Au volant d’une Volvo 850R, quick brick

Au volant d'une Volvo 850R, quick brick
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

À la une sur News d'Anciennes

[Acheter Une Voiture Ancienne] Contrôle technique, ce qu’il faut savoir lors de l’importation d’une voiture ancienne

Le contrôle technique pour les voitures de plus de 30 ans est devenu un véritable casse-tête pour les collectionneurs que nous sommes. Avec l’harmonisation...

Essai d’une Traction 15 Six H, digne fin de règne

J'avais déjà eu la chance il y a quelque temps de m'installer au volant du mythe de l'automobile française qu'est la Citroën Traction, c'était...

Distribution, tout est dans le timing

La distribution est l'organe vital de votre moteur. Sans elle, tout fout le camp, mon bon monsieur ! Penchons-nous quelques instants sur son rôle,...

Visite chez Méca Rétro Sport 76, l’atelier qui ne passe pas à la télé

Le patron de Méca Rétro Sport 76, en fait beaucoup de passionnés le connaissent. Aurélien est le mécano officiel de Wheeler Dealers France depuis la...

Une Volvo, c’est une auto carrée. Une Volvo c’est une auto qui est plus solide que le mur dans lequel elle rentre. Une Volvo c’est une voiture de papy et, en plus, un break c’est aussi lourd que pas dynamique. Je pense que j’ai fait le tour des poncifs, maintenant va falloir vérifier. Et pour ça j’ai trouvé une bonne candidate : une Volvo 850R tout juste sortie de révision.

La Volvo 850 en bref

Avant de mettre une pièce dans la machine, on va regarder rapidement son pedigree. En fait son nom nous en dit beaucoup. Le 8 parce qu’elle succède aux 740 et 760 et le 5 comme le nombre de cylindres que compte le moteur.

La série des 850 voit le jour avec la berline en 1991. Le moteur 5 cylindres monté transversalement est une des 4 innovations mondiales vantées par le constructeur suédois puisqu’il entraîne les roues avant (ce sera la première Volvo traction sur le marché US). On ajoute ensuite le SIPS, un système de protection contre les chocs latéraux dans la droite ligne de la position de pointe qu’a Volvo dans la sécurité active. Troisième innovation : un mécanisme qui règle automatiquement la hauteur des ceintures de sécurité à l’avant. Enfin l’essieu arrière delta-link permet d’avoir des roues indépendantes avec un système légèrement déformable permettant d’améliorer l’agilité.

De base l’auto est proposée avec la GLT et son 2.5 litres de 170ch qui sera épaulé l’année suivante par un 2.0 litres de 143 ch ainsi qu’une boîte auto. En 1993 c’est une brique encore plus carrée qui arrive avec la version break.

L’année suivante le moteur T5 arrive. C’est un 2,3L Turbo de 225 ch qui accompagne un restylage de la voiture. Et comme c’est une bonne base et que le break 850 brille en BTCC Volvo sort la T5-R dont le moteur a été retravaillé par Porsche et qui peut atteindre 240ch avec un overboost. La présentation est plus méchante histoire que le ramage se rapporte au plumage.

Cette série limitée va laisser sa place en 1995 à celle qui nous intéresse : la Volvo 850R. Le moteur atteint 250ch de façon permanente et reçoit un différentiel à glissement limité.

La Volvo 850 tire sa révérence dès 1996, largement modifiée et renommée elle devient S70 pour la berline et V70 pour le break. D’ailleurs on note qu’elle fait partie de ces rares autos à avoir été plus produite en break qu’en berline : 326.068 contre 243.078, étonnant.

Pour en savoir plus sur son histoire c’est par là.

Notre Volvo 850R du jour

Notre auto du jour est une des 200 Volvo 850R break turquoise à avoir été produite. Et il faut dire ce qui est : cette couleur lui va superbement. En fait elle contribue à la sortir des poncifs énoncés au départ. Une voiture plan-plan de cette couleur là ça existe mais le gris est plus courant.

Pour ce qui est du design extérieur de la Volvo 850R on peut le trouver trop simple et carré… mais il est plus complexe qu’il n’y paraît. Le break a d’ailleurs gagné un prix japonais pour ce design, si si !

Il est vrai que l’avant fait lisse et vertical fait massif. Mais tout n’est pas droit. On a arrondi les angles, au sens propre. Résultat ça donne en effet un aspect costaud mais on voit tout de suite qu’il y a de la recherche.
En commençant à tourner autour de la Volvo 850R on va plus loin. Le parebrise est bien incliné et en fait le capot n’est pas si long. La découpe des portières est simple et celle du pavillon encore plus. Ça tombe presque droit. Mais seulement presque puisqu’un léger arrondi est présent. Les grands feux verticaux entourent un hayon… carrée et arrondi. C’est raccord !

