Aller dans un salon généraliste dont l’objectif est de présenter les dernières nouveautés en terme de mobilité pour y chercher des anciennes, à 2 mois d’Epoqu’Auto, on pouvait croire que cela relèverait du coup d’épée dans l’eau. Pourtant, le Salon de l’Automobile de Lyon 2025 propose des animations (c’est le terme utilisé) assez diverses et intéressantes. Une visite qui vaut le coup d’œil et rappelle qu’au milieu de voitures toujours plus confortables et aseptisées, la passion a encore sa place à Eurexpo jusqu’à Dimanche.
Les 70 ans d’une DS
Ce ne sont pas moins de 12 modèles de la « Gamme D », regroupant DS et ID, qui ont été réunies autour de la désormais célèbre DS Ballon.
Autre point d’orgue, la reproduction de la présentation de la DS le 6 octobre 1955 au Salon de l’Auto de Paris. L’exemplaire qui trône au centre de cette corbeille est en tout point identique au modèle exposé au Grand Palais, livrée champagne et toit aubergine. Ce n’est certes pas l’exemplaire original qui s’expose au Salon de l’Automobile de Lyon 2025, mais il s’agit tout de même d’une des toutes premières DS 19 livrées en 1956.





Autre clin d’oeil à l’histoire au Salon de l’Automobile de Lyon 2025, ces deux ID noires, capot levé, reprenant la présentation en concessions. A ma gauche, une ID 19 Luxe et à ma droite, une ID 19 Normale… Normale ? Oui, ou parfois dénommée « Spartiate » ! Cette version, fabriquée à 238 exemplaires entre 1957 et 1961 et dont il ne reste aujourd’hui que 3 exemplaires recensés, est une version ultra dépouillée de l’ID.
Pas de chromes, une banquette monobloc à l’avant, freins conventionnels, vitres arrières fixes, pas d’enjoliveurs de roues… Et un moteur de Traction ! La version Luxe à côté, porte finalement bien son nom. Outre les attributs dont était dépourvue la Normale, elle était équipée du moteur 11D à culasse hémisphérique. Puissance 66 chevaux SAE contre 61 pour la Normale, et 135 km/h en pointe contre 130.





Lors de ce Salon de l’Automobile de Lyon 2025, la version break n’a pas été oubliée, ni une rarissime version coupé Le Dandy, signée Chapron, avec un raffinement poussé à l’extrême.
Et les autres modèles présentés ne sont pas les plus communs. Une DSuper 5, pour 5 vitesses dès 1973 ! Deux DS 23 injection électronique Pallas en version boîte manuelle et une en version boîte automatique à 3 vitesses.
En bref, un plateau qui donne envie ! Et si vous le ratez ici, vous en découvrirez les pièces maîtresses lors d’Epoqu’Auto 2025.







70 ans d’une Reine
La même année où la DS est présentée, en 1955, Jean Rédélé a lancé une marque qui sera par la suite associée à des reines de la montagne mais aussi des reines sur la piste, en endurance et au Mans. Je veux bien sûr parler de la marque dieppoise au A fléché : Alpine (la rétrospective est par ici).
Donc impossible lors d’une telle exposition, sur le Salon de l’Automobile de Lyon 2025, de ne pas voir une A110 berlinette (nos essais par là), avec ici un modèle de fin de règne de 1976 (la production a été arrêtée en 1977).
Les courses sur pistes sont évoquées quant à elles par deux modèles. Tout d’abord une M65 de 1965 si gracile, avec ses dérives démesurées, qui a certes fait sensation au Mans, mais sans beaucoup plus de résultats, mais dont la descendante directe sera la fameuse A210, qui signera un quadruplé au Mans 1966 dans sa catégorie.
L’autre pistarde, jaune et noire aux couleurs Renault Sport n’est autre que la Renault Alpine A442B, pilotée par Pironi et Jaussaud et victorieuse au Mans 1978.



Pour illustrer l’évolution de la marque mais aussi ses version à l’étranger, ont été également réunies sur ce plateau l’une des premières Alpines, la A106 de 1959, et une Alpine brésilienne, la Willys Interlagos au jaune intense. L’A310 V6 et la GTA série spéciale Le Mans qui préfigurait l’A610 permettent de boucler la boucle de cette histoire avec des routières de grand tourisme.





