Gros résultats pour la vente RM Sotheby’s à Monterey

Publié le par Benjamin

Gros résultats pour la vente RM Sotheby’s à Monterey

Chaque année, la vente RM Sotheby’s à Monterey est l’une des plus grosses ventes (en terme de valeur) de la Monterey Car Week. Cette année encore, la maison de vente a réalisé un très gros résultat avec un record à la clé.

La vente RM Sotheby’s à Monterey 2025 en bref

On devait en fait parler de plusieurs ventes aux enchères puisque 160 lots étaient répartis en deux ventes aux enchères les 15 et 16 Août.

138 lots sont vendus et sur la cinquantaine de lots qui pouvaient espérer le million de, une quarantaine y parvient ! Au total, la vente rapporte plus de 164 millions de dollars… en attendant les aftersales.

Un record pour une voiture neuve

Tout en haut des résultats de la vente on retrouve une Ferrari. C’est la marque elle-même qui mettait à la vente cette SP3 réalisée sur mesure. Si une SP3 classique se vend dans les 2 à 3 millions de dollars, cette voiture unique a atteint 26 millions de dollars ! Ce n’est pas dans la poche de Ferrari puisque les fonds seront reversés à la fondation Ferrari. Elle devient de fait la voiture neuve la plus chère vendue aux enchères et la voiture la plus chère vendue pour une œuvre caritative.

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5 Ferrari stars

En dehors de la SP3 qui était hors concours, les 5 plus grosses estimations du catalogue de RM Sotheby’s, étaient des Ferrari. Différentes époques mais de gros prix à chaque fois.

D’abord la F40 LM de 1993. 14e des 19 exemplaires produits par Michelotto elle est aux spécifications GTC, la plus puissante et la plus légère. La voiture n’a couru que lors des Ferrari/Maserati Historic Challenge et a été restaurée en 2014 puis révisée dernièrement. En parfait état, elle était estimée entre 8,5 et 9,5 millions de dollars et dépasse cette estimation en partant contre 11.005.000$ !

On poursuivait avec deux autres supercars. On trouvait ensuite une des deux F50 de 1995 aux specs US et de couleur jaune. Commandée neuve par Ralph Lauren, présentant 5400 miles au compteur, cette auto estimée entre 6,5 et 7,5 millions de dollars explose elle aussi son estimation avec 9.245.000$ sous le marteau.
Plus récente, la LaFerrari Apetera de 2017 avec 2300 miles au catalogue était estimée entre 6 et 7 millions et atteint 6.715.000$.

Pour les suivantes, on parlait de Ferrari plus anciennes. On débutait avec la Ferrari 375 Plus Spyder de 1955. C’est une des 8 voitures à avoir reçu cette combinaison moteur-châssis et la voiture a été recarossée par Sutton à l’époque. Si elle n’a couru qu’aux USA, ses pilotes furent Jack McAfee, Carroll Shelby, Ken Miles, Bob Drake ou Dan Gurney. Un énorme pedigree pour une voiture qui devait être restaurée. Estimée entre 5,5 et 7 millions de dollars, elle n’est pas vendue.

La 5e était une Ferrari 250 GT Cabriolet Serie I de 1958 exposée au salon de Genève cette année là et entièrement restaurée l’an dernier, elle a remporté de nombreux prix dont sa classe à Pebble Beach. Estimée entre 5,75 et 6,5 millions de dollars, elle est disponible… si vous avez 6 millions à poser sur la table.

4 voitures de course

On avait aussi noté plusieurs voitures de course qui sortaient de l’ordinaire (trop ?) dans le catalogue de RM Sotheby’s à Monterey.

La première date de 1949, c’est la Norm Olson Special Indianapolis. Motorisée par un Offenhauser, elle fut pilotée par Duke Dinsmore en 1949 lors des 500 miles et se qualifia 15e et fut classée 15e. L’année suivante, avec Jackie Holmes au volant, elle fut classée 23e. Elle participa ensuite à des courses historiques. Estimée entre 150 et 225.000$ elle se contente de 134.000$.

On poursuivait avec la Maserati 200SI carrossée par Fantuzzi est de 1957. 23e des 28 autos de la série, elle s’est hissée à la 3e place du Giro di Sicilia en Avril 1957 avant de courir en France puis de partir pour les USA où elle fut la propriété de Jim Hall (le père des Chapparal). Elle y a couru en SCCA avant de devenir une voiture de concours. Actuellement motorisée par un 2,5 litres, le 2 litres d’origine est proposé avec et le tout était estimé entre 2,8 et 3,2 millions de dollars… trop cher puisque les enchères se sont arrêtées à 2,35 millions et elle n’est pas vendue.

On poursuivait avec une allemande, une Porsche 718 RSK de 1960. Elle ne courut qu’aux USA fut restaurée et participa à plusieurs courses historiques dont Le Mans Classic. Estimée entre 3,5 et 4,5 millions de dollars, elle est vendue à 3.252.000$.

