Dans les paddocks du Grand Prix de Monaco Historique 2021

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Dans les paddocks du Grand Prix de Monaco Historique 2021
Fabien
Un lion et un cheval cabré m'ont fait aimer les voitures de mon enfance... Un livre, «La maîtresse d'acier» de Pierre Coutras, et des légendes, Fangio-Moss-Hawthorn, m'ont conduit à me passionner pour des bolides plus ancien. A mon tour de partager avec vous.

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Le Grand Prix de Monaco Historique 2021, 12ème édition, ce sont des courses magnifiques et intenses, qui ont retracé l’épopée du sport automobile, des origines de l’épreuve au début des années 80 (et tous les résultats sont par-là). Mais limiter cet événement à cela, c’est un peu trop restrictif ! Le grand Prix de Monaco Historique 2021 c’est aussi de l’émotion en coulisses.

Un signal fort !

Pour moi, c’était mon premier. Mais à regarder les réactions de Joris et Cédric, complices pour l’occasion, il semblerait que ce soit à chaque fois la même excitation, année après année. Ou plus exactement tous les 2 ans puisque ce Grand Prix est biennal, le prochain étant programmé du 13 au 15 mai 2022… Non, pas d’erreur dans l’énoncé. Car difficile de parler du 12e Grand Prix Historique de Monaco sans aborder un point d’actualité : la pandémie.

Les restrictions sanitaires avaient conduit l’Automobile Club de Monaco et le Gouvernement Princier à reporter l’épreuve, qui devait initialement avoir lieu du 8 au 10 mai 2020, à ce printemps 2021, sans bousculer le planning des années à venir. Et même dans ces conditions l’organisation n’a pas été simple et a provoqué des forfaits parmi les concurrents. Sur les 170 déclarés en Février, seuls 96 ont fait le déplacement et 95 ont pris la piste le jeudi. Pour le public aussi, il y a eu de la frustration puisque les jauges imposées, avec priorité aux résidents monégasques, ont laissé les tribunes vides aux deux-tiers.

Et durant ces quelques jours, il fallait garder en tête, mais aussi mettre en pratique, les notions de protection et de maintien des distances sanitaires : port du masque obligatoire, désinfection périodique des mains au gel hydroalcoolique, cheminements à sens uniques matérialisés au sol… Bref, tout ce qui est d’usage depuis plus d’un an et que l’organisation s’est fait un point d’honneur de respecter à la lettre.

Mais il faut bien avouer que malgré tout ça, le Grand Prix de Monaco Historique 2021 a été comme une bouffée d’air frais, d’espoir et de liberté. Oui, de tels événements peuvent encore être organisés. Oui, la passion est toujours là, bien ancrée. Oui, le soleil peut briller et les vents se calmer au cœur du cyclone. Oui, l’espoir de rouler libre et échanger de nouveau autour de notre passion est de mise ! Et de ce point de vue, le Grand Prix de Monaco Historique 2021 a lancé un signal fort.

Une fascination qui remonte à l’origine du Grand Prix de Monaco

Mais revenons plutôt à cette alchimie entre les voitures, Monaco, et la course. Quand on franchit la frontière entre la France et la Principauté, on a le sentiment que l’Histoire du sport automobile nous contemple. Et vu des paddocks lors du Grand Prix de Monaco Historique 2021, ce sont les 60 premières années de la course, sur ce tracé qui n’a que peu changé, qui s’égrènent : des Bugatti, Delage, Amilcar et consorts des années 20, aux McLaren, Ferrari, Tyrrell, et autres beautés aux aérodynamiques étudiées des années 80.

Quand on met un pied dans Monaco, on réalise instantanément la folie d’Antony Noghès qui a su convaincre, en 1928, Louis Chiron, caution sportive, Jacques Taffe, au plan technique, et le Prince Pierre, d’organiser une course dès avril 1929, dans ces rues étroites et vallonnées, jonchées de pavés et de rails de tramways, à même les quai du Port. Et cette inconscience des pilotes au volant de voitures sans freins… Enfin, si, des freins, elles en avaient, mais leur efficacité n’autorisait qu’un ralentissement progressif, et diminuait rapidement au fil des 100 tours de 3,180 km du circuit de l’époque !

Ceci, nous avons pu le constater en série A, avec la Mercedes-Benz SSK engagée sur ce Grand Prix de Monaco Historique 2021. Esthétique, majestueuse et imposante auto, elle ne semblait pas à son aise sur ce tracé et au fil des tours, soufflait toujours plus à l’entrée du virage de la Rascasse où je m’étais posté, et sifflait et crissait à la sortie.

