Essai d’une Motobécane 50, la mobylette des 70’s

Essai d'une Motobécane 50, la mobylette des 70's
Vincenthttp://autodantanmag.canalblog.com/
Etudiant et passionné d'automobiles , il commence en 2011 en écrivant "Auto d'Antan", une revue amateur sur les voitures anciennes. Trois ans plus tard il se lance sur la blogosphère puis rejoint l'équipe de News d'Anciennes en 2016 . Il partage la route avec sa Motobécane N40T et de son Vélosolex 3800.

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Impossible de faire l’impasse sur la mobylette quand on aime les anciennes. Synonyme de jeunesse et de liberté, la mob a autant marqué le paysage urbain que les campagnes. Aujourd’hui je vous emmène au guidon d’une pimpante Motobécane 50 VL de 1977.

Sur News d’Anciennes, on a tendance à parler plus souvent d’autos que de motos, voire de locomotives à vapeur, mais cela reste assez épisodique. Il était temps de rectifier le tir avec l’essai d’une ancienne au combien populaire : la mobylette ! Pendant le confinement, l’équipe de la rédaction s’était amusée à vous présenter ses autos. De mon côté, je vous avais parlé de ma Motobécane N 40 TS de 1970, le modèle d’entrée de gamme de la mobylette. Pour cet essai, on monte gagne en confort et en finitions avec la Motobécane 50 VL, alors en selle !

La Motobécane 50 en bref

Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’en parler alors revenons rapidement sur les origines de la marque aux deux gaulois casqués. Motobécane est créée en 1923 par Abel Bardin, Charles Benoît et Alphonse Tallet. Avec le soutien financier de Jules Bénézech, les trois compères lancent leur premier modèle de motocyclette : la MB1. La machine reçoit un bel accueil de la presse et les commandes affluent. L’année suivante voit la création des Ateliers Motobécane à Pantin en région parisienne. Très vite, la Motobécane est améliorée et les modèles se succèdent.

C’est en 1949 que naît la première mobylette. C’est une machine économique mise au point par Eric Jaulmes et basée sur un cadre de vélo auquel est greffé un petit moteur de 50 cm³. La mobylette se présente comme une solution parfaitement adaptée aux besoins de mobilité de la France d’après-guerre et rencontre un franc succès auprès du public. Rapidement les ateliers de Pantin ne suffisent plus pour accueillir la production des mobylettes et pour répondre à la demande toujours plus importante, une usine est construite à Saint Quentin en Picardie.

Les évolutions se succèdent et la mobylette se modernise. En 1970, Motobécane lance les séries 40 et 50. Elles sont les évolutions des AV 46 et AV 56. La 50 se distingue de la 40 par sa suspension arrière. Elle est proposée avec différentes options : la “S” reste la version standard, la “V” ajoute un embrayage à variateur Mobymatique, la “L” Luxe se pare d’enjoliveurs de part et d’autre du réservoir, d’un garde boue avant chromé et d’un avertisseur Noviphone, tandis que la “C” s’illumine de clignotants et d’un feu stop. La 50 est commercialisée dans des coloris très seventies : jaune, orange et bleue. En 1979, la production est stoppée au profit de la toute nouvelle Motobécane 51, sortie un an plus tôt avec son nouveau moteur AV10.

Notre Motobécane 50 du jour

Notre mobylette du jour est un modèle 50 VL. Achetée neuve à Brest en 1977, son propriétaire s’en servait pour aller travailler à l’arsenal. Une fois à la retraite du côté de Lorient, il la revend à Tom, un jeune finistérien de 14 ans. Ce dernier fait ses armes en deux roues au guidon de la 50. En 2013, pour se rendre à une bourse d’échange de Guingamp, il part de Quimper avec l’itinéraire noté sur un petit calepin accroché au guidon. Aujourd’hui, Tom n’en est plus à sa première mobylette. La vaillante Motobécane 50 a quant à elle au moins trois tours de compteurs malgré son moteur dont le bloc piston et la segmentation sont encore d’origine.

Observons maintenant l’esthétique de la machine en elle-même. Le cadre est une coque en acier embouti intégrant le réservoir de 3,65 litres. Particularité de la 50, elle bénéficie d’une fourche avant télescopique et d’une suspension arrière. Le compteur est intégré au dessus d’un grand optique trapézoïdal.

De part son gabarit menu (176 cm de long pour 100 de haut) et ses petites roues de 17 pouces, la ligne de la mobylette est désormais très éloignée de celle du vélo. Une silhouette emblématique qui lui confère une agilité idéales pour se faufiler à travers la circulation.

