Match BMW 328 cia E46 vs Mercedes CLK 320 : futures collectors ?

Aujourd’hui je vous propose un duel typique de la fin des années 90 entre deux coupés teutons. Certains vont crier au scandale : ces autos n’ont aucun intérêt historique ! Trop récentes pour figurer ici, etc. Ce à quoi je réponds, passez votre tour, car en effet ces deux belles ont déjà 20 ans et sont loin d’être dépourvus de qualités et d’intérêt. De plus, si comme moi vous êtes nés à l’aube des années 90, ce sont les autos de cette époque qui auront surement marqué votre jeunesse. Et dieu seul sait que la fin des 90’ fut croustillante en terme de production automobile, alors c’est parti.

Salon Automédon 2018

Les années 90, un vent nouveau souffle dans le monde de l’automobile

Pourquoi boude-t-on les années 90 ? Je dois bien admettre que les autos des années 80 n’ont pas eu beaucoup de mal à se faire une place dans le monde de la collection. Faut dire que les médias se sont bien chargés de rendre ces autos de nouveau attractives. Cela-dit, il semblerait qu’il en soit autrement pour la décennie suivante. Pour une paire de fanatiques, j’ai même l’impression que l’histoire de l’automobile s’est arrêtée avec les GTI et autres Youngtimers (qui ne le sont plus vraiment) à la fin des années 80. Comme si les constructeurs n’avaient plus été en mesure de produire des voitures sympas, intéressantes et marquantes à partir de 1990. Pourtant à mon humble avis si les 80’ étaient l’apéro, les 90’ furent le plat de résistance. Je m’explique tout de suite.

Les années 90 ont vu renaître un segment complètement mort depuis les années 70 : celui de la voiture plaisir inutile. Mazda MX5, BMW Z3, Mercedes SLK, Audi TT, Porsche Boxster, Peugeot 306 cab, Lotus Elise, Fiat Barcheta, voir à l’extrême une Viper comme celle que j’ai essayée, et j’en passe. Des autos toutes plus sympa les unes que les autres et, qui contrairement à leurs aïeules étaient viables au quotidien. Les bombinettes ont aussi prospéré durant les années 90, sans compter sur l’essor du segment novateur qu’étaient les monospaces. Et je ne parle même pas de l’arrivée massive des supercars ou encore des spectaculaires GT1. Bref un véritable vent de fraîcheur et pour tous les goûts sur un marché automobile qui malgré quelques GTI et grosses cylindrées était quand même devenu assez ennuyeux à la fin des années 80.

Les années 90 c’est aussi l’arrivée du multiplexage et de grosses innovations techniques. C’est à la fois un mal mais aussi un bien, je m’explique encore. On me sort souvent que l’électronique embarquée, les assistances, les systèmes de levée variable des soupapes et toutes ces choses apparues dans la dernière décennie du XXeme ont lissé le caractère des autos en plus de les rendre peu fiables. D’un côté il n’est pas faux que toute cette armada de capteurs peut parfois se montrer capricieuse, mais à la vue du nombre d’autos de ces années encore en circulation aujourd’hui, il ne faut pas abuser, si elles n’étaient pas fiables il n’y en aurait plus.

Quant aux avancées techniques elles se sont vraiment inscrites dans une volonté d’améliorer l’agrément de conduite avec de meilleurs rendements, des mécaniques moins creuses, de plus faibles consommations et surtout des châssis vraiment efficaces. Les années 90 c’est aussi l’arrivée en masse de nombreuses aides à la conduite, des airbags et autres systèmes qui ont lourdement contribué la sécurité à bord. Alors oui le frisson a été quelque peu lissé, mais je défie quiconque de me dire qu’il ne prendrait pas son pied derrière le volant d’une MX5, ou qu’il ne serait pas bluffé par la polyvalence du 911 type 996.

Bref, je pourrais épiloguer encore longtemps sur cette décennie qui m’a donné l’amour de l’automobile mais on a un match à effectuer.  Alors c’est parti !

