Non, XK ne renvoie pas qu’aux mythiques voitures des années 50. La marque au félin a remis ça dans les années 90 et la première itération a duré jusqu’en 2006. Vous l’aurez compris, finalement, si la Jaguar XKR Cabriolet évoque une voiture d’occasion, elle est pleinement entrée dans le genre des youngtimers et c’est une voiture discrète, qu’on oublie un peu même s’il existe bien des versions qui méritent un peu d’attention. Notre voiture du jour en fait partie, surtout qu’elle se dote de la finition « Spirit of Legend ». Suffisant pour craquer ? C’est ce qu’on va voir.
Notre Jaguar XKR Cabriolet du jour
Elle est reconnaissable. Facilement d’ailleurs. La génération des X100 est un exemple typique des Jaguar de l’ère Ford. Le géant américain a racheté Jaguar en 1989 et dans les années 90, les synergies de groupe battent leur plein. En fait notre auto du jour partage sa plateforme avec l’Aston Martin DB7, on y reviendra. Côté style, si on peut rapprocher les deux autos, c’est plutôt un effet de mode en fait.
C’est Ian Callum qui a signé la DB7… en débarquant chez Aston en provenance de Jaguar ! Geoff Lawson, alors directeur du style signe donc le nouveau coupé de la marque. Ce n’est pas vraiment un perdreau de l’année puisqu’après un début de carrière chez Vauxhall, il rejoint ce poste en 1984. Sa création la plus emblématique ? La XJ220, rien que ça. La Jaguar XKR Cabriolet est beaucoup plus sage, une question de définition, mais il faut bien dire que son image transmet beaucoup d’informations.

D’ailleurs, Geoff Lawson n’a pas pu voir sur la route la Jaguar XKR Cabriolet dans la configuration qui nous est confiée. Il décède en 1999, alors que la X100 n’en est qu’à sa première version. Il faut dire qu’elle n’a cessé d’évoluer stylistiquement. Oh, certes, ce n’étaient que des retouches, mais l’avant a changé deux fois, une première fois en 2000 et une seconde fois en 2002 au moment du changement de motorisation.
Notre voiture du jour garde pourtant la grande bouche caractéristique du modèle. Oui, mais elle fait partie des évolutions. Jusqu’en 2002, la grille était reculée et deux butoirs venaient faire naître des crocs en plein milieu. Ils ont disparu sur notre Jaguar XKR Cabriolet qui se reconnaît d’ailleurs par rapport à une XK8. Cette dernière conservait ces espèces de crocs, barrés par une baguette horizontale. La XKR, elle, a toujours affiché une calandre en grille. Ce n’est pas son seul attribut puisque les ouïes d’aération sur le grand capot légèrement renflé lui étaient aussi réservées.
Sinon, on ajoutera quelques petites touches qui permettent de reconnaître l’année d’une 2002 à l’avant. Déjà, les feux additionnels situés de chaque côté de la calandre sont plus grands, c’est apparu au restylage de 2000. Ensuite la prise d’air sous la calandre (cachées ici par la plaque) est une nouveauté de 2002.



Le profil est plutôt séduisant. La Jaguar XKR Cabriolet affiche ses rondeurs et une certaine pureté des lignes. Les bas de caisse sont marqués et ce pli démarre en fait devant la roue avant. Derrière, il remonte drastiquement pour venir rejoindre le pare-chocs. La ligne de caisse est haute, ou le pare-brise arrive bas, c’est au choix. La capote électrique ne vient pas rompre la ligne. Noire, elle s’intègre parfaitement dans la ligne malgré le fait qu’elle ne soit pas cachée.
Particularité de notre voiture du jour : c’est une Jaguar XKR Cabriolet « Spirit of Legend ». Elle arbore donc des jantes énormes Perseus de 20″. Si c’est une monte qui devient commune sur les SUVs « sportifs » et sur les sportives actuelles, en 2005, c’était quelque chose et changer les pneus ne devait pas être si facile.

Enfin on passe à l’arrière. Long, il crée un sacré porte à faux. Le pare-chocs paraît massif mais le fait qu’il « s’ancre » dès les roues arrières ne casse pas trop la ligne. Les feux sont rondouillards, dans l’esprit des années 90. La malle profite de la taille de cet arrière-train pour proposer une taille tout à fait appréciable, d’autant que la capote ne vient pas réduire le volume.
La décoration est simple et se limite à un badge XKR. Mais on avait deviné que c’en était une en étant attentifs. La malle récupère en effet un becquet (que certains appellent aileron mais quand même…) tandis qu’on note bien 4 sorties d’échappement. Tant que ça ?