Tout comme le moteur, la partie cycle est entièrement d’origine et encore bien conservée. Sous la selle oscillante à ressort central, on trouve une boîte à outils fermée par avec un carter chromé. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cette version Luxe n’est pas avare la matière : guidon, jantes, garde boue avant, pédalier, commande de freins, pot, volant magnétique, pédalier… Ces petites touches de chrome viennent sublimer la peinture bicolore de la mobylette. Cette-dernière adopte une teinte bleu turquoise qui s’associe à merveille au blanc des carters moteur et de l’entourage de feu.

Le réservoir arbore le patronyme de la marque, tandis que la dénomination commerciale est inscrite sur le carter moteur, avec en prime, l’enseigne de la concession d’origine de la mobylette. Notre 50 VL dissimule son avertisseur sous le bloc optique. Elle s’agrémente d’un porte-bagage chromé auquel sont attachées de coquettes et pratiques sacoches.

La mélodie du moteur 2 temps

Suspendu sous le cadre, on retrouve le moteur AV7 deux temps avec son cylindre est aluminium chromé et sa culasse carrée. Il est alimenté par un carburateur Gurtner AR 2-12. La transmission primaire se fait par courroie via un variateur de vitesse Mobymatic. Une transmission secondaire à chaîne permet de lancer la machine en pédalant. À l’avant comme à l’arrière, on retrouve des freins à tambour pour ralentir la machine en pleine pointe.

En selle au guidon de la série 50

Pour partir en balade, il faut être familier des mobylettes. Pas de clé de contact ou de bouton de démarreur. La procédure pour mettre en route la mobylette peut paraître complexe pour les non-initiés mais elle est somme toute assez simple.

D’abord, j’ouvre le robinet du réservoir, ce dernier dispose aussi d’une position “réserve”, comme sur les plus grosses cylindrées. J’abaisse la béquille latérale et enfourche la Motobécane. J’actionne la commande de starter avec le pouce sous la poignée gauche et tourne la poignée droite vers le haut pour décompresser. Après quelques mètres, le moteur toussote, je bascule la manette des gaz vers le bas et c’est parti !

Premier réflexe, je regarde comment réagissent les freins. Pour ralentir la mobylette, je lâche les gaz et resserre le levier droit de 3/4, agissant sur la roue arrière, et d’un 1/4 sur le levier gauche pour la roue avant. Les freins à tambours sont bien réglés et suffisants pour stopper les 45 kg de la mobylette et son pilote. Cependant, le freinage réclame tout de même une certaine anticipation pour éviter les mauvaises surprises du trafic.

Avant de repartir, je lève les yeux et reste assez dubitatif face à la côte qui m’attend. C’est le moment de voir ce que la machine a dans le ventre. Je mets les gaz, assiste le début de la montée avec quelques coups de pédales et ça tracte ! Malgré mes 70 kg et le kilométrage du moteur, la petite mobylette a encore la patate. Sur le plat, les accélérations ne sont pas fulgurantes mais on ne se traîne pas. Le moteur est réactif et la Motobécane 50 décolle dès qu’on lui demande.

La Motobécane 50 est très maniable en ville et se révèle très agile dans les ruelles. Le rétroviseur reste un accessoire certes, utile mais surtout obligatoire et dont l’efficience reste limitée, malgré son grand diamètre. Alors je profite de l’absence d’angle mort et je tourne la tête régulièrement pour plus de sécurité. En effet, en mobylette, on reste moins visible et plus vulnérable qu’en auto.

Je quitte le centre-ville et rejoins une départementale fréquentée. Sur le plat, le variateur fait le travail. On ne se traîne pas dans le trafic. La mécanique est bien réglée. D’un œil amusé, j’observe le compteur gradué jusqu’à 90 km/h. En descente, il s’affole et affiche 75 km/h pour une vitesse réelle approchant plutôt des 55 km/h. En montée, on tient une vitesse optimiste de 60 km/h, pour 45 km/h réels. Un rythme tout à fait honorable pour une machine d’origine.

Sur route de campagne, la circulation est plus tranquille et je peux être plus attentif à la machine. Malgré la petite taille de cette Motobécane Série 50, la position de la selle et du guidon sont hautes. Par conséquent, le centre de gravité l’est aussi. On ne s’amusera pas à poser le genou ! Le confort est tout à fait correct. L’amortissement est souple, un brin flottant car les amortisseurs arrières, tout comme la fourche, sont en réalité des ressorts télescopiques. Lorsque le revêtement se dégrade, on est un peu ballotté mais pas secoué.

A seulement 50 km/h, les sensations sont grisantes ! En courbe, lorsque la visibilité est dégagée, on élargie avant le virage, on plonge à l’intérieur et on remet les gaz. De nuit, le phare émet un halo jaune fantomatique dessinant les stries du plexiglas sur la route. C’est tout juste suffisant pour voir où l’on va mais cette ambiance irréelle et étrange est enivrante, surtout quand on roule entre copains « plein gaz » à plusieurs mobs !

