Le retour de la St Germain Classic 35, une montée historique pour les nostalgiques

Publié le par Marc

Le retour de la St Germain Classic 35, une montée historique pour les nostalgiques

Me voilà de nouveau en Bretagne, au Nord de Rennes, sur la St Germain Classic 35, la 7ème montée Historique de St Germain sur Ille. Perso, c’est un retour aux sources, quelque part. En effet, cet évènement fut une des premières épreuves de course de côte, à laquelle j’ai assisté. C’est aussi une des premières courses sur route fermée, où j’ai pratiqué la photo, au milieu des commissaires de route.

Me retrouver au p’tit matin au cœur du p’tit Village breton, St Germain sur Ille, ça m’a vite ranimé la mémoire. En 1980, les ténors de la spécialité avaient pour certains, effectués un long déplacement, pour venir glaner des points sur le championnat de France. Aujourd’hui la compétition n’est plus au programme. Toutefois, une certaine nostalgie s’installe, lorsque je me noie parmi ce joli plateau rétro du jour, autos et motos confondues.

100 concurrents en piste à la St Germain Classic.

Félicitons l’accueil du Village de St Germain sur Ille, pour cette sympathique et nostalgique « Montée Historique ». Elle est le témoin de cette compétition qui a connu ses heures de gloire dans le championnat de France de la Montagne. Ce sont 100 pilotes, autos et motos, engagés au départ de cette montée historique, assistés d’un public nombreux et très familial.

Y’a une âme nostalgique dans cet évènement, pour attirer autant de public. C’est probablement du fait que les meilleurs champions français de la spécialité, ont franchi l’Ille, pour se mesurer entre eux, et conquérir cette côte au plus vite, devenue historique.  

Des Motos à St Germain, c’est classique

J’ai bien apprécié la mixité des plateaux. Il faut avouer que les deux roues, apportent un joli spectacle, d’autant que plusieurs virulents side-cars étaient présents. A l’heure des premières compétitions de courses de côte, on associait les autos et les cycles motorisés, et un Championnat de France était instauré pour chaque catégorie. Allez ! On passe aux démonstrations de roulages…

Place aux motos qui d’emblée, attentionnent le public bien présent dès le matin, avec notamment la BSA 500, la Yamaha 1000 TR1, la Ducati 750 F1, la Suzuki RG 500, la Honda 400 Four et cette petite Terrot que son pilote enflamme. 

Sur les trois séries de motos, en voilà quelques autres exemplaires qui accompagnent cette vivace Honda, Yamaha 125, Aprilia 125, MZ TS 250, Ducati 350, et cette Honda VFR 750.

On passe en mode, émotion, avec les sept side-car engagés. Le public se montre très attentif le long de la piste: Moto Guzzi 1000, Honda 600, Derbyshire 750, Suzuki F1 750, Suzuki 1200, Yamaha 750 et ce magistral side aérodynamique, non répertorié sur le programme.

Les plateaux de voitures anciennes, bien diversifiés

Par ici on baigne dans les belles années 70/80. Pour les photographes, c’était l’époque des pélloches 24-36.  Quel bonheur de se retrouver au cœur de toutes ces brochettes d’autos, qui ont animé les courses de côte de l’époque, En mode seventies, le centre bourg de St Germain sur Ille, La chance…comme on dit maintenant.

On entre rapidement dans le vif du sujet avec cette iconique belle famille d’Alpine Renault. Vous noterez le superbe modèle coach A106, de 1956. L’Alpine A106 est la première Alpine Renault de série, conçue sur la base de la petite Renault 4CV, par Chappe et Gessalin pour Jean Rédélé. A la St Germain Classic, elle eut l’honneur d’en être la doyenne des autos.

On continue avec différents modèles de berlinettes Alpine Renault A110, des 1300 et 1600 cm³. Ce sont bien elles, les reines des carrosseries polyester de l’époque. Elles ont tout pour elles, ces sexagénaires, une présentation impeccable, agilité et aisance assurées, c’est vraiment les reines.

Quelques A310 se ralliaient à la p’tite famille Alpine Renault. Notez les modèles Alpine A310 1600 significative avec sa rampe avant à six optiques et deux modèles V6 dont une en GR4.

Par ailleurs, les bombinettes à motorisations Renault, fleurissent. De la 4CV survitaminée, de partout, aux  JIDÉ originales 1300 et 1600, en passant par différentes Renault R8, dont évidemment des modèles Gordini. Trois turbocompressées nous flashent la vue, la superbe R5 Turbo 2, accompagnée de la R5 GT Turbo et d’une R5 Alpine Turbo. Notez qu’avec ces deux nouvelles JIDÉ du jour, mon compteur 2026, est de six rencontres. Exceptionnel ! Je dois probablement, les attirer…

Y’en a encore des Renault et des autos à mécanique Renault. Visez un peu la magnifique R12 Gordini, ainsi que cette R11 90 GT. Quand à la p’tite dernière, c’est un proto Matra Djet. Ce Djet ne doit pas déroger les règles puisque l’auto de base était motorisée par un 1296 Renault. Dans sa configuration coursifiée, c’est possible que sa cylindrée soit plus puissante, peut-être.

Je vous présente une icône sur cette St Germain Classic. Cette Renault Dauphine débarque des Côtes du Nord, ben oui ! en 80, le département 22, c’était son appellation. La voilà en terres bretonnes, là où elle née. Cette 1093 proto n’est autre que l’ex 1093 « De Verez » construite par Roger Onffroy de Verez. Dommage que je n’ai pas pris le temps de la voir de plus près.

