Essai Peugeot 306 2.0L HDI : Question d’interprétation

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Essai Peugeot 306 2.0L HDI : Question d’interprétation
Mark
Passionné de photo et de sa BMW E30, Mark a rejoint News d'Anciennes courant 2016. Essais, road-trip, reportages, tout l'intéresse du moment qu'il peut sortir son appareil photo.

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Oui vous avez bien lu, aujourd’hui je vous propose l’essai d’une compacte diesel ! Comme vous le savez j’aime le contraste automobile et parfois, j’aime aussi bousculer les idées reçues, ou les dogmes. Rassurez-vous, ce choix incongru n’est pas la résultante d’un pétage de plomb dans notre rédaction. Voyez-le plutôt comme l’interprétation de ce que pourrait être une popu des années 90-2000. Alors est ce qu’une bonne vieille 306 HDI peut se révéler intéressante ? C’est ce que je vous propose de voir, car ne l’oublions pas, elle fut un des déplaçoirs préféré des familles Françaises. Et ce n’est probablement pas pour rien.

Peugeot 306 : Popu contemporaine

Aujourd’hui, je n’ai pas envie de refaire l’historique de la Peugeot 306. Nombreux se sont attaqués à ce sujet et je n’y apporterais rien. Dans les grandes lignes, la lionne introduite en 1993 avait pour but de reprendre le flambeau de la 309 et de la 205 (épaulée par la 106). Une tâche ardue mais qu’elle réalisa avec brio en s’écoulant à près de 3 millions d’unités au cours de ses 9 ans de carrière. Non, aujourd’hui je vais plutôt tenter de vous expliquer le choix incongru mais délibéré de l’essai de cette « jeune vieille ».

Finalement qu’est-ce qu’une populaire ? Chacun voit midi à sa porte, mais à mon sens une popu est une bagnole simple, économique, destinée à permettre au plus grand nombre d’accéder à l’automobile. Son opposé serait le segment du luxe et entre les deux on retrouverait le segment « batard » du prémium. Bref chez les popu on n’est pas là pour proposer du grand frisson c’est évident. Aujourd’hui on a une image bien limitée de la populaire. Pour une grande partie d’entre nous ce sont surtout des caisses grand public des années 50-60-70-80. Je fais allusion à la sauce R5, 2CV, 305, Mini, GS etc.

Sauf que de tous temps les constructeurs ont produit des populaires, pour certains c’est même encore leur fond de commerce. Alors oui, elles ont évolué, sont devenues moins archaïques, plus grosses, plus puissantes, plus assistées. Bref différentes mais pas forcément moins bien ou intéressantes. Après tout chaque populaire est le reflet de la société dans laquelle elle a été créée et l’intérêt qu’on y porte n’est que le fruit de convictions personnelles. Interprété de la sorte il devient plus évident qu’une bonne vieille 306 diesel ayant emmené des milliers de familles en vacances se positionne comme une excellente popu des années 90-2000.

Essai Peugeot 306 2.0L HDI : Question d’interprétationEssai Peugeot 306 2.0L HDI : Question d’interprétation
La popu accessible a bien changée…

Oui je sais ça fait mal, et je vois déjà les ayatollahs du tout sans plomb et pro « oldies » me fustiger à grand coup de : « faut être taré pour aimer une compacte diesel », « ce genre de caisses n’a aucun intérêt, ça n’aura jamais de valeur ! ». Je m’en excuse mais n’empêche qu’il y a 20-25 ans l’automobile n’était plus à l’essence dans nos contrées mais bien au gasoil. Paradoxalement les 306 diesel sont bien plus représentatives de leur époque même si cela va à l’encontre des dogmes.

Bref, vu que j’aime bien la provoc’, et que je considère qu’on peut apprécier ou collectionner n’importe quelle auto, hé bien pourquoi pas vous proposer de re/découvrir une 306 HDI en tant que popu de la fin des 90’…

Collectionnable ou pas, trop jeune pour certains, ce qui nous intéresses c’est d’être ouverts et pas trop sérieux.

Avant de prendre le volant, je m’en vais soulever certaines questions qui découleront sans doutes de ce sujet. Peut-on tout collectionner ? Pourquoi présenter occasionnellement sur News d’Anciennes des modèles décalés ?

