Silverstone Festival 2025, clap de fin doux-amer

Publié le par Pierre

Silverstone Festival 2025, clap de fin doux-amer

L’information est tombée avant le début de l’événement, le Silverstone Festival 2025 était la dernière édition et disparait du calendrier des festivités sur le circuit britannique. Pour autant, les spectateurs ont encore répondu présents, et les plateaux en piste étaient plus qu’alléchants. Revenons un peu sur ce week-end, en images.

Silverstone Festival, une recette qui n’a jamais pleinement pris

On ne va pas se leurrer, la formule Silverstone Festival, qui est venue remplacer Silverstone Classic, n’a jamais pleinement convaincu le public. Le mieux est l’ennemi du bien, et la mutation de l’événement illustre parfaitement cet adage.

Le but était d’organiser un énorme événement populaire, avec des voitures en arrière-plan, et non plus un événement centré sur la compétition classique. Résultat des courses : des zones d’activité (concerts/food trucks) tellement étendues qu’elles en masquent plus d’un kilomètre de piste aux spectateurs.

Si cela ne suffisait pas, les travaux constants à Silverstone au fil des années rendent l’endroit de moins en moins pratique pour les spectateurs (et ne parlons même pas des photographes, c’est à se demander si l’on peut encore travailler en bord de piste), et cette année décrochait la palme sans conteste avec un quart de l’infield bloqué par des travaux de construction, menant à un détour se comptant en kilomètres.

Ajoutez à cela des concerts, au demeurant fort agréables, je ne vais pas le nier, avec des stars dont vous n’aviez plus entendu depuis, au mieux, le début des années 90. Je ne suis pas certain que ce soit un bon argument pour attirer un public jeune, même si j’ai passé d’excellents moments avec Rick Astley ou les Pointer Sisters au fil des années.

Dernier clou dans le cercueil du Silverstone Festival, le changement de date. Silverstone Classic se déroulait pendant le dernier week-end de juillet, là où Silverstone Festival s’est retrouvé relégué qu dernier week-end d’août, à la demande du MotoGP. Certaines écoles au Royaume-Uni ont déjà repris les cours à cette date, difficile donc pour les spectateurs de partir sur long week-end, même si le lundi est férié.

Bref, au fil des ans, le nombre de visiteurs a lentement diminué. Il a été annoncé, quelques jours avant, que Silverstone Festival 2025 était donc la dernière édition, laissant la place à Chris Harris en 2026 pour le CarFest, un événement à portée caritative, et que Silverstone Classic refaisait son apparition, à une date encore non confirmée.

Silverstone Festival 2025, en piste, beaucoup de spectacle, mais…

Mais cette édition sentait un petit peu la fin, on y reviendra dans quelques lignes. Le spectacle en piste était bien évidemment omniprésent, les pilotes n’étant pas là pour juste amuser la galerie, au contraire, avec une météo changeante (sans pluie, mais le soleil était capricieux) on a pu assister à quelques sorties de piste, sans gravité, et bien évidemment, quelques abandons sur problème mécanique, chose malheureusement attendue avec d’anciennes machines.

Les grands classiques étaient présents avec les plateaux de tourisme et de GT que l’on croise tous les ans. Comme d’habitude, ils sont le cadre de batailles acharnées, parfois physiques, entre les pilotes. Avec des performances plutôt serrées, ce sont bien souvent les plateaux assurant le plus de spectacle et cette année n’a pas dévié.

On y retrouvait aussi les plateaux F1. Le plateau regroupant les voitures d’avant 1966 était comme d’habitude très britannique, mais la bataille en piste en mettait plein les yeux, surtout en termes de glisse.

Ensuite, celui qui regroupe des voitures propulsées par l’incontournable Cosworth DFV (et quelques exceptions bienvenues, bien évidemment). L’occasion de voir évoluer Williams, McLaren et quelques écuries britanniques qui ont disparu depuis bien longtemps. Sans oublier le chant des V8 à vous faire craquer les tympans, résonnant à travers les tribunes.

Il y avait également un plateau un peu hybride, regroupant Formules 3 et Formula 5000, l’occasion de revenir sur ces catégories, certes moins prestigieuses, mais qui ont vu éclore énormément de pilotes.

Au fil des ans, de nouveaux plateaux sont venus agrémenter Silverstone Festival, dans le but d’attirer un public plus jeune, notamment avec le GT1 ou le GT3, proposant des véhicules relativement modernes, et il faut aussi l’avouer, assez faciles à faire rouler, du point de vue de la maintenance. Sur le principe, banco, je suis le premier preneur, mais cela a également eu un petit effet pervers.

Je me réjouissais de voir cette année un plateau Groupe C, jusqu’à mon entrée dans les paddocks. Si vous ne le savez pas, ces machines sont un véritable gouffre financier à faire tourner, nécessitant une équipe de mécaniciens bien plus importante qu’avec n’importe quelle autre catégorie, mis à part les F1 contemporaines. Et le constat a été sans appel, les équipes sont venues avec les GT3, pas les monstres de performance, nous laissant avec un plateau famélique de 7 voitures. Alors oui, ça va vite, le spectacle est magnifique au coucher du soleil, mais la course a plus tenu de la parade rapide que de la vraie bataille en piste.

Silverstone Festival 2025 hors piste

Le spectacle ne se limite pas au circuit de Grand Prix. Silverstone Festival 2025 maintenait la coutume des paddocks en accès libre, et des espaces clubs venus pour exposer leurs plus beaux spécimens. De même Iconic Auctioneers (auparavant Silverstone Auctions) y tenait sa vente aux enchères avec de belles pièces, comme à l’accoutumée.

En résumé, Silverstone Festival 2025 sentait vraiment le baroud d’honneur, et d’un point de vue purement personnel, je ne vais pas le regretter. Toutefois, je vous donne rendez-vous l’an prochain pour le retour de Silverstone Classic, dont je vous communiquerai la date une fois qu’elle aura été confirmée, et probablement pour le CarFest.

Crédits photo : News d’Anciennes, Jakob Ebrey Photography pour Silverstone

Pierre

Tombé dans la marmite automobile quand il était petit, il a rejoint l'équipe de News d'Anciennes en 2015. Expatrié en Angleterre depuis Mai 2016, il nous partage les évènements de là-bas. En dehors de ça, il partage une bonne partie de son temps sur la route entre une Opel Ascona et une Mazda RX-8.

Commentaires

  1. Gougnard

    bravo et merci Pierre pour ce magnifique reportage

    Répondre · · 8 septembre 2025 à 18 h 41 min

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