Fiat 500 au Lingotto

À l’assaut du Lingotto au volant d’une Fiat 500

Essayer une Fiat 500, il faut le faire. Mais pour trouver une auto parfaite et un lieu sympa, on a eu du mal. Si bien que ça s’est finalement goupillé au moment d’aller passer Une Nuit au Musée avec Mecanicus. Parce qu’avant cela on a pu découvrir un endroit mythique de la production automobile italienne : le Lingotto. Et sur cette piste, il y avait donc la célèbre Fiat.

La carrière de la Fiat 500

Alors quand on parle de Fiat 500, il faut être précis. Celle qui nous intéresse aujourd’hui n’est pas la première du nom, privilège réservé à la Topolino. Ce n’est pas non plus la dernière puisque Fiat en produit toujours à la pelle avec diverses déclinaisons.

Non, notre essai c’est celui de la Nuova 500, celle qui sort en 1957. Elle remplace la Topolino qui a tiré sa révérence deux ans plus tôt. Derrière cette auto, un ingénieur dont on vous a parlé : Dante Giacosa (c’est par là). Il sera d’ailleurs primé pour son travail sur la Nuova 500.
L’auto est petite, moins de 3 m de long (à 3 mm près) et 1.32 de large et de haut. Pour la propulser, car il s’agit d’une propulsion à moteur arrière, un bicylindre, en ligne, refroidi par air de 479 cm³ et 13 ch !
Sa carrosserie n’est pourtant pas celle d’une microcar et présente un vrai capot presque plat à l’avant.

La Fiat 500 nouvelle version est donc présentée en 1957 et devient l’économique quelques mois plus tard. Le manque de puissance et l’accueil timide pousse Fiat à revoir sa copie en introduisant une version “normale” de 15ch dès Novembre 57. Ce sera la 500 A.
Vient ensuite la 500 Sport en 58. Pas question d’aller chercher les Abarth mais le moteur est porté à 499,5 cm³ pour 21ch. C’est la 500B qu’on reconnait avec un toit en tôle.
En 59 apparaît la 500 C. Elle reçoit un toît ouvrant en toile, elle récupère le moteur de la Sport réduit à 16,5 ch et devient la version de base. Elle est moins chère que la première version et se distingue avec ses clignotant séparés et des répétiteurs sur les ailes.
En 60 elle deviendra la 500 D, légèrement retouchée au niveau des feux avant et elle passe à 17,5 ch. Ce sera la version la plus produite puisqu’elle reste au catalogue jusqu’en 65 et l’apparition de la 500 F. Finitions améliorés et pare-brise agrandi distinguent celle-ci.
Une version Luxe, la 500 L sort en 68 avec des chromes en plus et un intérieur revu.
La dernière version sera la R qui apparaît en même temps que la remplaçante de la 500, la 126, et qui reprend son moteur.

En tout la Fiat 500 aura été produite de 1957 à 1975 à 4.25 millions d’exemplaires… sans compter les versions Abarth et les productions sous licence. Beau succès !

Le Lingotto

Pour une fois on vous parle des lieux de notre essai. En même temps ce n’est pas tous les jours qu’on accès à un endroit si mythique.

Le Lingotto est une ancienne usine de Fiat. C’est une usine massive construite à partir de 1915. 500m de long et une sacré particularité qui apparaît en 1926 : à chaque bout de l’usine, deux rampes hélicoïdales permettent d’accéder à la piste d’essai. Elle se compose de deux lignes droites de 400m avec virage relevé à chaque extrémité ! Sur le toit !

La production y a cessé en 1982 avec la Lancia Delta. En fait après 1939 Fiat a transféré ses plus grosses lignes à Mirafiori. Désormais le Lingotto abrite un centre des congrès et un parc des expos qui abrite notamment le Salon Automotoretro de Turin.

Notre Fiat 500 du jour

C’est une Fiat 500 D de 1963 qui nous attend sur les toits de Turin.

En plus de contempler la vue, bouchée par la brume due à la chaleur (il fait 35° à l’ombre) et la pollution turinoise on s’attarde sur notre auto.

Sa bouille est reconnaissable entre 1000. Deux phares ronds au dessus de deux clignotants ronds également. Un pare-chocs simplissime, et une barrette encadrant l’emblème Fiat pour ce qui pourrait tenir lieu de calandre. Pour autant la face avant n’est pas plate et la tôle y est légèrement travaillée. Comme sur le reste de l’auto en fait. Les surfaces ne sont jamais plates ni simplistes. Ce n’est pas une boîte, mais une vraie auto, travaillée avec son design propre. Le capot est lui aussi bombé et sa découpe fait office de ceinture de caisse.

Les portières suicide sont assez simple et ne cachent pas leurs charnières. Seule une barrette chromée qui se poursuit sur l’aile arrière vient les égayer. La surface vitrée est plutôt réduite, la vitre de custode descendant même un peu plus que les vitres des portières. On en profite pour parler du toit. En toile comme sur la plupart des 500, il est ici plus large et ouvrant. Un atout… pour le poids comme pour le prix !