Match : BMW 328 e46 vs Mercedes CLK 320

Duel esthétique : des hauts et des bas

Laquelle est la plus belle ? Certains préférerons le coté trapu et classique de la Mercedes d’autres la ligne plus fine et travaillée de la BMW. Dans les deux cas nous sommes en présence de deux beaux coupés aux dimensions généreuses subtilement masquées par des lignes savamment dessinées. Comptez 4m57 de long par 1m72 de large et 1m34 de hauteur pour l’étoile. Chez l’hélice il faudra composer avec 4m49 de  long pour 1m76 de large et 1m37 de hauteur.

Deux beaux profils

Pour ce duel je vais quand même essayer de mouiller ma chemise, j’attaque de profil. Le choix est difficile. La Mercedes offre un profil très ramassé. Massive de l’arrière avec une ligne plongeante sur le train avant, l’étoile de Stuttgart offre un latéral vraiment dynamique et épuré. Le tout complété par une faible surface vitrée, de profil il n’y a pas à dire ce CLK a plutôt bien encaissé les années. De ce point de vue notre e46 semble beaucoup plus conventionnelle, avec sa large surface vitrée et son profil très équilibré tout droit issu de la tradition des berlines 2 portes chères à l’hélice. Le temps a lui aussi eu peu d’emprise sur le coup de crayon d’Erik Goplen.


De face sacré coup de vieux chez Mercedes

Passons à l’avant. Dans les deux cas c’est une révolution stylistique. Particulièrement chez Mercedes avec l’abandon des phares rectangulaires, et l’arrivée d’une calandre moulée dans le capot. Malheureusement, c’est là que le bat blesse et que notre CLK 320 prend un sérieux coup de vieux. Personnellement je ne suis pas fan j’ai l’impression que Mercedes a tenté de coller une face de classe E sur un coupé sans vraiment se soucier d’harmoniser la ligne avec le reste de l’auto. A cela il faut rajouter le mauvais vieillissement des plastiques de phares et on obtient une auto qui semble vraiment passée lorsqu’elle apparaît dans nos rétroviseurs.

Du coté de Munich il en est tout autrement. Là aussi, notre série 3 marque le coup avec une face avant en rupture avec les précédentes constructions bavaroises. Cela dit, le passage de la e36 au e46 fut moins brutale que celui e30-e36. J’irais même jusqu’à lui trouver un brin de nostalgie avec un savant rappel de la mythique face avant à 4 phares ronds. Bref ! De face notre e46 semble beaucoup plus fine, musclée, travaillée et bien plus moderne. Ici, il n’y a guère que les clignotants oranges pour nous rappeler les 20 ans de l’auto tant l’ensemble a bien encaissé les années.

Face arrière deux dessins efficaces

Parlons cul, et bien cette fois le duel tourne à l’avantage de l’étoile. L’arrière du CLK est moins grossier, plus élancé et les feux sont bien mieux proportionnés que sur la série 3. Mercedes semble avoir fourni un beau travail sur la poupe de son coupé, tandis que BMW, semble s’être contenté de reprendre le dessin de la berline. Au final de dos, notre e46 accuse davantage le poids des années surtout avec ses clignotants oranges et ses vitres d’antibrouillard ternies. Cela dit la face arrière du coupé e46 s’intègre et complète plutôt bien au reste de l’auto. Alors, pour moi ce ne sera pas aussi rédhibitoire que la face avant du CLK.

1er Set : Victoire BMW 328 cia

En conclusion de ce premier set, le point revient à la firme munichoise. Le coupé BMW offre une ligne classique mais efficace sur laquelle le temps aura peu d’emprise. Si la Mercedes échoue en cette première partie c’est surtout à cause de sa face avant vraiment vieillotte et maladroitement intégrée. Car pour le reste je dois admettre que ce CLK est assez désirable.

Duel intérieur : Du high level !