Technique : muscle car anglaise ?
Notre Jaguar XKR Cabriolet est donc une version X100. Une combinaison finalement audacieuse d’un châssis qui peut paraître hors d’âge et d’un moteur moderne. Le AJ-V8 fut produit à partir de 1997 et la XK8 fut une des premières à le recevoir dans sa version 4 litres. On l’a ensuite ramené plus bas en V6 (oui, le bloc restait le même mais les cylindres arrières étaient obturés !) de 3.0L et on l’a monté jusqu’à 5 litres ! Il a été monté sur des Jaguar, des Ford mais aussi des Land Rover… et sa carrière ne s’est arrêtée qu’avec les dernières Jaguar en 2024 !
Sur notre Jaguar XKR Cabriolet, ce n’est plus la version 4 litres qui est au programme. Non, le moteur est passé à 4,2 litres en 2002. Par contre, la différence entre XK8 et XKR est restée la même et c’est fièrement indiqué sur le couvre culasse : il est suralimenté !

Le changement de cylindrée a eu du bon. La puissance est passée de 370ch, déjà un beau chiffre, à 406ch ! L’avantage d’un gros compresseur comme le Eaton qui équipe notre Jaguar XKR Cabriolet, c’est aussi au niveau du couple : 552Nm. On se retrouve avec des chiffres « américains » là. Bon, il faut quand même avouer que ce sont des chiffres rendus nécessaires par le poids de la bête. Ce coupé n’est pas fluet (4,76m de long et 183 de large) et on n’a pas vraiment cherché à le rendre léger. Résultat : 1915kg sur la balance !
Côté transmission, c’est boîte auto obligatoire ! La XK8 était dispo en boîte manuelle mais les premières XKR adoptaient déjà une boîte auto venue de chez Mercedes. Le passage au 4,2 litres a rendu les choses plus simples : seule une boîte ZF à 6 rapports était au programme.
Enfin, impossible de parler des X100 sans évoquer le châssis. On a déjà noté que notre Jaguar XKR Cabriolet partage son châssis avec l’Aston Martin DB7. Mais vous savez d’où il vient ? Et bien c’est celui d’une XJ-S modifié pour un projet avorté des années 80 ! Oui, vu comme ça, on ne peut pas louer sa légèreté ou sa modernité. On notera tout de même que notre Jaguar XKR Cabriolet est équipée de freins à disque ventilés de bon diamètre (355mm à l’avant et 305mm à l’arrière).

Intérieur : le « Spirit of Legend »
L’intérieur de notre Jaguar XKR Cabriolet est particulier. Si, à l’extérieur, certains pourraient rater les jantes de 20″, à l’intérieur, la finition « Spirit of Legend » se remarque bien plus facilement. Seuls 50 exemplaires étaient réservés au marché français et ces exemplaires proposaient donc une présentation particulière. Vous n’avez pas trouvé ? Regardez la planche de bord.

Oui, vous avez peut-être remarqué le carbone. Ce n’est pas une idée venue d’un tuner quelconque, notre Jaguar XKR Cabriolet est sortie d’usine avec ces inserts. Vous pourriez regretter les inserts en bois des autres Jaguar. Oui, du carbone dans une Jaguar, c’est étrange. Sauf qu’il faut refaire un peu d’histoire. Notre voiture est de 2005. Hors à l’époque, la marque vient tout juste de se retirer de la F1 après 4 ans (sans grands succès, 2 podiums).
Finalement, ce carbone, on ne va pas rester des années dessus. Il est discret et on a plus l’impression d’avoir une planche de bord noire. Le tout est assez moderne… mais on sent aussi les synergies Ford. Les commandes en plastiques durs sont nombreuses. À la limite, on les remarque moins dans cet environnement noir. On note aussi un signe de l’âge de notre Jaguar XKR Cabriolet : un lecteur cassette. En 2005, c’était limite quand même. L’instrumentation est claire et lisible. La commande de boîte aussi.
La sellerie est grise, claire, en bon état, elle respire finalement plus le luxe que le reste de cet intérieur. Pour ceux qui se posent la question, oui notre Jaguar XKR Cabriolet est bien une 2+2, avec places et ceintures à l’arrière. Seulement elles n’offrent pas beaucoup de place et le filet anti-remous installé sur notre auto du jour les condamne.



