La Talbot Samba Rallye, du sport pour se réchauffer

Matinée glaciale de Décembre, la route est grasse, la visibilité est mauvaise. Heureusement on a sous la main une Talbot Samba Rallye rouge pour se réchauffer. Une petite sportive qui ne laisse pas paraître grand chose mais qui va savoir se montrer intéressante.

L’histoire de la Talbot Samba Rallye

La Talbot Samba est la dernière tentative de relancer la marque. Apparue suite au rachat de Simca à Chrysler, elle n’a pas trouvé son public. La Samba sort en 1981, basée sur la mécanique du duo Peugeot 104 / Citroën LNA. Eon empattement est 11 cm plus grand mais le moteur reste un X.

Dès 1982 une version Rallye limitée à 200 exemplaires est proposée pour accompagner une homologation en Groupe B. Les autos sont toutes blanches et il faut adhérer au club Peugeot Talbot Sport et participer à la coupe mono-modèle pour en avoir une. A partir de 1983 elle intègre le catalogue courant. Le châssis à 4 roues indépendantes n’est pas modifié.

Par contre elle embarque un inédit moteur X. Avec ses 1219 cm³, il est emprunté à la 104 SR. Par contre, pour la sportivité, on lui greffe la culasse de la ZS2 avec ses carbus. Il développe alors 90 ch. Au niveau des couleurs, cela se limite au blanc et au rouge. Une seconde version avec 80 ch sera proposée, elle embarque alors le moteur de la 104 ZS avec le 1360 cm³.
La Samba Rallye restera au catalogue jusqu’en 1985.

On détaille “notre” Samba Rallye

La ligne, so 80s

La Talbot Samba Rallye n’est pas (encore) une auto à mettre sur les podiums de concours d’élégance. L’auto est bien dans l’air des années 80. Un bi-corps compact de 3.5m de long, 1.5 de large et 1.36m de haut. Une compacte, dans la ligne des 104 et LN.

Sur la Samba Rallye, quelques touches de sport viennent se rajouter et renforcer le look. En l’occurrence des stickers sur les flancs et un extracteur sur le capot. Celle de François que nous avons dans les mains pousse les détails encore plus loin. Les jantes tôles sont remplacées par des jantes à déport issues des sœurs Visa et une rampe de phares Oscar +. En fait c’est la configuration avec laquelle l’auto est présentée au salon de Paris 1983.

Seule entorse au look sportif, un toit vitré, ajouté dans les années 80…

La technique, de la prépa pour en faire une bête de rallye

Côté moteur, on est en présence du 1219 cm³, le fameux moteur X et ses 80 ch. Il est gavé par une rampe de deux carbus double-corps Weber. Ce moteur est littéralement couché. C’est bien un moteur en ligne mais on est pas loin de l’installation à plat.

Côté châssis, François a préparé la voiture pour l’améliorer. Aller vite, c’est bien, freiner aussi. Du coup c’est un freinage Groupe N qui assure le boulot. Pour améliorer la rigidité, une barre anti-rapprochement est greffée à l’avant, une autre à l’arrière. En plus on trouve un arceau PTS qui a la bonne idée de laisser les places arrière accessibles.

L’intérieur, encore pour le sport

Dans la voiture, on voit vite cet arceau, et heureusement que François y a mis de la mousse sinon il commençait par me faire une bosse ! Les sièges d’origine un peu passés ont été remplacés par des baquets, mais le maintien y gagne certainement. Le volant, trop petit, a été remplacé par un Turini au nom plus qu’évocateur. Le pommeau est un momo en alu “plus lourd pour faire 2-3 à la volée”.

Dernier détail, un Tripmaster est prêt pour les rallyes carto.

Au volant de la Talbot Samba Rallye

Démarrage, il faut vite se mettre dans l’ambiance

Une fois installé dans la voiture, j’y suis bien. Première fois que j’ai besoin de reculer le siège ! La voiture démarre vite et c’est parti. François me préviens que l’embrayage est réglé bas, et en effet, le point de patinage est dur à trouver. A peine remonte-t-on la pédale qu’on embraye déjà.

