C’est une question qu’on nous pose souvent sauf qu’on n’a pas de réponse toute faite à proposer. Du coup, on s’est creusé les méninges et on en a identifié 5. Trouver des voitures anciennes dont personne ne parle, c’est facile. En trouver dont personne ne parle mais qui mériteraient qu’on s’y intéresse, c’est autre chose. Alors on a listé ces 5 autos et on a essayé de comprendre pourquoi on ne parle pas d’elles.
Pourquoi elles ?
Elles sont sous les radars… car elles sont plutôt méconnues et c’est bien dommage car ce sont des voitures originales et performantes. On a choisi des voitures anciennes qui sont dans l’ombre d’autres modèles plus emblématiques de leur époque. Des concurrentes qui ont attiré toute la lumière en fait. 4 de ces 5 voitures anciennes sont aussi des voitures étrangères. Enfin, il faut parler de la rareté de ce genre de voiture ancienne sur le marché de l’occasion. Ce sont des modèles qui sont donc sous les radars et dont bon nombre d’exemplaires sont encore endormis dans les garages en attendant des jours meilleurs…
Ces jours meilleurs devraient arriver. Si on les a identifiées ici, c’est que ces voitures ont de vraies qualités… pas toujours reconnues ou alors éclipsées par des défauts qu’il faudra prendre en compte. Une fois ces qualités reconnues, la demande devrait monter, la cote également et certaines autos sortiront des garages.
Notre sélection :
Au programme
L’Opel Kadett E GSi 16V
L’Opel Kadett, c’est toute une histoire. Une histoire pas récente d’ailleurs puisqu’elle débute avec la Kadett A en 1962 avant que la B ne prenne le relai en 1965 et ne soit un énorme succès jusqu’en 1973 (2,6 millions d’exemplaires). Le succès est renforcé par la C entre 1973 et 1979 (1,7 millions d’exemplaires). La D devient une compacte plus classique et se vend jusqu’en 1984.
Celle qui nous intéresse, la E, sort en 1984 et sa carrière est la plus longue puisqu’elle se vend jusqu’en 1993 ! La plupart des Kadett ont eu droit à des versions sportives. Jusqu’à la D on trouvait la GTE au sommet de la gamme, une voiture rendue célèbre par ses succès en rallyes.


Pour la E, le summum c’est la GSi. À partir de 1984 elle va chercher les GTI avec son châssis revu, ses éléments de carrosserie plus méchants mais surtout son moteur 1,8 litres de 115ch. En 1987 tout change avec l’apparition de moteurs 2 litres qui culminent à 129ch (sans pot catalytique).

C’est l’année suivante que sort l’Opel Kadett GSi 16V. Première Opel de série à recevoir 4 soupapes par cylindres, c’est Cosworth qui a mis son nez dedans, elle sort 150ch, une cavalerie que les GTI de l’époque n’atteignent pas ! Le châssis est également revu pour encaisser la hausse de performances.
Seulement, la GSi n’est pas une GTI. Les reines du marché d’alors sont en effet les 205 GTI et Golf GTI et elles ont réussi à faire taire la concurrence qui est pourtant sévèrement armée. En dehors même de son badge, ça reste une Opel, marque qui n’a jamais eu une énorme image ni une grosse cote de popularité sur notre marché très chauvin. L’Opel Kadett se démène donc dans la « 2e division » et malgré des séries limitées, elle est éclipsée. En trois ans, la production est de 46.031 voitures, un score honorable mais loin des reines de la catégorie.
De fait, elle est sous les radars à cause de sa rareté. Entre les modèles enroulés autour des platanes (toutes les bombinettes y ont eu droit), ceux massacrés par les apprentis sorciers et ceux qui partaient à la casse tout simplement, leur nombre s’est énormément réduit. On en trouve en annonce, avec des prix qui peuvent descendre sous les 10.000€ mais la norme est plutôt autour des 15.000€. Oui, ce n’est pas la cote d’une voiture totalement oubliée, c’est presque la même que celle d’une voiture de « 1ere division ». Sauf qu’à ce prix, les performances sont vraiment différentes… et que tout le monde ne s’en est pas rendu compte !



La TVR Tasmin
Il faut s’y connaître pour se lancer dans l’achat d’une TVR, encore plus quand on parle des TVR des années 80 ! Après les Grantura, Griffith, Vixen, Tuscan ou 3000 qui partagent une certaine filiation esthétique, la marque tend ses lignes au début des années 80 quand arrive la TVR Tasmin. En fait on devrait parler des TVR Tasmin puisque c’est toute une gamme qui va se décliner de 1980 à 1993.