Pour le premier point, il est évident qu’une 306 HDI ne représente pas un investissement financier. Mais par pitié arrêtons d’introduire la notion d’argent à tout va. L’automobile, c’est bien plus que ça ! Et si on se libère de cette notion, tout devient collectionnable. Car oui une collection est par définition dénuée de toute notion financière, et, je suis convaincu qu’il existe et existera des collectionneurs pour ce genre de bagnoles, tout comme il en existe pour des R9 GTL (exemple parmi tant d’autres). Evidemment, ce ne sont pas les plus nombreux, ni les plus bruyants mais sachez qu’ils sont là.

D’ailleurs en y repensant, vous ne trouvez pas qu’il y a comme un air de déjà vu ? Revenons trente ans en arrière, à l’aube des 90’ par exemple. Croyez-vous que les collectionneurs de Traction, de 4 CV, d’avant guerres voyaient d’un bon œil l’arrivée de modèles tels que les séries 02, les Giulia, les Renault 12 (et j’en passe) dans leur jardin privé ? Non, cela va de soi, et pourtant en 2021 nombre de ces caisses « incollectionables » et « trop récentes » sont devenues des musts have dans le monde du véhicule d’époque. Et puis n’oubliez pas que finalement ce seront les législateurs qui trancheront la question.

Pour répondre à la seconde question, parfois, il est bon de taper du poing sur la table, de clamer notre ouverture d’esprit. De montrer que l’on ne se prend pas trop au sérieux. Après tout, nous sommes là pour rassembler autour d’une passion commune, certainement pas pour diviser, encenser les uns, avant de mépriser les autres. Parfois il est bon d’adopter une démarche radicale, de savoir se différencier dans un milieu, frileux, traditionaliste, de plus en plus radical.

Car oui, nous ne voulons pas reproduire les erreurs du passé. Celles qui ont fait tant de mal à tout un pan d’amateurs de bagnoles peu appréciées mais ayant pourtant marqué le patrimoine auto. Ainsi, peut-être que cette 306 offrira un peu de fraicheur ou une bouffée d’air pour certains.

Evidement le passé nous fascine, c’est notre sujet de base. Mais nous essayons aussi de prendre en compte l’avenir, les amateurs originaux, ou les bien les jeunes sans trop de moyens etc. C’est dans cette optique qu‘il nous arrive occasionnellement de nous éloigner des anciennes (30 ans et plus) ou des collectors à proprement parlé, pour évoquer des modèles plus récents ou n’ayant pas forcément les mêmes prétentions. Bref, ici nous prenons autant de plaisir à parler d’un Patrol diesel que d’une Bugatti, à évoquer les années 60’ que la fin des années 90’, couvrir le MansCclassic que la petite bourse locale. Ce qui compte c’est de se faire plaisir, qu’importe la méthode.

Pour ceux qui veulent, le débat reste ouvert, tant qu’il est mené avec intelligence. De notre côté nous avons un essai à mener alors pour ceux que ça branche : en route !

Extérieur : Patrimoine génétique musclé

Dessiner une carrosserie bicorps n’est pas forcément une mince affaire, surtout lorsque celle-ci doit prendre la succession de modèles mythiques tout en s’intégrant à une nouvelle identité stylistique. Pour ce qui est de la 306, les designers ne se sont pas trompés en nous proposant cette compacte à la coupe classique suffisamment proche d’une 205 mais assez moderne pour aborder les années 90. Et notre modèle du jour ? Il s’agit d’une des dernières, une phase 2.2 (ou 3 comme vous préférez). Introduite en 1999, elle se différencie de ses ainées par son capot bombé, sa lame de S16, ses feux à glaces lisses, ses rétros ton caisse, ou encore ses baguettes affinées.

Visuellement les phase 2.1 puis 2.2 ont permis de lisser et d’actualiser le dessin de la petite lionne. Cela apporte beaucoup de modernité et d’élégance à la 306 dont les premiers exemplaires accusent davantage le poids des années. Personnellement je trouve que ces restylages et artifices (lame avant, bas de caisses, petit becquet etc) ont aussi permis de faire ressortir le côté musculeux de la 306.

Car oui lorsque je vois la 306, j’ai un peu le sentiment d’avoir une grosse 205 un peu énervée sous le nez. Face avant agressive, voies larges, ailes bombées, gros cul bien posé, le tout reprenant les gènes de son ainée. Cela se constate particulièrement de profil et de trois quart arrière avec la coupe de l’habitacle, les vitrages, et le hayon plongeant.