Mercedes CLK 320 : Flirt avec le sans fautes

Intéressons-nous d’abord à notre Mercedes. Je n’aurais pas grand chose à reprocher sur l’habitacle de notre coupé étoilé. En fait hormis certains détails, comme les plastiques peints typiques de 90 et qui vieillissent affreusement mal, j’ai l’impression que l’auto sort du showroom. Les ajustements sont au cordeau, les matériaux superbes, plastiques généreusement moussés, moquettes épaisses, bois précieux, pointes de métal poli etc. Mention spéciale pour la sellerie qui ne montre aucune trace d’usure, malgré un peu plus de 200.000 km au compteur. Il n’y a pas à dire cet intérieur est, d’un point de vue qualitatif et vieillissement presque irréprochable.

A bord l’atmosphère est à la fois lumineuse et cocoon. Cela est surement dû à la couleur gris clair de l’habitacle. Une fois installé dans les excellents sièges électriques, la position de conduite est bonne, et je me vois bien y rester pendant plusieurs heures, histoire de faire défiler quelques centaines de kilomètres. Coté ergonomie c’est du tout bon, toutes les commandes tombent là où on les attend. Il faut juste faire attention au frein à main qui, Mercedes oblige, est géré par une pédale. En revanche si l’ensemble est de très haut niveau,  le dessin du mobilier intérieur est un peu vieillot, tout en rondeurs avec des boutons assez grossiers et je ne parle pas du compteur tout droit sorti d’une 190.

BMW 328 cia : Le top de chez Munich mais…

Notre BMW n’est pas en reste niveau qualité. Après le fiasco de la série 3 e36 et son intérieur digne d’une Ferrari, je dois avouer qu’ils ont mis le paquet sur la e46. Ici tout est bien assemblé, et la qualité perçue a réellement fait un bond en avant. Ajustements millimétriques, plastiques de belle facture et boiseries sont au menu. Cela dit certains matériaux restent fragiles à l’image des plaquages en bois ou encore de tous les plastiques peints qui souffrent du temps. Coté sellerie la encore l’hélice se fait toiser par sa concurrente. Les cuirs BMW sont relativement fragiles et s’usent assez vites. Il faut aussi rajouter les problèmes de ciels de toit qui se décollent sur certains modèles ou encore le repose pied fragile comme du cristal. Bref à l’intérieur, c’est beau, c’est bien foutu, mais ça vieillit moins bien que sur notre Mercedes.

Coté ambiance on se sent bien dans le coupé bavarois. La position de conduite frôle la perfection, la planche de bord orientée vers le conducteur offre une excellente ergonomie. Il ne reste plus qu’à passer l’ignoble pommeau de vitesse sur D, et se laisser transporter. D’autant que l’habitacle est très lumineux et feutré, offre une bonne habitabilité à ses occupants. Cela dit les sièges conforts bien que très confortables n’offrent pas de maintien et, sont pour moi, un cran en dessous de ceux de la Mercedes. En revanche alors que vous commencez à vous dire que je suis en train de massacrer la BMW, il n’y a pas photo l’habitacle de notre e46 est beaucoup plus aguicheur. Surtout dans cette configuration mêlant noir et vanille.

2eme set : Victoire Mercedes CLK 320

En conclusion de ce second set. Difficile de départager nos coupés. Dans les deux cas, la finition, le confort et l’ergonomie sont de haut niveau. De plus, nos autos jouissent d’un équipement semblable et très complet, sièges chauffants électriques, climatisation, régulateur de vitesse, airbags, et j’en passe. Mais je dois faire un choix ! Alors, malgré une esthétique plus sympa à Munich, le point revient à Stuttgart grâce à un habitacle d’une qualité supérieure.

Balle de match sur la route !