Conclusion :

En résumé, la mobylette c’est le bonheur de se promener tranquillement ou de se tirer la bourre entre copains sur les routes de campagne… à 50 km/h ! La Motobécane 50 VL est une mobylette très polyvalente. Elle fera parfaitement l’affaire que ce soit pour pour une utilisation en ville ou sur les routes de campagne. Ses principaux atouts sont sa suspension arrière et son variateur. Confortable, maniable, fiable et sûre, c’est une machine idéale pour initier les jeunes aux anciennes et à la mécanique. D’ailleurs, c’est avec elle que j’ai fait mes premiers tours de roues en mobylette. Enfin, son look la rend très attachante.

Points fortsPoints faibles
Une ancienne accessible dès 14 ansConvient moins aux longs trajets
Le fun de la mobyletteLa puissance d’une mobylette
Un comportement sainFreinage léger
Un prix abordable
Disponibilité des pièces
CritèreNote
Budget Achat18/20
Entretien17/20
Fiabilité15/20
Qualité de fabrication14/20
Confort12/20
Polyvalence13/20
Image16/20
Plaisir de conduite16/20
Facilité de conduite16/20
Ergonomie10/20
Total15/20

Conduire une Série 50 Motobécane

Pour profiter du charme et du confort de conduite d’une Série 50 Motobécane vous devrez débourser 200 € pour une base complète à restaurer. Un modèle roulant dans son jus se négociera plutôt autour des 500 € quand une restauration vous coûtera plus de 700 €. Les mobylettes à variateurs seront plus intéressantes pour parcourir de longues distances et les 50 VLC resteront plus prisées.

Attention cependant au faisceau électrique sur ce dernier modèles car les masses ne sont pas toujours fiables et peuvent créer des problèmes d’allumage. Concernant la mécanique pure, le moteur AV7 reste fiable. Pour le mobylettes assez kilométrées, une segmentation est toujours bonne à prévoir.

Merci à Tom de m’avoir confié le guidon de son attachante Motobécane 50 VL de 1977 et de m’avoir transmis le virus de la mobylette il y a 6 ans, sans aucun doute la meilleure maladie à avoir en 2020 !

Fiche Technique de la Motobécane 50 V
MécaniquePerformances
ArchitectureMonocylindre 2 tempsVmax55 km/h
Cylindrée49,9 cm³0 à 100 km/h
CarburateurGurtner AR 2-12400m da
Puissance Max2 ch1000m da
Couple MaxPoids / Puissance22 kg/ch
Boîte de vitesseEmbrayage à variateur de vitesse MobimaticConso~ 1 L/100 km
TransmissionPropulsion par courroie
Partie cycle
FreinageTambours AV et AR
Dimensions Lxlxh176 x 62 x 100 cm
Poids à vide43 kg

Crédits publicités et archives : Tobec Online et Caradisiac

Essai d'une Motobécane 50, la mobylette des 70's

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4 Commentaires

  1. Ah la mobylette, plein de bon souvenirs. De mes 14 à 18 ans, je ne la pratiquais que l’été sur le lieu de notre villégiature. Donc, vélo les 10 mois restants.
    Mais la mienne venant de feu mon grand-père était très particulière et sans doute méconnue: il s’agissait du modèle à galet. Ce galet entrainé par le moteur frottait sur le pneu AR. De fait, le moteur tournait dans le sens contraire de celui des mob à chaine et était alimenté par un plus petit carbu pour éviter probablement le patinage. Résultat: Vmax 40km/h par vent favorable, mais elle ne faiblissait pas trop dans les côtes, bien aidée par le poids plume de son pilote. Sinon, suspension ni à l’avant, ni à l’arrière, frein AR à tambour, mais frein AV à patin, système vélo! On la reconnaissait immédiatement à un son levier à boule crème. En actionnant celui ci, on ouvrait le robinet d’essence et on solidarisait le galet avec la roue AR. Elle était tellement tape cul que j’ai cassé les 6 oeufs ramenés de la ferme de mon oncle.

  2. LA mienne AV 85 pas allumage électronique acheté concessionnaire 1967 pour aller a l’école trajet la Celle st CLOUD , ISSY – les MOULINEAUX 50 ALLER RETOUR 6 jours . pendant 3 ans TOUJOURS fidèles entretiens par mes soins ; pour le nécessaire plus 2 , 3 ACCIDENT voila ma BLEU . OPTION : celle bi-place ,retro

  3. merci pour ce très bel article très bien détaillé, ça fait plaisir de lire autant de précisions, de sensations et de passions sur ce que représente ces brèles, propriétaire d’une Motobécane 40 , mon prochain projet s’oriente sur une SP 50 !
    Dans tous les cas si fous faites un road trip sur la région Bordelaise, faites moi signe ! c’est avec plaisir que je vous recevrez le temps d’une pause avant de tracer sur de nouveaux horizons bitumés ! 🙂

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