Quand je l’ai vu, j’ai tout de suite dit, c’est la De Verez. C’est vrai que j’ai constaté ensuite qu’elle était  annoncée comme telle, sur le programme. C’est bien sa silhouette d’Antan retrouvée, avec notamment son capot noir et ses gros phares de sa première construction. Elle a bien baroudé cette mythique et unique Dauphine proto. La voilà donc en bonnes mains, chez Michel Botrel, qui lui, a couru des années sur sa célèbre 4cv proto, qui a glané une multitude de gymkhanas. La nostalgie est de retour, décidément.

Pour les gros cœurs, St Germain Classic avait attiré cinq jolies belles bêtes de course, deux monoplaces, F2Reynard et Dallara F3 Alfa Roméo, et trois barquettes, le proto sport Norma M20 FC, une Marcadier puis une Sylva.

En Française, toujours, on n’est pas passé à côté des ces quatre Simca 1000 Rallye2 sans s’y attarder. On n’en voit pas tant que ça, et celles-ci paraissent plutôt en forme. Une seule Peugeot engagée, la 205 Rallye 1300.

Juste un mot à propos de cette RALLYE2. Les Simca 1000 Rallye2 présentes apportaient leur lot de nostalgique à bon nombre de personnes du public. Quatre Trois Rallye 2, comme on dit dans le milieu, et rien à voir avec les règlementations des rallyes actuels. Eh oui, la marque Simca a pu accoucher en 1972 d’une auto enfin compétitive.

On en a vu des tonnes en course et à tous les niveaux de compétions. J’me souviens en courses de côte, consulter des listes d’engagés avec des nombres conséquents de Rallye2 et notamment dans la catégorie GR 1. En 78 ou 80, au Mont Dore, j’ai le souvenir de 50 Simca 1000 Rallye 2, engagées. Énorme ! Celles-ci à la St Germain Classic, elles ont sages, en démonstration, et elles ont surtout l’intérêt d’être vivante et en forme. On en voit que trop peu, actuellement.

St Germain Classic et ses pilotes venus en étrangères.

Si St Germain Classic nous a offert un magnifique plateau de françaises, il y a quelques autos d’origines diverses, qui méritent bien d’être cités. Débutons par cette sympathique et unique Porsche du plateau un modèle  911. Ensuite, c’est une Volvo 123 GT Amazone, Marcos GT, une Autobianchi A112 Abarth et une Manta coupée joliment présentée.

On a apprécié la présence de cette rare Alfa Roméo Giulia Super, une Austin Healey 3000, une MG MGB, une Ford Mustang.

Une inconnue de la majorité du public, cette curieuse Italienne hyper rare, construite à très peu d’exemplaires. Son identité : Fiat 1500 S Vignale Samantha coupé GT 2+2, de 1.6L…rien que ça. Elle est une des 25 survivantes actuelles. Cette Fiat 1500 aux allures lourdes s’est vue transformée et affinée par le dessinateur Virginio Vairo, pour être carrossée dans l’Officine Turinoise Vignale.

Et si on terminait cette St Germain Classic par un hommage ?

Victorieux à trois reprises sur cette course de côte dans les années 60/70, le pilote Rennais Yves Martin, un grand champion de la spécialité, s’en est allé, le 9 décembre rejoindre les ex champions du volant qui se sont fait un nom, comme lui, dans le sport automobile. Il fut vainqueur en 1968, 1971 et 1974.

Sa première victoire de Mai 68, mérite le détour. Yves, remporte l’épreuve en n’effectuant qu’une seule montée. Un temps canon face à ses adversaires et sous une pluie battante. Comme si l’eau lui manquait, ce jour là, en aquaplanning sur sa deuxième montée, la monoplace Techno Climax fut expédiée dans la rivière l’Ille. Pas de mal pour le pilote, et une victoire acquise…

La septième St Germain Classic vous a probablement évoqué des belles images du temps passé, que vous n’avez probablement pas connu, du fait de votre jeunesse. Sachez qu’à cette époque, la course auto pouvait être accessible, justement grâce à de telles compétitions, régionales, qui se déroulaient dans un petit rayon. Les règlementations étaient plus souples, le prix de certaines autos compétitives étaient plus accessibles. Ces courses là, étaient des fêtes sensationnelles.

Les Villages étaient accueillants et on se régalait autour des stands, notamment à l’heure du casse croute. On te faisait la galette devant toi, les sandwichs étaient croustillants et ce qu’il y avait dedans c’était du local et du bon.…bref, c’était quelque part du bonheur.

Alors, bien sûr, à la St Germain Classic, j’ai rajeunit sérieusement, et une fois de plus. Aujourd’hui, on est plus dans la course, lors des montées historiques, mais on s’en fou. Et puis je m’estime heureux de pouvoir y revenir, et de me mêler à ces rendez là, c’est magnifique. Je n’ai pas beaucoup parlé des pilotes du jour, mais j’peux vous assurez qu’il y avait plus d’un loustic, de ma génération.

Merci à tous ceux qui ont contribué à la concrétisation de cette belle St Germain Classic. C’est seulement tous les deux ans, alors rdv en 2028. J’ai entendu dire que cet évènement aurait pu disparaitre, alors les bretons, tenez bon …

Marc

Passionné d'autos sportives et de photos, il couvre de nombreux événements (salons, bourses, rassemblements mensuels, roulages, compétitions Circuits, Rallyes...) dans la région Nantaise et l'Ouest. Il contribue à News d'Anciennes depuis début 2016.

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