Les Autos de l’Équipe, La Renault 4 GTL d’Alexis

Les Autos de l'Équipe, La Renault 4 GTL d'Alexis
Alexis Bonhomme
Alexis est un passionné de photo et d'automobiles bourguignon. Il a rejoint l'équipe de News d'Anciennes en Juin 2018.

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Pour mon premier essai/article pour News d'Anciennes je voulais présenter un véhicule qui cultive une certaine aura auprès des quarantenaires pressés !...

Comme vous vous en doutez en voyant la photo de couverture, cet article sera consacré à celle qui m’a donné accès au monde l’ancienne et surtout au monde de l’automobile : ma Renault 4. Laissez-moi vous racontez pourquoi !

L’Histoire de ma Renault 4 GTL

Née le 30 Octobre 1990, cette Renault 4 est une finition GTL Clan. Elle possède un moteur Cléon 1108 cm3 de 34ch. Le plus gros moteur d’origine présent sur une 4L. Pour satisfaire une partie du cahier des charges imposant le fait que cette auto ne devait excéder une puissance fiscale de 4cv, cette version à un moteur volontairement bridé : Carburateur Zénith 28IF et allumeur spécifique. Le même moteur dans une Renault 5 GTL développe quant à lui 45ch : Carburateur Solex32DIS/ Zénith32IF7 et allumeur spécifique.

Ce simple changement de pièces permet de descendre à la puissance fiscale voulue. L’inverse cependant est une modification courante chez les amateurs de 4L… Modification qui sera faite prochainement ayant les pièces à disposition. Cette auto m’a été offerte pour mes 18 ans par mon père, elle est mon meilleur cadeau. Au-delà de ça elle est surtout celle sur laquelle j’ai appris la restauration automobile : Carrosserie, moteur, châssis…

Cette 4L est une double rescapée du 4L Trophy, elle compte deux participations à son actif. Elle est également une rescapée de la broyeuse… À vrai dire, elle s’en est plutôt bien sortie même si son état général laissait à désirer : Fixations de train arrière HS + talonnement, choc avant, aile arrière gauche redressée à la clef à griffes, pare-chocs tordus et vrillés, intérieur option sable marocain, peinture terne au possible, moteur montrant des signes de fatigue (sûrement dû à de nombreux surrégimes), carter garnis d’un mélange d’huile et de sables et j’en passe !

Voilà l’état dans lequel elle s’est retrouvée à la maison en 2015. Le début d’une longue aventure !

Pourquoi elle et pas une autre ?

Je suis le fils d’un père amoureux du losange qui eût fait ses armes à bord d’une 4L Alpinisée (R4 TL – Moteur R5TS – Amortisseurs/Barres R5 Alpine – Bacquet Mod’Plastia – …), et roulant en Renault Super 5 Baccara muni du moteur F2N au carburateur si capricieux (qui totalise aujourd’hui tout de même 430.000Km) dans laquelle j’ai usé tous mes pantalons sur ces cuirs. Sans parler d’une certaine Renault 21 2L Turbo qui arriva à la maison en 2012, j’étais ce que l’on peut appeler un jeune accroc au losange, qui plus est, des modèles antérieurs aux années 2000.

Malgré les railleries lors de mes années collège/lycée, j’ai toujours eu envie de rouler décalé. Alors, lorsque mon père a ramené cette 4L chez nous pour de bénins problèmes d’allumage j’étais content ! Quelle ne fût pas ma surprise de savoir que quelques mois après, cette 4L était en notre possession. Mon père ayant vu le potentiel de cette auto exempte de rouille (tout de même un début de corrosion sur les longerons arrières) a émis son souhait de la racheter le jour où elle serait à vendre, voici comment elle a été sauvée de la casse ! Son but était clair, le mien aussi, apprendre la mécanique automobile ! Et quoi de mieux qu’une auto qui a été conçue spécialement dans l’optique d’être simple ?!

Ce que j’ai fait dessus :

A son arrivée à la maison la première étape fût celle de l’aspect extérieur : Galerie de toit à enlever et stickers sponsors du Trophy 2015 à retirer (le décapeur thermique et l’acétone ont été mis à rude épreuve). Ce dernier point a permis de découvrir qu’une grande partie de la peinture a été précédemment endommagée, les anciens stickers (de l’édition 2013) l’ayant arraché à certains endroits. Après un bon polissage les défauts étaient déjà moins visibles.