BMW 328cia : Excellente GT

Premiers tours de roues : main de fer dans un gant de velours

Cette fois je commence par la BMW. Mise à feu, levier sur D et c’est parti. Tout de suite ce qui me frappe c’est le silence de fonctionnement de l’auto. BMW avait vraiment fait de gros efforts sur l’insonorisation de sa série 3. C’est d’autant plus vrai lorsque l’on roule à 130 sur autoroute calé à 2500 trs/min, pas un sifflement, et aucun bruit ne vient perturber la sérénité à bord. A cela il faut ajouter la boîte automatique et je me rends vite compte que cette e46 se rapproche plus d’une GT relax que de la petite sportive. J’entends déjà les ayatollahs hurler au scandale : «Une boîte auto sur une BMW 6 cylindres, quelle erreur !».  En fait pas tant que ça, je trouve même que celle-ci convient plutôt bien à la philosophie de notre 2.8. Il ne faut pas oublier que ce gros coupé est plus destiné à filer sur les grands axes, qu’à taper du col Alpin en crabe.

En parlant de grands axes, alors que j’emprunte la nationale en direction des lacs de la foret d’orient, je ne trouve rien à reprocher à notre coupé. Sur cette route large et régulière le 328 s’avère être aux petits oignons pour ses passagers. Ferme mais confortable, très stable, sécurisante et silencieuse. J’avoue commencer à trouver un certain plaisir à voir filer les bandes blanches au régulateur sous l’excellent Lady de Modjo. D’autant plus que ce calme permet de profiter de la bonne sono d’origine et de ses passagers.

Et le 2.8L dans tout ça ? Gorgé de couple à bas régime (grâce au double vanos) ultra linéaire et un chouia rageur.  Epaulé par une boîte très douce il emmène notre coupé avec fermeté et souplesse, sans ne jamais se montrer en difficulté. Les 280nm se chargent de reprendre en toutes circonstances et les 193ch de nous faire perdre notre permis. C’est bien l’un des plus gros défauts ou l’une de ses plus grandes qualités de notre allemande, tout dépend de votre camp. Mais on ne sent pas grand-chose derrière le volant de notre béhème. A aucun moment on se retrouve scotché dans notre siège, et ce n’est pas la sonorité caverneuse et étouffée du 6 en ligne qui nous rappelle que l’on roule déjà trop vite. Attention aux sensations, car avec un 0-100 en 7.5s et 33s pour atteindre les 200, notre 328 boîte auto offre des performances tout à fait intéressantes pour son époque. On aime ou on déteste, personnellement j’apprécie ce côté force tranquille.

A vive allure : Très polyvalente mais castrée par la boîte

C’est sur un air de Gabriel Faure que je poursuite notre virée sur les petites routes auboises. Et le comportement ? Excellent ! Le feeling de la direction est tout ce que j’aime, ferme et précis. Le train avant répond du tac au tac, l’arrière se place sans broncher. A l’assaut de ces petites routes notre BM se montre comme sur des rails, très équilibré avec une légère note de sous virage préventif. Pour la mettre en défaut il faut vraiment y aller comme un mort sur de petits enchaînements et déconnecter l’antipatinage. Même dans ces conditions notre e46 ne décroche pas sans raisons et prévient largement avant le drame. Le 6 en ligne est quant à lui de haut niveau en offrant de très belles relances, dans une sonorité à la fois discrète et virile. Cela dit, tout n’est pas rose, cet excellent comportement implique quelques concessions.  Sur les grands axes le confort se montre royal, mais ici je dois admettre que le châssis est ferme, presque tape cul. Je constate aussi qu’en bonne BMW notre 328 bien que très stable, a la fâcheuse tendance à suivre les défauts de la route. Coté freinage, celui-ci se montre puissant et réactif, mais offre l’endurance d’un cavalier… king charles.

Histoire de noircir le tableau je vais aussi parler de la boîte. Douce à souhait et très agréable en phase de cruising elle se montre assez calamiteuse lorsque l’on attaque en position D. Des lors que la conduite devient sportive il faut repasser en mode manuel. Et là, c’est la commande qui vient gâcher la fiesta ! Pousser vers l’avant pour monter un rapport, tirer pour rétrograder voilà qui est débile et peu intuitif. Les conducteurs de Porsche savent de quoi je parle.
C’est dommage car elle n’est pas si lente que ça et répond correctement lorsque l’on joue avec les rapports. Si vous voulez rester sur D alors, parfois la boîte «débrayera» toute seule ou sera incapable de s’adapter à votre conduite. A cela il faut ajouter la longueur des rapports et on se rend vite compte de deux choses. Primo, BMW ne sait pas faire de boîtes de vitesses, secondo le 328cia n’a rien d’une sportive. D’autant qu’avec des sièges plus proches du fauteuil de mémé que du baquet, on a tendance à voler dans tous les sens à travers le vaste habitacle.


