Départ Le Mans au Grand Prix de Bressuire 2019

Grand Prix de Bressuire 2019 : une édition sauce Matra

C’est un peu le clap de fin du mois de juin que tout le monde attend à Bressuire et dans l’ouest : les éternelles “Monoplaces”, “Cyclecar”, “Tourisme” et autres “Sport” venaient jouer aux côtés des motos et side-cars sur l’inénarrable Grand Prix de Bressuire 2019. Invitée d’honneur cette année, la marque Matra s’est trouvée fièrement représentée par l’escadron monté par le Club Matra Passion. Gentle(wo)men, start your engines : je vous emmène faire un tour en terres deux-sévriennes, reprenant ainsi (avec toute la pression qui l’accompagne) le flambeau transmis par l’ami Fabien l’an dernier (ce que vous pourrez relire ici) !

Grand Prix de Bressuire 2019 : 600m de pur plaisir

Lorsqu’on vous parle Grand Prix, vous pensez surement à Pau, aux Remparts, ou à la F1… et vous n’auriez pas tout à fait tort si j’évoquais ici la version “originelle” de l’évènement : le Grand Prix Historique de Bressuire est au Grand Prix de Bressuire ce qu’est la Montée Historique de la Mothe Saint Héray à la Course de Côte de la Mothe (d’ailleurs, je vous la présentais ici il y a 2 ans). Pour parler en termes moins imagés : il faut vous imaginer une piste urbaine de 600m environ, bordée de bottes de paille, arpentée par une sacrée ribambelle de mécaniques anciennes… le tout sans la moindre notion de chronométrage ou de classement. Bref, chacun se fait plaisir et réjouit un public qui répond présent tous les ans en nombre !

De 2 à 4 roues… pour tous les goûts !

Motos et side-cars

Pour le passionné d’automobile ancienne que je suis, le monde de la moto ancienne reste une nouvelle terre à explorer… et au Grand Prix de Bressuire 2019, nous sommes servis ! Rappelez-vous, l’an dernier se tenait le tout premier plateau de motos et side-cars sur place. Or, il est apparu dès la fin de l’édition que les motards en redemandaient : ni une, ni deux, Jean Claude Fillon prend la balle au rebond, la 14ème édition verra revenir le plateau moto. On les nommera Monet Goyon, Motobécane, BSA et consorts !

Et je dois vous avouer que cela constitue probablement l’un de mes plateaux préférés, voire même mon plateau préféré… les motos se sont des odeurs, des sons, des esthétiques, etc. tellement spécifiques qu’elles en sont indémodables et toutes plus surprenantes les unes que les autres. Il faut dire aussi que les pilotes savent jouer le jeu : la plupart arborent les tenues d’époque, depuis le casque bol effet alu jusqu’au cuir vieilli… tout y est pour replonger le spectateur dans l’ambiance de l’époque !

Rapide détour par la case spécifique des side-cars. Ceux là sont sans conteste les véhicules les plus impressionnants du plateau… quoique, je rectifie mon propos. En fait, ce ne sont pas tant les véhicules qui impressionnent que leurs équipages. Voir le “singe” compenser l’absence de direction sur le train avant, se suspendant voire limant son cuir au sol est un spectacle comme nul autre pareil. On en redemanderait non ?

Cyclecars : les anciennes, à l’ancienne !

Les cyclecars sont les plus anciennes des autos à 4 roues qui s’attaquent à la piste du Grand Prix de Bressuire 2019 : de l’Austin Seven, de la Riley, de la MG… il est là aussi question d’un plateau dans la plus pure tradition des grands prix d’époque. Véritables Formule 1, du moins pour l’époque, elles ont cet avantage de montrer que piloter ne se limite pas à tourner un volant et passer des rapports… tout se passe au biceps, les pilotes ferraillent au sens (quasiment) premier du terme. De l’ancienne pure jus, peut-être l’un des plateaux les plus applaudis du week-end !