Simple, efficace, et suggestif seraient les adjectifs que j’emploierais pour parler des lignes de la sochalienne, qui dans cette configuration, avec ce gris Iceland (variante 1) typique des années 90, et ses jantes « cyclone », ressortent particulièrement bien. Finalement avec sa gueule oldschool, c’est l’une des dernières belles Peugeot avant la descente aux enfers des années 2000.

Intérieur : Aussi rationnel que peu qualitatif.

Je ne vais pas vous la faire à chaque fois, mais les intérieurs noirs ce n’est pas ma tasse de thé. Alors forcément je trouve notre 306 un peu austère. Hormis la console centrale peinte, les sièges semi « cuir », et le tissu à motifs, l’habitacle de notre fauve ne verse pas dans la fantaisie. Cela dit, j’aime bien le coup de crayon du mobilier avec sa casquette massive façon 605 et sa planche de bord en continuité avec les contres-portes. Certains trouveront le design vieillissant, pour ma part je le considère comme simple et efficace. Tout comme l’ergonomie qui ne souffre d’aucun reproche. La position de conduite offrant un bon maintient est agréable, les informations nécessaires sont bien visibles, et les commandes sont là ou je les attends.

Finalement je me sens à l’aise derrière le volant, et je constate aussi que l’habitabilité est bonne aux quatre places, tout comme le volume du coffre (338L).

Coté équipements je suis en présence d’une finition XS dotée de quelques coquetteries bienvenues. Ainsi optionnée notre 306 dispose de la climatisation, de rétroviseurs électriques, d’airbags, des sièges sports etc. Franchement pour une caisse à moins de 2000 balles c’est clean.

Enfin jusqu’à ce que je commence à regarder les finitions… Effectivement c’est pas du Rembrandt. Au menu tissu cheap, plastiques durs façon photocopieur et ajustements qui auraient pu faire tiquer Ray Charles. C’est moyennement ajusté, pas qualitatif mais d’un côté on attend pas d’une populaire qu’elle soit tapissée de vachette et d’alpaga. Puis au final lorsque l’on est soigneux, bah ça ne vieilli pas si mal.

Mécanique : Tracteur vivace

La pièce d’orfèvre officiant sous le capot de notre belle n’est autre que le DW10TD. Plus couramment, ce moulin on l’appelle 2.0 litres HDI 90. Ah oui, là on parle d’un sacré morceau de l’automobile Française ! Pour faire simple, il ne s’agit ni plus ni moins que du premier turbo diesel français doté d’une injection directe à rampe commune.

Ainsi équipé ce 8 soupape de 1997 cm3 développe la puissance faramineuse de 90 chevaux à 4000 tours/minute pour un couple de 205 Nm à 1900 tours/minute. Ouais je sais…, ça fait pas rêver, tout comme les performances. Associé à une bonne boite BE des familles notre lionne prétend atteindre les 100 km/h en 12,5 secondes pour 178 km/h en pointe. J’avoue, coté mécanique notre 306 s’annonce aussi goûteuse qu’un plat de Chili servit dans une cantine scolaire, et cela ne devrait pas non plus effrayer le freinage assuré par quatre disques.

Par contre niveau châssis il y a de quoi se frotter les mains. D’un point de vue technique pure rien de particulier, le train avant de la Peugeot reprend un système pseudo McPherson avec barre stabilisatrice quant au train arrière, il s’agit d’un système à bras tirés lui aussi doté d’une barre stabilisatrice.

Mais attention, ce dernier est plus intéressant qu’il n’y parait. En fait grâce à un système de cales « élastiques » ce dernier est auto directionnel. Avec ce système permettant une légère déformation, les roues arrière peuvent s’engager dans l’axe de la route. Sur le papier, cette méthode doit contrecarrer le sous virage et permettre à notre 306 (dotée en parallèle d’une direction à crémaillère assistée) d’enrouler comme une grande. Voilà qui promet un excellent comportement !

Sur la route : Compagnonne de qualité ?

En usage normal : Bête à tout faire

Le démarrage de sa bagnole, tout un rituel. D’abord se tapoter les pieds, puis prendre place avant de laisser chauffer délicatement sa mécanique. Au volant d’une 306 HDI, on s’en fout ! Qu’importe la température extérieure, une fois qu’on est vautré dedans et que le voyant de préchauffage s’est éteint, il ne reste plus qu’à démarrer et y claquer une bonne régule dans les mors au premier stop venu. Qu’importe ce que vous y collerez, elle sera toujours de la partie, mais cela veut surtout dire que c’est le genre de caisse ultra intuitive à prendre en main, et puis elle me rappelle des souvenirs.

