Lors de la Monterey Car Week, RM Sotheby’s est toujours un acteur à surveiller. Le catalogue qui sera proposé la semaine prochaine est énorme tant en quantité qu’en qualité. On a fait notre sélection.
La vente RM Sotheby’s à Monterey 2025 en bref
C’est au Monterey Conference Center que se déroulera cette vente. En fait on doit dire CES ventes puisque les 160 lots seront répartis en deux ventes aux enchères les 15 et 16 Août. Les voitures anciennes (et récentes) seront visibles à partir du 13 Août.
Au total, le catalogue présente une cinquantaine de lots pouvant dépasser le million de dollars sous le marteau même si on ne retrouve pas d’énorme lot dans le catalogue (comme l’a déjà souvent fait la maison de vente).
5 Ferrari stars
Dans le catalogue de RM Sotheby’s, les 5 plus grosses estimations… sont des Ferrari. Les époques représentées sont variées, ce qui n’est pas toujours le cas puisque la marque multiplie les séries limitées.
On débute avec une F40 LM de 1993. 14e des 19 exemplaires produits par Michelotto, entièrement certifiée, elle est aux spécifications GTC, la plus puissante et la plus légère. La voiture n’a couru que lors des Ferrari/Maserati Historic Challenge, a été restaurée en 2014 puis révisée dernièrement. Cette rareté en parfait état est estimée entre 8,5 et 9,5 millions de dollars.
On reste dans le clan des supercars avec les deux suivantes. D’abord avec une F50 de 1995, l’une des 2 en specs US peinte en jaune et commandée par Ralph Lauren. 5400 miles au compteur de cette auto estimée entre 6,5 et 7,5 millions de dollars.
On complète avec une plus récente LaFerrari Aperta de 2017, 2300 miles au catalogue et une estimation entre 6 et 7 millions de dollars.



Pour les suivantes, on parle de Ferrari anciennes. On débute avec la Ferrari 375 Plus Spyder de 1955. C’est une des 8 voitures à avoir reçu cette combinaison moteur-châssis et la voiture a été recarossée par Sutton à l’époque. Si elle n’a couru qu’aux USA, ses pilotes furent Jack McAfee, Carroll Shelby, Ken Miles, Bob Drake ou Dan Gurney. Elle a besoin d’être restaurée pour participer à des concours mais roule en l’état. Elle est estimée entre 5,5 et 7 millions de dollars.
La 5e est une Ferrari 250 GT Cabriolet Serie I de 1958. C’est la 17e des 40 exemplaires construits. Exposée au salon de Genève 1958 et entièrement restaurée l’an dernier, elle a remporté de nombreux prix dont sa classe à Pebble Beach. Elle est estimée entre 5,75 et 6,5 millions de dollars.


4 voitures de course
RM Sotheby’s a inclus plusieurs voitures de course dans son catalogue. Toutes n’ont pas un gros palmarès mais on a noté quelques autos particulièrement intéressantes.
On débute en 1949 avec la Norm Olson Special Indianapolis. Motorisée par un Offenhauser, elle fut pilotée par Duke Dinsmore en 1949 lors des 500 miles et se qualifia 15e et fut classée 15e. L’année suivante, avec Jackie Holmes au volant, elle fut classée 23e. Passée par l’Angleterre où elle fut restaurée et participa à des courses historiques, elle est estimée entre 150 et 225.000$.
La Maserati 200SI carrossée par Fantuzzi est de 1957. 23e des 28 autos de la série, elle s’est hissée à la 3e place du Giro di Sicilia en Avril 1957 avant de courir en France puis de partir pour les USA où elle fut la propriété de Jim Hall (le père des Chapparal). Elle courut ensuite en SCCA avant de devenir une ancienne passée dans de grandes collection et participant régulièrement à des courses historiques et même au concours de Pebble Beach. Si elle est équipée d’un 2,5 litres, le 2 litres d’origine est proposé avec et le tout est estimé entre 2,8 et 3,2 millions de dollars.