Après quelques mois sans travaux vint le moment de commencer la restauration. La voiture a été posée sur chandelles, l’intérieur s’est retrouvé dans ma chambre et le moteur s’est vu désaccouplé de sa chère et tendre. Fait anodin mais toutefois important, l’hiver approchait ! Peu importe je voulais continuer ! De ce fait, mes week-ends furent rythmés durant une bonne grosse année.

Concernant la restauration en elle-même, grâce aux bons conseils de mon père j’ai entamé la réfection de mes pare-chocs (ponçage, redressage, masticage pour les quelques irrégularités, et peinture). Plus de 15h ont étés nécessaires, et ça pour chaque élément ! Après ça, j’ai pu attaquer la rectification des trains roulants (triangles, bras de suspension,…) qui montraient que le temps avait fait son œuvre. Pendant ce temps, mon père s’occupait de refaire les quelques parties des longerons. Suite aux longues heures passées avec une brosse métallique à la main vint le moment d’attaquer la réfection du bloc moteur.

Après un démontage intégral, le verdict tombe : Segmentation HS, coussinets de bielle HS, culasse à rectifier. La culasse fût emmenée chez un professionnel dijonnais et l’approvisionnement en pièces neuves a été fait (joints, segments, paliers,…). Petite anecdote : la culasse après son retour à vu ses conduits alignés avec la pipe d’admission et le collecteur d’échappement, plus d’infos sur cette pièce sur www.piecesauto.fr.

Après un nettoyage intégral et polissage de la baie moteur et la mise en peinture des éléments visuels (barres de fixations du radiateur, cocotte du filtre à air, bas moteur, barre de renfort entre les deux joues d’ailes, carter de boîte de vitesse) le moteur fut réimplanté dans son emplacement. Après des tests du moteur, le remontage général a pu s’effectuer. Enfin l’épreuve finale fût de passer le contrôle technique. Elle a été remportée haut la main puisque vierge.

Entre temps, ayant eu 18 ans et m’étant impliqué dans cette restauration, mon père m’en offrit les clefs dans l’optique d’avoir une voiture plaisir. Dorénavant, les modifications pour amener cette 4L à mon goût pouvait commencer !

Étant un grand fan de voitures anciennes, et ayant succombé non pas à la mode mais au mode de vie Youngtimer (je suis malheureusement resté bloqué aux années 80 aussi bien en terme d’automobiles qu’en terme de musique) mais aimant surtout les autos dites coursifiées avec des pièces d’époques, l’idée d’une 4L « de course » fit son chemin.



4L version racing

Les modifications commencèrent par l’installation d’une ligne inox (comprenant un silencieux dans l’aile qui n’a seulement que le nom de silencieux). Peut-importe l’auto pourvu que le bruit soit plaisant, alors le plaisir est là… Et quel bruit ! Tous ceux qui ont déjà entendu un Cléon qui donne de la voix savent de quoi je parle, l’auto est transfigurée.

Néanmoins pourquoi faire du bruit si le reste ne suit pas ? Ayant anticipé ce souhait, le train arrière a été modifié pour pouvoir accueillir une barre stabilisatrice à l’aide de pattes de fixation reprenant le principe des trains arrières possédant des barres stabilisatrices. J’ai donc pu installer des barres stabilisatrices de fourgonnette (16mm Avant – 12mm Arrière contre 12mm Avant – 0mm Arrière). Côté moteur aucune modification n’a été effectuée même si les pièces pour un montage en Solex 32 DIS sont là (les priorités sont ailleurs).

Malgré cette petite puissance de 34 ch cela permet amplement à se faire plaisir en conduite quotidienne comme en conduite « sportive »… Oui oui vous avez bien lu sportive ! L’objectif de cette réalisation étant bien entendu la montée historique. Concernant le confort du pilote, les sièges de Clio I  1.9D ont fait place à deux baquets pourvus de harnais routier. Ils sont temporaires le temps de trouver deux baquets Ektor ou deux baquets Mod’Plastia. La banquette arrière quant à elle est présente (ou non selon mon envie) mais le simple fait de l’enlever rend l’arrière de l’auto moins stable. Le poste de pilotage est lui équipé d’un volant ressemblant aux iso-delta, l’idée étant à l’avenir d’avoir un vrai. Côté roues, 4 jantes de Renault 5 Alpine ont pris place (surement par nostalgie et voulant ressembler à la 4L de mon père).

Dernière modification en date est le montage de 4 Cibié Oscar+ (2 Antibrouillards et 2 Longues-portées) le tout en forme de trapèze. Ceux qui me connaissent savent qu’ils ne sont pas encore branchés mais le faisceau est en cours d’étude et de réalisation.