La recette de base : un châssis tubulaire acier, des trains roulants de Ford Cortina et Granada voire de Jaguar XJ-S et différents moteurs sous une carrosserie coupé (et cabriolet un peu plus tard en plus de la très éphémère 2+2) en fibre de verre fabriquée par TVR.
Côté moteurs on a la 280i avec son V6 Cologne de 2,8 litres qui débute à 160ch et qui lance la famille. En 1983 on ajoute la 350i qui va piocher le V8 Rover 3,5 litres pour améliorer les performances grâce à ses 193ch. Comme ce n’est pas assez, elle évolue (en restant au catalogue) en 450 SEAC (Special Edition Aramid Composite) en 1986 avec une carrosserie qui fait appel au Kevlar, matériau au top de la technologie à l’époque tandis que le moteur est le V8 Rover en 4,5 litres offrant 320ch !
On parle du coup de voitures permettant de très grosses performances. Seul souci : TVR n’est pas le plus connu des artisans anglais, loin de là. Ces voitures vont rester confidentielles : 1167 TVR Tasmin 280i sont fabriquées et on ajoute 897 Tasmin 350i et 17 Tasmin 450 SEAC. Notez d’ailleurs que toutes ne sont pas construites avec un volant à droite, ça vous fera une excuse de moins.
Pourquoi on s’intéresse aux TVR Tasmin ? Comme les autos ci-dessus, c’est le rapport prix/performances qui est intéressant… encore plus que les bombinettes déjà notées. Les 280i se négocient en dessous des 5000€ avec du travail ! Les versions V8, bien plus puissantes, ne grimpent pas à plus de 20.000€ ! Bien sûr, il faudra ajouter l’entretien dont ont besoin ces autos très artisanales pour rouler dans l’équation mais le tout reste très intéressant. À saisir comme on dit !



La Talbot Samba Rallye
Oui, c’est étonnant mais on retrouve ici une française. La Talbot Samba Rallye est complètement passée sous les radars. Une fois de plus on parle d’une voiture dont les qualités sont réelles. On a essayé une de ces autos, d’accord elle était préparée, mais c’était une vraie bombe ! Le moteur de 1219cm³ est punchy et n’a pas besoin de plus que ses 90ch pour emmener les 800kg. Avec son empattement court, c’est vraiment une bombinette et même une petite bombinette.



Malgré ses qualités réelles, la Talbot Samba Rallye a souffert de la concurrence… notamment en interne. Aussi bizarre que ça puisse paraître, elle n’a pas le même moteur que sa cousine la Peugeot 104 ZS qui embarquait le 1360cm³ et avait quasiment le même châssis (l’empattement est plus long sur la Talbot). Mais la ZS restait moins puissante (80ch) et a attendu la sortie de la Talbot pour se doter d’une boîte 5. On mettra de côté la ZS2 qui y allait encore plus fort et affichait alors 93ch et 107Nm de couple. Une différence ténue, certes.
On note aussi une carrière plus courte. La Talbot Samba Rallye n’a existé qu’entre 1982 et 1985 et s’est vendue à 11.000 exemplaires environ. La Peugeot 104 a eu une carrière qui s’étale de 1975 à 1985 et s’est vendue à 80.000 exemplaires (meilleure perf’ dans l’absolu). Enfin, niveau image, Talbot n’a jamais été au top et l’appellation « Rallye 80hp » apposée sur la Talbot Samba GLS en 1985 n’a pas aidé à brouiller les cartes. Sur un marché saturé comme l’était celui des mini-sportives de l’époque, ça n’a pas aidé !
De nos jours, une Talbot Samba Rallye se négocie toujours en-dessous des 8.000€. La très grosse difficulté sera plutôt d’en trouver une car elles se font rares sur le marché !



L’Hillman Imp
Pierre n’est pas au fan Club de l’Hillman Imp mais il est un ardent défenseur de cette auto. Conçue par deux ingénieurs issus de la F1, motorisée par un Coventry-Climax en alu placé à l’arrière (une rareté en Angleterre), elle sort en 1963 et doit être produite dans une usine écossaise pour des raisons plus politiques qu’industrielles qui se révèle être une galère logistique sans nom.
L’Hillman Imp va être dans l’ombre constante de la Mini. Pourtant on persévère et on ne l’arrête qu’en 1977. Alors qu’on tablait sur 100.000 exemplaires par an, on a vendu au total 369.504 voitures, toutes déclinaisons confondues !
Si elle est restée sous les radars, c’est en grande partie à cause de sa mévente et de l’ombre que lui a fait « l’imposante » Mini qui a cartonné ! En bonus, sa carrière internationale est inexistante, tout simplement.
Ça fait beaucoup de points négatifs, mais si on vous en parle, c’est qu’il y a aussi du positif. La version de base avec 37ch filait déjà à 129 km/h avec un comportement très typé grâce à son moteur placé à l’arrière. Avec la version Rallye et son moteur de 1 litre, on obtient des performances très correctes et la voiture a été engagée dans des rallyes européens tandis qu’elle fut un pilier des courses de club.
De fait, c’est une voiture ancienne à envisager sérieusement si vous voulez une voiture performante et originale. Les prix sont un peu inférieurs à ceux de la Mini, à performances équivalentes… mais il va falloir en trouver une à vendre, ce n’est pas courant et c’est forcément de l’autre côté du Channel.