On passe en Allemagne avec une Porsche 718 RSK de 1960. Cette compétition-client fut assidument pilotée en championnat SCCA avec de nombreuses victoires de catégorie et même au général. Elle passa ensuite dans de grandes collections américaines, fut restaurée et participa à plusieurs courses historiques dont Le Mans Classic. Elle est estimée entre 3,5 et 4,5 millions de dollars.
On termine notre sélection de voitures de cours avec une Alfa Romeo T33/2 Daytona de 1968. La voiture a participé aux 24h de Daytona 1968 avec Bianchi et Andretti, au milieu d’un triplé réalisé par ces protos italiens en 2 litres qui fit naître leur surnom. Elle courut ensuite à la Targa Florio, avec un 2,5 litres (abd), aux 1000km du Nürbugring (7e), puis en Autriche (4e). En 1969, elle fut engagée par le VDS Racing avec Pilette et Slotemaker et elle marqua quelques points. Vendue à un Portugais, elle courut ensuite en Angola. Achetée par un français, elle a ensuite participé à de nombreuses courses historiques en étant maintenue en forme par un ancien d’Autodelta. Prête à recourir, elle est estimée entre 17, et 2 millions de dollars.


3 françaises de haut vol
Trois françaises dans ce catalogue de RM Sotheby’s et toutes les trois sont très marquées « Monterey Car Week » puisqu’elles y ont brillé par le passé.
On commence par la plus ancienne, celle qui présente également la plus grosse estimation. C’est une Hispano-Suiza H6B Cabriolet de 1923. Cette auto carrossée par Fernandez et Darrin en 1932. Longtemps abandonnée et en cours de restauration, elle arrive dans le sud de la Californie au début des années 2000 et sera ensuite restaurée. Devenue une voiture de concours, elle a gagné sa classe à Pebble Beach l’an dernier. Elle est estimée entre 900.000 et 1.3 million de dollars.
On arrive ensuite en 1938 avec une Bugatti Type 57C Stelvio. Cette auto présente une carrosserie usine et son histoire est connue. Elle a été restaurée il y a moins de 10 ans et a gagné sa classe à Pebble Beach en 1989. Elle est estimée entre 700.000 et 800.000 dollars.
Enfin arrive une Delage D8-120 Cabriolet Grand Luxe de 1939 carrossée par Chapron. En réalité, elle ne fut terminée qu’après la guerre. Prévue pour le salon de Paris 1946 (où elle ne fut vraisemblablement pas présentée), elle a été ensuite vendue en Egypte avant de passer dans les mains de collectionneurs renommés. Elle a été primée à Pebble Beach en 1995, a été restaurée, a remporté sa classe au même endroit en 1999 et a reçu un nouveau prix en 2005. Elle est estimée entre 700 et 800.000$.



Enfin on ajoute une après-guerre. C’est une Simca 8 Sport mais sa carrosserie n’est pas une Facel puisqu’elle a été réalisée par les Stabilimenti Farina tout en restant très proche de l’originale. Le châssis est bien celui d’une Simca 8 mais le moteur a été revu avec une culasse Abarth et un compresseur pour une puissance finale de plus de 90 chevaux. Restaurée et unique, elle est estimée entre 175 et 225.000$.

Une avalanche de raretés… italiennes
On commence ces raretés avec des voitures qui auraient pu rentrer dans d’autres catégories. On commence avec deux prototypes de course signés De Tomaso en 1965. La première auto est la seule 5000 Spyder produite. Prévue pour aller courir en endurance, elle est motorisée par un V8 289ci revu par Shelby, c’est le départ de Shelby vers le projet GT40 qui arrête le projet. Répondant au règlement FIA avec son pare-brise haut, elle ne courra qu’aux 500km du Mugello avec Roberto Bussinello avant de retourner à l’usine et de n’en sortir qu’à la mort d’Alejandro de Tomaso en 2003. Jamais restaurée, elle est estimée entre 500 et 650.000$.
La seconde est sa « sœur » un peu plus connue. C’est la P70, elle aussi de 1965 et elle aussi carrossée par Fantuzzi. Sur celle-ci, le moteur devait être un V8 Ford de 7 litres et on visait la Can-Am. Malheureusement, le projet pris du retard et elle ne fut pas achevée avant que Shelby ne quitte le navire. Redécouverte à l’usine en 2004, certains éléments en tout cas, elle fut finalement terminée et remporta plusieurs concours par la suite. Elle est estimée entre 750.000 et 1 million de dollars.


