La Matra MS 630, première Matra à briller… dans la nuit !

La Matra MS 630, première Matra à briller... dans la nuit !
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Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Après vous avoir parlé de la MS 620, on continue dans l’histoire de la marque française en endurance avec celle qui lui a succédé : la Matra MS 630.

La Matra MS 630, première Matra à briller... dans la nuit !

La naissance de la Matra MS 630

En 1967, la MS 630 remplace la MS 620 de l’année précédente. Plutôt qu’une nouvelle voiture, elle en est une évolution.

L’aérodynamique est revue et la carrosserie abandonne “l’alliage léger” pour adopter une technique beaucoup plus moderne et dans l’air du temps avec du polyester stratifié. Elle évolue surtout dans sa partie arrière en gagnant 5,7 cm d’empâtement et en adoptant une voie arrière plus large de 6cm.

Côté moteur, elle reçoit le V8 de 2L BRM dérivé d’un bloc de F1 et qui a déjà fait les beaux jours de la sa devancière. Il est dans la même configuration avec 245ch à 9000 tr/min et une boîte à 5 vitesses.

Matra prévoit son engagement dans plusieurs courses du début du championnat du monde, mais c’est finalement avec des Djet que les pilotes courent ces premiers rendez-vous.

La voiture débute aux 24h du Mans 1967 où deux voitures sont engagées. Mais comme l’année précédente, aucune ne voit l’arrivée. La mieux classée, la n°29 confiée à Beltoise et Servoz-Gavin finit 29e en couvrant 155 tours avant d’avoir un problème. La seconde, n°30 confiée à la paire Jaussaud-Pescarolo ne boucle que 55 tours avant de connaître un souci de portière.

À cette période Matra est placée au centre de l’ambition technologique française. Un gros partenariat avec Elf et lui-même soutenu par l’état veut que Matra pousse plus haut.

On va donc tester la MS 630 avec un moteur beaucoup plus puissant en adoptant celui de la star Ford GT 40 Mk I : le V8 4.7L. Les trois châssis sont équipés de cette motorisation qui fait passer la puissance de 245 ch à 400 ch. Ces voitures hybrides bouclent la fin de la saison où Servoz-Gavin n’a pas beaucoup de concurrence dans les épreuves nationales auxquelles il participe et n’obtient pas de succès dans les épreuves internationales (1000 km de Paris, 12h de Reims).

Une année 1968 compliquée

C’est le 11 Janvier 1968 que Matra dévoile la Matra MS 630 M. Elle est cette fois équipée du moteur tant attendu : le V12 Matra 3L qui courra en F1 et en sport prototype.
Si la version F1 développe 430ch à 12.000 tr/min, la version endurance est volontairement limitée à 380 ch à 9000 tr/min.

Pour autant, tant que le moteur n’est pas prêt, c’est avec le V8 Ford que la saison commence.

La Matra MS 630 commence donc la saison 1968 du championnat du monde à Spa où Pescarolo et Mieusset abandonnent au premier tour suite à des soucis d’injection. Ensuite on se concentre sur les 24h et on fait l’impasse sur les rendez-vous de Watkins Glen et de Zeltweg.

Les 24h du Mans 1968 chez Matra

Une seule Matra MS 630 est engagée au Mans en Septembre 1968 (la course est déplacée suite aux événements de Mai) et confiée à la paire Servoz-Gavin et Pescarolo. Ils vont y écrire une page mémorable de l’histoire du Mans.

Qualifié 6e, Servoz-Gavin s’arrête à son stand dès le premier tour. La pluie fine l’empêche de bien voir, et pour cause son essuie-glace est en panne. Il repart dernier et lorsqu’il laisse le volant à Pescarolo 2h plus tard il est déjà revenu à la 9e place.

La voiture continue mais la pluie redouble. Servoz-Gavin renonce après un relais de 1h15 à 5h du Matin trouvant que c’est trop dangereux. La Matra est pourtant 3e et Pesca va alors cravacher et reprendre des longs relais pour finalement monter à la 2e place à 10h30. Il est toujours sans essuie-glace et marque déjà la course. Las ses efforts vont être anéantis par des débris sur la piste entraînant crevaison et début d’incendie. La voiture est finalement 19e, dernier abandon, avec 283 tours couverts.

Grosse source de satisfaction : les performances sont au rendez-vous et le moteur Matra tient.

1969 : Nouvelle auto mais la 630 reste en service

Pour 1969, Matra a développée une nouvelle voiture la MS 640 (article à lire ici) mais la voiture n’est pas prête à temps, la saison commence à Daytona où Pescarolo et Servoz-Gavin ne prennent pas le départ, la voiture a en effet un gros accident aux essais.

La Matra MS 630 n’est pas engagée à Sebring, ni à Brands Hatch.

La MS 640 n’est toujours pas prête pour les essais préliminaires des 24h. Elle est testée dans la ligne droite mais Pescarolo va s’envoler et s’en sortir miraculeusement indemne. La 640 est détruite mais Matra n’avait pas mis tous ses oeufs dans le même panier. En effet on a également étudié la MS 650 qui est elle une barquette.

La barquette va commencer sa carrière dès Monza à la fin Avril… Mais c’est en fait une Matra 630/650, qui reçoit une carrosserie et un moteur de MS 650 sur une base de 630.

Aux 24h du Mans 1969, on engage en fait une seule Matra MS 650. C’est la seule construite et pour l’accompagner on engage deux MS 630/650 qui l’accompagneront. Une autre MS 630 M est engagée avec le moteur dans sa nouvelle configuration de 420 ch.

Matra va enfin voir l’arrivée au Mans, la MS 650 n° 33 de Beltoise et Courage est 4e en 368 tours, la MS 630 “normale” de Guichet et Vaccarella n°32 est 5e en 359 tours, la MS 630/650 de Galli / Widows est 7e en 330 tours. Seule la n°34 de Servoz-Gavin et Müller abandonne au bout de 158 tours.

La MS 630 “normale” ne sera plus utilisée mais on retrouve une 630/650 aux mains de Guichet / Widdows à Watkins Glen où elle abandonne après 156 tours.

Ensuite elle laisse place à la Matra MS 650 dont l’histoire complète est dans notre article visible ici.

Une voiture est visible, comme nombre de Matra, au musée de Romorantin, dont la visite est à suivre ici.

Une autre auto est visible en statique sur divers évéments, que ce soit Sport et Collection, Charade Heroes, l’Autodrome Heritage Festival ou les Classic Days.

Photos additionnelles : Les 24heures.fr

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