Au volant de la Jaguar XKR Cabriolet
Si on vous installe dans un cabriolet de ces années à l’aveugle, vous pourrez vite trouver l’âge de l’auto. Déjà avec cet intérieur mais aussi parce que dans les années 90, les lignes de caisse sont remontées. On a donc une impression de vraiment être enfoncé dans l’habitacle. Le siège se règle bien, le volant aussi, il faut y aller.
Le moteur de la Jaguar XKR Cabriolet vrombit. Impossible de savoir quelle est la version de l’auto avec le bruit seul, c’est très nuancé. Par contre on devine vite un V8 avec une puissance très correcte. C’est suggestif. La boîte propose un maniement très simple. On se place sur drive et c’est parti.
Même sans appuyer fort sur l’accélérateur, le revêtement étant parsemé de gravillons, on déclenche un patinage ! Ah oui quand même. Ça met tout de suite dans l’ambiance non ? Une fois que l’adhérence est retrouvée, on roule très normalement. La Jaguar XKR Cabriolet se montre d’une facilité déconcertante. Dans un village ou sur les petites routes, tant qu’on roule à un rythme de balade, rien n’est à signaler. Ça freine, ça reprend, ça ronronne autant que le moteur qui est audible sans être envahissant une fois la capote baissée.
Le confort est royal. Aucune aspérité n’est un problème, aucun casse-vitesse non plus. Non, la Jaguar XKR Cabriolet a beau être la version sportive de la gamme, elle n’a rien de radical. Le voyage ? Simple et intuitif, on n’a pas besoin d’avoir eu un cours sur la prise en main. La ventilation fait son office, c’est important vue la température extérieure.



Ça ronronne, ça ronronne. Jusque là, la puissance n’a été utilisée que pour un dépassement. Toutes les sorties de village montrent pourtant qu’on va pouvoir s’amuser un peu plus. Quand on sera prêt en tout cas. On prend encore un peu notre temps et puis, lors d’une sortie de village, on décide d’y aller.
Le pied droit enfonce la pédale. La boîte comprend le message et tombe un rapport. Le couple fait son office tandis que le V8 se réveille. Ça pousse, c’est certain. Ça pousse même fort et, surtout, on ne manque pas d’allonge. On peut pousser encore longtemps mais à un moment donné, il faut bien regarder le tachymètre. Ah, oui, quand même. La Jaguar XKR Cabriolet nous a fait plaisir, mais le permis peut tomber rapidement !
On calme et on se fait plaisir avec les reprises puisque les virages sont apparus. Dans les grandes courbes, la Jaguar XKR Cabriolet ne bouge pas. Nous non plus d’ailleurs. Pas besoin de baquets pour maintenir les occupants quand les sièges sont bien dessinés. Les vitesses de passage sont même bonnes pour une voiture qui affiche un tel poids sur la balance.



Maintenant, les virages se resserrent. Les freins de la Jaguar XKR Cabriolet n’ont été qu’effleurés jusqu’à présent mais montent qu’ils sont largement à la hauteur ce qui, encore une fois, n’est pas évident face à la masse. La direction offre un feeling tout à fait satisfaisant et une précision à la hauteur. La répétition de l’effort n’entraîne pas de baisse d’efficacité du freinage qui soit vraiment notable. Par contre, au fur et à mesure qu’on prend la confiance et qu’on augmente le rythme, on se fait rattraper par les lois de la physique. Si le poids n’a pas d’effet sur les freins, il entraîne forcément un certain sous-virage.
Le vrai plaisir de ces virages ? Pouvoir mettre « le pied dedans » dans les sorties de courbe. Le moteur et la boîte répondent. On se retrouve dans le prochain tournant en un rien de temps. Le moteur est plein à tous les régimes. C’est le gros avantage du compresseur, pas besoin de monter dans les tours pour aller chercher le moteur. Le couple est linéaire et culmine à 3500 tours. Ensuite, il reste présent mais la puissance prend le relai. En fait, il faut quand même une belle route bien droite pour pouvoir exploiter la puissance.