Mercedes CLK 320 : Le confort avant tout

Premiers tours de roues, confort et douceur avec une pointe de muscle

C’est parti, au volant de la Merco. La procédure de démarrage est la même que pour le 328, sauf pour le frein à main ou cela se passe au pied. Premier constat, le V6 Mercedes est bien présent ! Le CLK est en effet, un peu moins bien insonorisé que la BMW. Enfin rien de bien dramatique on est loin d’une Dodge Viper, et la sonorité du V6 est fort agréable. Premiers tours de volant et je constate d’office qu’à Stuttgart on a favorisé la souplesse et la douceur. La BMW n’était pas très sportive mais je ne sais même pas s’il y aura du sport avec la Mercedes. Pourtant, avec 310nm de couple et 218ch ce serait dommage, même si au regard des performances, 7.8s au 0-100 34s pour décrocher la timbale des 200 l’étoile est légèrement en retrait.

Sur les grandes nationales, je n’ai pas grand-chose à redire non plus. Le CLK survole la route, le e46 le faisait très bien aussi, mais, chez Mercedes c’est diffèrent. L’auto est stable mais il n’y a pas cette sensation de tenue comme je pouvais retrouver sur la BMW. A bord, confortablement installé je suis vraiment coupé de la route peut être même un peu trop à mon gout. En fait, j’ai l’impression de rouler sur une ganache. Je ne sais pas trop ou sont les roues et le toucher de la direction est un peu flasque. Enfin, je fini par m’y habituer, et même si le V6 ronronne plus fort que le 6 en ligne j’admets que l’étoile est plus confortable et tout aussi plaisante sur grands axes que la bavaroise.

D’ailleurs le V6 ? A l’opposé du 6 en ligne ! Le 6 pattes  BMW c’est un peu le filet de saint pierre tandis que le V6 de Stuttgart se rapproche plus du pavé de rumsteck. Très coupleux dès le départ, moins linéaire et moins rageur que le 2.8. Le V6 ne fait pas dans la dentelle, assomme direct, mais n’apprécie pas plus que ça de prendre des tours. Cela dit alors que l’on ne ressent rien dans la 328, le CLK320 a plus tendance à nous prendre aux tripes, et procure une sensation de poussée en accord avec son rang. Et puis il y a la bande son un gros cran au-dessus de celle du 6 en ligne. En plus de tirer sans encombre les 1.5 tonnes de notre coupé, il émet une sonorité caverneuse et graveleuse comme je les aime. D’ailleurs, rien que pour le plaisir auditif, je finis par plus m’amuser à jouer du kick sur le CLK que sur le 328.

A vive allure : Toujours confortable, mais n’aime pas être bousculée

En revanche le tableau ne tarde pas à se noircir en sortant des grands axes. Le manque de rigueur du châssis est certes un atout confort, mais une fois sur les petites routes départementales notre CLK peine. Là où notre e46 avait tendance à devenir tape cul, la Mercedes reste impériale, je ne sens pas les aspérités de la route. En revanche le manque de dynamisme est flagrant. Le toucher caoutchouteux de la direction n’invite pas franchement à monter le rythme et de toute manière, à chaque virage c’est la sanction. Le gros coupé étoilé se vautre sur ses appuis, et se montre aussi précis que la cuisine d’un étudiant. Le train avant sous vire, l’arrière est loin d’être rivé, et puis cette direction molasse qui ne revoit aucune sensations, quel dommage. Le freinage est quant à lui est suffisant sans être exceptionnel.