Dernière voiture de course de notre sélection : l’Alfa Romeo T33/2 Daytona de 1968. La voiture donc a participé aux 24h de Daytona 1968 avec Bianchi et Andretti, au milieu du triplé réalisé en 2 litres qui fit naître leur surnom. Elle courut ensuite à la Targa Florio, avec un 2,5 litres (abd), aux 1000km du Nürbugring (7e), puis en Autriche (4e). avant de courir avec le VDS Racing avec Pilette et Slotemaker en 1969 et être vendue à un Portugais qui courut en Angola. Achetée par un français, elle a participé à de nombreuses courses historiques et était entretenue par un ancien d’Autodelta. Prête à recourir, estimée entre 1,7 et 2 millions de dollars, elle se vend 1.160.000$.

3(+1) françaises de haut vol

Le catalogue de RM Sotheby’s comprenait plusieurs françaises dont trois qui ont déjà brillé à la Monterey Car Week.

On débute avec la plus ancienne, celle qui présente également la plus grosse estimation. C’est une Hispano-Suiza H6B Cabriolet de 1923. Carrossée par Fernandez et Darrin en 1932 et longtemps abandonnée et en cours de restauration, elle arrive dans le sud de la Californie au début des années 2000 et sera ensuite restaurée. Elle a gagné sa classe à Pebble Beach l’an dernier et était estimée entre 900.000 et 1.3 million de dollars pour se vendre 1.127.000$.

On arrivait en 1938 avec une Bugatti Type 57C Stelvio à une carrosserie usine et historique connu. Restaurée il y a moins de 10 ans et a gagné sa classe à Pebble Beach en 1989. Estimée entre 700.000 et 800.000 dollars, elle n’est pas vendue.

La troisième était une Delage D8-120 Cabriolet Grand Luxe de 1939 carrossée par Chapron. En réalité, elle ne fut terminée qu’après la guerre pour le salon de Paris 1946 (où elle ne fut vraisemblablement pas présentée), elle a été ensuite vendue en Egypte avant de passer dans les mains de collectionneurs renommés. Primée à Pebble Beach en 1995, elle a été restaurée, a remporté sa classe au même endroit en 1999 et a reçu un nouveau prix en 2005. Estimée entre 700 et 800.000$, elle se vend 967.500$ !

Enfin on ajoutait une après-guerre très spéciale. C’est une Simca 8 Sport mais sa carrosserie n’est pas une Facel puisqu’elle a été réalisée par les Stabilimenti Farina tout en restant très (très) proche de l’originale. La mécanique est celle d’une Simca 8 mais le moteur a été revu avec une culasse Abarth et un compresseur pour une puissance finale de plus de 90 chevaux. Restaurée et unique, estimée entre 175 et 225.000$, elle se vend 179.200$.

Des raretés venues d’Italie

Le catalogue de la vente RM Sotheby’s de Monterey proposait des Ferrari mais aussi des voitures plus rares venues d’Italie.

On trouvait ainsi un duo de De Tomaso… quasiment identique. Les deux sont issues du même projet de prototype carrossé par Fantuzzi mené par Caroll Shelby avant qu’il n’aille s’occuper de la Ford GT40.

La première est la 5000 Spyder qui devait courir en championnat d’endurance avec un V8 289ci Ford. En fait, elle a bien couru puisqu’avec son pare-brise haut, elle était terminée et a couru aux 500km du Mugello avant de retourner à l’usine et de n’en sortir qu’à la mort d’Alejandro de Tomaso en 2003 ! Jamais restaurée, estimée entre 500 et 650.000$, elle est partie contre 445.000$.

La seconde n’a pas couru. C’est la P70, elle aussi de 1965 et le moteur devait être un V8 Ford de 7 litres et on visait la Can-Am. Malheureusement, le projet pris du retard et elle ne fut pas achevée avant que Shelby ne quitte le navire. Redécouverte à l’usine en 2004, certains éléments en tout cas, elle fut finalement terminée et remporta plusieurs concours par la suite. Estimée entre 750.000 et 1 million de dollars, elle se vend 720.000$.

On retrouvait ensuite un prototype de chez Ferrari au physique discutable. Sur la base d’une 458 Italia, c’est en fait le prototype de la LaFerrari ! Ce mulet des premières heures est de 2011, estimé entre 900.000 et 1,2 million de dollars et vendu finalement contre 1.215.000$ !

On poursuit avec deux Alfa Romeo et on commence avec une TZ unique. Cette auto de 1964 fut la seule à être vendue avec un toit à double bossage. Elle courut à l’époque, majoritairement dans des courses européennes avant d’être vendue à divers collectionneurs. Estimée entre 700.000 et 900.000$, elle se contente de 555.000$.

