Gros Plateau à la Montée Historique de la Mothe Saint Héray

La passion des mécaniques anciennes, ça se conjugue à toutes les sauces (nous en reparlerons, c’est promis) : balades, collection, rallye, expos… mais aussi montée historique ! Plaçons le contexte : une Montée Historique est très souvent la renaissance d’une Course de Côte. Et celle qui nous intéresse ici ne fait pas exception. Retour sur un week-end de mécanique au milieu de la campagne deux-sévrienne à la Montée Historique de la Mothe Saint Héray.

(petit) Focus historique…

La Mothe Saint Héray, c’est avant tout une Course de Côte du temps où on comptait 3 ou 4 par département. La Mothe Saint Héray, c’était pas moins de 10.000 spectateurs en 1930, venus des 4 coins de la France pour ce parcours de 1.000m dont le sol n’était autre que la pierre calcaire concassée par une entreprise locale. Bref, les grands heures de l’auto et moto complètement libérées. En 2009, après plusieurs évolutions et mutations que je ne vous rapporterais pour ne pas devenir “lourdingue”, la Course de Côte devient un slalom avec chicanes.

Afin d’être le plus exhaustif possible et de rendre à César ce qui lui appartient (Avé lui), rapide coup d’œil sur ce qu’est l’ASA Augias et ce qui rend son cinquantenaire important pour le monde automobile dans le secteur… Crée en 1967 par quelques jeunes de la région férus de sport auto et de mythologie grecque, celle qui s’appelait alors Ecurie Augias (on aura compris la référence) va très vite devenir une Association Sportive Automobile (agréée par la FFSA donc) et disposer de sections dans tout le Poitou-Charentes (dont l’Ecurie Chambrille). Aujourd’hui, l’ASA Augias, c’est près de 300 licenciés et 6 évènements dans l’année : l’Autocross de Chambrille, le Rallye de la Guirlande, le Slalom des Ecruies d’Augias, les Rallye des 12 Travaux d’Hercule, le Rallye Dunes et Marais et donc la Montée Historique de la Mothe Saint Héray qui nous intéresse aujourd’hui.


La Montée Historique de la Mothe Saint Héray, autos et motos en harmonie

Une des principales forces de cette Montée Historique, c’est quelle est tout sauf sectaire. Pour cette année 2017 ce ne sont pas moins de 70 autos, motos et autres Objets Roulant Non Identifiés (on y reviendra) qui ont pris part à la fête ! C’est ce qui, à mon sens, fait l’intérêt de ce genre d’événements, c’est qu’il abat les barrières : non seulement entre public et pilotes, mais aussi entre les différents véhicules terrestres à moteurs, et enfin entre les grandes “ères” de l’automobile.

Peu de motos en termes de nombre, mais une jolie qualité de plateau : des Indian comme neuves, une Honda qui semble prête pour la compétition…

Historique oui, mais youngtimers aussi !

Et des autos de tous poils, on en a vu ce dimanche. Les plus représentées, je dois l’avouer, ont été les youngtimers. On ne vous l’apprendra surement pas, mais ces petites autos des années ont le vent en poupe et ce n’est rien de le dire !

Mais, et il faut le remarquer, la Montée Historique de la Mothe Saint Héray accueillait des youngtimers que l’on n’a pas forcément l’habitude de voir. On citera notamment les 2 versions de Fiat Cinquecento, la Mimix colorée et “mazdaspeedée” ou encore une Samba et une Autobianchi, autos assez peu courantes…

Quelques mentions spéciales…

Abarth 500 : petit(e) mais puissant(e)

Au registre des petites autos qui impressionnent, comment ne pas mettre en avant cette superbe 500 ? Refaite de fonds en combles par son actuel propriétaire, elle resplendit de milles feux. Seuls quelques soucis de carburation vont lui rendre la tâche difficile ce wee-end… mais n’est-il pas summum de la classe que d’arborer ces 6 lettres rouges sur le carter dépassant sous l’auto ? et toutes ces petites incrustations portant le signe astrologique qui règne sur le mois de novembre ? Bref, on adore…

Les reines du rallye

Les montées historiques, c’est l’occasion de voir les grandes stars faire leur come-back. Ces deux italiennes au sang chaud étaient là pour le prouver. Ainsi, cette Fiat 124 Abarth Rally dans sa livrée très course et cette Fulvia 1.3S Rallye ont-elles joué des vocalises et des mécaniques tout le dimanche. Là aussi, toute une histoire derrière ces autos puisqu’elles ont été l’objet des plus grandes attentions de leurs propriétaires, certains allant jusqu’à leur donner un surnom : dites bonjour à Carlita qui resplendissait dans sa robe rouge !


Les Simca Rallye au rendez-vous

On l’entend assez souvent dire, les événements automobiles sont des musées à ciel ouvert. On l’a vu juste au dessus, ils permettent aussi de remettre en lumière les gloires passées. La Montée Historique de la Mothe Saint Héray ne faisait pas exception. Les Simca 1000 (pas celle des Chevaliers du Fiel il va sans dire) n’en sont-elles pas un belle exemple. Ce trio était ici tout particulièrement intéressant parce que présentant 3 configurations complémentaires : une orange à l’allure quasi-civile, une verte en mode rallye et une jaune “slalomisée”.