L’arrière enfin est lui aussi galbé mais également plein de fentes. Parce qu’à un moment il faut quand même le refroidir ce moteur. D’ailleurs le capot peut s’ouvrir de deux façons. Soit classiquement entièrement pour accéder à la mécanique, soit en s’entre-ouvrant afin de laisser respirer le tout. Et sur le toit du Lingotto, notre Fiat 500 en aura besoin !

Dernière revue de détail, avec les ornements. Ils sont peu nombreux mais suffisants pour amener un peu plus de gaieté sur cette carrosserie. La 500 est une belle auto… pour celui qui les aime petites.

Intérieur minimaliste

Le volant n’est pas si gros en soi… mais dans un tel intérieur, il parait énorme ! Devant lui un seul compteur qui accueille dans la partie haute la vitesse (et les petites indications pour le passage des vitesses, comme sur la 600D Multipla) et dans la partie basse quatre voyants pour indiquer l’allumage des feux, un soucis de dynamo, une panne d’essence proche et un problème de pression d’huile.

Quelques boutons viennent compléter le tout mais la planche de bord est plutôt lisse… et sympathique avec ce bleu déjà vu à l’extérieur.

Pour les sièges, zappez les Pullman, de toute façon on ne saurait pas où les caser. Ils sont fins et revêtus d’un tissus… très 60’s. Des ceintures ont été rajoutés. Ce qu’on perd en authenticité, on le gagne en sécurité.
À l’arrière, la place est comptée. Comme sur une sportive 2+2 on évitera d’y mettre des adultes pour un long trajet. De toute façon ça impliquerait d’avoir une galerie pour les bagages vu la taille réduite du coffre.

Moteur : ça c’est original

Des byclindres, déjà ce n’est pas courant. Pour ceux placés en ligne, en dehors des motos, c’est encore plus rare… en dehors du groupe Fiat. NSU, VAZ et Dacia s’y sont risqué, Subaru et Honda aussi. En plus il est refroidi par air, solution économique par excellence… On parle d’économie de poids autant que de construction.

En tout cas notre 499,5 cm³ sort 18ch. C’est faible, mais l’auto pèse 500 kg seulement ! De quoi atteindre 95 km/h sur le plat et avec un peu de place.

Au volant de la Fiat 500 D

Ouverture de la porte. Sa cinématique n’est pas courante mais elle permet un bon accès aux places avant et arrière. Le siège m’accueille et me paraît de suite un bon compromis. Avec le peu d’épaisseur qui le caractérise je m’attendais à pire niveau moelleux, mais ça sera largement suffisant. Contact… mais il est où le démarreur ? Il ne faut pas appuyer sur la clé comme sur une Fulvia. Il ne faut pas toucher à tous les boutons du tableau de bord. Non en fait il faut le chercher entre les sièges, à droite du frein à main. Un coup d’accélérateur pour être sûr et la mécanique s’ébroue.

Première enclenchée, il faut faire demi-tour. Et bien c’est (presque) une surprise, la Fiat 500 a un rayon de braquage en rapport avec sa taille et à son architecture (quand on a pas de cardans, on peut faire tourner un peu plus les roues). Et me voilà à l’attaque du Lingotto. En ligne droite d’abord parce que pour tâter de la boîte je préfère le faire avec de la place.
Moi qui suis habitué à faire craquer les pignons dès que les synchros ne sont là, je suis étonné. Un simple double débrayage suffit. Le talon-pointe serait un plus mais le propriétaire me dit qu’il n’y en a pas besoin.

La seconde est rentrée, et il faut faire demi-tour. Oui, le virage relevé situé au nord du Lingotto n’est plus accessible. La Fiat 500 tourne sur elle-même, en seconde et me voilà parti à l’assaut des 300 m de ligne droite qui sont devant moi.

Des perfs… pas ridicules

Disons que j’ai vu pire. La petite italienne se lance bien. L’aiguille ne me demande pas encore de passer la troisième, mais je le fais quand même. Vu la température ambiante ce n’est pas le moment d’aller trop jouer dans la zone rouge. Me voilà à 65 kmh, quand même, et le virage arrive !

À Montlhéry ils sont énormes et s’attaquent sans arrière-pensée. Là le virage est quand même très court. En plus son revêtement n’est pas aussi parfait que le reste de la piste puisqu’il est fait de briques. Je décélère légèrement et je rentre dedans. Je dois tourner un peu le volant, je n’ai pas assez de vitesse pour laisser l’auto tourner seule. Mais ça tourne, et bien. Les briques permettent aussi de tester les suspensions et les sièges. Ce n’est pas tape-cul mais je n’attaquerais pas la Trouée d’Arenberg au volant de cette auto. Ça tressaute un peu, notamment dans la direction. Une fois sur le plat, les gros raccord de goudron confirment mon impression. La Fiat 500 passe mais sans trop de confort.

