C’est toujours avec un grand plaisir que nous assistons aux « premières ». En ce 4 octobre 2025, nous avons pu assister à la naissance d’une nouvelle exposition mais surtout, du nouveau Concours d’Élégance d’Ecully (69). Une cinquantaine d’autos de toutes les époques avaient fait le déplacement. Vingt-cinq d’entre elles ont défilé sur le parvis de la Mairie, où étaient installées mesdames les membres du jury de ce concours d’élégance en automobile.
L’organisation
Le concours d’élégance d’Ecully ce sont d’abord trois hommes. Des amoureux de l’histoire automobile qui ont œuvré leur vie durant à la conservation de ce patrimoine, avec une obsession, qu’il reste vivant. Sous l’impulsion de Hervé de Saint Laumer, président du Club HERVE créé en 1972, Alain Guillaume, qui fut l’un des fondateurs du salon Epoqu’auto et Alain de Boissieu, c’est donc le rassemblement d’Ecully qui avait disparu qui reprend vie. Et pour citer Hervé de Saint Laumer :
« Avec Caroline Desombre, présidente du Club HERVE du lyonnais, Bérengère Bouvier, présidente du Club HERVE Spectacles, Antoine Reusa, Président du Club HERVE Entreprise et des connaisseurs de ce milieu, nous avons souhaité faire revivre l’évènement, en lui donnant de l’ampleur grâce à un concours d’élégance. »


Donner de l’ampleur, puisque sur la trentaine de concours d’élégance en automobile recensés en France, il n’y en avait pas sur la place lyonnaise. Un vide que vient donc combler le Concours d’Élégance d’Ecully.
L’exposition
En plein centre-ville, entre la Mairie et l’église, le place de la Libération compte cinquante places qui étaient pratiquement toutes utilisées par les exposants venus à cette première édition du concours d’élégance d’Ecully, ce qui constitue en soi un joli succès.
D’autant que le public aussi était au rendez-vous. Dans cette commune dynamique du nord-est lyonnais, et son grand marché du samedi matin, présenter de superbes autos en plein coeur de ville ne pouvait qu’attirer du monde.



Porsche et Jaguar, Delage et Delahaye, Citroën et Peugeot, Ferrari et Lotus… Les grands noms de l’automobile étaient présents, y compris des autos d’outre-Atlantique, comme la Jeep Willys, bien à sa place place de la Libération, et une Edsel Villager que l’on retrouvera toutes deux au concours d’élégance.
L’opportunité pour les visiteurs d’approcher ces voitures que l’on ne croise pas à tous les coins de rues, avant leur passage devant le jury, et pour les propriétaires de donner un dernier coup de chiffon pour que la belle brille de mille feux.





Le concours d’élégance d’Ecully : l’événement de la matinée
Pour reprendre les mots d’Alain Guillaume,
« Ce type de concours prend non seulement en compte la qualité des véhicules présentés, leur authenticité, leur élégance, mais aussi la tenue des équipages qui doit correspondre au style et à l’époque de la voiture »
Mesdames les sept membres du jury devaient bien garder cela en tête au moment d’attribuer leurs notes, bien aidées par Alain Guillaume, speaker pour l’occasion, qui présentait par le menu les modèles, techniquement, mais aussi en agrémentant l’exposé d’anecdotes marquantes.





Le Concours d’Élégance d’Ecully s’est donc organisé autour de trois classes d’une dizaine de voitures chacunes, en fonction de leur âge, de 1937 pour la plus vieille à 1995 pour la plus récente.
Première série de 1937 à 1958 : les Anciennes
La France et le Royaume-Uni dominent cette série de 9 voitures.
On y retrouve les grands noms du luxe à la française, aux voitures équipées de leurs boîtes Cotal électromagnétiques, avec une Delahaye 135 MS Cabriolet Mylord Chapron et une Delage D6 Olympe dessinée par Guilloré, deux coupés respectivement de 1937 et 1946.
On retrouve aussi deux autos parmi les plus rares de nos constructeurs généralistes avec une Traction 11 roadster de chez Citroën avec notamment ses belles jantes Pilote, typiques des avant-guerre, et un coupé Peugeot 203 de 1953, dont il ne reste qu’une soixantaine d’exemplaires sur les 955 produits.