Je ne l’ai même pas mise en route que je me revois encore à l’époque ou moi et mes potes encore étudiants passions notre temps à taper dans de la citadine diesel dans l’irrespect total de la mécanique. Chaque matin et chaque soir, dès qu’on embarquait dans ces caisses c’était un départ façon le Mans. Bref cette 306 me rappelle cette période où on se fendait la gueule plus qu’on ne se prenait au sérieux. Trêve de plaisanteries et revenons à des considérations plus pragmatiques. Clé dans le Neiman, CD de Natasha St Pier dans le lecteur, quart de tour et… bordel que c’était beau la fin des 90’ !

Le crépitement à froid du 2.0l me fait directement voyager dans une plaine céréalière, en été, pendant les moissons… Ouais c’est moche, mais ça me turlupine moins que l’aphonie de la 968, en fait ce bruit de tractopelle me fait même sourire. Puis je peux facilement couvrir ce brouhaha avec la sono qui est plutôt cool. Coté feeling ? C’est sûr, le 2.0 HDI ne verse pas dans le crémeux d’un six trois quart. Par contre malgré sa rugosité dont sont friands nombre d’amateurs de diesel, bah il est quand même assez coupleux pour fumer de l’embrayage au feu rouge et suffisamment souple pour satisfaire une mère de famille sur le trajet de l’école.

Lorsqu’on la mène normalement, cette 306 est une caisse sans emmerdes, une bête à tout faire, en somme le daily parfait. Il n’y a pas de quoi se taper le cul par terre mais à part quelques bricoles la petite lionne est plaisante à mener. En parlant de bricoles, on ne va pas se mentir, à l’intérieur ça grince comme un vieux gréement en proie aux cinquantièmes hurlants et la visibilité arrière est similaires à celle du Koursk. Sans évoquer le rayon de braquage qui n’a rien à envier à feu le Titanic. Le tout mis bout à bout rend la 306 aussi agréable à manœuvrer dans les petits espaces qu’une gastro.

Pour le reste notre Peugeot est relativement confortable et son châssis de révèle serein, tout comme les freins dont l’attaque ne manque pas de mordant. La direction exempte de remontées de couple est aussi très agréable, que ce soit en terme de feeling que de précision. Vous me direz le comportement dynamique sain et ludique des lionnes est souvent un de leurs points forts et notre 306 n’échappe pas à la règle. Même le moulin épaulé par une boite sympa à manipuler n’a rien d’une purge ! L’ensemble fait le boulot et plutôt bien même, pourtant sur le papier ce n’était pas gagné.

En usage soutenu : Grosse marrade mais pas de miracles

Et si on la mène comme une voiture de sport ça donne quoi ? Car après tout, c’est comme ça que ce genre de petites caisses méritent d’être conduites ! C’est parti, première, 2000 tours, lâché d’embrayage sec, godasse dans le fond. Le respect de la mécanique on oublie ! Deuxième, troisième à la volée faut bien que la pédale de gauche se repose ! Avec un 0 à 100km/h en 12,5 secondes forcément faut être patient, mais le HDI n’implore pas non plus qu’on lui donne l’extrême-onction. En bon diesel, ce quatre cylindres offre tout entre 2000 et 3500 tours minutes. Au-delà ?

C’est un mazout de 90 poneys pas un V8 Ferrari, il n’y a donc pas de miracles sous le capot de notre 306. Le HDI fait plus de bruit qu’il ne sort de watts. Cela dit, faire brailler un vieux diesel vomissant ses tripes, à défaut de m’exalter ça me fait marrer. Les changements de rapports ? Forcement sans embrayer c’est un peu rugueux mais en les passant normalement la boite est vraiment sympa pour ce genre de caisse. Ferme ce qu’il faut, bien guidée et suffisamment précise. En fait ça me tue de l’écrire, mais malgré le poêle à fioul sous le capot, je suis loin de passer un moment désagréable derrière le volant.

D’autant que le châssis tout en maitrise est génial. Avec un gros diesel posé sur le train avant je m’attendais à un feeling de Golf 4, à savoir « passion tout droit », mais non. La 306 est neutre et enroule au poil. En fait notre lionne a clairement plus de châssis que de moteur. Le train avant et la direction font des merveilles en termes de vivacité et de précision. Le train arrière quant à lui, suit sans broncher ou peut se révéler joueur. Cela dépend de vous ou de la météo en fait ! Dans les enchainements la Peugeot me rappelle pratiquement le feeling d’une propulsion, et c’est brillant.