On retrouve ensuite un prototype de chez Ferrari. Sur la base d’une 458 Italia, c’est en fait le prototype de la LaFerrari ! Ce mulet des premières heures est de 2011 et estimé entre 900.000 et 1,2 million de dollars.
Encore une italienne avec une Alfa Romeo TZ unique. Cette auto de 1964 fut la seule à être vendue avec un toit à double bossage. Elle courut à l’époque, majoritairement dans des courses européennes avant d’être vendue à divers collectionneurs, elle fut visible lors de plusieurs courses historiques. Elle est estimée entre 700.000 et 900.000$.
Tant qu’on est chez Alfa (et chez le même collectionneur que la TZ et la T33/2 d’ailleurs) on note une rare Giulietta SZ Coda Tronca de 1961 qui a couru aux 12h de Sebring 1962 notamment et qui fut l’une des premières voitures du Martini & Rossi Racing Team. Elle est estimée entre 400 et 500.000$.



Dernière raretés italiennes du catalogue de la vente RM Sotheby’s de Monterey, deux autos des années 50.
On débute avec la Siata-Ford 208S Cabriolet Speciale. Contrairement aux autres Siata 208 celle-ci n’est pas basée sur une Fiat 8V mais sur une base Ford avec une grosse préparation. C’est, au passage, une des dernières réalisation des Stabilimenti Farina et l’auto est unique et estimée entre 225 et 300.000$.
La bleue ne fut produite qu’à deux exemplaires. Cette Moretti 1200 Sport de 1955 a été carrossée sur un dessin plutôt agressif de Michelotti. Elle fut exposée au salon de Bruxelles et participa au concours de Pebble Beach en 2017.


Des grands classiques
On termine notre sélection avec de grands classiques des ventes aux enchères. Vu que c’est la Monterey Car Week, les Duesenberg Model J sont de sortie.
La noire de 1929 est une berline décapotable carrossée par Murphy, qui a gagné sa classe à Pebble Beach en 2014 et fut de nouveau primée en 2023 (est. 2,3-2,75 millions). La rouge est un Torpedo-Phaeton de 1935 carrossé par Walker-LaGrande, l’une des 5 autos réalisées selon ce dessin (est. 4-5 millions).
Les ventes californiennes accueillent également des Cobra des premières années. Cette fois c’est une 289 de 1965 qui est au programme, une auto originale qui fut achetée par un étudiant qui la ramena par la route en traversant le pays ! Elle est estimée entre 1 et 1,3 million.



Côté anglaise, on retrouve… trois Aston Martin DB5 !
La noire est de 1964, en parfait état, révisée récemment et estimée entre 825 et 950.000$. La grise est une Silver Birch d’origine (ce n’est pas si courant), en parfait état, estimée entre 550 et 650.000$. Enfin, la Volante est la plus rare (39 ex) et possède un hard-top d’usine encore plus rare. Restaurée par Aston, elle est estimée entre 1,4 et 2 millions de dollars.



Côté allemandes, on retrouve deux 300 SL avec des estimations costaudes. Le roadster blanc possèdes des freins à disques et a été restauré à grands frais. Il est estimé entre 1,6 et 2 millions de dollars. Le gris était à l’origine le seul 300 SL Roadster à la robe rouge foncée. Repeint dans les années 90, il est estimé entre 1,75 et 2,25 millions.
On reste à Stuttgart avec des Porsche. La plus ancienne est une 959 Komfort de 1987 livrée neuve en France et arrivée aux USA en 2002. Upgradée par Canepa (600ch) elle est estimée entre 2 et 2,5 millions de dollars.
La seconde est une 964 Carrera RSR 3.8 entièrement équipée qui aurait courue en championnat GT japonais. Elle a été restaurée chez Freisinger et elle est estimée entre 700 et 900.000$.




On termine cette sélection avec (encore) des italiennes. On retrouvera chez RM Sotheby’s une Lamborghini Miura P400 de 1967, la 39e construite avec trois propriétaires californiens dans son histoire. Elle a remporté de nombreux concours et est estimée entre 2 et 2,5 millions de dollars.
Et puis la F40 LM n’est pas la seule F40 du catalogue puisqu’on en ajoute deux autres. La première, la rouge est une première main qui ne compte que 360km ! Elle est estimée entre 2,4 et 2,6 millions de dollars. La bleue (Azzurro Hyperion) fut transformée en 2021 pour devenir une réinterprétation de la F40 avec une boîte de LM, un kit de réhaussement, une meilleure clim, des freins Brembo plus gros, etc. Dénommée « Blue Chip F40 » elle est estimée entre 2,5 et 2,8 millions.
Vous voulez voir le reste du catalogue ? C’est par ici.



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