Le bal des barquettes et autres monoplaces

Elles ont trusté les slaloms (et trustent encore pour certaines), les courses sur piste, les courses de côte… elles viennent faire vibrer les montées historiques et apportent avec elles l’histoire de petits constructeurs. On saluera notamment la barquette jaune : elle est l’oeuvre de constructeurs deux-sévriens, les frères Charetier.

Les mythes américains

Toujours dans le registre des mythes qui font rêver petits et grands, deux belles américaines étaient à la Montée Historique de la Mothe Saint Héray. Vraies ou non, je préfère ne pas revenir dessus car, dans l’idée, là n’est pas la question. On saluera la splendeur de la GT40 et la superbe histoire du pilote-propriétaire de la Cobra : on l’a vu, après un très grave accident au volant d’une Berlinette qui aurait pu lui être fatal, reprendre tout de même le volant rapidement, adapter ses nouvelles et revenir rouler des mécaniques sur les évènements de la région.

Comme un air de Coupe Gordini

Les plus anciens y penseront avec nostalgie, les plus jeunes y verront une passion exacerbée qu’on ne retrouve plus aujourd’hui sur aucune épreuve (ou presque) : la fameuse Coupe Gordini qui a vu naître quelques très grands champions. C’est à grandes envolées de pare-choc et de coups de portières que les duels se réglaient lorsque le coup de volant ou la botte de plomb au pied droit ne suffisaient pas… avec son plateau de Gordini, nuls doutes que la Montée Historique l’aura rappelée à certains, cette fameuse Coupe…

Ian WILSON et son Austin de 1931

Le Circuit des Remparts a eu son Derek Bell à l’attelage plus qu’impressionnant sur nos “françaises routes“, et bien la Montée Historique de la Mothe Saint Héray a son Ian WILSON. En plus d’être Irlandais et sympa (pléonasme diront certains), il est venu faire profiter les visiteurs de sa superbe Austin Seven Sports de… 1931. Cette auto, non seulement elle est la plus ancienne du plateau, est aussi et surtout celle qui a probablement attiré le plus de regards ! Dans sa livrée aluminium, elle joue avec les reflets autant qu’avec les chicanes, et ça, on aime.

Une chose est sûre, c’est à une pléïade de détails que l’on reconnaît les pilotes anglo-saxons. Et l’auto de Ian n’en manque pas. Je vous laisse apprécier le (faux) bras dépassant du carén… de la carlin… enfin de la carrosserie quoi puisqu’on en viendrait à ne plus savoir si l’Austin est une moto, un avion ou que sais-je !


Le Lomax et les cyclekarts

Cette catégorie de la Montée Historique de la Mothe Saint Héray, je vous l’affirme est celle des ORNI. En premier lieu, ce Lomax. D’aucun, tendant l’oreille, se sera demandé ce qu’une Deuche venait faire ici. Quelle n’est donc pas la surprise du néophyte qui voit arriver ce missile rouge ! Les speakers n’auront de cesse de le répéter avec la même admiration : ce bolide, que dis-je, ce missile, est propulsé par un moteur rageur de pas moins de… 602cm3 ! Vous avez bien lu, ce moteur est celui d’une brave 2CV6 et ceux qui auront lu ma signature saurons à quel point ce paragraphe me remplit de fierté…

Mais le spectateur attentif n’en a pas finit avec les surprises, croyez-moi. On croyait avoir atteint les plus petites cylindrées avec le Lomax, mais il n’en est rien. Car arrivent les cyclekarts.

Le principe est très simple : un châssis, 4 roues, un volant et un moteur-transmission de tondeuse à gazon. Un “jouet d’enfant réservé aux adultes” entendra-t-on… réservé aux enfants ? Loin s’en faut, c’est du haut de ses 13 ans que le plus jeune pilote de cyclekart s’élancera de la ligne de départ. Et nous ne serions pas complets si nous ne précisions pas que chacun des cyclekart est une vraie réalisation manuelle, un modèle unique produit par son pilote-propriétaire. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à aller faire un tour sur son site.

309 oui, mais sacrément méchante

La 309… c’est une histoire française à elle toute seule : tour à tour berline familiale puis sportive, elle est restée moderne bien des années après sa production. Côté sportivité, les modèles ne manquent pas. Ici, c’est une 16s qui venait faire la belle. Et pourtant, ce n’est pas son seul atout. Non seulement le proprio, un véritable crack en matière informatique qui joue aussi les moddeurs pour jeux vidéos notamment (intégrant des autos voire des circuits complets dans des jeux PC), l’a branché de partout pour avoir en un coup d’oeil toutes les infos utiles (un dashboard artisanal diront les plus fins connaisseurs d’entre nous) mais l’auto est en plus kitée Ruggeri. Bref une auto pas commune, avec une histoire pas commune, dans une superbe livrée !

Enfin, comme 1000 images valent mieux que 10 mots, et parce que la mécanique c’est bien, mais avec le son, voici une vidéo des départs :

 



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Thibaut
Auteur et Photographe à News d'Anciennes

Etudiant, copilote, collectionneur, président de l’AutoMoto Classic de l’Ouest… et rédacteur/photographe pour News d’Anciennes (depuis 2017) lorsque les évènements s’y prêtent. C’est au volant d’une 2CV6-PO de 1976 que j’arpente les routes de France, au tous-les-jours comme en rallye !


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