Comme un parfum d’avant guerre au pays de Brocéliande

Publié le par Hugues Desoize

Comme un parfum d’avant guerre au pays de Brocéliande

A l’occasion des journées Européennes du patrimoine, le 20 et 21 Septembre dernier, une quinzaine de véhicules, tous produits avant guerre (la seconde) et appartenant à des membres de l’association « Les vieux du volant« , ont élu domicile pour la journée de Samedi au château de Trécesson (56). Cette magnifique bâtisse du XVe siècle est située en limite de la forêt de Brocéliande, à proximité de la commune de Paimpont (35).

Situé à une soixantaine de kilomètres de Rennes, le château de Trécesson est au coeur d’une terre d’histoire et de légende. Propice aux rêveries de tous genres, le lieu était parfait pour se transporter dans une période révolue depuis longtemps. La voix de Joséphine Baker flottait au loin, les belles, alignées devant l’entrée de la cours d’honneur, offraient une véritable invitation au voyage que le public s’est fait une joie d’accepter.

Quand l’histoire réunit le patrimoine historique et automobile

Accueilli à l’entrée du château, le public a pu cumuler visite du site et découverte des automobiles d’avant-guerre, malheureusement trop méconnues. Sur deux créneaux horaires différents, les propriétaires de chaque véhicule ont pu présenter leur modèle, la marque et l’histoire succincte de ceux-ci.

Aux origines

Ces belles d’avant guerre, nous les avions rencontrées pour certaines d’entre elles il y a deux ans (ici). C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai croisé de nouveau la doyenne des « vieux du volant », une Oldsmobile « Cuverd Dasch » de 1902. Son mono cylindre de 4,5ch et 1500cm³, lance la bête a plus de 30km/h !

La Belle Américaine

Nous partons ensuite sur les routes des Etats-Unis avec cette Ford A de 1930. Détails particuliers, les custodes sérigraphiées sont du plus bel effet. La petite banquette arrière appelée aussi place des « belles mères » fait toujours sont effet.

Sport et luxe à l’Anglaise

Traversons l’Atlantique pour nous retrouver en terre Anglaise. Ce sont des marques et des modèles à la philosophie opposée qui nous étaient proposée.

La première, renommée pour ses modèles sportifs, elle porte un nom qui évoque le couture mais n’a cependant rien à voir avec une célèbre marque éponyme. 50/50 ou appel à un ami ? Elle commence à fabriquer des automobiles en 1905 mais a débuter son activité en fabricant des bicyclettes. Ces moteurs à arbre à cames en tête ont fait une part de son succès. Indice ci-dessous.

Singer Roadster de 1935 1 rotated-

Bien vue, c’est une Singer. Bien que fort rare chez nous, la marque était à l’honneur à la dernière randonnée de l’APPF (c’est ici).

La seconde n’est plus à présenter. Quand on évoque le luxe, le prestige et le raffinement intérieur c’est elle qui nous vient à l’esprit. Son emblème à même un nom, la « Spirit of Ecstasy ». Rolls-Royce évidemment. Deux modèles ont fait le déplacement.

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La plus ancienne est une 20 HP de 1924. Ce modèle représente parfaitement l’esprit Rolls de ces année là. En parfait état, ses multiples accessoires raffinés vous font deviner les exigences des acheteurs de l’époque. Son propriétaire en tenue d’époque, connaissant parfaitement son véhicule nous a éclairé sur la haute technologie de l’époque.

La seconde dans son jus, et de ma part c’est un compliment, nous faisait faire un bond de 10 ans en avant puisqu’il s’agissait d’une 20/25 de 1935. Son moteur est un 4l 6 cylindres. Sa puissance ? Inconnue, car chez Rolls on ne vous donnait pas l’information. Si vous posiez la question, on vous répondait « la puissance est dans tout les cas suffisante ».

Les Françaises bien présentes

Enfin, rentrons chez nous avec nos chers marques Françaises. Cependant les modèles de ces années là, ne sont que très peu connus du grand public comme je l’ai constaté encore bien une fois.

