Dans la galaxie des citadines françaises, certaines sont bien plus connues que d’autres. L’une d’elles pourrait même être portée disparue tant elle est rare sur les événements dédiés aux voitures anciennes. On parle donc de la Talbot Samba, une voiture née de besoins… pas si clairs finalement et qui a subi la loi de ses cousines directes, comme la plupart des voitures de sa marque. Voici son histoire.
En bref :
– Déjà imaginée chez Chrysler Europe, c’est PSA qui va au bout de l’idée
– Comme ses cousines, elle se base sur la Peugeot 104
– Elle se décline dans de nombreuses versions dont un cabriolet et la Rallye
– Elle est devenue une voiture ancienne rare sur les événements et sur le marché



Un besoin… puis un autre
Pour la Talbot Samba, tout commence au milieu des années 70, bien avant que la marque ne renaisse de ses cendres. Chrysler Europe a besoin d’une petite voiture pour sa gamme, notamment chez Simca. La 1000 va tirer sa révérence et il n’y aura rien « en dessous » de la future Simca Horizon qui en est encore au stade du projet C2.
Il faut dire que la Simca 1000 était plus que vieillissante et impossible à faire évoluer directement. Sortie en 1961, c’est, certes, une petite voiture mais les récentes Renault 5 ou Peugeot 104 lui ont fait mal en plus des « antiques » Renault 4 et 2CV qui sont toujours sur le marché. On décide donc d’étudier une « C2 Short ». On reprend les travaux qui mèneront à l’Horizon et on doit en tirer une voiture plus petite. Sauf que les moyens sont alloués majoritairement à la C2 « tout court » et le projet prend du retard.
Et puis PSA se jette sur le groupe Chrysler Europe et l’absorbe (surtout son outil de production). Simca est oublié, l’Horizon devient une Talbot comme les autres autos de la gamme. Certains projets sont quasiment terminés. C’est le cas de la grande berline haut de gamme, la Tagora, qui va remplacer ses bases mécaniques Chrysler par du PSA et sortir. La C2 Short, elle, n’est pas suffisamment aboutie et le projet est enterré.

Pourtant, il apparaît que PSA a un vrai besoin également. D’abord, on ne veut pas enterrer complètement la marque Talbot qu’on veut vraiment lancer, même si on le fait timidement. Ensuite, si Citroën est dans une bonne dynamique, ce n’est pas le cas de Peugeot. Le projet M24 qui deviendra la 205 n’est pas encore prêt et il faut bien vendre des voitures.
On décide alors de lancer le projet C15 qui deviendra T15 (qui fut d’ailleurs le nom d’une « petite » Talbot dans le passé). C’est un projet plus qu’original puisqu’il arrive donc sur un marché encombré… notamment par les voitures du groupe PSA. Cette nouvelle voiture va s’attaquer aux Peugeot 104, Citroën LN et LNA et même à la nouvelle Visa. En plus ces autos ont toutes un point commun : elles reposent sur les mêmes bases techniques, celles de la 104 et du moteur X.
Il faut donc que la petite Talbot puisse se différencier. On commence par la limiter à une 3 portes pour ne pas faire d’ombre aux Visa et 104 qui sont disponibles en 5 portes. Pour ne pas non plus concurrencer les 104 et LNA 3 portes ont décide aussi de la rendre plus spacieuse en augmentant l’empattement de 11cm. Sous le moteur on trouvera évidemment le moteur X.
Côté nom, on veut aller chercher une clientèle jeune et dynamique. C’est ainsi qu’on l’appelle Talbot Samba.
Côté ligne, on retrouve les projets C2 et C2 Short. Comme du temps de Chrysler Europe, on répartit les tâches. Si ce sont les français qui se chargent de la technique, ce sont bien les anglais qui se chargent du design. Pour coller au reste de la gamme, on va faire ressembler la Talbot Samba à une petite Horizon. Le style n’a donc rien à voir avec les cousines de chez PSA… sauf si on regarde de plus près puisqu’on reprend les portes de la 104 sans aucun changement !

La Talbot Samba débarque et se déploie vite
C’est à l’été 1981 qu’on présente la nouvelle Talbot Samba. La commercialisation arrive le 19 Novembre 1981. Deux finitions sont proposées partageant le même 1124cm³ de 50ch. On débute avec la LS qui a des sièges recouverts de drap mais une banquette rabattable. Ensuite on retrouve la GL et, là, c’est mieux équipé avec notamment une antenne radio, un essuie glace arrière et une lunette dégivrante, un allume cigare, des vitres électriques, des sièges en tissu et des appui-tête à l’avant.