Les plus attentifs auront compris qu’il est un type de cyclecar que l’on ne voit pas dans ce folio… en effet, qui a dit qu’ils devaient impérativement parées de 4 roues ? On les nomme Berkeley T60 (en rouge) et Morgan Aero Supersport (en noir) : elles n’ont que 3 roues mais n’ont pas à rougir (sauf la Berkeley du coup…) face à la concurrence ! Petite anecdote : au Royaume-Uni, à l’époque, une voiture à 3 roues se conduit avec un permis moto et n’est pas taxée aussi durement qu’une voiture “traditionnelle”… c’est dire le succès qu’elles ont eu à leur sortie !

Monoplaces : fini de rire, les requins partent en chasse…

Les monoplaces sont probablement les autos les plus violentes du plateau : des sportives sans concession, sans la moindre recherche de confort, le pilote se couche dans sa carlingue et s’y verrouille. Mais parmi elles, il y en a plusieurs qui méritent largement leur petite mise en lumière : les “bouches de requins”. Pour plus d’infos, vous pouvez jeter un oeil du côté du Racer Club de France.

Mais il n’y avait pas que les Monomill à écumer la piste : de la Popot à la PRC Citroën en passant pas la Formule V ou la MEP, il y en avait pour tous les goûts. Petite mention spéciale à la PRC Citroën, en jaune, équipée d’un vaillant moteur… de 2CV !

Tourisme et Sport : les populaires s’encanaillent

Ce sont les deux plus gros plateaux chaque année : des populaires, des sportives, ferraillant côte à côte, permettant ainsi à tout un chacun de s’amuser. Et les Tourisme auront même droit au départ type Le Mans, comme il se faisait sur le Grand Prix de Bressuire originel. C’est un sympathique plateau parce qu’il nous offre quelques grosses batailles dès lors que deux autos aux performances similaires se trouvent proches : c’est alors l’adresse du pilote qui fera la différence…

Mais dans ce plateau, il y en a deux que l’on ne peut pas ne pas évoquer. Ce sont deux 4CV qui valent le coup d’oeil : l’une est bleue, évocation de la Le Mans ; l’autre est bordeaux, de cette teinte si populaire à l’époque de la diffusion de la 4CV. Ils nous offrent chaque année parmi les plus beaux échanges de politesse : au jeu du “je-passe-tu-repasses”, ils excellent et n’ont aucune concurrence… et pour cause : c’est un couple qui nous offre ces moments d’anthologie. Merci donc à Céline et à Vincent, je crois que vous avez fait exploser l’applaudimètre !

Matra : Romorantain s’exportait au Grand Prix de Bressuire 2019

Comme de coutume, chaque édition se pare d’un plateau invité. Et pour cette 14ème édition, on était tout proche d’un plateau de youngtimers (diable comme je déteste ce terme) : faisant le choix d’évoquer une grande marque française, c’est Matra qui a eu les honneurs du Grand Prix cette année.

Et cela n’était pas pour nous déplaire, car si les 530 et autres (D)Jet rentraient tout pile dans le thème, les Bagheera et Murena présentaient les évolutions de la marque. Mention spéciale pour ces grands moments de rire : faites sortir un Rancho d’un virage “droite referme” et vous avez un savant mélange de centre gravité typé “montagnard” et de pneus avec diplôme option “cirage”… bref, allez faire un tour sur le site du Club Matra Passion, à l’origine de cette superbe escadrille !

Bressuire by night !

Je l’avoue, c’est mon moment préféré du Grand Prix de Bressuire 2019… la nuit commence à tomber (l’insupportable chaleur aussi), les lampadaires s’allument, les phares aussi… et toute la troupe s’élancent sur la piste désormais dans la pénombre. Alors entre les motos dont les phares rétroéclairent leurs stickers numérotés, les autos qui jouent avec la poussière pour créer des faisceaux photogéniques à souhait… c’est un pur bonheur. Bonheur qui aura cependant été terni par le départ de feu dont a été victime un des concurrents… Précision aussi, désolé par avance pour le grain sur ces images et leur faible qualité, mais shooter en pleine nuit, je suis pas encore trop habitué…

Coups de coeur du Grand Prix de Bressuire 2019

Ceci n’est pas une 2CV… eh bien si !