Les Ferrari 456
Oui, ça peut faire bizarre de mettre une Ferrari dans cette liste mais on parle là d’une Ferrari qui a été passablement oubliée. La Ferrari 456 est pourtant une sacrée voiture. En 1992, elle remplace avantageusement la 412 dont la base remonte quand même aux années 70. La voiture est belle et son V12 de 5,5 litres lui permet de sortir 442ch ! Ses performances sont forcément assez folles avec plus de 300km/h en pointe dans un confort très appréciable. Notons aussi que c’est une quasi familiale puisque ses places arrières sont réellement utilisables.
Elle évolue en 456 M GT en 1998 en résolvant beaucoup de petits problèmes qui peuvent s’avérer embêtants à la longue et la carrière de cette dernière ne s’arrête qu’en 2004 quand elle laisse la place à la 612 Scaglietti qui aurait mérité sa place dans cette liste elle aussi.
Pourquoi cette Ferrari admirée par beaucoup se retrouve ici ? Et bien parce qu’elle n’est vraiment reconnue à sa juste valeur. Déjà, la 456 M GT a un peu souffert de la concurrence interne de la Ferrari 550 Maranello qui était typée plus sportive et proposait de meilleurs performances. Cette dernière sacrifiait les places arrières mais proposait aussi un style plus agressif. Certains ont en effet loué l’élégance de la 456 GT puis de la 456 M GT mais il est vrai qu’on restait très sage au niveau du style.

Tout cela n’explique cependant pas les performances commerciales. 1536 GT et 403 GTA, 688 M GT et 650 M GTA, c’est peu. L’image de la voiture a aussi souffert de problèmes de finition. Même si l’intérieur était vraiment de meilleur qualité que les autos précédentes (et il y a encore une vraie marge entre la GT et la M GT), certains plastiques devenaient vites collants. Pire, les joints des vitres étaient problématiques et les ajustements ne leur permettaient pas une bonne étanchéité sur les GT (problème résolu sur les M).
En occasion puis en collection, les Ferrari 456 ont aussi révélé des soucis à régler impérativement avec la fixation de la pompe à essence ou encore des soucis électriques et l’obligation de changer les joints de queue de soupapes (48 au total) au bout d’un certain temps.
Autant de chose qui font que la voiture, malgré ses innombrables qualités est plutôt boudée. Sur le marché, il faut débourser environ 80.000€ pour une belle voiture. Une auto parfaite avec tous l’entretien fait montera au-dessus tandis que certaines s’affichent à 60.000€… mais il faudra remettre 20.000€ dedans pour les opérations mentionnées plus haut. Ce sont de grosses sommes mais comparées aux qualités de l’auto, c’est tout à fait honorable.





Conclusion
Voilà pour cette liste qui joue sur l’originalité. Vous avez certainement d’autres voitures en tête alors n’hésitez pas à commenter et expliquer vos choix.


bernard
SAMBA: un humoriste lui avait ‘taillé’ son costume …. Essayez donc la .. sous la pluie et vous comprendrez pourquoi c’est la SAMBA.
· · 30 octobre 2025 à 17 h 00 min
Fabian Bernard
La SLK r170 est vraiment dans le creux de la cote, par rapport à la Z3. Pourtant supérieure sur certains aspects…Si le châssis n’est bien sûr pas comparable, une 230K,en performance pure,égale le premier Boxter 2,7, le confort en plus.Fiable, à la fois coupé et roadster. Attention à l’état des vérins, et au coût d’entretien qui doit être rigoureux pour garantir sa fiabilité.Mais ça ne reste que mon avis et une affaire de goût !
· · 30 octobre 2025 à 23 h 47 min
i20
Une Samba Rallye en état à 8000€… non, là, vous aurez une épave à reconstruire à ce prix. La rareté à un prix!
· · 31 octobre 2025 à 1 h 08 min
Régis V
Une précision quant à l’implication de Cosworth dans l’élaboration du moteur C 20 XE de l’Opel Kadtt GSi: je ne connais pas la part apportée à la conception mais une partie des culasses sortaient de chez eux, présentaient quelques différences qui permettent de les identifiées et sont toujours préférées par les spécialistes de ces moteurs intéressants qui ont aussi équipé certaines Caterham et que l’on retrouve encore dans certains montages personnalisés dits « performants ».
· · 31 octobre 2025 à 10 h 53 min
JF Lassaux
Je possède une Sunbeam Chamois, la version « luxe » de la IMP, avec laquelle je fais des rallyes régularité. J’adore cette auto , un vrai kart. Elle manque seulement d’un peu de puissance, mais elle est très originale et ne manque pas d’intriguer le public, car rare. So British !!!
· · 1 novembre 2025 à 7 h 41 min
P. DIDIER
Si vous connaissez une Samba Rallye en bon état à moins de 8000€ faites moi signe et j’arrive tout de suite !!! Plus sérieusement il faudra compter au moins le double
· · 4 novembre 2025 à 16 h 16 min