Outre-Manche, un triplé Jaguar, Aston Martin et Morgan. La Jaguar XK 150 de 1958 et la Morgan 4/4 Série 1 de 1948 sont deux rutilants cabriolets, tandis que le coupé Aston Martin DB2/4 MkIII de 1957 innovait en son temps pour avoir été le premier modèle hatchback, le hayon donnant sur l’habitacle.






Pour finir cette première classe du Concours d’Élégance d’Ecully, on trouvait l’une des plus américaines des allemandes, puisque le coupé Karmann-Ghia sur base Volkswagen, a été essentiellement commercialisé aux Etats-Unis, voiture des jeunes de la fin des années cinquante. L’autre était une authentique américaine, mais aussi un symbole de la seconde guerre mondiale : la Jeep Willys, conçue en quelques mois et pouvant être parachutée.





Deuxième série de 1959 à 1970 : les Classiques
La seconde série du Concours d’Élégance d’Ecully permettait de voir sept de ces Classiques. Plus de française, tandis que les anglaises trustent cinq des sept places, dont deux du constructeur né à Blackpool !
Et oui, Jaguar a sorti des modèles d’exception durant les années 60, dont celle que Enzo Ferrari avait qualifié de « plus belle voiture du Monde » : la Type E. Le modèle présenté au concours est sorti de l’usine en 1963.
Au milieu des sixties, avec son 6 cylindres de 3,8 Litres, la MkII série S (notre essai par ici) est l’un des premiers « sleepers », puisque sous ses airs de familiale classique, sommeille une vraie bête de course, comme on peut encore le voir lors du Tour Auto !





Pour la première du Concours d’Élégance d’Ecully, impossible d’imaginer ne pas avoir de Rolls Royce, véritable symbole de luxe et d’élégance. C’est une Silver Cloud série 2 de 1960 qui relève le défi, avec son V8 en alliage d’aluminium de 6230 cm3 à la puissance… « Suffisante » d’après l’artisan de Goodwood.
Si l’Austin Mini Monte-Carlo de 1968 a eu quelques soucis mécaniques et n’a pas pu se présenter devant le jury du Concours d’Élégance d’Ecully (cela arrive parfois sur les anciennes qui peuvent être capricieuses), ce n’est pas le cas de l’autre Aston Martin, une DB6 Mk2 de 1970, évolution de la DB5 bien connue de l’espion de sa Majesté. Avec son six cylindres en ligne de 4 litres de cylindrée au feulement feutré, et ses ailes arrières élargies pour une monte pneumatique plus large, ce modèle n’a été produit qu’à 248 exemplaires.





On retrouve de nouveau dans cette seconde classe du Concours d’Élégance d’Ecully, à côté des anglaises, une allemande et une américaine. Outre-Rhin, concourait une Porsche 356A de 1959, avec son design tout en rondeur cette évolution se démarque de la série précédente de 356, dite pré-A, par un pare brise en une seule partie et surtout des vitrages en verre trempé « Securit ». La 356 reste mue par des moteurs à quatre cylindres, mais déjà à plat, de type boxer, refroidi par air.
Venue tout droit de l’amérique de la fin des années 50, l’Edsel est une marque créée par Ford pour promouvoir une gamme de modèles prenant en considération l’ensemble des besoins et désirs des américains de cette période. Une voiture dont le propriétaire ne tarit pas d’éloge, mais qui est devenu synonyme de fiasco automobile car invendable malgré son gros V8. Ce qui en fait une rareté aujourd’hui, surtout dans la version Villager Station Wagon (break long) présentée au Concours d’Élégance d’Ecully.





Troisième série de 1970 à 1995 : les Modernes
Les plus jeunes des anciennes étaient aussi les plus nombreuses au Concours d’Élégance d’Ecully avec neuf concurrentes 100% européennes. Les françaises reviennent et les italiennes font leur apparition, à côté des anglaises et allemandes.
Les italiennes justement sont la plus ancienne et la plus récente. Un superbe coupé Fiat 850 Spider, signé Bertone, de 1970 d’un côté, et une Ferrari 456 GT signée Pininfarina, de 1995 de l’autre.
Le coupé 850 Spider est un des plus gros succès de Fiat, en cette fin des années 60 et début 70. Les yé-yé s’en vont, mais les envies de liberté restent si bien que ce type de petites voitures sympathiques et abordables sont prisées par beaucoup de conducteurs.
Côté Ferrari, la 456 GT était la version luxe 2+2 de la gamme, avec son 12 cylindres à l’avant. Mais la sportivité n’était pas oubliée avec cette GT : le 0 à 100 km/h était expédié en 5,2s et les 300 km/h étaient atteints. Un beau modèle pour un concours d’élégance.