La voiture s’élance et on passe machinalement la troisième. Mais au moment d’accélérer… pas grand chose. “Elle a rien dans le sac, je te préviens va falloir s’adapter”. En effet, un coup de 2, un appui sur l’accélérateur et une fois passé les 3000 tr/min et là on trouve le caractère du moteur. La poussée est correcte, on sent la petite puissance, et le poids réduit aide à faire détaler la voiture. Et c’est la même chose sur tous les rapports. L’auto n’a pas de couple ! 102 Nm, on ne joue pas dans la souplesse, en effet.
La boîte est un peu floue mais ça me rappelle ma 1100 et ça n’a rien de très handicapant.

Haussons le ton

Dans Talbot Samba Rallye, il y a Rallye. Tout un programme ! L’auto a donc des velléités sportives et le caractère de ce moteur le confirme déjà.
Pas difficile du coup de se dire qu’il faut pousser les rapports. Au lieu de passer les rapports vers 4500, on les passe vers 5-6000 et effectivement ça pousse. Et puis ça fait du bruit, la ligne n’est pas d’origine et elle se fait entendre.

La voiture accélère bien, mais une fois arrivée à une vitesse élevée… on se rend compte qu’on ne fera pas des bornes et des bornes comme ça. L’arceau laisse de la place pour des voyageurs, mais il faut leur dire avant.
En plus, vu qu’on est dans les tours, le bruit à vitesse de croisière est trop présent pour que la notion de confort ne soit seulement abordée.

Les virages, c’est ça qu’elle aime

Un enchaînement de virages approche et c’est là que la Talbot Samba Rallye va s’exprimer. Pas de couple pour sortir, on joue du levier. Le maniement de ce moteur demande en effet de s’adapter. Oubliez l’idée de passer en 5e, comme avec la Lancia Thema, sur les mêmes routes. Là il faut mettre la 4e, voire la 3e pour s’en sortir avec les honneurs. La voiture vire bien, elle ne bouge pas trop et la rigidité ajoutée est sensible. Le petit empattement, de 2.34m aide à l’agilité.

Au niveau du freinage, on ne se fera pas peur, l’auto demande peu de temps d’adaptation, elle freine bien, et encore une fois le poids contenu l’aide bien.
Au final on s’amuse bien dans la Samba Rallye. Une fois le mode d’emploi assimilé, les virages se prennent bien, on attaque un peu et on sent la sportivité. On s’amuse, on s’en met dans les oreilles et les routes de l’aube ne sont pas tant un problème. De quoi se réchauffer en hiver !

Conclusion

La Talbot Samba Rallye est une bonne petite sportive. Certes, si on la compare a la Peugeot 205 GTI, presque contemporaine, elle est moins efficace. Les vitesses de passage sont peu ou prou les mêmes mais dans les lignes droites, la différence de puissance et de caractère moteur donne l’avantage à la lionne.

Mais la Samba Rallye est plus marrante ! On s’amuse à son volant. Des sensations réelles, une voiture que l’on pilote presque plus qu’on ne la conduit. Bref une auto qu’on ne recommande pas à tout le monde, plus radicale qu’elle n’y paraît et sportive à souhait !

Conduire une Talbot Samba Rallye

Une Samba Rallye n’est pas forcément simple à trouver. Il n’y en a pas eu beaucoup déjà, et en plus beaucoup ont été plus ou moins massacrée. Et je ne parle pas que de leur passé en rallye !

Aujourd’hui, rouler en Talbot Samba Rallye vous demandera de débourser entre 6000 et 8000 €. Mais comparée au prix des autres autos de ce calibre, ce n’est rien !

Image
Entretien
Facilité de conduite
Facilité de prise en main
Plaisir de conduite
Les Plus Les Moins
Une auto à sensation Un couple absent qui handicape au quotidien
Une sportive qui n’en a pas trop l’air Une image moindre que ses concurrentes
Une auto abordable
Note Totale
Benjamin on Email
Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes

Passionné d’automobile ancienne, il a créé News d’Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.

Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu’elles sont un peu plus rapides !


17 commentaires sur “La Talbot Samba Rallye, du sport pour se réchauffer”

  1. …j’en ai eu deux !!!
    Ma première une rouge, que j’ai eu en tant que jeune conducteur et que j’ai envoyé, au bout de trois mois dans le fossé en tonneau, alors que je me prenais pour le champion du monde des rallyes (sic) … depuis je suis revenu à la réalité, et ma deuxième qui était blanche, et que j’ai gardé de longue années. Je l’avais équipé de quelques éléments de préparations, que l’on pouvait à l’époque ce procurer sur le catalogue PTS, l’auto avait été transfiguré et était d’une redoutable efficacité.

    Je trouve que vous avez parfaitement cerné l’auto, vous relater parfaitement sont principale défaut : Un couple absent qui handicape au quotidien, mais aussi lorsque les pentes se font trop raide, ce qui nécessite de constamment jouer avec la boite de vitesse, et j’ajouterais aussi un tableau de bord réduit à sa plus simple expression … un peu plus de folie aurait été bienvenue, un peu comme sur les productions Italiennes de l’époque.

    … pour le reste c’est une auto très attachante, la vue de la petite prise d’air sur le capot quand ont conduit, la vue des deux carburateurs Weber quand on ouvre le capot moteur, le moteur qui prends près de 7000 tr/min et un caractère sympathique, font que je me suis beaucoup amusé au volant de ce petit bolide, avec en plus un échappement retravaillé, on s’y croit vraiment .

    1. J’en ai eu 2 moi aussi !: Une blanche de 1983 à 90 HP (avec jantes nid d’abeilles BWA, montées en 185/60×13), que j’ai enroulée autour d’un platane derrière un virage mouillé, suite tête-à-queue après freinage d’urgence (on m’avait coupé la route…): J’ai failli y laisser ma peau. Elle m’a laissé de grands souvenirs “dans les tours” sur les petites routes d’Ardèche ! Et il fallait connaître des spécialistes pour régler ses carbus…
      Et plus tard, une rouge de 1985 à 80 HP, avec la même efficacité, mais sans le plaisir des 6700 tr/min de la 90 HP ! C’est l’embrayage qui a eu raison de son âme…

      1. P.S.: J’y avais remplacé le silencieux d’échappement par un Devil double sortie: Gueule et son magnifiques ! Inusable, mais bruit assourdissant dans l’habitacle, en fin de carrière…

  2. … ont peu aussi notez pour les puristes, que cette samba n’a pas ses jantes d’origines en tôle, et quelle ont été avantageusement remplacé par les Jantes Amil de 6 pouces … si mes souvenirs sont bon ^^^^^^.
    J’avais également fait cette modification sur ma samba. L’avantage c’est que les pneus avait une bande de roulement d’une largeur de 185, ce qui offrait donc une meilleur tenue de route, mais surtout cela conférait une vrai “gueule” à la petite Samba.

    1. Les puristes ne nous aiment pas. Entre la Golf et ses gros pneus, la 203 rouge custom et la Samba, le 100% origine a pris un coup !
      Le principal est que ça plaise au premier concerné : le propriétaire !

  3. Bonjour, je suis à la recherche de silentblocs de barre stabilisatrice diamètre 23 mm , pouvez vous m’indiquer ou je peux en trouver.
    Merci.
    Cordialement

  4. Excellent reportage !
    Une auto très attachante que vous avez parfaitement décrite.
    Dommage que cette petite « nerveuse » ne soit pas plus souvent représentée dans les différentes revues sur les Youngtimers.
    Quant aux modifications apportées à l’auto de l’article, elles sont réversibles si on possède les pièces d’origine, alors pas de quoi s’offusquer.
    Hélas une auto devenue très rare en parfait état d’origine.

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