Vous le savez peut-être, surtout si vous prenez le temps de lire les biographies des auteurs qui oeuvrent au contenu de site, j’ai la chance et l’honneur de rouler en 2CV régulièrement. Alors quand je vois arriver ce bout de fuselage bleu, forcément, j’ai le pied droit qui commence à piaffer d’impatience…

Alors, oui, l’original a disparu il y a longtemps, mais n’est pas ce que l’on attend d’un Grand Prix historique que de faire renaître ce qui a disparu ? C’est le pari tenu par Patrice : après l’équivalent de 4 ans de travaux, il est venu présenter au public la réplique qu’il a construit de la mythique barquette Barbot.

Resituons le contexte : nous sommes dans les années 50 et un ingénieur se lève un matin en se décidant à engager une 2CV sur les plus grands événements de France, le projet de Pierre Barbotest né. Il prend une 2CV, raccourci le châssis, revoit les suspensions, retouche le moteur… et l’engage sur le Bol d’Or dès 1953 se payant même le toupet de remporter sa catégorie. C’est donc cette auto qui est ici évoquée sur la piste bressuiraise. Mais une petite anecdote se cache côté moteur. Pierre Barbot avait déjà “filouté” à l’époque en y plaçant un moteur à la cylindrée… réduite de 27 cm³ : en passant de 375 cm³ à “seulement” 348 cm³, il fait rentrer son auto dans la catégorie des “moins de 350”. Eh bien Patrice a fait pareil, mais à l’envers : afin de surprendre les autres équipages par de foudroyants accélérations (moi, partial ?), il y greffe un moteur de 2CV6, atteignant les 602 cm³ ! Profitons de ce retour en images pour saluer l’incroyable travail effectué sur le capot qui, rallongé et aplati, est l’une des pièces les plus complexes à concevoir !

VROUM, quand vot’ moteur fait VROUM…

J’emprunte cette citation au grand Georges Remi… mais si, le promoteur du verlan avant l’heure… non ? prenez les initiales et vous obtenez GR, verlanisez les et vous obtenez RG. “Je dirais même plus” compléterait Dupont (ou Dupond, c’est selon), lisez ces nouvelles initiales et vous obtenez Hergé. C’est donc dans “Tintin au Pays de l’Or Noir” que l’on peut lire Hergé parodier M. Charles Trenet… quel rapport me direz-vous ? Voyez plutôt…

Vintage Racing OUest Motorsport, ou VROUM… c’est l’histoire d’une association de passionnés qui a fait le pari risqué de lancer une exposition itinérante de photos produites par des amateurs comme mes collègues et moi-même. Le but est simple : faire se promener une exposition de photos, d’événements en événements, mettant en lumière à chaque fois un photographe en particulier. Et pour le Grand Prix de Bressuire 2019, c’est mon travail de l’an dernier qui a eu la primeur d’être affiché : une trentaine de tirages sur plexiglas en 30x45cm ont pris place derrière les tables du vin d’honneur. Merci donc à Christophe et ses acolytes pour leur soutien. Alors petit album spécial pour leurs équipages, avec un clin d’œil spécial à la Peugeot “Elmer”.

Ce sont donc avec ces photos des équipages du VROUM que je conclue mon reportage sur le Grand Prix de Bressuire 2019. Comme ce bénévole, félicitons les équipages et souhaitons leur de pouvoir revenir l’an prochain… de mon côté, je souhaite remercier et saluer avec la plus sincère ferveur le travail effectué par Jean Claude Fillon et son armée locale : sous l’ère de la disparition des Grands Prix en ville (Sizun en est le dernier en date), Bressuire reste vent debout et ne souffre que du comportement de certains pilotes du dimanche, jamais d’un quelconque amateurisme dans son organisation… bravo à tous !

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Thibaut
Auteur et Photographe à News d'Anciennes
Etudiant, copilote, collectionneur, Directeur de Course FFSA, président de l'AutoMoto Classic de l'Ouest... et rédacteur/photographe pour News d'Anciennes (depuis 2017) lorsque les évènements s'y prêtent. C'est au volant d'une 2CV6-PO de 1976 et d'une Peugeot 205 XS de 1990 que j'arpente les routes de France, au tous-les-jours comme en rallye ! Viendriez-vous avec moi découvrir ce que la passion de l'auto ancienne a de plus diversifié ?

2 commentaires sur “Grand Prix de Bressuire 2019 : une édition sauce Matra”

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