Lors de la première édition, contrairement à 2021 où c’est la Talbot-Lago T150C « MD » qui s’est adjugée la victoire, c’était une Bugatti Type 35B qui avait remporté l’épreuve, pareille à celle qui a fini sur la 2e marche du podium cette année. Techniquement, difficile de rivaliser pour une auto de 1927 face à une voiture 10 ans plus jeune !

Côtoyer les légendes

Mais si le frisson parcours l’échine sous le poids historique du Grand Prix de Monaco et sa genèse, il s’intensifie à la lecture du programme des festivités.

Les séries

Chacune des 7 séries porte le nom d’un champion de légende qui a marqué l’épreuve.

La série A, dédiée aux avant-guerre porte logiquement le nom de Louis Chiron, à l’origine de l’épreuve. A cet époque, un pilote était complet et « le Renard » était probablement l’un des plus complets de tous, avec des victoires en Grand Prix, en Formule 1, en Rallye dont celui de Monte-Carlo, en course de côte et en Endurance. Un hommage mérité pour celui qui reste encore aujourd’hui le pilote le plus âgé à avoir pris le départ d’un Grand Prix du Championnat du Monde à 56 ans, et le seul à avoir remporté à la fois le Grand Prix de F1 de Monaco et le Rallye Monte-Carlo.

La série B est en l’honneur de Juan-Manuel Fangio, que l’on ne présente plus, avec des voitures qui se sont illustré en F1 et Formule 2 notamment entre 1950 et 1961.

La série C consacrée aux voitures de sport à moteur avant produites entre 1952 et 1957 rendent hommage à Vittorio Marzotto, gentleman driver qui s’illustra dans ce type de course au début des années 50, et remporta notamment le seul Grand Prix de Monaco leur étant dédié en 1952.

Graham Hill, qui a remporté l’épreuve 5 fois, est quant à lui l’emblème de la Série D des F1 à moteur 1500 cm3 qui ont couru entre 63 et 65. Cette cylindrée était imposée du fait de l’amélioration des performances des F1, et de quelques impératifs de sécurité, déjà présents dans les esprits à l’époque.

La Série E est dédiée à Sir Jacky Stewart, triple vainqueur en Principauté, et regroupe les F1 de 66 à 72 sur lesquelles on voit apparaître des appendices aérodynamiques.

Pour les Formule 1 de 1973 à 1976 réunies en Série F, et en forme d’hommage au Champion qui nous a quitté en 2019, c’est Niki Lauda qui a été choisi. Le Pilote Autrichien s’était imposé en 1975 et 1976.

Enfin, la Série G regroupe les voitures de 1977 à 1980. Gilles Villeneuve a été choisi pour représenter ce plateau. Il avait remporté l’épreuve en 1981 sur Ferrari V6 Turbo. Les voitures de ce plateau correspondent à l’époque d’avant les Turbos où les moteurs avaient une cylindrée de 3 litres.

Les voitures, par les détails

Dans chaque série, chaque voiture a également son histoire, et son palmarès. Mais quand on a l’opportunité de les approcher, il est difficile de ne pas détailler chaque cm² de ces bolides. Le châssis tubulaire des Lotus Climax 1500cc ou les détails de cette Talbot-Lago T26C. En faisant cette revue de détails, on s’extasie devant ces moteurs, ces formes parfaites dont chaque centimètre carré a une fonction spécifique. On admire les logos, ou plutôt, dans ce contexte de course, de joutes chevaleresques, les blasons sur les calandres, les museaux et les rostres…

Quel plaisir également de voir la Lotus 77 avec sa livrée JPS, noire et or, qui aura marqué d’une empreinte indélébile la mémoire des afficionados et de ceux, dont je fais partie, qui ont vu évoluer cette voiture en catégorie reine dans les années 70 !

Mais personnellement, ce qui m’a le plus marqué dans cette revue de détails, c’est le pédalier de la Ferrari 312 B3. Imaginer Niki Lauda assis au volant les pieds coincés dans cet espace exiguë et exposé aux chocs donne réellement le frisson.

Les pilotes

Justement, c’est au volant de cette Formule 1 légendaire que deux pilotes français, acteurs de deux des plus belles passes d’armes de l’Histoire de la discipline, ont pris place à l’occasion de ce Grand Prix de Monaco Historique 2021. Le premier a marqué les esprits en joutant avec Ayrton Senna à Phoenix en 1990. Et au vu du duel ici, à Monaco, avec Marco Werner, un autre grand nom de l’endurance cette fois, Jean Alesi n’a manifestement rien perdu de son coup de volant ni de sa combativité. Il a enthousiasmé le public présent et a séduit par sa disponibilité.

