La Porsche 917 K 81, quand une légende revient en piste

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La Porsche 917 K 81, quand une légende revient en piste
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Championnat du monde des voitures de sport, 24h du Mans, CanAm, Interserie, entre 1969 et 1973 la Porsche 917 est une tueuse et s’adjuge des victoires presque partout où elle passe. Mais les changements de réglementations la relègue au musée… jusqu’à l’arrivée de la Porsche 917 K 81 !

Une histoire de règlement

En 1972 le règlement des courses d’endurance change. Les Porsche 917 et Ferrari 512 et leurs gros moteurs ne sont plus les bienvenues et doivent faire place nette pour les prototypes 3 litres, qui partagent d’ailleurs la cylindrée avec les moteurs de F1. Les Matra sont les premières gagnantes avec des Alfa Romeo comme principales concurrentes.

Mais à la fin des années 70 l’Endurance ne va pas si bien. Les Turbo ont entraîné une hausse des coûts et les amateurs sont de moins en moins nombreux (pourtant c’est bien Rondeau qui s’adjuge la victoire en 1980). On réfléchit donc à une nouvelle réglementation : le Groupe C qui entrera en vigueur en 1982.

Du coup en 1981 on autorise de nouveau les moteurs de plus de trois litres. Il y a deux buts : remplir les plateaux mais aussi tester les moteurs des futures autos.

La Porsche 917 K 81 une “continuation” avant l’heure

Les frères Kremer

Avant de parler de la Porsche 917 K 81 qui nous intéresse, parlons rapidement de ses créateurs. Les frères Kremer se lancent en compétition dans les années 60. Dans les années 70 ils sont déjà très Porsche en exploitant (et préparant à leur sauce) des 911, des 914 et des 934.

Quand la Porsche 935 arrive ils créent leurs K1 et K2 en 76 et 77. La K3 sera leur évolution de la 935/78 et avec elle ils gagneront tout, notamment le général des 24h du Mans 1979.

À peu près à la même époque ils commencent à ouvrir un département historique et se font quelques clients parmi les néo-collectionneurs de Porsche 917. Ils reçoivent même les plans de l’usine pour les aider à refabriquer certaines pièces. En fait les frères Kremer se mettent à fabriquer une réplique.

On leur souffle alors l’idée de ne pas engager cette réplique en historique mais bien en moderne. Fin 1980 la voiture est presque finie et le directeur sportif de l’ACO, Alain Bertaut leur souffle l’idée de la mettre sur la piste.

On se lance alors dans la fabrication de la Porsche 917 K 81… dans son étude déjà. Les performances des autos ont bondi et celles des pneus aussi. Il faut un châssis plus costaud et il est renforcé notamment avec de plus gros tubes. Il prend 15kg dans l’histoire. L’aéro de la 917 a également 10 ans. Alors on redessine tout, en arrondissant les angles, au sens propre, mais aussi en ajoutant un aileron. Seul le pare-brise et les portes sont gardés !

La Porsche 917 K 81, quand une légende revient en piste

La voiture est prête au printemps et chez Kremer on est confiants. Selon des simulations informatiques la Porsche 917 K 81 (K pour Kremer, rien avoir les KH qui signifient queue courte) devrait tourner en 3’30” et le moteur 4,5 litres fourni par l’usine pour la course devrait lui permettre d’être performante niveau consommation.

24h du Mans 1981 : la théorie et la pratique

Avant de venir en terre mancelle la Porsche 917 K 81, qui affiche déjà ses couleurs Malardeau, fait un déverminage sur le Nürburgring “Grand Prix”. Au volant trois français : l’expérimenté Bob Wollek, Xavier Lapeyre et Guy Chasseuil. Ils tournent une vingtaine de tours.

La voiture arrive aux 24h du Mans et elle est présentée comme une des favorites au même titre que la Porsche 936 d’usine sortie du musée et que la Rondeau tenante du titre.