Ce manque de rigueur est vraiment navrant, d’autant que le moteur se montre vigoureux et agréable. Et qu’en plus il est épaulé par une bonne boîte automatique. Celle-ci, à défaut d’être plus rapide que celle de notre 328 se montre plus douce, plus intelligente lorsque le rythme augmente et surtout : bien mieux étagée ! Mercedes reste un spécialiste de la boîte automatique et je le constate immédiatement au volant de notre CLK. Alors que la BMW se retrouvait soit en roue libre, soit au rupteur ou à 1500 tours, notre CLK se trouve toujours dans une bonne plage. En revanche une fois le mode «manuel» activé son fonctionnement fait office de douche froide. Car dans le genre stupide et peu intuitif, le fait de devoir agiter le levier de gauche à droite pour monter et descendre les rapports, se pose là !

3eme set : BMW 328 cia

Conclusion, nos deux coupés se montrent très plaisants à trains de sénateurs, en revanche des que le train s’accélère, on constate immédiatement qu’elles ne sont pas faites pour le sport. La faute à un sacré embonpoint et aux boîtes automatiques qui ne donnent pas vraiment de satisfaction dans ces conditions. Cela dit la balle de match revient haut la main à la munichoise de par sa plus grande polyvalence. La Mercedes s’avère être une machine à enchaîner les kilomètres sans fatigue, mais la BMW le fait très bien aussi. Et de surcroît, il se pourrait bien qu’elle vous donne la banane si vous décidez d’emprunter les chemins de traverse.

Victoire du duel : BMW 328cia

2-1 c’est le score définitif de ce match en 3 sets. La victoire revient sans conteste à la BMW pour sa polyvalence. Plus jolie, presque aussi bien finie, elle offre surtout un comportement qui ravira les amateurs. Coté performances, malgré un déficit de 25ch par rapport à sa concurrente notre 328 s’avère aussi performante que la Mercedes, la gloutonnerie en moins. Cela dit, si vous n’aimez pas le sport, que vous souhaitez vous distinguer au volant d’une auto très confortable et que l’image des BMW d’occasion vous refroidit, la CLK 320 est faite pour vous. En ce qui concerne le choix de la boîte automatique, dans les deux cas ce n’est pas forcément une hérésie. En effet, celles si offrent une douceur en parfait accord avec le niveau de confort de nos deux autos. Pour ce choix tout n’est que question de point de vue.

Un très grand merci à Gaëtan pour le prêt du CLK.

Les notes de la BMW 328 cia E46 :

Image
Entretien
Plaisir de Conduite
Ergonomie
Facilité de conduite
Note Totale

Les notes du CLK 320 :s

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Entretien
Plaisir de Conduite
Ergonomie
Facilité de conduite
Note Totale

 

A l’achat : c’est le bon moment, va pas falloir trop traîner

Je ne vais pas vous le cacher, ces deux voitures sont belles et bien encore sur le marché de l’occasion. D’un côté c’est une chance car cela veut dire que l’on peut encore en trouver à «bas» prix avec peu de kilomètres. Pour un coupé e46 en 328 il faudra compter entre 4.000 et 8.000 euros suivant le kilométrage, la configuration et le suivi. Il en va de même pour notre Mercedes. Bref voici un excellent moyen de dépenser son épargne tout en se faisant plaisir. D’autant que l’autre bonne nouvelle, c’est que ces autos ont atteint la cote plancher.

En revanche tout n’est pas rose, les années n’ont pas encore eu le temps de trier les merguez des exemplaires soignés. Et vue que ces autos sont réputées de bonne construction il en reste encore un paquet en circulation. Ce qui signifie que l’on trouve de tout et n’importe quoi sur le marché de l’occasion et que choisir peut être un vrai casse-tête. D’autant qu’il va falloir se dépêcher car même si elles ne sont pas sous les projecteurs comme une certaine 406 coupé de chez Peugeot, elles ne sont pas à l’abri d’être redécouvertes et vantées par les médias dans les années à venir. Ce qui signifie comme pour la Peugeot le début d’une montée potentielle des prix.

