C’était ce week-end dans le sud de l’Angleterre. Sur l’île toujours verte, la campagne du Sussex l’est encore plus et ça se voit même en bord de piste. Goodwood Revival 2025 nous a offert trois grandes journées de spectacle, un spectacle son et lumière qui n’a son pareil nulle part ailleurs (même si beaucoup aimeraient). Malgré une météo changeante, les spectacle, en piste et autour, était présent, on vous y emmène.
Au programme
Côté piste : le spectacle était attendu
On vous a parlé de l’ambiance incomparable ? On y reviendra parce que le prétexte à cette ambiance, c’est bien l’action en piste. Goodwood Revival 2025 n’a pas déçu et le spectacle était au rendez-vous. Rares sont les événements montrant de telles bagarres, une telle maîtrise des pilotes et puis, finalement, des véhicules à ce point exceptionnels.
Des plateaux de fou
Il en faut pour tous les goûts non ? Alors que Le Mans Classic 2026 fera la part belle aux voitures anciennes et pas si anciennes d’après 1976, il ne fallait pas espérer en entendre une seule sur la piste de Goodwood Revival 2025… puisque cette 26e édition, comme les précédentes ne rassemble que des voitures qui ont couru pendant la période d’activité du circuit, c’est à dire de 1948 à 1966.
1948 ? C’est tardif et pourtant des avant-guerres sont bien au départ du Goodwood Trophy. Ce plateau des plus anciennes de Goodwood Revival 2025 rassemble en fait les voitures d’avant-guerre qui ont relancé la compétition après le conflit, secondées par des voitures des années 40 et 50.

Ensuite, on retrouvait leurs descendantes. La Madgwick Cup avec ses petites barquettes (souvent anglaises) des années 1955 à 1960. On y retrouvait majoritairement des Elva-BMW et des Lotus-Ford, mais aussi quelques machines un peu plus exotiques comme cette Pandora propulsée par un bloc Austin.
Même période pour les voitures du Sussex Trophy, mais cette fois avec des prototypes plus gros, ceux qui ont fait le bonheur du Championnat du Monde des Voitures de Sport. Place aux Jaguar Type D, aux Liste, aux Cooper Monaco, avec leur carrosseries profilées.
La fin des années 50 était représentée par le Freddie March Memorial Trophy, celui qui regroupait sur la piste les voitures qui ont brillé aux 9h de Goodwood. Une belle réunion de Jaguar (majoritairement Type C) et d’Aston Martin DB3S, accompagnées de Cooper, Alfa ou encore Ferrari.



On entrait dans les années 60 avec le Stirling Moss Memorial Trophy, l’ancien Kinrara Trophy et certainement l’une des courses phares de Goodwood Revival 2025. Celui-ci regroupe des voitures qui signent l’âge d’or des GT des années 60, avec Jaguar Type E, Ferrari 250 GT, Aston Martin DB4, ou encore les Shelby Cobra, équipées de hard-top.
La suite directe au niveau chronologique, c’est le RAC TT Celebration avec des GT et protos fermés des années 60 à 64. C’est probablement le plateau le plus varié de Goodwood Revival 2025, mélangeant Cobras, Jaguar, Bizzarini, Sunbeam, Chevrolet, TVR… et j’en oublie.
Le Whitsun Trophy regroupait, lui, des prototypes de 1960 à 1966 même si les bolides présents à Goodwood Revival 2025 tendent plus sur la fin de la période. Ici, les moteurs ne font pas dans la dentelle, avec des cylindrées allant souvent titiller les 6 ou 7 litres, venant de big blocks Ford ou Chevrolet.





Les plus spectaculaires des plateaux ? Ce sont certainement ceux regroupant les voitures de tourisme et autres GT. Le Fordwater Trophy regroupait des voitures de 1955 à 1960 avec de belles anglaises au programme. Lotus, Morgan, Ginetta… la bande des poids plumes au complet, accompagnée de quelques machines taillées pour la performance, comme des Abarth ou Porsche 904, coursant les Shelby GT350 qui, d’un seul coup apparaissent géantes.
Comme à son habitude, les bagarres les plus captivantes de Goodwood Revival 2025 étaient celles du St Mary’s Trophy. Des pilotes de renom, des voitures très variées et des coups de portières et des glissades étaient au programme. Ce plateau rassemble des voitures aux performances disparates, allant de la frêle Austin A35 à la massive Ford Thunderbird. Et tout le monde se bat pour ne pas céder le moindre mètre à l’adversaire, on en redemande toujours.



