Aston Martin DB5, une légende écrite en deux ans !

Aston Martin DB5, une légende écrite en deux ans !
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Aston Martin DB5, une légende écrite en deux ans !
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Après être revenu sur l’histoire des DB MkIII puis des DB4, on allait pas s’arrêter en si bon chemin. On arrive maintenant à la pièce maîtresse de la lignée, l’Aston Martin DB5. Et c’est bien plus qu’une voiture d’espion !

Révolution ? Non, simple évolution

Certaines autos sont entrées dans la légende parce qu’elles marquaient un tournant pour leur marque. On pense à la 911, la Miura ou la Ferrari 308. Toutes ont apporté quelque chose de vraiment nouveau, par leur ligne et par leur technique.

Et bien on va tout de suite arrêter de vous faire rêver : l’Aston Martin DB5 est loin de tout cela ! À tel point qu’elle est d’abord pensée comme une DB4 Série VI.

Niveau style ? Si vous avez dans l’idée une vraie rupture entre la DB4 et la DB5 c’est que vous n’avez pas vu la dernière série de la DB4. Dévoilée en Septembre 1962 elle est très différente des premières séries. Allongée de 10 cm elle reçoit de nouvelles roues et une face avant carénée, dans le style des DB4 GT… d’ailleurs l’arrière très ressemblant également. Touring, qui est toujours à la manœuvre pour doter les anglaises de carrosseries Superleggera reproduit un dessin très similaire sur la Série 6 qui de 1963 qui deviendra la DB5.

Alors quelles nouveautés apporte l’Aston Martin DB5 à sa sortie en 1963 ? Et bien il faut regarder la technique. Le 6 cylindres en ligne “Marek” passe de 3,7 litres à 4 litres. On ne modifie que l’alésage qui passe de 92 à 96 millimètres. Il est alimenté par trois carbus SU HD 8 et sort 282 ch (SAE) à 5500 tr/min. C’est plus que les DB4 Vantage, mais moins que les GT. Autre grosse nouveauté : la boîte ZF à 5 rapports remplace la David Brown à quatre rapports plus overdrive après quelques exemplaires. Et pour plaire aux américains, notamment, on pense à la boîte auto, une Borg-Warner 3 rapports. Pour ceux qui voulaient du sport, un pont autobloquant Salisbury fait partie des options.

Par contre on veut en faire une auto encore plus luxueuse. Du coup l’équipement est revu à la hausse. L’Aston Martin DB5 reçoit par exemple des vitres électriques… et un alternateur pour l’aider dans sa tâche.

Elle est plus lourde que la DB4 mais le nouveau moteur lui permet des performances de premier plan : 238 km/h en pointe, le 0 à 100 en 7,5 secondes et les 400m accrochés en 16.

Les évolutions de l’Aston Martin DB5

Sortie en 1963, l’Aston Martin est proposée en coupé et en cabriolet. Ce dernier reste moins prisé mais mérite d’être signalé.

En 1964 l’Aston Martin DB5 entre dans une autre dimension en devenant l’auto de James Bond (on en reparle plus bas). Mais sur la route on note surtout l’arrivée de la version Vantage. Comme pour la DB4 il s’agit d’une version haute performances dont on change les arbres et cames et les cabus. Les SU laissent place à des Weber qui aiment les tours. Cela se ressent sur la puissance qui atteint les 325 ch ! Joli gain !
Ce moteur est disponible sur les Coupé et sur les Cabriolets.

La remplaçante de la DB5 est déjà en travaux quand apparaît une autre version de l’auto. En fait c’est le grand patron, David Brown qui trouve que l’habitabilité est bien trop juste pour emmener son équipement de chasse et ses chiens. Il fait donc fabriquer en 1965 une Aston Martin DB5 Shooting Brake par le carrossier Tickford… qui est également sa propriété.

Comme l’auto est remarquable… elle est remarquée. Quelques richissimes clients de la marque en veulent également une. Le procédé est en quelque sorte standardisé et commandable… avec un surcoût qui atteint presque 50% du prix de l’auto de base. Cette fois c’est Harold Radford qui se charge des transformations. 12 autos seront fabriquées, 8 en conduite à droite et 4 en conduite à gauche, jusqu’en 1967.

Mais en 1967 l’Aston Martin DB5 est depuis longtemps remplacée. En fait sa carrière n’a duré que deux petites années. Après 1021 exemplaires fabriqués, dont 123 Cabriolet et 77 Vantage (65 Coupés et 12 Cabriolets) la production s’arrête en 1965 et elle laisse sa place à la DB6. C’est le prochain épisode !