Premier problème : niveau réglementaire la Porsche 917 K 81 se voit refuser l’admission dans la classe des voitures fermées. La largeur entre les montants de pare-brise n’est pas bonne et c’est une ouverture découpée dans le toit qui la sauve en la faisant passer dans la catégorie des voitures ouvertes.

Aux essais on se rend vite compte qu’on est loin du compte. La Porsche 917 K 81 est à 25 secondes des 936. Le moteur ne semble pas assez puissant tandis que l’aéro n’est pas bien calée. Par manque de temps les pièces redessinées ne sont pas passées en soufflerie et ça se sent. On essaye d’y remédier en montant le “gros” moteur de 4,9 litres mais l’équipe Kremer se rend compte que sa création a un sérieux déficit de vitesse de pointe (290 km/h seulement). En vérité c’est le moteur qui n’arrive pas à bien fonctionner, trop engoncé sous son capot il n’a pas assez d’air. L’équipe se remet à découper, cette fois le capot arrière.

Wollek s’emploie et assure le spectacle. Il qualifie l’auto à la 18e place en 3’46″54, à 16 secondes des simulations. La prétendante à la victoire est dans les choux…

C’est l’Alsacien qui sera au départ et il perd 15 secondes sur les premiers… à chaque tour ! Et puis on se rend vite compte que le 4,9 litres a sacrifié un avantage espéré de la Porsche 917 K 81. La consommation devait être faible mais l’auto doit ravitailler avant d’avoir bouclé la première heure. À la fin de celle-ci Lapeyre est au volant et pointe à la 10e place.

À 18h30 Chasseuil rentre aux stands en poussant l’auto en panne d’essence. Lapeyre n’est pas prêt à reprendre le volant et Wollek, affecté par la mort de Lafosse et déçu des performances est suffisamment démotivé pour ne pas reprendre le volant. Chasseuil rentre finalement deux tours plus tard et s’évanouit juste après que Lapeyre l’ait relayé ! La séance de poussette et la chaleur dans l’habitacle l’ont achevé. L’aventure Porsche 917 K 81 tourne au fiasco.

Peu avant 20h la voiture navigue au delà de la 20e place. Bob Wollek qui doit reprendre le volant va au clash. Il est déçu des performances de l’auto mais aussi de ses équipiers qu’il juge “pas professionnels à ce niveau. Ils ne roulaient pas assez vite et ne comprenaient pas assez la course“. Chasseuil dispute pourtant ses 11e 24h du Mans et a déjà fait un podium sur Ligier JS2 et une victoire de classe sur 914 tandis que Lapeyre en est à ses 7e 24h du Mans avec une victoire de classe à la clé. L’Alsacien n’en démord pas… et quitte le circuit !

Quelques minutes plus tard Lapeyre est gêné par une 935, part en tête à queue au virage Ford et l’arrière de la Porsche 917 K 81 touche le rail. Il rentre au stand pour réparer et ce sont 32 minutes qui s’envolent.

Une heure plus tard, une fuite d’huile consécutive à l’accident entraîne une casse moteur. La Porsche 917 K 81 abandonne.

La Porsche 917 par la suite

La Porsche 917 K 81 refera une autre sortie. C’est à Brands Hatch en Septembre 1981 que Wollek (pas de rancune ni d’un côté, ni de l’autre) est associé à Pescarolo. Qualifiés 3e ils vont même mener la course. Las, au bout de 52 tours la suspension lâche.

La Porsche 917 K 81 rejoint le musée privé des frères Kremer. Elle y restera peu de temps puisqu’elle est vendue en 1986 à un collectionneur français.

C’est pour cela qu’on a pu la voir en course au Mans Classic en 2014 ou encore exposée à Rétromobile en 2017. Mais elle est aussi de sortie presque à chaque édition du Sport et Collection où elle n’est d’ailleurs pas toujours la seule 917 sur la piste.

Sources : les24heures.fr, Carjager
Photos complémentaires : Luc Joly, Automania.be

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