La Peerless GT, une Rareté sur la Piste du Mans

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Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Elle était au Mans Classic dans le plateau 3, on en parle plus en détail ici. La Peerless GT est de ces autos méconnues qui sont passées tout près de marquer l’histoire.

La genèse de la Peerless GT : hôtellerie, Triumph et concession Jaguar

Au milieu des années 50, James Byrnes est un hôtelier anglais, qui a le portefeuille plutôt bien rempli. Il adore la course auto et souhaite construire sa propre automobile. Pour cela il va s’appuyer sur deux entités. Tout d’abord la marque Triumph dont les ingénieurs sont des clients réguliers. Et puis Bernie Rodger, un mécanicien touche à tout de génie qui a déjà produit quelques autos aux performances remarquées.

La mécanique et les trains roulants d’une Triumph Tr3 sont intégrés dans un cadre tubulaire constitué de tubes carrés en acier. La carrosserie qui est posée dessus est celle d’un élégant coupé. L’auto est très performante dès ces débuts. Les tests lui font accrocher les 200 km/h et les 96 miles per hour sont atteint en 10 secondes. Son nom de baptême est Warwick GT, en référence au nom de l’établissement de James Byrnes. Et pour la vendre, il fait rentrer un troisième homme dans l’affaire : James Gordon, concessionnaire local Rolls Royce.

Gordon va demander quelques modifications, dont l’agrandissement de l’auto pour loger deux places à l’arrière. Une dernière modification est apportée par Bernie Rodger : un pont De Dion à l’arrière. La voiture est fin prête pour le salon de Paris 1957. Elle s’y fait remarquer, notamment de Triumph, qui décide de soutenir le projet.


Peerless Motors renaît

Avec tous les voyants au vert, il faut passer à l’industrialisation. Et cela va se faire dans la concession Jaguar de Slough. Peerless Motors. Un nom hérité de camions militaires américains, utilisés durant la première guerre mondiale et dont le surplus et l’entretien sera réalisé dans les années 20 à Slough. Si la marque Peerless a disparu aux USA en 1931, elle a continué avec cette concession Jaguar. La Warwick GT devient alors la Peerless GT.

Pour produire la Peerless GT on s’appuie beaucoup sur Triumph qui livre les éléments mécaniques et une partie de l’accastillage. Le vrai problème de l’auto réside dans sa carrosserie en aluminium, chère à produire. Mais dans les années 50, le monde de l’automobile découvre la fibre. La société British Resin Product Company va se charger de produire les 57 éléments qui seront ensuite rivetées et collées sur la caisse. On peut alors produire beaucoup de Peerless GT… et le premier modèle va se faire connaître.

Une Peerless GT aux 24h du Mans 1958

Aux 24h du Mans 1958, deux Peerless GT sont engagées par l’usine. Une seule sera au départ, celle de Percy Crabb et Peter Jopp. Une auto qui se montre performante en se qualifiant 24e, avec le numéro… 24, qu’on retrouve sur l’auto engagée à Le Mans Classic 2016 dans le plateau 3. L’auto bouclera 240 tours, la classant 16e au général et 4e de sa classe.

La Peerless GT restera pourtant confidentielle

Un beau résultat au Mans, des critiques très positives dans la presse, notamment grâce à un train arrière bien meilleur que les autres productions anglaises… c’est la recette d’une voiture qui se vend. Mais la petite usine de Slough va avoir le plus grand mal à suivre. Il faut très vite plus de 6 mois pour recevoir sa Peerless GT. Et même la création d’un second moule pour la carrosserie ne suffit pas.

En 1959 la Peerless GT Phase II apparaît avec une carrosserie redessinée, fabriquée d’un seul tenant par un nouveau partenaire. Plus agressive, elle gagne un air de ressemblance avec la Lancia Flaminia Coupé. La production remonte mais les ennuis sont grands. Peerless qui existe encore aux USA et ne donnait que son nom ferme le rideau en 19599. Il faut changer le nom d’une auto qui commence à peine à s’installer.

Gordon abandonne la firme pour s’associer à Keeble aux USA. La voiture reçoit un moteur de Chevrolet Corvette tout en gardant la même conception. En Angleterre, après 325 Peerless GT, on revient au nom Warwick GT et ce seront 40 autos qui seront produites jusqu’en 1962. On essayera quand même de mettre un V8 sous le capot, mais les projets à mécanique Buick, le V8 3.5 qui fera le bonheur de Rover, restera au stade d’un prototype.

La Peerless GT en 2018

Avec 325 autos produites, elle ne coure pas les rues. Déjà le fait qu’il y en ait une au départ de Le Mans Classic est un bon début ! On la retrouvera début juillet avec Rocher et Gadal au volant dans le plateau 3. Une auto un peu plus épaisse que celle qui l’entoureront, c’est sûr, mais performante tout de même.

Mais les Peerless continuent d’être désirées en Angleterre. Pour preuve les trois autos qui étaient dans le camping des Epinettes au Mans Classic. Deux autos “routières”… et une auto plus connue. C’est LA voiture qui prit le départ des 24h du Mans il y a 60 ans… et dont la réplique était sur la piste, dans le plateau 3 dont les résultats sont ici.


 

Source : Wikipedia et Autoreverse

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