Quelques conseils :

Revenons à nos moutons, afin de vous faciliter la tâche, je vous conseil dans les deux cas une auto peu kilométrée avec un historique clair, carnet d’entretien ou factures. Par-dessus tout éviter les autos avec des petites pannes anodines car avec l’électronique embarquée cela peut être plus grave que prévu. Et dans le cas de nos deux belles bardées d’une électronique parfois capricieuse, il y a de quoi devenir fou et se ruiner. Si vous le pouvez venez  avec une valise de diagnostic afin de lever le doutes sur tous les couacs potentiels et de vérifier le kilométrage. Cela dit il semblerait qu’enfin la rouille n’existe plus… euh, pas sur la Mercedes ou il faudra quand même jeter un œil.

Concernant les boîtes automatiques, vérifiez que les vidanges ont bien été effectuées, car dans les deux cas les constructeurs ont arrêté de les préconiser. Hors dans la vraie vie il faudrait le faire tous les 100-1200.00 km. Assurez-vous aussi de leur bon fonctionnement, et fuyez au moindre doute. Car en plus d’être immobilisante une panne est aussi très coûteuse sur ce genre de boîte. Je ne parle même pas d’un remplacement sur lequel la facture s’élèvera à plusieurs milliers d’euros.

A l’usage, les assurances assez raisonnables, la carte grise à moitié prix, et la grande diffusion des pièces de rechanges sont de sérieux atouts. En revanche l’entretien demeure coûteux (environs 800€ pour une inspection 2 chez BMW) et la présence de l’électronique oblige presque systématiquement un passage à la valise après chaque manipulation. Ce qui est bien dommage car contrairement aux idées reçues, le profane peut encore travailler sur ces mécaniques. Coté consommation, pas de surprises… Grosses cylindrées plus boîte automatiques oblige, il est difficile en conduite mixte de tomber sous les 10L/100km avec la BMW et 12.5L/100km au volant de la Mercedes. M’enfin, quand on aime….

Futures collectors ?

Certainement oui, en fonction des futures orientations de nos législateurs. Ces deux autos sont bourrées de qualités, belles, confortables, admirablement construites et très agréables à mener si on les prend pour ce qu’elles sont : des grandes routières. On peut aussi dire, malgré l’oubli dans lequel elles sont tombées, qu’elles ont marqué leur époque de par leurs réussites sur le plan critique et commercial. La BMW e46 fut un bestseller en son temps avec 3.247.000 unités produites, et peut-être même la série 3 la plus aboutie. Quant au CLK il a marqué le début d’un renouveau chez Mercedes.

Ces deux autos sont à cheval entre une ère où l’on a vraiment voulu créer des voitures polyvalentes et abouties, et une ère de déclin ou les voitures ont commencé à devenir des biens de consommation. Bref, c’est en quelque sorte le mixe du meilleur de deux mondes, une sorte d’apogée. Et puis il ne faut pas oublier que l’enfant qui a rêvé devant ces autos est désormais en mesure de se les offrir. Ce qui a tendance à faire grimper la demande. Alors, si elles ne sont pas encore sous les feux de la rampe, et encore boudées, n’hésitez pas, car ces deux coupés seront surement amenés à suivre la trajectoire de leurs aïeules.

Fiches Techniques Comparatives
BMW 328 cia E46 Mercedes CLK 320 BMW 328 cia E46 Mercedes CLK 320
Mécanique     Performances
Architecture 6 cylindres en ligne 6 cylindres en V Vmax 239 km/h 239 km/h
Cylindrée 2793 cm³ 3199 cm³ 0 à 100 km/h 7,5 s 7,8 s
Soupapes 24 18 400 m DA 15,3 s 15,4 s
Puissance Max 193 ch à 5500 tr/min 218 ch à 5700 tr/min 1000 m DA 27,8 s 28,4 s
Couple Max 280 Nm 310 Nm Poids / Puissance 7,9 kg/ch 7,3 kg/ch
Boîte de Vitesse Auto à 5 rapports Auto à 5 rapports
Transmission Roues arrières Roues arrières
Châssis Conso Mixte 9,1 L / 100 km 9,9 L / 100 km
Position Moteur Avant Avant Conso Sportive 16 L / 100 km 16,9 L / 100 km
Freinage Disques AV et AR Disques AV et AR
Dimensions L x l x h 4488 x 1757 x 1369 4567 x 1722 x 1350 Prix d’origine 249.900 Frs 334.000 Frs
Poids 1533 kg maxi 1583 kg maxi Cote 2018 4 750 € 5 500 €