Enfin, il ne fallait pas oublier les monoplaces. Les Richmond & Gordon Trophies regroupaient les F1 des années 1952 à 1960, un plateau plutôt rare par chez nous regroupant les F1 de 2,5 litres de cylindrée. Un plateu regroupant Cooper et Lotus à moteur Climax, mais aussi quelques Maserati 250F.
Suivait le Glover Trophy qui amenait sur la piste de Goodwood Revival 2025 les F1 des années 1961 à 1965 avec leurs petits moteurs 1,5 litres. Le plateau quasi 100% britannique avec une majorité de Lotus et Cooper, mais aussi de BRM. Les deux seules voitures venant bloquer cette statistique étant une Ferrari et une ATS.
Enfin, il ne fallait pas oublier les motos à Goodwood Revival 2025. Oui, le circuit peut faire peur quand on voit ces bolides là mais le Barry Sheene Memorial Trophy regroupait toujours ses machines de Grand Prix d’avant 1955. Au programme, Norton et Matchless, les locales de l’étape, mais aussi quelques BMW.





Des bagarres folles
Il ne faut pas oublier une chose, même si Goodwood Revival 2025 est d’abord et avant tout une célébration du sport automobile d’une époque aujourd’hui révolue, les pilotes ne viennent pas pour autant pour enfiler des perles. La bagarre est toujours là, parfois très serrée. Avec la météo changeante, l’adhérence de la piste a évolué tout le week-end, amenant à quelques figures sans gravité.
Bref du spectacle pur et dur, avec des pilotes au coude à coude, se poursuivant à des distances que l’on ne croise beaucoup plus rarement dans les disciplines modernes.





Bolides et pilotes au gros pedigree
Au niveau des engins mythiques, difficile de faire son choix, tant le pedigree des voitures en piste est bluffant, même pour celles qui n’ont pas de grande victoire à leur tableau de chasse, elles ont eu une carrière pour le moins trépidante.
Et c’est la même chose du côté des pilotes. Goodwood Revival 2025 ne déroge pas à la règle, et le Gotha du sport automobile était réuni sur le circuit. Du côté des pilotes connus, la liste est longue, et couvre presque toutes les catégories imaginables. Citons pêle-mêle Damon Hill, Dario Franchitti, Romain Dumas, André Loterrer, Tom Kristensen ou encore Jenson Button. Cependant, on pouvait aussi croiser des pilotes de Nascar ou de l’âge d’or du BTCC comme Scott Dixon, Matt Neal ou encore Steve Soper. Et bien évidemment, Jackie Stewart était présent, parrainant la course des enfants.
Petite mention spéciale pour un gentleman driver que l’on connait surtout pour ses frasques télévisuelles, Rowan Atkinson, alias Mr Bean, venu s’amuser à bord de sa Jaguar MkVII.





Des parades pour chauffer la salle
Toutes les voitures n’étaient pas en piste pour remporter un trophée lors de Goodwood Revival 2025. Comme pour tous les bons spectacles, il se passe toujours quelque chose en scène même quand les têtes d’affiche ne sont pas de la partie.
Cette année on a eu droit à plusieurs parades et démonstrations. Les premières, ce sont des véhicules dont on se demande un peu ce qu’ils font là. Oui, après une 250 Châssis Court, un Sherman M4A1, ça fait bizarre !
Autre véhicule un peu incongru sur la piste, le Volkswagen Type 2 est venu célébrer ses 75 ans lors de Goodwood Revival 2025, ce qui n’est pas sans rappeler ce que l’on pouvait faire il y a quelques années sur Gran Turismo.







Alfa Romeo avait également droit à sa parade. La marque milaniase fête ses 115 ans cette année et c’était l’occasion de montrer au public des engins qui ont marqué ce siècle (et quelques poussières) d’histoire.





Cependant, le moment hors course le plus mémorable de Goodwood Revival 2025 est probablement la démonstration en hommage à Jim Clark, dont c’était le soixantième anniversaire de son second titre de champion du monde de F1. En hommage à ses parents, éleveurs, les orgnaisateurs ont fait courir un troupeau de moutons sur la ligne droite, lui donnant le nom de Goodwool Cup (et je vous laisse regarder la vidéo sur la chaîne Youtube de Goodwood, les noms donnés aux moutons sont à mourir de rire).

Enfin, le moment attendu par les plus petits : les 340 yards à faire en voiture à pédale ! Ici aussi, la grille est pleine, et il ne faut pas le nier, même les photographes s’amassent le long de la piste pour immortaliser ce court instant de pur amusement.