115 ans pour Alfa Romeo
Le troisième anniversaire célébré sur le Salon de l’Automobile de Lyon 2025, ce sont les 115 ans d’Alfa Romeo. Mais le plateau est malheureusement bien moins fourni que celui des françaises mais pas moins intéressant !
Côté anciennes, l’Alfetta GTV6 série 2, équipée du mythique moteur Busso, se bat en duel avec une 75 Turbo en configuration course puisque cette berline court en HTCC (Historique Tourisme Champion Car) et en Coupe de France des Circuits.
La 147 entre au chausse pied dans le scope de News d’Anciennes, mais il faut avouer que cette version GTA est suffisamment attractive pour en faire un potentiel modèle à essayer, avec son V6 24 soupapes et à peine 462 exemplaires commercialisés. Dérogation accordée.
Le quatrième modèle présenté au Salon de l’Automobile de Lyon 2025 est une magnifique 4C, qui est une évocation moderne de l’Alfa Romeo 33 Stradale, mais est vraiment trop jeune pour intégrer nos articles ! Dans quelques années sûrement…





Quelques véhicules historiques de la maréchaussée
Certes les forces de l’ordre sont venues avec leur matériel pour présenter leur métier, mais à côté de ce stand, les associations comme l’APTG (Association du Patrimoine et des Traditions Gendarmerie) ou l’Amicale Police et Patrimoine ont pour but de préserver le matériel utilisé historiquement par les gendarmes et policiers.
Alors sur le Salon de l’Automobile de Lyon 2025, seuls 4 véhicules ont été sortis mais tous avec un intérêt particulier. Outre l’iconique panier à salade, le fameux Citroën HY aux vitres arrières grillagées, on trouve un Renault Trafic d’intervention. Un fourgon où certains d’entre nous se sont installés pour faire une déposition, prendre une prune ou duquel sortait le radar mobile, mais qui servait aussi à baliser des accidents et autres interventions diverses. Un fourgon à la réputation d’être increvable.
Increvable comme la Peugeot 205 GT avec son intérieur en finition GL, et dont les performances, sans être phénoménales, pouvait permettre des interceptions autoroutières.
Et le meilleur pour la fin ? Une Renault 12 break Sinpar, de la fin des années 70, d’origine mis à part un rafraîchissement en peinture, avec à peine 50.000 km au compteur ! Cette voiture était utilisée sur un aérodrome, mais pouvait aussi servir pour des interventions en zone montagneuse grâce aux quatre roues motrices.





Une actualité chargée pour Michel Vaillant
C’est toujours un plaisir de croiser le pilote au palmarès impressionnant (notre article est ici) au détour d’un salon. L’espace dédié à l’exposition des Michel Vaillant Art Strips pour ce Salon de l’Automobile de Lyon 2025 est confortable et c’est d’autant plus agréable.
Cette série d’Art Strips est d’ailleurs étendue à son collègue, Buck Danny, qui est au monde de l’aviation le pendant de Michel Vaillant pour l’automobile. Les deux pilotes passent donc en grand format. Chaque art strips est tiré à 30 exemplaires et correspond à un dessin original issu des planches de leurs aventures.






Revenons aux voitures. Le nouvel album de Michel Vaillant, tome 14 de la saison 2, intitulé Remparts en référence au Grand Prix d’Angoulême, sort le samedi 28 septembre 2025 (pour le site de l’éditeur suivre ce lien). Angoulême où désormais le pilote a son mur et où les Vaillante se sont même montrées en piste le week-end dernier, c’est à voir dans notre reportage.
Et pour les amateurs du champion, le semainier 2026 est maintenant disponible et en vente sur le Salon de l’Automobile de Lyon 2025. Tout comme un autre produit, des sculptures en bois de hêtre Rookie Roule évoquant les silhouettes de quelques Vaillantes, comme la Montléry, le cabriolet Françoise de 1960 ou encore le Jonquières, nouveau véhicule inspiré du SUV Purosangue de Ferrari.
Et dans cette actualité trépidante, Jean-Louis Dauger m’a également signalé la mise en vente de carnets de timbres collectors en hommage à Michel Vaillant et son univers.