Ensuite je continue de filer à 65 km/h. Mais honnêtement je me vois mal aller chercher les 95 revendiqués. Premièrement parce que je n’ai “que” 300 m et même lancé, ça va pas le faire. Et puis le bicylindres se fait entendre. Il est passablement bruyant quand on tire un peu dessus et ce n’est pas du Pavaroti qui sort des minuscules tubes d’échappement.

Il est temps de faire demi-tour, surtout de freiner. Bah en fait c’est correct. Encore une fois, merci le poids. La Fiat 500 n’est pas une ralentisseuse, c’est une freineuse. Plutôt un bon point pour une citadine. Dans l’intervalle j’ai zappé le double débrayage. Un très léger crac s’est fait entendre, mais pas énorme ! Moi qui avait ce levier comme principale appréhension, me voilà rassuré.

Le juge de paix

Pour accéder à l’anneau du Lingotto, il faut prendre la rampe hélicoïdale sud. Déjà on va la descendre. Le mix frein-moteur (léger) et les freins permettent de ne pas se faire peur.

Maintenant la montée. 18ch, 29 Nm. Voilà ce qui va nous servir… et bien oui ça sert. Pour autant l’hélice est relativement peu pentue et la Fiat 500 monte bien. Ce n’est pas la monture que je choisirais pour monter le Tourmalet mais ici c’est régulier et adapté à notre puce. Ce que je pensais être une difficulté n’en est pas une ! Décidément elle est bluffante cette turinoise.

Conclusion :

Clairement ce n’est pas l’auto que je choisirais pour traverser la France. Même avec du temps devant moi et des revêtements parfaits, la Fiat 500 n’est pas une routière au long cours. Mais qui lui demande ça ?
La Fiat 500 c’est une auto qu’on collectionne pour ce qu’elle représente, c’est en partie ça qui a fait s’envoler son prix. Mais c’est aussi une auto parfaite pour tout le reste. Aller chercher le pain au milieu de la campagne, faire une petite balade avec famille et copains, un rallye touristique de 150 km. Voilà qui est fait pour elle. Avec en prime une icône automobile entre les mains qui se révèle plus simple à conduire que ce qu’on pourrait croire à la lecture de sa fiche technique.

Les plusLes moins
Une icône du styleManque de puissance
Très maniableHabitabilité réduite
Une cote d’amour énormeUn prix d’achat abusé
Image
Entretien
Plaisir de Conduite
Ergonomie
Facilité de conduite
Note Totale

S’offrir une Fiat 500

Vous voulez offrir une populaire pas chère à votre tonton ? Rabattez vous sur la 4L, la Fiat 500 c’est cher. Très cher. Trop cher. Une 500D c’est 14.000 € ! Oui vous avez bien lu. Son image a largement dépassé ses qualités intrinsèques et l’auto est devenue inabordable. En tout cas son usage est désormais diamétralement à l’opposé de son idée originelle.

La moins chère du genre sera la 500 F mais on doit quand même débourser 12.000 € en moyenne. Toutes les autres versions vont chercher au dessus des 14.000 € et on ne parle pas des versions Sport, Abarth et autre Jolly, Vignale ou Giardiniera. Dommage !

Pour ce qui est de l’achat on fera attention. Que l’auto soit française ou importée on aura deux choix. Soit un modèle dans un bon jus, soit une restauration récente. Celles entreprises quand l’auto ne valait rien… bah elles ne valent pas grand chose. Heureusement les pièces se trouvent et si ce n’est quelques pièces spécifiques à tel ou tel modèle, on trouvera de tout à un prix abordable.

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Fiche Technique de la Fiat 500 D
MécaniquePerformances
Architecture2 Cylindres en ligne Vmax95 km/h
Cylindrée499,5 cm³ 0 à 100 km/h​—
Soupapes4 400m da
Puissance Max18 ch à 4500 tr/min 1000m da54s
Couple Max29 Nm à 2800 trs/min Poids / Puissance29,4 kg/ch
Boîte de vitesse4 rapports manuelle

TransmissionPropulsion
Châssis Conso Mixte4.5 L/100 km
Position MoteurLongitudinale arrière Conso Sportive—–
FreinageTambours AV et AR Cote 1963± 4900 frs (8061 € constants)
Dimensions Lxlxh297 x 132 x 132 cm Cote 201914.000 €
Poids530 kg

Photos externes : Fca Heritage

Benjamin on Email
Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

1 commentaire sur “À l’assaut du Lingotto au volant d’une Fiat 500”

  1. …. bravo a vous. Vous avez eu la chance d’effectuer ce que je rêve de faire depuis des années, un tour sur la piste du Lingotto en passant par la superbe rampe, avec ma vénérable Fiat 500 de 1967.

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