Sur les dix autos, trois sont des Citroën mythiques. Difficile encore une fois de ne pas voir dans un concours d’élégance une SM et une DS.
La SM, au coeur italien, à la suspension hydropneumatique et à la direction Diravi (les roues reviennent automatiquement en position droite, notre essai est par là), est une des rares GT françaises. Quant à la DS, on ne la présente plus. Championne de l’innovation, au design révolutionnaire tout comme sa suspension et son confort, le modèle présenté est une DS 20 Pallas de 1973.
La troisième Citroën n’est autre qu’une descendante de la TPV, très petite voiture, voulue par André Citroën au sortir de la guerre : la 2CV. Une voiture iconique s’il en est qui fait toujours sont petit effet, même dans un concours d’élégance. Celle qui était capable de traverser un champ sans casser les oeufs embarqués dans l’aventure, a bien évolué depuis ses débuts et c’est une des dernières produites qui est présentée au Concours d’Élégance d’Ecully : une version AZKA de 1990, la production des 2CV s’arrêtant le 27 juillet de cette année là.






Deux Porsche 911 et une Mercedes SLC série W107, encore appelée C107 représentent les constructeurs allemands dans cette troisième classe du Concours d’Élégance d’Ecully.
La 911 T 2.4L de 1972, c’est tout simplement la première 911, la 911 type 901. C’est celle à laquelle on pense quand on entend ce chiffre, c’est aussi celle qui inaugure le fameux Flat-Six refroidi par air, ici en 2,4 litres de cylindrée et 130 chevaux. Pas de Turbo, le T signifie simplement Touring.
Vient ensuite une type G, évolution du type 901, reconnaissable à ses gros pare-chocs imposés aux USA. La cylindrée est supérieure aussi, avec un 3,2 litres sous le capot arrière. Sur les modèle présenté, les amortisseurs sport et la garde au son réduite la rendent encore plus agressive, prête à bondir et à dévorer le bitume. Le gros aileron est une option d’origine Porsche pour affûter encore le look.






On termine ce Concours d’Élégance d’Ecully par une puce et un OVNI. La puce est bien connue des amateurs du Tour Auto. C’est la Lotus Elan ici dans une version S4 Sprint de 1971. Fidèle au « light is right » vanté par le créateur de la marque Colin Chapman.
L’OVNI, c’est une De La Chapelle Type 55 Roadster. Cette voiture est une interprétation de la mythique Bugatti Type 55, intégrant des évolutions qui en font un engin décalé certes, mais parfaitement fini, efficace. Moteur L6 d’origine BMW, un châssis rigoureux pour une tenue de route irréprochable. Il semblerait que pour les rares propriétaires de cette auto, les éloges ne tarissent pas. Peut être parce que Xavier De La Chapelle était présent au Concours d’Élégance d’Ecully ? Probablement pas, sa présence n’ayant été annoncée qu’au moment du passage de la voiture devant le jury.





Le résultat du concours
Pour la première série, ce sont les équipages de la Delage, de la Jeep et de la DB2 qui remportent ce premier Concours d’Élégance d’Ecully.





Les récompenses de la seconde série sont décernées aux équipages de la Rolls Royce, de la Jaguar MkII S 3,8L et de l’Edsel. Quant à la troisième série, sont récompensés les concurrents en Mercedes C107, De La Chapelle Type 55 et Ferrari 456 GT.





Et pour conclure ?
Pour un coup d’essai, ce Concours d’Élégance d’Ecully est finalement un coup de maître : des voitures prestigieuses et en état concours, des informations toujours pertinentes données lors du passage de chaque auto, mais surtout, très important pour ce type d’événement, des horaires scrupuleusement respectés.
Et pour couronner tout cela, le soleil qui nous a gratifié de sa présence alors qu’au petit matin le temps était encore incertain… En un mot, une première édition qui devrait être suivie par, espérons le, beaucoup d’autres !
Quelques photos pour finir et attendre cette prochaine édition du concours d’élégance d’Ecully, et qui, nous venons de l’apprendre, aura lieu le 3 octobre 2026, même lieu. A vos agendas !

















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