Le Retromobile 2018 de Bertrand, Le Salon Où l’On Touche Ses Rêves !

N’ayons pas peur des mots, cette année encore, Retromobile m’a encore enchanté, enchanté oui ! au même sens que dans Cendrillon, sa Marraine la Fée lui fabrique sa robe à coups de baquette magique ! Bâh vala, tout pareil cette année pour moi, quelqu’un avait fait apparaître une bonne partie des voitures, que j’avais toujours rêvé de voir en vrai et même d’autres que je ne connaissais pas.

Vous l’aurez compris, j’ai vraiment été conquis par le salon de la porte de Versailles. Certes cette année, la nature nous mis des bâtons dans les roues… enfin des flocons sous les roues plutôt !

Comme tout les ans, on nous demande de faire un “Meilleur” de ce Retromobile 2018, je me suis dit qu’avec 600 voitures et presque autant de stands, ça n’aurait pas été une mince affaire ! J’ai donc pris quelques longues minutes pour vous faire entrevoir mon Usine à rêves ! Voilà donc mon retro des plaisirs à moi !

La Voisin C23, la Garçonne des Années Folles !

Première auto, premiers coups de cœur avec cette Automobile Voisin C23 “Myra”, cette fabuleuse auto date de 1931. On connait tous les talents avant gardiste que possédait Gabriel Voisin, on avait déjà parlé d’une autre de ses fabuleuses autos, la Voisin C6. Cet ingénieur hors pair et intransigeant, ce spécialisa dans les autos de haut-gamme, ce qui le conduit à sa perte.

Ici, avec cette C23, nous avons l’exemple même des fameuses caisses carré, typique de l’avant-guerre. Mais cette auto avec son toit abaissé et son petit pare-brise, tout ça lui donne un air ramassé et puissant, pas une faute de gout tout est beau est bien proportionné, y compris dans les coffres d’ailes. Sur cette Voisin on trouve un rare triangle qui renseigne l’adresse d’un garage de la marque, peut être le lieu d’achat de cette C23 ?

Niveau motorisation on est sur un superbe 8 cylindres de 3 litres. Notre exemplaire est dans son jus et n’a jamais été restauré. Elle n’a que 26.000 kilomètres au compteur. Cette auto possède son somptueux intérieur d’origine aux luxueux motifs Art Déco, lui aussi en superbe état. Bien sûr le filet à chapeau est encore fixé au ciel de toit. Une auto magnifique qui n’a rien perdu de sa beauté.

La Lola T70, le Sport à l’Etat Pur !

Seconde auto, second coup de cœur, même si celle-ci est depuis longtemps une de mes voitures de course préférée. Cette auto développée en 1965 par les Britanniques de Lola Cars, elle le fut pour les courses d’endurances. Bien qu’engagé plusieurs fois aux 24h du Mans, elle n’y fit que de la figuration, mais elle remporta quand même les 24H de Daytona en 1969, certes sa place n’est pas sur un salon mais sur la piste, comme celles rencontrées lors du 1er GP de France Historique que l’on peut lire ici.

Sur ce Retromobile 2018, ce ne sont pas moins de deux modèles qui nous étaient exposés. Ces bolides possèdent un désigne et une ligne superbe. De n’importe quel angle, d’où on la regarde elle est belle, tout en galbes et en rondeurs, presque sensuel. Le designer n’étant d’autre qu’Eric Broadley qui était aussi le papa de la GT40. Même à l’arrêt cette Lola T70 possède une force qui ne demande qu’à s’exprimer ! Vivement le mois de juillet prochain pour les revoir en liberté lors du Mans Classic !

Le stand Lukas Hüni, le Palais de la 250 GT SWB !

Pour mon stand coup de cœur, ça pas été non plus très très facile, car un grand nombre étaient vraiment sublime. Mais celui qui m’a fait le plus rêver et où j’ai passé le plus de temps, c’est bien sûr celui du suisse Lukas Hüni ! J’entends déjà les éternels grincheux qui vont dire, c’est trop, y’en a que pour le fric…

OK, alors juste une question, ou et quand on peut voir, pas trois, pas cinq, mais dix Ferrari 250 GT SWB, réunis dans un même lieu et toutes de types différents en plus ! Avec en prime une Bertone de 62, un modèle unique surnommée ‘’Shark Nose’’ ou nez de requin. J’étais juste au paradis, car cette Ferrari est mon modèle préfère, quand je parlais de magie !