L’autre grand pilote invité, c’est René Arnoux. Son duel d’anthologie, il l’a mené contre Gilles Villeneuve à Dijon en 1979, roue contre roue. Et là encore. Le coup de volant reste incisif, même si, comme pour Alesi, Arnoux n’aura pas vu le drapeau à damier. Mais quel plaisir de voir évoluer et de côtoyer ces pilotes !

La troisième tête d’affiche, l’enfant du pays Alex Caffi, était quant à lui au volant d’une autre Ferrari : une 312 de 1969 inscrite en Série E. Mais cette année le Team Methusalem Racing, pour lequel les 3 pilotes roulaient, n’aura pas eu le succès escompté, et les trois autos finissent avec des restaurations à la clé.

Mais à côté de ces « têtes de séries », les gentlemen drivers ont tout donné pour rendre le spectacle magnifique. Et le grand gagnant de ce Grand Prix de Monaco Historique 2021, restera Michael Lyons vainqueur de 3 courses en Séries D, E et F.

Gentlemen drivers ? Oui, mais pas seulement.

Les pilotes étaient aussi féminines, gentlewomen drivers, dans les séries regroupant les autos les plus anciennes. Madame Julia Villalba de Baldanza courrait en séries A et B. En série C, Katarina Kyvalova termine quant à elle cinquième, à 10 secondes seulement du podium. Une moyenne qui flirte avec les 100 km/h, mais surtout un sacré coup de volant !

Et capter ces regards, capter ces instants de concentration, de joie ou de doutes, cela reste une expérience émouvante.

Le petit monde des paddocks et de la piste

Les mécanos

Mais que seraient toutes ces mécaniques sans leurs « médecins », tous ces mécanos qui s’affairent autour, tout le temps de l’épreuve ? Une clé à la main, un bidon d’essence versé, gestion des pneus… Ils sont les garants de la performance mais aussi de la sécurité des pilotes. Avant, pendant et après la course. Et cerise sur le gâteau, le Grand Prix de Monaco Historique 2021 nous replonge dans cette ambiance vintage grâce à de petits détails, comme ces casquettes plates vissées sur les têtes des mécanos, parfois portées à la Gavroche. Certains pilotes, sans oublier la sécurité, arborent encore des casques « jets », ouverts laissant filtrer leurs émotions et leurs mimiques, trop souvent masquées par les casques intégraux.

Les commissaires de piste

Le tableau ne serait pas complet si l’on ne rendait pas hommage à ces hommes et ces femmes qui assurent année après année la sécurité sur cette piste hors normes.

Les commissaires de pistes, tout d’abord, avec leurs drapeaux multicolores à la signification parfaitement codifiée, qui doivent s’assurer du bon déroulement du Grand Prix. Ils sont les yeux de la direction de course, frôlés par les bolides en bord de piste. Si les dépassements sont les signalements les plus fréquents, et ce fameux drapeau bleu, en course historique il faut savoir sortir le drapeau rouge d’interruption de course. Ce drapeau est révélateur pour les pilotes d’un danger imminent : véhicule arrêté, mais le plus souvent, pour de l’huile répandue sur la piste. Au Grand Prix de Monaco Historique 2021, plusieurs arrêts pour ce motif ont été signalés.

A proximité du paddock et de la pit-lane, ces « hommes en jaune » s’assurent, extincteur en main, que tout départ de feu sera maîtrisé. Ils assurent aussi la circulation des voitures dans ces zones où piétons et bolides se côtoient. Les piétons, quant à eux sont « pilotés » par les agents de contrôle et sécurité.

Pompiers et médecins restent eux aussi vigilants pendant toute la durée de l’évènement.

Tous ces acteurs, 100% du temps sur la brèche, ont assuré ! et ils vont rempiler pour le Grand Prix de Formule-E puis, fin mai, pour celui de F1. Chapeau mesdames et messieurs.

Pour conclure ?

Cette année, Covid-19 oblige, les accès étaient très contrôlés pour limiter de trop amples mouvements de foules. Les gradins étaient plutôt clairsemés tout comme la piste sur certaines courses. Alors oui, l’Automobile Club de Monaco a fait une prouesse en maintenant le Grand Prix de Monaco Historique 2021.Mais il existe un vide que l’on espère pouvoir combler l’an prochain avec un retour à plus de normalité, où l’on pourra voir les sourires, où l’on pourra reconnaître les pilotes… Où l’on pourra profiter au maximum de cet évènement unique et envoûtant !

Mais il est clair que Baudelaire s’est trompé dans son invitation au voyage, car au Grand Prix de Monaco Historique, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, moteurs et volupté !

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