 

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Mark
Rédacteur-Photographe à News d'Anciennes
Passionné de photo et de sa BMW E30, Mark a rejoint News d'Anciennes courant 2016.
Essais, road-trip, reportages, tout l'intéresse du moment qu'il peut sortir son appareil photo.

7 commentaires sur “Match BMW 328 cia E46 vs Mercedes CLK 320 : futures collectors ?”

  1. Voila un beau match bien mené et sans concessions C’est une idée à poursuivre car il y a eu de belles et bonnes autos en Europe ces années là. Quant à moi, j’ai toujours préféré les cabriolets, même aux coupés avec toit ouvrant. Merci.

  2. – BMW, tout comme mercedes et autres constructeurs, ne fabrique pas ses boites auto mais les achetent à GM, ZF ou Getrac; au pire ils gerent juste les programmes des calculateur de boite!!!!!

    – Vous avez oublié de citer que sur les 328i, les fixations de berceau de pont ont tendance à s’ arracher de la caisse sur les phase 1, des kit de renfort etait prevu en apres-vente et les ph2 avaient etait corrigées mais plus de 2.8i au catalogue

    – Mercedes preconisai des vidanges de boite auto tout les 60 000kms avec changement du filtres

    – Les huiles pour les pont doivent etre absolument de qualité “hypoïde” au risque de le detruir, et “LS” pour ceux avec autobloquant

    1. Je pense qu’un article n’est pas suffisant pour faire le tour de tous les défauts de chaque autos. Le guide d’achat se veut volontairement succin, car ce n’est pas le centre de l’article, et puis il existe des dizaines de forums sur lesquels ont trouve absolument tout. Concernant le berceau de pont, ce n’est pas spécifique aux 328 mais bien à l’ensemble des e46 phase 1, particulièrement sur les plus grosses cylindrées. On pourrait aussi épiloguer sur le train avant faiblard sur la BMW ou encore les casses de boites manuelles sur la Mercedes. Concernant les boites automatiques il me semble bien que les préconisations ont été arrêtées par les constructeurs, quant à leurs conception je suis bien d’accord que c’était soit ZF soit GM (bien souvent. Cela dit une gestion et un étagement font la différence.

  3. Mon père a eu un CLK 230K de cette génération ! C’était une super auto. C’est d’ailleurs sur cette voiture que j’ai fais ma conduite accompagnée, j’en garde un excellent souvenir ! Le coup de pied au c*l du kompressor était top ! L’intérieur comme l’extérieur étaient vraiment réussis à sa sortie. Il faut se remettre dans le contexte de l’époque où la grande majorité des voitures étaient “carrées”. On pourrait également rajouter comme concurrente la 406 coupé.

    1. On parle trop de la 406 coupé en ce moment :p. En quelques mois c’est devenu le “saint” graal alors qu’il existe une multitude de coupés de cette époque offrants de meilleures prestations (même si elle est très belle et plaisante à mener). Je dois avouer que j’aurais bien aimé compléter ce match par une Volvo c70 mais, c’est assez délicat à dégotter :P. Bref, je ne comprend pas les œillères que nous mettent les grands médiats alors qu’il y a énormément d’autos au menu :p.

  4. Merci pour ce beau duel.
    Attaquer en position D sur la 328 est une erreur grossière, et c’est normal que les résultats soient décevants (a minima). En revanche, le mode S était un mode automatique ou l’on descend beaucoup plus rarement sous les 3 000 t/min …
    Pour les sièges, BMW proposait en option des sièges “sport” beaucoup plus enveloppants et avec davantage de maintien.

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