Une variante à part : la Volante SWB

Alors qu’apparaît l’Aston Martin DB6 en Octobre 1965, il reste 37 châssis de la DB5 à l’usine. Sauf que le châssis est précisément l’un des grands changements entre les deux autos. On va donc construire une série hybride : la Volante. C’est le premier cabriolet Aston a utiliser ce nom. Le SWB, pour Short Wheel Base, ou châssis court, ne fait pas partie de son nom officiel. L’auto se dote en fait du moteur de la DB6, du pare-choc en deux parties de DB6 ou des feux arrières de la DB5. Une vraie hybride.

Pas vraiment une DB5, pas vraiment une DB6, c’est une rareté, très prisée, encore plus que les DB5 Cabriolets.

L’Aston Martin DB5 de 007

Impossible de parler de l’Aston Martin DB5 sans évoquer sa carrière cinématographique. Elle est longue puisqu’elle est apparue dans de nombreux films. Mais c’est un film contemporain de sa sortie qui fit son succès : Goldfinger sorti en 1964.

C’est le troisième James Bond au cinéma après James Bond 007 contre Dr No sorti en 1962 et Bon baisers de Russie sorti en 1963. Ces deux films réalisés par Terence Young avec Sean Connery dans le rôle principal sont déjà des cartons. Dans ces deux premiers opus l’acteur conduit une Sunbeam Alpine puis une Bentley 3½ Litre – Drophead Coupé Park Ward de 1935.

En 1963 alors que le tournage de Goldfinger va commencer, Eon, la société de production jette son dévolu sur Aston Martin. Normal, c’est une DB MkIII que conduit l’espion dans le livre de Flemmings. Pour autant, ce n’est plus une auto moderne… On choisit donc la DB5. Deux autos sont nécessaires pour le film. Problème, la production de la marque est faible, quelques centaines d’autos par an. On refuse donc de céder les nouvelles Aston Martin DB5. Par contre on les prête.

Techniquement, aucune modification n’est à l’ordre du jour. Par contre les gadgets sont nombreux. On note : une mitrailleuse, des moyeux de roues télescopiques, des butoirs hydrauliques à l’avant et à l’arrière, des plaques d’immatriculation tournantes, des fumigènes, un siège éjectable pour le passager, etc.

Le film est un carton : 3.5 millions de dollars de budget et 124.9 au box office ! L’Aston Martin DB5 est une des stars du film, au même titre que Sean Connery, Gert Fröbe et Honor Blackman. La marque anglaise y va même à fond : exposition des autos à la foire de New York, tournée mondiale et surtout vente de la licence du jouet à Corgi qui en vendra des millions. Cela contribue largement à la faire connaître… et les ventes suivent !

Aston Martin DB5, une légende écrite en deux ans !

Une des autos sera reconvertie en auto “normale”, revendue, puis volée dans les années 80. La survivante sera répliquée de nombreuses fois, pour les films suivants, mais aussi par Aston Martin qui décida d’en produire 25 à partir de 2020 à 2,7 millions l’unité. C’est tout de même mois que cette vendue par RM Sotheby’s en 2019, effectivement conduite par Sean Connery, et qui a atteint 6,4 millions de dollars sous le marteau.

Sauf qu’on ne parle pas de Goldfinger ! Celle-ci est apparue dans Opération Tonnerre en 1965 ! Pour autant l’Aston Martin DB5 fera son retour dans les James Bond bien des années plus tard avec Goldeneye en 1995 puis Demain ne meurt jamais en 1997. La dernière série des James Bond, avec Daniel Craig la mettra aussi en avant avec une apparition dans Casino Royale, une dans Skyfall où elle est même pulvérisée pendant des combats puis dans Spectre.

L’Aston Martin DB5, un succès ?

On ne va pas tourner autour du pot : OUI. Elle a été moins produite que la DB4 : 1021 exemplaires au lieu des 1204 de sa devancière. Sauf que cette dernière a été produite pendant 5 ans avec des évolutions constantes. L’Aston Martin DB5 n’a été produite que deux ans, donc son rythme fut bien meilleur.

Pourtant la marque ne pouvait plus surfer sur la victoire mancelle de Salvadori et Shelby sur la DBR1. Mais c’est réellement James Bond qui a tout changé. La marque n’a pas eu à lancer de réelles nouveautés pour relancer les ventes.

L’Aston Martin DB5 en collection

Hormis les autos de course, DB4 GT et GTZ comprises, les Aston Martin DB5 sont de loin les autos de la marques les plus recherchées. Le fait qu’elles soient rares joue sur leur prix. Le fait qu’elles soient légendaires bien plus encore.

Les moins chers sont les coupés “normaux” dont le prix se situe entre 800.000 et 1 million d’euros en fonction de l’état et de l’historique. Les version Vantage sont encore plus rares et démarrent à 850.000 €. Les cabriolets ? De vraies raretés dont les moins belles autos se vendent au dessus des 900.000 € et dont les plus belles atteignent les 2 millions d’euros !

Donc quand vous en croisez une (et pas une DB4 série V, mais ce n’est pas facile de les distinguer), ne la ratez pas !

Photos additionnelles : RM Sotheby’s

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