Je me permets d’insister sur le fait que toutes ces modifications sont réversibles pour un retour d’origine de l’auto.

Quelques moments mémorables à son volant :

De prime abord je ne pense pas qu’il y ait plus de moments mémorables que d’autres, puisque c’est mon auto plaisir, et que chaque sortie est unique. Je dirais que le plus mémorable avec elle, est le capital sympathie qu’elle dégage ainsi que la réaction des gens lorsqu’ils voient qu’effectivement une 4L peut suivre le trafic quotidien sans forcer. Je ne compte plus les pouces levés aussi bien de passants que de nos amis de la maréchaussée sans parler de toutes les propositions de rachats et autres souvenirs que des personnes me racontent.

Concernant la conduite pure, ce qui pour moi est le plus mémorable c’est la fiabilité de ce moteur ainsi que le comportement sain qu’à cette auto. Ayant déjà fait des road-trips de plus de 1000km et ayant déjà parcouru un peu moins de 50.000km à son volant en 2 ans, les seules pannes qui m’ont fait m’arrêter sur le bord de la route sont les fameuses saletés dans le gicleur principal. Pour le reste, même après un arrêt prolongé, elle redémarre sans poser de problème… en quelques sorte une auto qui nous rend bien l’attention qu’on lui porte.

Elle est également un bon moyen de s’évader, je ne compte plus les virées nocturnes rythmées par quelques groupes de rock anglais des années 80 et autres musiques de la-dite période. Fenêtre ouverte, coude à la portière, ciel étoilé, musique, chant de l’inox, touché de route unique, ceux qui aiment l’automobile me comprendront.

Pour finir ces moments mémorables, elle m’a surtout fait connaître de très bons amis qui n’hésitent pas à aider sans rien demander en retour, connaître de bons plans, de bonnes adresses, et surtout l’esprit de rouler en ancienne.

Et maintenant :

Aussi jeune que je suis, je n’ai pas pour projet de la remmener dans le désert marocain. Néanmoins, je veux lui donner un aspect et des internes proches de l’origine mais qui reflètent ce pour quoi elle est en ma possession : la montée historique/rallye de navigation.

Tout d’abord lui refaire une belle robe dans sa teinte d’origine, vert sequoia. Malgré un beau faciès, de belles lignes, et de beaux accessoires, elle a beaucoup trop de défauts que l’on ne peut pas qualifier de « dans son jus ». Le soleil à eut raison du toit par exemple. Suite à cela et au fil de mes recherches j’aimerais la monter dans une configuration plus méchante mais avec des pièces qui, comme dirait notre ami garagiste et metteur au point d’une 4L Franco/Belge : « C’est du Renault, tout du Renault ! ». L’idée serait de monter un gros moteur de la régie en transposant tous les éléments châssis de la même banque de pièces. Côté déco, là aussi cela serait une réinterprétation de la déco d’origine de « l’auto donneuse ».

Suite à tout ça, que demander de plus que rouler et entendre les vocalises d’un Cléon à la voix libérée ?

4Listement.

Les Autos de l'Équipe, La Renault 4 GTL d'Alexis

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5 Commentaires

  1. excellent ! manque lus qu’à tout brancher devant et à nous faire une petite vidéo pour voir ce que cela donne dans la nuit et nous faire rugir ton cléon !

  2. le kepi et l’uniforme étaient livrés avec sinon contravention à règler directement à News d’anciennes-pas besoin de la dernière Bugatti pour se faire un grand plaisir

  3. Bonjour,
    félicitations, je souhaiterais dialoguer avec vous pour certaines modifications que vous avez apporté..
    J’ai adapté une R4 qui pousse à + de 160km/H (Boite 5V, carbu double corps, moteur 1490cc)
    Au plaisir ,
    Michel DE SMET
    PS : La R4 a bien sur fait le Trophy…

  4. Bravo Alexis! J’espère pouvoir lire bientôt la suite des évolutions . Texte bien rédigé, vivant et très plaisant à lire! Rien à voir avec certains forums indigestes où tous pensent avoir la meilleure réponse . C’est bien de communiquer sur ton père, ton mentor mécano et mon ami pour toujours. Croire en ses convictions, être passionné, avoir envie d’apprendre et de progresser, c’est très important dans la vie! Alors continue bien!!
    Félicitations d’un humble jurassien
    Zé sergio

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