Où est passée l’Aston Martin DB5 DP/216/1 ?

Où est passée l'Aston Martin DB5 DP/216/1 ?
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Où est passée l'Aston Martin DB5 DP/216/1 ?
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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On l’a évoqué brièvement en parlant de l’Aston Martin DB5. Une auto parmi les 1021 produite est particulièrement recherchée. Et cela fait maintenant 22 ans que ça dure !

DP/216/1 : première de cordée et légende d’emblée

Alors que EON production se lance dans la production du troisième James Bond, Goldfinger, on se tourne vers Aston Martin pour l’auto du célèbre espion. Si le livre l’installe dans une DB MkIII, elle n’est alors plus produite depuis 5 ans. C’est la DB4 qui l’a remplacée. Mais celle-ci arrive en fin de carrière et la DB5 est sur les rails. C’est cette nouvelle auto qu’EON veut voir dans son film. La marque refuse de céder des autos mais accepte de les prêter.

La toute première Aston Martin DB5, DP/216/1 va ainsi être utilisée. L’auto est rouge mais repeinte en Silver Brich. Elle va être utilisée pour les gros plans. Pour le reste des séquences c’est un clone, 1486/R, qui est utilisée. Mais celle-ci ne reçoit pas les gadgets de DP/216/1. Ces gadgets on les doit à John Stears, spécialiste des effets spéciaux, qui sera d’ailleurs oscarisé pour son travail sur La Guerre des Étoiles quinze ans plus tard.

La liste est longue :

  • une mitrailleuse
  • des butoirs hydrauliques à l’avant et à l’arrière
  • des moyeux de roue téléscopiques
  • un écran blindé à l’arrière
  • des fumigènes pour aveugler les poursuivants
  • un système qui répand de l’huile sur la route
  • des plaques d’immatriculation tournantes
  • un radar au tableau de bord
  • un siège de gauche (passager) ejectable
  • un téléphone dans la porte conducteur
  • un compartiment caché pour les armes

Le succès du film est énorme, celui du jouet produit par Corgi, encore plus. Aston Martin va même doter de gadgets non-fonctionnels deux autres autos et faire une véritable tournée promotionnelle avec. Plus tard deux autres autos, plus 1486/R sont utilisées pour Opération Tonnerre qui sort en 1965.

DP/216/1, collector reconverti

Aussi étonnant que cela puisse paraître l’Aston Martin DB5 originelle, LA vraie première Aston Martin de James Bond est récupérée par l’usine… et remise en configuration d’origine.

Sans option une Aston Martin DB5 du genre est vendue 4247 £ en 1965. C’est cependant pour 12.000 £ que Richard D Losee l’acquiert, sans ses équipements donc, en 1968. Deux ans plus tard il l’a remise en configuration “film” et la revend.

En 1981 l’auto est de nouveau une star de cinéma. C’est elle qui apparaît dans The Cannonball Run de Richard Losee.

En 1986, un promoteur américain, Anthony Pugliese l’achète pour 250.000 $ lors d’une vente aux enchères organisée par Sotheby’s. Ce collectionneur d’objets pop n’en est pas à son coup d’essai. Il possède ainsi le Colt Cobra utilisé par Jack Ruby pour assassiner Lee Harvey Oswald, des costumes de Superman, des cannes de Charlie Chaplin, etc.

Ce n’est que 11 années plus tard que DP/216/1 refait parler d’elle. L’auto est stockée dans un hangar de l’aéroport de la station balnéaire de Boca Raton en Floride. Le 18 Juin, elle est dans le hangar. Le 19 Juin elle n’y est plus !

Une voiture recherchée

C’est un mystère qui naît alors. Pendant la nuit, aucune alarme n’a été déclenchée. Aucun garde n’a vu quoi que ce soit.

Les voleurs ont découpé la moulure autour d’une porte du hangar. Ils ont ensuite coupé un cadenas, désactivé l’alarme puis ont tiré l’auto. Des traces de pneus montrent que cela n’a pas été une mince affaire.

Dès lors les spéculations commencent. Pour certains elle a été embarquée dans un avion cargo et balancée au-dessus de l’Atlantique. Pour d’autres elle a rejoint une collection (très) privée au Moyen-Orient. D’autres soupçonnent enfin Anthony Pugliese de l’avoir escamotée et stockée dans un hangar de l’aéroport new yorkais de Newark.

Aucune de ces pistes ne peut être vérifiée. Finalement l’assurance paye la valeur assurée de l’auto : 4,2 millions de dollars. À la fin des années 90 c’est une sacrée somme. De nos jours ça l’est moins quand on voit le prix atteint par 2008/R, utilisée dans Opération Tonnerre et vendue 6,4 millions de dollars en Août 2019.

Auparavant la société Art Recovery International, spécialisée dans la recherche d’œuvres d’art subtilisée a été chargée de retrouver DP/216/1. Un appel à témoins a été lancé avec une récompense “à 6 chiffres” à la clé. Pour autant la société prend des pincettes et ne sortira pas le chéquier à moins de retrouver la vraie auto, pas une auto maquillée. En même temps l’enjeu est énorme. Si Anthony Pugliese devrait rembourser les 4,2 millions de dollars, le prix de l’auto est aujourd’hui estimé à plus de 10 millions de dollars.

Si vous savez quelque chose, vous savez quoi faire !

Photos supplémentaires : Wheelsage

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