aux propriétaires d’anciennes représente pour moi une bonne moitié de l’intérêt que je porte à cet événement. Le salon en soi est très bien mais pouvoir s’approcher de plus près des véhicules et y rencontrer les propriétaires c’est pour moi un réel luxe.

Nous partons alors à la recherche de ce fameux parking qui n’est plus au même endroit qu’auparavant mais ce fut un échec. Après du temps à passer à déambuler à l’intérieur comme à l’extérieur du parc des expositions, nous nous sommes résigné à demander à l’un des organisateurs, le premier ne sait pas nous renseigner, le deuxième nous explique alors qu’il se trouve derrière le bâtiment.

Nous rentrons alors une nouvelle fois dans le parc et découvrons une porte vitrée au fond, ouverte et sans aucune indication. Nous y voyons des remorques de camions et avons l’impression de pénétrer dans « l’arrière-boutique », comme si c’était privé.

C’est de là que nous apercevons un parking bien plus petit que ce que nous avions dans les précédentes éditions. Les autos sont rares et visiblement, nous ne sommes pas les seuls visiteurs qui ont eu du mal à le trouver : il n’y a pas grand monde Difficile de contenir ma déception.

Le Covid et les prévisions météo alarmantes ne jouent certainement pas pour le remplissage des lieux. Par contre, j’ai un doute pour les prochaines éditions “normales”. Est-ce que cet espace arrivera à accueillir tous les propriétaires d’anciennes habitués à venir au Salon de Reims, tant ils sont nombreux ? J’ai l’habitude d’arriver tôt, mais en Mars 2022, il faudra vraisemblablement arriver TRÈS tôt.

L’heure du bilan

Le salon de Reims accueille habituellement environ 35.000 visiteurs, là pour les raisons exposées précédemment il y en eut 5 à 6000. Alors, oui, les exposants ont moins travaillé, mais si l’on regarde le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide c’était un redémarrage avec tout ce que cela comporte de positif.

Tout le monde sait bien que, vaccination aidant, l’édition d’octobre sera déjà meilleure et que celle de Mars 2022 sera «comme avant» avec près de 400 exposants en liste d’attente tellement ils travaillent bien sur ce salon.

Des atouts ce salon en a à foison : l’ambiance, la richesse de l’offre où chaque collectionneur trouve sa Madeleine de Proust, la qualité de la restauration avec des stands de « pros » comme les pâtés ardennais (6€ le menu pâté + boisson + dessert !!!).

Oui les allées étaient clairsemées, c’est évident. Maintenant amis lecteurs dites-nous comment ce n’aurait pas pu être le cas avec la COVID, plus les test PCR, plus la jauge plus l’absence des étrangers. Et en plus on ajoutait un week-end où se bousculaient aussi au calendrier les Élections Régionales et Départementales, la Fête des Pères et l’Euro de Football.

Sans la passion et le cœur qui animent nos organisateurs n’importe qui d’autre aurait jeté l’éponge, pas eux ! Merci à eux…

Alors maintenant regardons devant nous, la Cathédrale de Reims a brûlé suite aux bombardements de la 1ère guerre mais elle se tient aujourd’hui fièrement en plein centre ville. La ville fut partiellement détruite suite à la 1ère guerre, c’est aujourd’hui un joyau tant architectural qu’économique .

Le salon de juin 2021 a généré des pertes c’est une évidence, mais, connaissant le Club et l’équipe je suis prêt à prendre les paris que l’édition 2022 sera la plus belle depuis son existence…

Pour avoir les dates des prochains salons, c’est par ici.

P.S : Voici un des autres avantages du Salon de Reims. Une fois les stands fermés pour la nuit, on peut visiter de magnifiques caves, ici celles de Ruinart.

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4 Commentaires

  1. Ambiance très particulière pas forcément désagréable pour les visiteurs , mais cela n a du être drôle pour les exposants.
    2 h d attente pour le PCR pas cool
    François

  2. J’y ai passé tout le week-end , du déballage du jeudi jusqu’au dimanche après midi , j’avais comme chaque année mon stand en extérieur n° 400 donc j’ai vécu tout ce qui a était dit plus haut dans ce bel article , et je confirme dès aujourd’hui ma présence pour Mars 2022 . Un grand Merci a l’Organisation pour tout ceux qu’ils fonts .

  3. Magnifique salon, mais dommage qu’il il ait si peu de visiteur.
    Je comprends que vu le nombre de visiteur , les exposants s’occupent avec leur Smartphone et ne regardent pas et n’accrochent pas les quelques visiteurs.

    Surpris que les clubs, aussi ne soient pas très voyant.
    Je recherchais un club qui accueillerait un possesseur d’un Citroën U23 carrossé par CURRUS, seul exemplaire encore connu, ayant été utilisé comme porte fleur pour les enterrements d’Edith PIAF, Joséphine BACKER, Maurice THOREZ et de neufs morts de l’attentat de la station de métro de CHARONNE en février 1962.

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