Par contre, l’ambition de la Talbot Samba se lit au travers de sa communication. Quand de nos jours on arrose les médias à la sortie de n’importe quelle finition, là, on se contente de 7 pages de magazine dans le premier semestre 1982 et deux pubs télé diffusées sur Antenne 2 et TF1. Le slogan « Apprenez la Samba » est peut-être bien trouvé mais il est plus lisible chez les concessionnaires (et encore).
La gamme de la Talbot Samba s’enrichit très vite. En Mars 1982 débarque la GLS dont le moteur grimpe à 1360cm³ pour 72ch et est accolé à une boîte 5 vitesses. Par rapport à la GL elle se dote de phares à iode, d’un compte-tours ou d’une banquette arrière fractionnable.
La nouveauté suivante apparaît en mai 1982. Celle-ci va vraiment différencier la Talbot Samba de ses cousines de PSA puisque l’auto est proposée en cabriolet ! Celui-ci est produit à l’extérieur, chez Pininfarina et se rigidifie via un arceau.



À l’automne 1982 on dévoile le millésime 1983 avec de nouvelles versions et des améliorations. Les nouvelles versions sont diverses puisqu’on présente la AS (Affaires et Société) dépourvue de banquette arrière. En milieu de gamme, la GLS propose une version 80ch qui reçoit deux carburateurs. On lui ajoute des monogrammes 80hp sur les ailes avant et des décors latéraux en plus d’un becquet noir.

Le stand du salon de Paris présente également la Talbot Samba Copacabana qui restera au stade de prototype.

Comme ce n’est pas assez sportif, une version encore plus haut de gamme débarque. C’est évidemment la plus connue des Talbot Samba : la Rallye qui est dévoilée en Octobre 1982. Au départ on en produit 200 exemplaires… pour l’homologation Groupe B ! Elle sera ensuite disponible à partir de Janvier 1983 comme une vraie voiture de la gamme.
Pour se muscler, la Talbot Samba Rallye reçoit un 1219cm³, qui n’est donc pas le plus gros moteur de la gamme, qui est dopé par deux carbus double-corps ! On en sort 90ch tandis que le poids reste contenu sous les 800kg ! Elle reçoit un pare-brise feuilleté, un extracteur d’air en plastique noir sous le capot et des décors latéraux qui la rendent si reconnaissable.



En bonus ? L’auto est très bien placée au niveau des tarifs. Ses cousines directes accusent un déficit de puissance de 10ch et, surtout, elles ne peuvent briller en compétition comme les Talbot Samba Rallye. Celles-ci se voient en effet proposer des kits de préparation permettant de passer la puissance à 135ch… mais avec de gros travaux.


Côté améliorations, toutes les autos reçoivent un pré-équipement radio (alors que l’antenne n’est pas disponible ainsi qu’un cendrier à l’arrière. Les Talbot Samba GLS et Cabriolet reçoivent de nouveau appui-tête et des roues argentées au lieu d’être beige.
En Mai 1983 la première série spéciale débarque. C’est la Sympa qui reprend les décorations jaunes de la Copacabana combinées à une peinture gris métallisée. Elle reçoit le béquet arrière, des vitres teintées, une sellerie velours à liseré jaune et un volant spécifique dit « Sport ». On note que l’acheteur peut choisir une option de base : soit le toit ouvrant, soit l’autoradio cassette (avec bande FM pour les jeunes).
Notez qu’au Royaume-Uni, elle est également disponible mais sous le nom de Roller, également très typé années 80 !

Le millésime 1984 est l’occasion de quelques ajustements. Les pare-brise sont feuilletés sur toutes les finitions, les bougies changées et on ajoute un témoin de niveau d’eau.
La GLS reçoit de nouvelles jantes alu tandis que la version 72ch disparaît au profit de la seule 80ch. Cette version 80ch est disponible sur le cabriolet qui devient ainsi plus haut de gamme des vitres teintées, des liserés latéraux ou une capote doublée.
La Sympa se voit proposée, et uniquement pour ce millésime, des décors bleus et rouges en complément du jaune. Celle qui ne devait être qu’une série spéciale est toujours là et ne quittera plus le catalogue !
En 1985 c’est déjà l’heure du premier lifting… mais on ne parle que de la beauté intérieure de la Talbot Samba. Comme ses cousines Peugeot 104 et Citroën LN, elle reçoit un nouveau tableau de bord qui se remarque avec ses commodos complètement d’origine Peugeot, un témoin de niveau d’huile et un autre pour le liquide de refroidissement, un chauffage commandé par rhéostat et l’emplacement de l’autoradio qui passe en haut à droite.
La gamme est également changée. On enlève la GLS et le cabriolet 72ch. Par contre on ajoute une version ultra-basique de la Samba, avec un moteur 954cm³ de 45ch. L’équipement est encore plus dépouillé que sur la LS : on enlève le garnissage de frein à main, les dossiers des sièges sont fixes, le miroir de courtoisie disparaît et le rétroviseur intérieur n’a plus qu’une position jour.

On ajoute aussi la Talbot Samba Bahia, basée sur la LS. Elle reçoit des liserés latéraux (vert, bleu et fuchsia) sur une peinture bleu Ming Métalisée. Les enjoliveurs sont de la couleur de la carrosserie, le becquet est au programme tout comme le toit ouvrant. Le volant est celui de la Rallye avec un liseré fuchsia et la sellerie est en jean tandis que la moquette, elle aussi, est bleue.