Comme dirait l’autre : « le comportement d’une 306 c’est du propre ». Une fois lancée elle passe fort ! Contrairement au freinage. Sur de grosses décélérations l’attaque de la pédale met en confiance, mais le système se révèle finalement mou comme un ventre à bière. Si je devais aussi trouver d’autres griefs, ce seraient les reprises vraiment flasques sous les 2000 tours/min, la direction qui aurait mérité une démultiplication plus faible, et l’éclairage indigne façon rue Londonienne du XIXème siècle.

Pour le reste, tandis que malmène notre lionne claquant de la régule à tout va, jouant du manette et du contre appel sur la neige bah je me marre comme un gamin venant d’avoir son permis. Même si fondamentalement il n’y a rien de miraculeux ou d’excitant, ce côté shit box abordable est vraiment rafraichissant et cool ! En fait je n’ai pas particulièrement envie que la balade s’arrête mais il faut bien que notre lionne se repose un peu. Pour moi c’est dur à avouer mais je n’aurai jamais cru qu’un jour je m’amuserais au volant d’une 306 diesel….

Conclusion :

C’est évident on ne ressort pas d’une 306 HDI les mains tremblantes sous l’effet de l’émotion. A l’instar de nombreuses populaires, elle reste une auto relativement banale à conduire mais avec des sensations mécaniques propres à son époque. Cela dit banale ne rime pas avec désagréable. Au contraire, équipée du 2.0 litres HDI elle se révèle être un daily sans prises de têtes, un peu poussif mais pétri de qualités. A la fois robuste et économique, la 306 2.0 litres HDI est aussi très ludique et assez agréable à vivre.

Ce n’est pas pour rien qu’elle a fait partie des bétaillères favorites des Français. Puis, si vous faites preuve d’humour ou d’autodérision elle pourra accessoirement vous faire passer des moments de franche rigolade. Et même sans ça, vous pourriez vous étonner à prendre un certain plaisir en la violentant sur des petites routes de campagne. Pour conclure, si le diesel ne vous dérange pas ou si vous aimez bien ça, la petite Lionne est un choix aussi recommandable que difficile à assumer ! Mais malheureusement son avenir demeure incertain.

Les plusLes moins
Gueule réussieAbsence d’image
ÉconomiqueSonorité agricole
RobusteRare en bonne condition
ComportementPerformances pures
PolyvalenceRayon de braquage
FacilitéVisibilité arrière
Agréable à l’usageQuid de l’avenir ?
CritèreNote
Budget Achat20/20
Entretien20/20
Fiabilité18/20
Qualité de fabrication9/20
Confort13/20
Polyvalence16/20
Image4/20
Plaisir de conduite11/20
Facilité de conduite20/20
Ergonomie18/20
Total14,7/20

Acheter une Peugeot 306 HDI

Admettons que la Lionne vous fasse envie. Il ne sera pas aisé d’en trouver une. Tout d’abord parce que le tri des versions diesels ne se fait pas vraiment. En général ces autos finissent à la casse ou sont de véritables poubelle servant à aller à la déchèterie le dimanche. Faut dire que les 306 diesel étaient destinées à être des betaillères consommables. Vendues à un public peu soigneux, celui-ci s’en débarrassait une fois usagée.

Dans les petites annonces on trouve donc de tout à tous les prix. Cela va de la carne à 200 balles jusqu’à des exemplaires encore en bonne condition entre 1500€ et 3000€. Quoiqu’il arrive ce sont aussi souvent des autos très kilométrées et il n’est clairement pas question d’un investissement rentable. On dira que cela fait partie des achats malins/décalés pour qui veut profiter quotidiennement, à très peu cher, d’une Peugeot à l’ancienne.

L’achat d’une 306 HDI, bah ça se fait un peu comme ça se conduit. C’est pas bien compliqué et hormis la corrosion souvent logée dans les joues d’ailes ou sur le plancher du coffre, il n’y a pas grand choses de spécial. Coté mécanique, le moteur et la boite, c’est du solide. Hormis des soucis d’injecteurs rien n’est à signaler. Pour les trains roulants il faudra être attentif aux jeux et vibrations, enfin comme d’hab.