Ce plateau était également composé de bien d’autres voitures toutes aussi fabuleuses et mythiques comme une Avion Voisin C11, une autre de mes marques préférées. Une presque unique Mercedes-Benz 680 S, un magnifique roadster datant de 1928, quasi unique car elle fut carrossée en France(sic) par Saoutchik sur un moteur de 6,8 litres quand même ! Toujours dans mes gouts, les sportives Bugatti type 54 GP de 1933 en bleue, ou toujours chez Bugatti la Type 59 GP de 1934 en noir, pour finir avec la verte Alfa Romeo 8C de 1934.

Pour terminer ce plateau digne d’un musée du cheval cabré, deux belles italiennes échappées des paddocks, deux bêtes de courses, deux magnifiques pur-sang dévoreurs de bitumes ! Deux énormes Maserati, avec une 300 S ‘’Shortnose’’ datant de 1956, celle avec les pots blancs. Sa sœur est une 250 F datant elle de 1957. Deux modèles à l’aura encore puissante ! Et sachez messieurs les râleurs que ces autos n’étaient pas à vendre… et toc !

Exposition Jean-Pierre Wimille, Un Homme et un Pilote d’Exception !

C’est une superbe expo que nous proposait Retromobile 2018, sur un pilote français, peu connu et surtout aux multiples facettes. Qu’il soit pilote émérite ou génial concepteur de voitures, sa vie mérite d’être racontée. Jean-Pierre Wimille est né en 1908, son père étant journaliste automobile, très vite il attrapa le virus de la compétition et des son plus jeune âge, il fréquentera les circuits. Il est doué, et en 1930 le grand Ettore Bugatti le remarque et l’embauche dans son écurie. Il remporte un grand nombre de courses, comme le GP de France en 1930 ou le Rallye de Monte Carlo en 1931. Il totalise également deux victoires aux 24H du Mans, en 1937 sur Bugatti Typa 57G “tank”, puis en 1939 avec pour partenaire une autre légende, Pierre Veyron !

Malheureusement la guerre met un coup d’arrêt momentané à sa carrière. Forcé à l’inaction Jean-Pierre et sa bande de copains développe et arrive à construire une voiture électrique, mais faute de moyens financiers en ces temps troubles, un seul exemplaire roula. C’est à cette période, qu’avec ses amis pilotes et mécaniciens, qu’ils rejoignirent un réseau de la résistance. Au sein de ce réseau il participa à de très nombreuses opérations. A la suite de l’arrestation de son groupe, il fut le seul à échapper à la mort en s’évadant. Au sortir de la guerre, et dès 1945, il se remis à la course. Il remporta la coupe des prisonniers cette même année.

De Bugatti, il passa chez Alfa-Romeo, pour qui il remporta 8 victoires en GP. C’est sur cette période qu’il rencontra le grand sorcier Amédée Gordini, avec qui il développa des voitures de GP, et gagna une dizaine de grands prix en deux ans. C’est malheureusement au volant de l’une d’elles qui trouvât la mort en 1949, lors des essais du GP d’Argentine sur le circuit de Palermo. C’est hélas un grand pilote doublé d’un grand ingénieur qui disparaît ce jour-là.

Sur son expo on trouvait trois modèles de voitures qu’il a piloté, La Bugatti (bleue) monoplace type 59/50 B de la Coupe des Prisonniers en 1945, L’Alfa Roméo 308 monoplace avec 3 victoires en 1946 et une Gordini  type 15.

La seconde partie portait sur sa carrière de développeur et concepteur de voiture. Avec un trio de prototypes,les Wimille GT dites ‘’ Voiture de l’avenir’’ aux formes et styles qui tranchaient résolument avec les canons des autos de cette époque. La JPW04 (en bleu) était prête à être produite en série, mais le décès de son concepteur marqua la fin de cette aventure. Était exposées également les JPW 03 et JPW 01.

Merci au musée Schlumph de Mulhouse pour les voitures et merci aux deux messieurs qui m’ont accueilli si chaleureusement !

En conclusion de ce Retromobile 2018.

Cette édition aura encore été un succès et une machine à rêves. Avec l’ajout d’un troisième hall, le salon a gagné en place et en espace pour les stands. On va devoir encore attendre un an avant de redécouvrir de fabuleuses voitures. Mais d’ici là on reparlera encore de cette édition dans d’autres articles.

Ma galerie de cette édition est ici.

bertrand
photographe/reporter
rédacteur et photographe à news d'anciennes.
Passionné d'histoire et de véhicules anciens, il rejoint la rédaction de news d'anciennes en 2015. Armé de son fidèle Nikon, il écume les rasso et salons pour vous les faire découvrir.

3 commentaires sur “Le Retromobile 2018 de Bertrand, Le Salon Où l’On Touche Ses Rêves !”

Laisser un commentaire