François Allain se lance dans l’aventure Jeep
Le Salon de l’Automobile de Lyon 2025 est l’occasion pour François Allain de présenter un nouveau projet, en association avec Jeep et Klipsch, à côté des émissions de télévision.
A l’occasion des 80 ans du débarquement, et par passion pour la Jeep Willys, véritable symbole de la libération, François souhaite démontrer l’ingéniosité de cette voiture.
En effet, la Willys a été conçue en un temps record malgré un cahier des charge somme toute complexe, puisqu’elle devait être fiable, robuste, parachutable, et facilement montable et démontable. Et c’est justement ce point là que François veut mettre en avant. Sur les théâtres d’opérations, la plupart des soldats n’avaient pas grande expérience en mécanique et devaient facilement réparer l’auto quand celle ci était accidentée.
Pour cela, rien de plus simple. La Jeep est démontée devant François et ses deux gars, et en suivant les repères jaunes, ils assemblent toutes les pièces en très peu de temps, pour qu’à l’issue, la voiture puisse démarrer !







Mais aussi des choses plus récentes et intéressante
La nostalgie du passé encourage parfois à remettre certains véhicules au goût du jour. En voici quelques exemples dégotés au Salon de l’Automobile de Lyon 2025.
Un vélo à volant
« Pour résoudre la crise des transports, le Cyclauto ». Tel était en 1937 le slogan de cet improbable triporteur à volant, sans chaîne, dont le pédalier était sur la roue avant.
Un engin qui n’a pas fait long feu puisque la guerre et ses pénuries d’acier sont arrivées, mais qui avait suscité l’intérêt d’Hispano-Suiza qui en avait repris la production de 1939 à 1941. Pour comprendre sa conception, il faut savoir que le Cyclauto a été initialement conçu pour remplacer les pousse-pousse en Indochine.
Aujourd’hui, sa fabrication a été relancée en intégrant des solutions actuelles d’assistance électrique, d’où sa présence au Salon de l’Automobile de Lyon 2025. Une belle alternative aux vélos cargos et made in France !



Quand l’électrique s’invite
Oui, beaucoup d’entre vous qui lisez ces lignes allez grincer des dents. Mais c’est un fait et on ne peut pas le renier. L’électricité s’invite au Salon de l’Automobile de Lyon 2025 et ça touche aussi aux véhicules anciens. Les kits R-Fit (nous avions essayé une R5 ainsi équipée par ici) pour les voitures ou Noil pour les cyclos sont présents pour ceux qui le souhaitent.
Mais difficile de rester insensible au design des roadsters des années 30. Et pour ça, De Vinci a développé une gamme de voitures aux prénoms féminins et au look chargé de nostalgie. La philosophie assumée par le constructeur est d’avoir une voiture plaisir qui puisse faire une balade cheveux au vent. Au ras du bitume les sensations sont garanties et l’autonomie est suffisante pour une balade de 200 à 250 km.





Et des voitures passion
Impossible de finir sur de l’électrique ! Alors voici deux concepts passion et nostalgie, pourtant 100% actuels.
Tout d’abord la gamme Devalliet avec la Mugello routière et la version cinquième anniversaire, plus affûtée et limitée à 5 exemplaires, la Grand Prix.
Et le revenant : PGO. Le petit constructeur Alésien, a repris du poil de la bête et a relancé sa production de Cévennes et autres Speedsters. Toujours avec de design très marqué, propulsées par des moteurs BMW qui leur confèrent de belles performances de sportives.






Conclusion
Sur le Salon de l’Automobile de Lyon 2025, il ne fallait pas venir spécifiquement chercher des anciennes, mais l’espace qui leur est dédié, ainsi qu’à des production passion permettent de ressortir avec un sourire.
Mais tout ça, pour nous, c’est surtout pour attendre Epoqu’auto et les autres événements dédiés aux anciennes !
Et une petite galerie pour finir, comme d’habitude…































Patrick Agon
Pour la Jeep MALT 4-4 c’était une jeep de démonstration bien connue dans les années 60 à 80
http://s294984131.onlinehome.fr/MALT4-4.htm
· · 29 septembre 2025 à 16 h 55 min
Fabien
Tout à fait !
· · 29 septembre 2025 à 18 h 16 min