On ajoutait aussi une rare Giulietta SZ Coda Tronca de 1961 qui a couru aux 12h de Sebring 1962 notamment et qui fut l’une des premières voitures du Martini & Rossi Racing Team. Estimée entre 400 et 500.000$, elle reste en dessous avec 280.000$.

Dernière raretés italiennes qu’on avait repéré dans le catalogue de la vente RM Sotheby’s de Monterey, deux autos des années 50.

D’abord LA Siata-Ford 208S Cabriolet Speciale. Contrairement aux autres Siata 208 celle-ci n’est pas basée sur une Fiat 8V mais sur une base Ford avec une grosse préparation ! C’est aussi une des dernières réalisation des Stabilimenti Farina et l’auto est unique. Estimée entre 225 et 300.000$, elle part contre 240.000$.

La bleue ne fut produite qu’à deux exemplaires, c’est Moretti 1200 Sport de 1955 qui a été carrossée sur un dessin plutôt agressif de Michelotti. Exposée au salon de Bruxelles et participante au concours de Pebble Beach en 2017, elle n’est pas vendue.

Les grands classiques

On avait terminé notre sélection avec des grands classiques des ventes aux enchères.

Pour la Monterey Car Week, les américaines sont bien représentées et les Duesenberg Model J sont de sortie.
La noire de 1929, la berline décapotable carrossée par Murphy, qui a gagné sa classe à Pebble Beach en 2014 et fut de nouveau primée en 2023 n’est pas vendue (est. 2,3-2,75 millions). La rouge est un Torpedo-Phaeton de 1935 carrossé par Walker-LaGrande, l’une des 5 autos réalisées selon ce dessin et elle est partie contre 4.405.000$ (est. 4-5 millions).

Autres grands classiques des ventes californiennes : les Cobra des premières années. Cette fois c’est une 289 de 1965 qui est au programme, une auto originale qui fut achetée par un étudiant qui la ramena par la route en traversant le pays ! Estimée entre 1 et 1,3 million, elle n’est pas vendue.

Côté anglaise, on retrouve… trois Aston Martin DB5 !

La noire est de 1964, en parfait état, révisée récemment et estimée entre 825 et 950.000$. La grise est une Silver Birch d’origine (ce n’est pas si courant), en parfait état, estimée entre 550 et 650.000$. Enfin, la Volante est la plus rare (39 ex) et possède un hard-top d’usine encore plus rare. Restaurée par Aston, elle est estimée entre 1,4 et 2 millions de dollars.

Côté allemandes, on retrouvait plusieurs 300 SL avec des estimations costaudes. On avait noté le roadster blanc possédant des freins à disques et restauré à grands frais. Estimé entre 1,6 et 2 millions de dollars, il se vend 1.545.000$.
Le gris était à l’origine le seul 300 SL Roadster à la robe rouge foncée. Repeint dans les années 90, et tout de même estimé entre 1,75 et 2,25 millions, il n’est pas vendu.
Enfin, le roadster bleu de 1960 fut équipé comme une voiture de salon avec de nombreuses options et acheté neuf par Miguel Alemán Velasco, fils du président mexicain du même nom créateur de la Carrera Panamericana. Estimé entre 1,105 et 1,325 millions, il se vend 1.132.500$.

On restait à Stuttgart avec deux Porsche. La plus ancienne était une 959 Komfort de 1987 livrée neuve en France et arrivée aux USA en 2002. Upgradée par Canepa (600ch), estimée entre 2 et 2,5 millions de dollars, elle se vend 2.040.000$.
La seconde était une 964 Carrera RSR 3.8 entièrement équipée qui aurait courue en championnat GT japonais. Elle a été restaurée chez Freisinger et elle était estimée entre 700 et 900.000$… mais n’est pas vendue.

On terminait cette sélection avec (encore) des italiennes. D’abord la Lamborghini Miura P400 de 1967, la 39e construite avec trois propriétaires californiens dans son histoire. Elle a remporté de nombreux concours et était estimée entre 2 et 2,5 millions de dollars mais c’était visiblement trop haut, elle n’est pas vendue.

On trouvait aussi deux autre F40 dans le catalogue.
La première, la rouge est une première main qui ne compte que 360km ! Estimée entre 2,4 et 2,6 millions de dollars, elle explose l’estimation avec 3.855.000$ sous le marteau.
La bleue (Azzurro Hyperion) fut transformée en 2021 pour devenir une réinterprétation de la F40 avec une boîte de LM, un kit de réhaussement, une meilleure clim, des freins Brembo plus gros, etc. Dénommée « Blue Chip F40 » elle est estimée entre 2,5 et 2,8 millions, elle se vend 2.755.000$.

Si vous voulez voir tous les résultats, c’est par ici.

Benjamin

http://newsdanciennes.com

Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos et a publié plus de 5000 articles directement... et participé à de nombreux autres. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres et compte plus de 300 essais de voitures anciennes à son actif. Il sillonne la France et l'Europe pour vous faire vivre toute sorte d'événements, de la petite exposition aux plus grands salons.

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