Pour ce qui est de l’entretien, là encore rien de particulier. Ces derniers sont espacés tous les 20.000 km. La vidange ainsi que le changement des filtres à huile et carburant sont systématiques, les autres filtres et fluides viennent s’ajouter tous les 60.000 km. Le remplacement du kit de distribution se fait tous 160.000km. Bien évidemment les réparations ne posent aucuns soucis, la disponibilité des pièces est globalement bonne. Pour conclure, un petit mot sur la consommation dérisoire d’environs 5 litres/100km.

Fiche Technique de la Peugeot 308 2.0 HDI
MécaniquePerformances
Architecture4 Cylindres ligne turbo compresséVmax178 km/h
Cylindrée1997 cm³0 à 100 km/h​12,5 s
Soupapes8400m daNC
Puissance Max90 ch à 4000 tr/min1000m da34,4 s
Couple Max205 Nm à 1900 trs/minPoids / Puissance13,4 kg/ch
Boîte de vitesse5 rapports manuelle

TransmissionTraction
ChâssisConso Mixte~ 5 L/100 km
Position MoteurTransversale avantConso Sportive~ 9 L/100km
FreinageDisques ventilés AV pleins ARCote 1996111.000 Frs
Dimensions Lxlxh403 x 169 x 138 cmCote 2020~ 1.500 €
Poids1210 kg

Photos complémentaires : Groupe Renault

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Essai Peugeot 306 2.0L HDI : Question d’interprétation

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4 Commentaires

  1. Bravo pour la provoc, qui n’en est pas une comme exposé. Cette 306 est bien une youngtimer populaire comme peut l’être une Citroën Ami 8, SImca 1100, Peugeot 309… Je vous liste des voitures dans lesquelles j’ai posé mes fesses enfant et pour lesquelles je n’éprouve aucune attirance.
    Je me souviens du discours d’un passionné qui disait dans les années 90, que tout ce qui était après-guerre n’avait aucune saveur…et aucun intérêt en collection !
    A chacun de cuisiner sa madeleine avec la voiture qu’il souhaite.

  2. Massacrer un moteur ou une boite de vitesse, est-ce de la provocation ou simplement de la connerie? J’aime bien mes voitures : 335d F30 -travail…- et GTV6 pour le plaisir de la musique, mais même quand je loue une auto, je prends soin de la mécanique. Et si la vraie provoc consistait à respecter ces autos pour ce qu’elles furent au lieu d’assaisonner son article de références parfois plus que douteuses? Vous auriez du faire un tour dans le Koursk. Savoir se faire entendre s’apprend, en commençant par la notion de respect. Sinon, n’importe quel histrion fait tout aussi bien l’affaire

    • Lorsque l’on est incapable de discerner la satire, ou l’auto dérision disséminée dans un texte il est bon de raccrocher et de ne pas émettre une conclusion hâtive. Je m’en vais donc vous expliquer (car vous semblez en avoir besoin) le fait qu’il a surtout été question de disperser des éléments se moquant avant tout la manière dont nombre de ces autos ont été menées, avant d’embrayer sur des considérations plus factuelles (l’auto pour ce qu’elle est quoi). Encore faut il le comprendre et percevoir cette trame cyclique dispersée tout au long de l’article. Pour ce qui est du Koursk avant de déverser votre fiel, il serait aussi bon de se douter que cette catastrophe (dont je ne me moque pas au passage) a été suffisamment marquante pour que bon nombre voit à quoi ressemblait ce bâtiment. Expliquez moi ou est le manque de respect à évoquer une forme? Ah oui c’est vrai, il faut à tout prix taire ces choses. Bref que mon style d’écriture vous plaise ou non, par respect (pour notre liberté d’expression et les gens qui apprécient ou comprennent) évitez de râler pour le plaisir de râler :). Par respect pour votre pensée, on ne vous empêche pas de vous exprimer, mais sachez que c’est avec des gens comme vous qu’on tue la pluralité qui fait l’intérêt de l’expression.

  3. Mon daily: 206 HDI 2.0, 230000 bornes de 2001. Cette impression qu’elle ne vous lâchera jamais, qu’elle démarrera tous les matins au 1er coup de clé est réelle. Bon ça fume et ça grogne, mais ça passe absolument partout dans toutes les conditions: chemin, boue, neige, sable, pluie…rien ne l’arrête ! Enfin si, une chose: son freinage à vous coller au pare-brise ! On en fera plus des comme ça, c’est sur ! Une vraie voiture de la campagne. Pour moi la 206 est la deuche des années 2000 ! La série des 6 est la fin d’une époque chez Peugeot: les pigot ! Et ce n’est pas pour rien que les 406 ont brillamment pris le relais des 504 en Afrique.

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