Par contre, attention aux conditions. Malgré l’électronique et les roues surdimensionnées, le couple peut avoir du mal à passer ! Une route un peu grasse suffit à ce qu’on sente un début de patinage. Évidemment, soulager l’accélérateur suffit à ne pas dessiner de virgule.
Bon, maintenant on calme. Comme souvent, on se contente de se faire plaisir sur des phases d’accélération. La Jaguar XKR Cabriolet redevient une voyageuse qui ne se laisse embêter par aucun trainard sur la route. Et les occupants se font chouchouter.
Conclusion
La Jaguar XKR Cabriolet pourrait se rapprocher d’une américaine dans sa définition. Un moteur plein, un châssis rassurant mais un peu pataud, une voiture plaisir qui peut afficher un blason annonçant que c’est la plus performante, certes, mais oser dire que c’est une sportive, avec sa masse et le simple fait que ce soit un cabriolet serait cavalier.
On appréciera son confort et on appréciera l’élégance sans chichi de sa ligne. L’anglaise est une voiture qui peut surtout s’apprécier à tous les rythmes et permet de trouver du plaisir sans avoir besoin d’attaquer ou de forcer.
| Les plus de la Jaguar XKR Cabriolet | Les moins de la Jaguar XKR Cabriolet |
|---|---|
| Son moteur vraiment plein | Son embonpoint |
| Ses performances de premier plan | Performante mais pas sportive |
| Son confort | |
| Sa ligne consensuelle |




| Fiche technique | Jaguar XKR Cabriolet |
| Années | 2002-2005 |
| Mécanique | |
| Architecture | 8 cylindres en V |
| Cylindrée | 4196 cm³ |
| Alimentation | Injection Multipoints et compresseur |
| Soupapes | 32 |
| Puissance Max | 406ch à 6100 trs/min |
| Couple Max | 522Nm à 3500 trs/min |
| Boîte de Vitesse | Automatique 6 rapports |
| Transmission | Propulsion |
| Châssis | |
| Position Moteur | Longitudinale avant |
| Freinage | Disques Ventilés AV et AR |
| Voies | AV 1504 mm / AR 1498 mm |
| Empattement | 2588 mm |
| Dimensions L x l x h | 4760 x 1829 x 1306 mm |
| Poids (relevé) | 1915 kg |
| Performances | |
| Vmax Mesurée | 250 km/h (autolimitée) |
| 0 à 100 km/h | 5,9s |
| 400m d.a | 14,2s |
| 1000m d.a | 25,8s |
| Poids/Puissance | 4,71 kg/ch |
| Conso Mixte | ± 12,5 litres / 100km |
| Conso Sportive | ± 18 litres / 100 km |
| Prix | ± 30.000 € |
Conduire une Jaguar XKR Cabriolet
Vous voulez une bonne nouvelle ? La Jaguar XKR Cabriolet n’est pas si rare. Autre bonne nouvelle, elle se situe donc à la limite entre l’occasion et le youngtimer, et ça se ressent sur les tarifs.
Quand les XK Cabriolets sont autour des 20-25.000€, forcément les Jaguar XKR Cabriolet, plus puissantes et performantes sont un peu plus chères. Notre auto du jour est une voiture de 2005 et elle a été vendue par Osenat, aux enchères, en Décembre pour 30.100€. Un joli prix pour se faire plaisir tout en conservant une auto polyvalente. On notera que la finition « Spirit of Legend » n’a pas beaucoup influé sur le prix, un vrai bonus.
Autres bonus ? L’entretien. Oui, ça peut faire bizarre quand on parle d’une Jaguar. La nôtre affichait presque 100.000km. Mais le V8 est fiable, il faut juste le laisser monter en température avant d’appuyer sur le champignon et il faut aussi respecter l’entretien, à faire régulièrement que ce soient les vidanges ou les changements de bougies. La capote électrique doit être surveillée mais n’est pas spécialement problématique. La Jaguar XKR Cabriolet pourra donc vous emmener loin.
Merci à l’équipe d’Osenat, qui prépare une vente pour la mi-mars, de nous avoir permis cet essai.



Thomas RC
Bon article et super(be) voiture ! Il y a une petite confusion sur la chronologies des restylages et améliorations techniques. Les feux brouillard et feux arrière améliorés arrivent en MY2001. Le nouveau moteur avec un certain nombre de mises à jour et d’améliorations techniques arrivent en 2003. Quand le restylage final avec notamment la double bouche d’aération à l’avant, qui casse un peu la pureté de la ligne selon moi, arrive lui en 2004.
· · 9 février 2026 à 17 h 22 min
DEBOEUF
Bonjour, merci pour cet article appréciable, il y a cependant une erreur sur le fait que la XK8 est pu être disponible en boîte manuelle, en effet toutes les X100 (XK8/XKR) et X150 (la génération qui a suivi) ont été produites en boîte automatique. Il n’y a eu qu’un seul exemplaire de X100 produit en boîte manuelle par Jaguar mais c’était un prototype nommé XKR R aux performances impressionnantes qui a pu être testé par les journalistes à l’époque.
Cordialement,
Un passionné.
· · 15 février 2026 à 5 h 45 min