Histoire de Carrossiers, ép. 12 : Guilloré, carrossier tardif

Histoire de Carrossiers, ép. 12 : Guilloré, carrossier tardif
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Ce mois-ci on s’intéresse à un carrossier français méconnu. En même temps Guilloré a eu une période d’activité assez courte et son style très classique ne fut pas le plus remarqué.

La carrière d’Alphonse Guilloré

Né en 1896, Alphonse Guilloré est tôlier formeur de formation. Cependant il a 18 ans quand éclate la première guerre mondiale. Combattant dans des bataillons de chasseurs à pied il est grièvement blessé pendant le conflit et déclaré invalide à 100 %.

Cela ne l’empêche pas de continuer son métier premier. Ce n’est qu’en 1924 qu’il crée sa propre société de carrosserie. Travaillant d’abord comme sous-traitant pour plusieurs usines il noue un partenariat fort avec Delahaye à partir de 1934.

Mais en 1937 il devient un peu plus indépendant et signe ses propres créations. Les châssis sont le plus souvent des Delahaye 135 mais il commence également à travailler sur des Delage (dont une D8-120 pour la présidence de la république) et réalise également une Bugatti Type 57 en 1938.

Forcément son activité s’interrompt avec la seconde guerre mondiale. Mais c’est en fait après celle-ci que Guilloré signera le plus d’autos. Les Delahaye 135 M, coupé, cabriolet voir même Shooting Brake sont ses créations les plus courantes. Quelques Talbot-Lago font aussi partie de ses réalisations. Les modèles les plus luxueux ont leur petit nom. Béarn, Estérel, Dauphiné ou Alpin sont ainsi les sobriquets de quelques autos qui se distinguent en concours d’élégance. Le cabriolet Estérel remportera ainsi le concours d’Enghein en 1948 et le Béarn celui de Monte Carlo. Il réalise également une des Bugatti Type 101 en 1951.

En 1954 la fermeture de Delahaye met à mal ses commandes. Pour autant la carrosserie Guilloré ne ferme pas, alors qu’autour d’elle c’est l’hécatombe. Déjà du temps de sa collaboration “d’usine” avec Delahaye la société carrossait des camions de la marque. C’est vers cette activité que s’orientera Guilloré en produisant pendant 20 ans des véhicules pour les Pompes Funèbres Générales, mais aussi des camions radiologiques ambulants et d’autres pour la médecine du travail. Des dizaines de camions militaires Berliet seront également habillés par l’entreprise.

À la mort d’Alphonse Guilloré en 1974 l’entreprise disparaît également.

Quelques réalisations signées Guilloré

Brandone, dont on vous parlait le mois dernier a vu beaucoup de ses créations attribuées à d’autres. Pour Guilloré c’est la même chose. Beaucoup de ses réalisations, particulièrement les Delahaye 135 ont été faussement attribuées à Chapron.

Cette auto est datée du tout début des activités de Guilloré. On est fin 1936 / début 1937 et c’est évidemment une Delahaye :

En 1938 Guilloré carrosse aussi sa première Bugatti. Il s’agit d’un coupé Type 57 à la ligne très effilée.

Dans l’immédiat après-guerre, en 1946, on retrouve ce coach 135 M passé par la case enchères chez RM Sotheby’s.

Autre auto de la même année, beaucoup plus originale. C’est bien une Delahaye 135 mais carrossée en shooting brake “woody”.

Pour l’année 1947 on a trouvé la trace de deux Delage D6 3Litres Cabriolet :

On retrouve également ce cabriolet sur base 135 MS. Il a un nom qui ne le lie pourtant pas à Ford ou Simca : Vedette !

En 1948 on retrouve notamment cette Delahaye 135 MS Cabriolet :

Même année pour ce second cabriolet, plus trapu :

La Delahaye GFA 148L Limousine qui suit est estimée à 1949. On a pu la voir lors de la vente Baillon par Artcurial où elle est partie contre 30.992 €.

En 1949 on retrouve aussi cette Delahaye 135 M Cabriolet proposée à la vente en 2019 par RM Sotheby’s à Paris mais qui ne s’est pas vendue.

Même année pour cet autre cabriolet 135 M vendu 107.280 € en 2016 par Artcurial lors de Le Mans Classic.

Encore 1949 pour ce cabriolet 135 M passé par la vente d’Amelia Island 2019 de Gooding & Co et vendu 475.000 $.

Et puis de 1949 on retrouve également ce coupé 135 MS “Alpin”. Il était lui proposé par Bonhams lors de sa vente au Grand Palais en 2019.

Dernière auto de 1949 (ou de 1950 selon les sources) avec un “petit nom”, un Cabriolet 135 M “Atlas” qui est passé par plusieurs ventes aux enchères américaines dans la dernière décennie.

Première auto de 1950, une Delahaye 135 M Cabriolet “Estérel”. Une auto en parfait état qui sera proposée à la vente par Artcurial dans le cadre de la dispersion de la collection Trigano (est. 90-150.000 €).

Cette auto là est présumée dater de 1951. C’est une Talbot Lago T15 LB cabriolet. Elle est aussi passée par la collection Baillon et a été vendue par Artcurial en 2015 pour 71.520 €.

En 1951 Guilloré propose aussi une déclinaison luxe d’une auto plus populaire. C’est la Renault Prairie dans une version limousine 8 place. Un ou deux exemplaires seront réalisés.

En 1952 Guilloré est le carrossier de deux des Bugatti Type 101. La première est une berline 4 portes, la seconde est ce coach passé notamment aux enchères chez Bonhams en 2008.

La même année avec un style un peu plus massif mais plutôt moderne, on retrouve cette Delage D6 3Litres limousine construite pour les besoins de l’assemblée nationale. Elle sera également proposée lors de la vente de la collection Trigano par Artcurial (est. 25-30.000 €).

Photos additionnelles : RM Sotheby’s, Bonhams, Coachbuild, Artcurial

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1 COMMENTAIRE

  1. Merci pour ce travail sur ce carrossier méconnu et surtout l’histoire de ces véhicules qui redécouvrent leur histoire la ou certains n’y voient qu’un chiffre Frederic

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