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Commençons par une Hotchkiss Monaco 4 de 1931. On associe souvent cette marque aux USA mais elle est bel et bien Française et était installée à Saint-Denis (93). Même si son apparence aujourd’hui n’indique pas tout de suite sa carrosserie berline d’origine, son passé mouvementé est parfaitement connu par son propriétaire, Sébastien. Véritablement incollable sur l’origine de sa voiture puisque dans la famille depuis 1946, il vous montrera les photos de son véhicule traversant presque un siècle d’existence.

Hotchkiss AM 2 de 1931 en plateau 1-

Gardien des archives des « Vieux du volant » les textes et documents d’époque n’ont plus de secret pour lui. Comme par exemple ces deux documents illustrant la mise en conformité des optiques de phares obligatoire pour les propriétaires de véhicules en 1930.

Continuons avec Renault et une NN1 de 1928. Animé par un moteur de 650 cm³ sa vitesse était tout de même de 60 km/h.

En suite une Celtaquatre, produite entre 1934 et 1939. Concurrente de la Citroën Traction, elle reste en propulsion et ses freins sont à câble. La ligne affinée et moins ronde ainsi que sa calandre en V nous indique un modèle postérieur à 1937.

Particulièrement bien représentée, la marque Citroën était présente avec plusieurs modèle de Rosalie. Les 8cv dites « Rosalie 8 » sont équipées d’un moteur 4 cylindres de 1452cm³ développant 32cv réels. Il est capable d’amener la voiture à 90km/h.

Particularité de ce moteur, il est monté sur silentblocs on parle alors d’un moteur « flottant ». A l’époque le confort de ce moteur était mis en avant pour l’atténuation des vibrations qu’il procurait. Les modèles équipés de cette technologie se remarquaient par le symbole d’un Cygne flottant sur l’eau, à plusieurs endroit du véhicule.

Autre Rosalie, une 15cv de 1933. Son moteur 6 Cylindres de 2650cm³ développe 56cv. Rare car il n’en reste qu’un autre exemplaire. Elle a été carrossée en Coach Cabriolet 5 places par la Société Industrielle de Carrosserie Automobile de Levallois (SICAL). Douze exemplaires ont été fabriqués au total.

Pour terminer ce tour d’horizon des Citroën d’avant guerre à Trécesson, notons la présence d’une authentique Traction 11BL cabriolet de 1937. Equipée de nombreux accessoires, le véhicule est une véritable rétrospective des accessoires d’époque. Feux additionnels, avertisseurs sonores. Le véhicule est équipé d’un moteur 11cv de 1911cm³.

Une santé de fer

Bien que le public présent au château de TRÉCESSON n’ait pu voir ces véhicules évoluer en dynamique, il est tout de même important de souligner que la presque totalité des véhicules est arrivée par la route et repartie par la route (ceci avec des conditions météo peu favorables). Ce trajet représente plus de 120 Km, ce qui n’est pas négligeable pour des automobiles de près de cent ans.

De la part du public nombreux, malgré ces conditions, merci aux « Vieux du Volant » pour leurs efforts constants et toujours plaisants de représentation de cette époque automobile de plus en plus méconnue. Voir évoluer ces engins d’une autre temps ne peut qu’être utile pour leur avenir. Je remercie Mme et Mr de Saint Léon propriétaires du château de Trécesson pour leur accueil dans ce lieu à ne pas manquer dans le pays de Brocéliande.

Restons encore un peu dans l’ambiance.

Hugues Desoize

Breton et collectionneur, dans l'automobile au jour le jour, Hugues se rend sur les rassemblement en Simca ou en Solex et vous les fait vivre sur News d'Anciennes depuis l'été 2021.

Commentaires

  1. Godefroy

    Merci à notre ami Hugues, reporter de cette Journée Européenne du Patrimoine en pays de Brocéliande, au château de Trecesson, un souvenir mémorable pour nous tous. Merci à nos hôtes d’une grande gentillesse associée à une organisation sans faille avec compétence.
    Eric Godefroy

    Répondre · · 26 septembre 2025 à 13 h 42 min

  2. Alain Boulet

    Certaine voiture me rappelle certains téléfilm à succès, Hercules Poirot ou Downtown Abbey.

    Répondre · · 27 septembre 2025 à 12 h 47 min

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