La Maîtresse d’acier, le roman de l’automobile en 1925 de Pierre Coutras

La Maîtresse d’acier, le roman de l’automobile en 1925 de Pierre Coutras
Fabien
Un lion et un cheval cabré m'ont fait aimer les voitures de mon enfance... Un livre, «La maîtresse d'acier» de Pierre Coutras, et des légendes, Fangio-Moss-Hawthorn, m'ont conduit à me passionner pour des bolides plus ancien. A mon tour de partager avec vous.

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Coutras… Juste un nom que mes proches prononçaient avec déférence… Et des anecdotes comme celle de la cette voiture entièrement démontée et remontée au 3e étage d’un immeuble, dans un appartement qui avait été déclaré comme garage… De mes souvenirs de gamin remonte une maison familiale au cœur des Cévennes, à la confluence du Gard et de la Lozère : le Castanier. Cette maison, Coutras l’avait découverte et achetée en 1935. Il était tombé amoureux des Cévennes en allant au Pompidou, vers 1925. A cette époque, il conduisait la première voiture vue dans ce village. Au fil des années, il emmenait toute sa famille (mère, femme, filles, neveux, belle sœur veuve) dans ses voitures, faisant parfois 2 voyages depuis Marseille. C’était l’époque où les légendes automobiles se créaient, aux yeux du grand public, mais aussi au sein des familles, comme en témoignent ces quelques images issues de la collection privée de Jeanne Coutras-Corazza.


Coutras, Pierre Coutras, avocat au barreau de Marseille, Coutras que je n’ai pas connu mais qui est à l’origine de ma vision de l’automobile, Coutras qui a écrit « la Maîtresse d’acier », en 1925.

Ce livre, je l’ai lu il y a près de 35 ans, et je viens de le relire, et j’ai besoin de vous le faire partager. Vous ne le trouverez pas en librairie, il n’est plus édité. Mais peut-être, suivant l’intérêt que vous portez à cet article, sera-t-il possible de lancer un financement pour sa réédition ?

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Le fil conducteur de l’histoire de ce livre pourrait être une histoire d’amour entre Odette et Pierre… Banale. Au premier degré. Mais en fait, et le titre le confirme, il s’agit de l’histoire d’amour à la mort de Pierre et de sa voiture.

Autour de ce fil rouge, Coutras, dans une première partie, nous décrit Marseille et ses environs, les routes de poussière à l’extérieur de la ville et les routes pavées dès que les péages sont passés. Cette description est émaillée de réflexions sur la société autophobe de l’époque. Et paradoxalement, ce livre nous rappelle Ô combien cette autophobie reste d’actualité : les problèmes sont différents, mais les faits demeurent. Hier la vitesse, le bruit, l’inconnu, aujourd’hui la vitesse, toujours, et la pollution.

J’ai particulièrement apprécié cette phrase, toujours tellement vraie aujourd’hui, sur la volonté de l’Etat de trouver en l’automobiliste sa vache à lait préférée :

« Mais l’Etat a peut-être institué le « Permis de Conduire » dans un but fiscal. Car il faut payer pour l’obtenir. Comme pour obtenir tout, du reste, sous notre républicaine féodalité qui ne dispense les droits et les faveurs que moyennant finances. »

Mais ce livre, c’est avant tout une histoire de passion. Quel outrage, quelle irrévérence que de mettre à cette époque la voiture au niveau de la femme ! Mais à travers cela, Coutras exprime tout haut ce que nous, passionnés d’automobile, ressentons tout bas…

La voiture est décrite comme ce prolongement de l’homme à son volant, lui permettant d’atteindre des performances qu’il n’aurait pu imaginer en l’absence de cette superbe mécanique Paralnt de Pierre, le heros, il écrit :

« [les voitures] étaient la continuation de ses membres, elles étaient adaptées à son corps, elles devenaient son « moi ». Elles lui obéissaient comme ses bras, comme ses jambes et par les mêmes mouvements réflexes. Elles étaient lui, il était elles. »

Coutras se plait également à comparer cette machine automobile à un être vivant, dont le chauffeur est le cerveau, la conscience :

« Les phares sont les yeux de ce corps vivant. Le moteur , le cœur, les roues, les essieux et les ressorts, les membres ; l’huile, le sang ; la graisse, la synovie qui lubrifie les articulations ; l’essence, la nourriture et la boisson ; le carburateur, la bouche ; la magnéto et ses fils, le système nerveux ; les accus, le foie et ses réserves d’énergie ; les tringles, les leviers et les pédales, les muscles ; la carrosserie, la chair ; la garniture, la peau ; le châssis, le squelette ;le cornet, la voix ; le radiateur, le nez et les poumons ; la capote, ses rideaux et les housses, les vêtements ; le réservoir, l’estomac ; les tuyaux, l’intestin ; le pot d’échappement, le derrière ; et le conducteur, le cerveau de cette bête admirable… »

La maîtresse d’acier est un livre dont seul un passionné automobile peut en déceler la valeur car il reprend ce qui vient du plus profond de ses tripes. Ecrit en 1925, ce livre reste également étrangement, d’actualité, où, si la forme de l’autophobie évolue, sur le fond, elle reste finalement très constante !

Très difficile à trouver, le livre n’est plus édité. Mais Amazon le propose encore en occasion, c’est par ici.
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