Sinon, la LS reçoit de nouveaux enjoliveurs, un liseré latéral autocollant et des sièges avant enveloppant avec un nouveau garnissage tandis que le cabriolet supprime son filet décoratif latéral, un enjoliveur de bas de porte mais reçoit une montre à affichage digital.
La Talbot Samba Rallye évolue elle aussi. Une seconde version débarque. Cette fois le moteur est un 1360cm³ de 80ch. On la reconnaît avec l’absence d’extracteur d’air mais également par son autocollant 80hp, la 90hp recevant elle aussi un autocollant.
Les deux versions perdent leurs autocollants latéraux, remplacés par des autocollants « Rallye » sur les ailes arrière, un becquet noir, un nouveau tissu pour les sièges et le volant passe au mat tandis que le pré-équipement radio devient de série et que les vitres tentées sont en option tout comme les jantes alliage de 14″. La Talbot Samba Rallye s’embourgeoise ?

En tout cas, si la gamme a évolué et s’est développée, c’est aussi quasiment la fin ! La Peugeot 205 est sortie, PSA voit enfin le bout du tunnel. La marque Talbot est un poids mort que les concessionnaires rechignent à vendre, à part quelques anciens Simca. Elle va s’arrêter et la Talbot Samba avec elle. De fait, le dernier millésime voit son offre réduite à peau de chagrin.
La Base (954cm³) reste au catalogue avec les Sympa, Bahia et Cabriolet. Aucun changement n’est réellement apporté si ce n’est la disparition du témoin d’huile.
La Talbot Samba a-t-elle été un échec ?
Une voiture qui s’arrête après 6 millésime peut être vue comme un échec… mais c’est finalement la dernière arrivée de la marque et la Tagora a fait pire avec 3 millésime ! En fait, c’est la marque Talbot qui est un échec, pas la petite Samba… qui ne s’en est pas mal sortie.
Au total on en a vendu 288.010 dont 13.000 cabriolets ! C’est une belle performance avec un pic atteint dès 1982 et 116.279 voitures produites cette seule année. Les Citroën LN et LNA, qui s’arrêtent en même temps on été produites à 353.383 exemplaires… mais elles ont lancé leur carrière en 1976 !
La Talbot Samba n’a donc pas été un échec. Comme les autres Talbot, la concurrence interne, à l’intérieur même des concessions, n’a certainement pas fait de bien à une voiture dont la marque sortait finalement de nulle part ou presque !



La Talbot Samba en collection
S’il est bien un domaine dans lequel la Talbot Samba a complètement été éclipsée par ses concurrentes et surtout ses concurrentes internes au groupe PSA, c’est la collection. Si les 104, LN, Visa sont relativement nombreuses dans les expositions et sur le marché, la citadine de Poissy semble avoir disparu.
Les versions de base sont quasiment introuvables. La bonne nouvelle c’est que si vous parvenez à en trouver une, le prix sera très amical, la plupart du temps sous les 5000€… voire encore moins.
Les Talbot Samba les plus courantes sont finalement les deux modèles qui se démarquaient vraiment (comme souvent avec ces voitures anciennes populaires des années 80). D’un côté on retrouvera des cabriolets dont le prix peut monter jusqu’à 10.000€ (mais il faut que l’état soit exemplaire). De l’autre on retrouvera des Rallye, la bombinette un peu oubliée. Les prix sont forcément supérieurs. On peut en trouver pas cher, sous les 10.000€ mais il y aura des travaux. Pour les autos prêtes à rouler, voire à courir, on se retrouvera vite vers les 15.000€ ou au-dessus.
La Talbot Samba a été tellement oubliée qu’aucun club n’existe réellement à propos du modèle. Le Club Simca accueille cependant ses propriétaires et un forum existe en ligne. Enfin, le site de référence, consulté pour cet article est visible ici.




Jean-Louis Martinetti
Sympa et bien fait ce petit historique de Talbot.
Juste une anecdote : Les Sambas Sympas à jantes et décors « barbouillées » de jaune, de bleu, de rouge….. se vendaient mal, la Direction de Talbot a donc conclu une promo avec le Ministère de l’Intérieur. Les policiers se plaignaient d’avoir un parc auto un peu vieillot, ils ont donc hérité de ces Sambas aux jantes et décors de couleur flashy qu’ils n’ont jamais pu utiliser pour faire des filatures discrètes…….
NB : On murmure que la qualité des capotes des Sambas cabriolets laissait à désirer, rumeur fondée ???
· · 28 novembre 2025 à 19 h 29 min
LESIMPLE
Une petite précision: la version 80 ch était équipée de 2 carburateurs simple corps et non double. Cela a permis de loger encore la roue de secours sous le capot.
Cordialement.
· · 28 novembre 2025 à 21 h 55 min
SIRANDRE
ESSAYEZ DONC DE FAIRE REDIGER VOS TEXTES PAR DES FRANCAIS ET NON DES REDACTEURS(TRICES ) « EXOTIQUES « , OU PAR DES MACHINES OU LA FAMEUSE IA !
· · 29 novembre 2025 à 18 h 43 min
Benjamin
Vous voulez ma carte d’identité ?
· · 1 décembre 2025 à 8 h 46 min