Goodwood Revival 2025 côté coulisses
Pas de répit en piste. Il faut donc s’en extraire en faisant appel à toute sa bonne volonté et parfois sa mauvaise foi pour rejoindre les coulisses où le spectacle est aussi présent. S’il faut un argument supplémentaire, le prix de la pinte peut convaincre !
L’ambiance incomparable
Au risque de se répéter d’une année sur l’autre, le show se passe tout autant sans voiture, ou presque ! Si vous ne le savez pas encore, équipes et pilotes sont habillés en tenue d’époque, et le public est vivement invité à adopter ce dress code (vous détonnerez très rapidement en tenue moderne, croyez-moi).
Résultat des courses, le circuit devient une vraie capsule temporelle. Avant même de se pencher sur les différentes animations disponibles autour de la piste, juste regarder les spectateurs est un vrai régal pour les yeux. Entre les costumes, les uniformes, les combinaisons ou les robes de ces dames, tout fleure bon le vintage, et pour une fois l’anglicisme est adéquat.





Du côté des animations, vous avez le choix, entre le cinéma de plein air qui vous propose de redécouvrir, Grease, L’Or se barre ou encore Dirty Dancing, les manèges anciens, ou encore la piste de danse, on ne sait pas forcément que choisir, si on veut faire une pause loin des moteurs hurlants. Mais ce n’est pas tout, il y a également des stands de barbiers et coiffeurs/maquilleurs, qui permettent aux spectateurs de donner la dernière touche à leur apparence, tout en se faisant pomponner.



parking collection et Parking Collection
C’est un peu le contre-événement qui se forme naturellement à chaque édition. Goodwood Revival 2025 ne fait pas exception à la règle, le parking visiteurs est une mine d’or, et le parking collection, une véritable mine de diamants. S’il n’y avait pas autant de choses à voir de l’autre côté de la grille, on pourrait y passer la journée, tant les modèles présents sont beaux, et pour certains, peu connus dans nos contrées.







Un village remuant
Goodwood Revival 2025, comme tout événement du genre, permet aussi de… vider son portefeuille. Les stands marchands sont nombreux et on retrouve les suspects habituels de ce genre d’événement. Négociants auto, vendeurs de vêtements (vintage ici, bien évidemment) vendeurs d’automobilia, d’art, ou encore… de voitures à l’échelle. Il y a tout ce qu’il faut pour vous faire repartir plus chargé qu’à l’arrivée, là où votre compte en banque aura drastiquement perdu du poids.





Dans le premier village, on retrouve même de quoi vider un compte en banque, même s’il est bien rempli. Dans un chapiteau on retrouve les lots de la vente Bonhams de Goodwood Revival 2025. Habituée des lieux, elle exposait autant d’automobilia que de lots automobiles. D’ailleurs, côté voitures anciennes, c’était ambiance locale avec beaucoup d’anglaises mais aussi beaucoup de voitures de compétition et de sport. On vous livrera les principaux résultats juste après cet article.






Les roues au sol et la tête en l’air
Au centre du circuit, il y a une animation à ne pas rater : les avions. À Goodwood Revival 2025 ils étaient encore nombreux et rappelaient que cet endroit a surtout été préparé pour être un terrain d’aviation pendant la seconde guerre mondiale.





Des voitures anciennes encore et toujours
On vous a déjà montré beaucoup d’anciennes… et si on en reprenait une petite dose ? Parce qu’en fait le village était rempli d’anciennes. Des foodtrucks, oui, mais pas que. Au fil des allées, on tombe ça et là sur une Austin A35 ou quelques motos de la Seconde Guerre Mondiale. En résumé, vous ne pouvez aller nulle part sans qu’on rappelle à votre souvenir que vous êtes ici pour faire l’expérience de l’histoire mécanique.
Comme tous les ans, le mini Earl’s Court accueille une exposition thématique. Cette année, d’un côté un hommage aux 70 ans d’Alpine, de l’autre, les art cars BMW étaient à l’honneur, et il faut bien l’avouer, les modèles choisis attiraient l’œil, je vous laisse en juger.







Conclusion
C’est un leitmotiv, je sais, mais comme à chaque fois… on en redemande ! Goodwood Revival 2025 n’a pas failli à la réputation de l’événement, on en a pris plein les yeux, plein les oreilles et on n’en a définitivement pas eu assez.
Rendez-vous du 18 au 20 septembre 2026, pour la prochaine édition, en attendant, je vous laisse avec quelques photos supplémentaires.






















joelphil48
Excellent
· · 18 septembre 2025 à 10 h 32 min
Pascal
J’ai passé un week-end de dingue à goodwood, bravo pour cet article qui dépeints en détail ce que c’était
Inoubliable, l’incroyable dinguerie de ses britannique , bref du bonheur à l’état pur même sous la pluie
· · 18 septembre 2025 à 19 h 52 min
David Ian Wilson
J’ai regardé l’événement ici en France, sur YouTube, mais vous avez parfaitement saisi l’ambiance du Goodwood Revival. Bravo, Ian.
· · 24 septembre 2025 à 11 h 31 min