En faisant le tour on voit bien que ce n’est pas une Volvo 850R break normale. Déjà les jantes. Même si ce sont celles d’une T5-R et pas d’une R, on ne les confondra pas avec le break TDI (oui un moteur Audi) du voisin. Et puis à l’arrière deux gros indices : le pot qui ferait passer celui de la 206 Fluo du bout de la rue pour une paille et puis ce becquet de coffre, presque discret mais qui représente une sacrée surface.

Côté détails ? Bah on est en 1996 ma ptite dame. Ne cherchez pas les entrées d’air, les inserts carbones et les spoilers, c’est trop tôt. Ne cherchez pas non plus les chromes, c’est trop tard. Du coup, hormis ce pli de carrosserie qui vient mourir sur les rétros, pas grand chose à noter.

L’intérieur de la Volvo 850R

Avant que les écrans tactiles ne nous débarrassent de bien des plastiques dans nos habitacles (on dit pas que c’est une bonne nouvelle), ils étaient partout. Pour autant l’intérieur de la Volvo 850R a cela de bien qu’il arrive à avoir de la personnalité et presque de l’originalité avec du plastique noir et gris !

Bon il est vrai que la planche de bord est en faux bois et réhausse un peu le tout. Mais elle est particulièrement foncée et apporte moins de gaieté que le bas du volant et son cuir gris clair. Le tableau de bord est composé de deux grands cadrans et d’un semblant de troisième. Ce dernier regroupe trois aiguilles : pression de turbo, jauge d’essence et température.

Le tachymètre filerait une crise cardiaque à dame Périchon en affichant fièrement ses 260 ! À ces côtés c’est le compte tour qui monte jusqu’à 7000 avec les 1000 derniers dans la zone rouge. Ça c’est pour Greta.

Autour c’est une forêt de boutons ! Il y en a partout ! En même temps la Volvo 850R était superbement équipée. On le remarque avec la clarté de l’intérieur, amenée par le toit vitré et ouvrant.

La sellerie a ses 24 ans. L’alcantara et le cuir anthracite sont dans leur jus mais ne présentent pas de déchirure. On ne peut s’empêcher de passer à l’arrière pour y voir qu’il y a bien de la place et que l’accoudoir est un réhausseur avant d’ouvrir le coffre pour découvrir un volume qui ferait rêver un agent immobilier.

Technique : pref, perf et reperf

Sous le capot de la Volvo 850R on retrouve donc un inédit 5 cylindres 2,3 litres installé transversalement. C’est un sacré allié pour l’habitabilité ! Placé presque en porte à faux avant, il est décalé sur la droite de l’auto. Et si vous avez un doute concernant la conduite qui passe au dessus, le cache de gauche vous le confirme : Turbo ! Résultat 250ch et 350 n.m de couple. Oui on va la tracter la caravane, pas de souci !

Comble du bonheur, vous l’aurez remarqué à ses plaques, c’est une version suédoise, donc européenne, donc une boîte 5. Si la boîte auto à 4 rapport était aussi dispo de l’autre côté de l’Atlantique c’était la seule option. Et le moteur perdait 10ch dans l’opération.

Tant qu’on est sur la technique on rappelle que la bestiole est une traction. Pas la première traction Volvo vu que les Daf rebadgées l’étaient. Mais la première sur ce segment en tout cas. Bon il est bien beau ce moteur (en fait non) mais maintenant on aimerait bien jouer avec !

Au volant de la Volvo 850R

Premièrement l’installation. Quel que soit votre gabarit vous vous direz que c’est quand même plus simple que dans une berlinette. Normal. Ensuite pour régler la position de conduite on se rend compte que ce n’est pas une R21 Nevada. Tout est électrique et on peut vraiment ajuster la position du siège dans tous les sens et compléter avec le volant. Je suis paré.

Je tourne la clé et même si on est dans les années 90, un ptit coup de gaz aide le moteur à démarrer. C’est tout bête mais c’est le ptit détail qui vous rappelle que vous êtes dans une Young et pas dans une moderne.

Première, nickel, c’est parti. Pas de burn au programme je vais la jouer cool pour prendre en main cette auto… et surtout son gabarit. Le moteur déborde bien de chevaux, le livreur en camion blanc ne fait pas peur au rond point mais une fois le démarrage effectué, je reste cool. La direction offre un toucher assez étrange. Malgré le fait qu’elle soit assistée elle est plutôt précise mais le rappel est presque absent. Je ne m’attendais pas à une Diravi mais j’avoue que ça surprend.

La Volvo 850R monte rapidement en vitesse une fois le panneau de sortie d’agglo franchi. À 80 km/h on peut passer la 5e pour faire retomber le volume sonore qui de toute façon était bas. Vous pourriez presque écouter les enfants respirer à l’arrière. Les décélérations sont douces, la grosse cylindrée offre un frein moteur tout à fait suffisant et les freins sont là pour en remettre une couche si besoin.

Bref, la Volvo 850R est sécurisante et tout à fait vivable. Vous irez jusque chez papy et mamie sans problème. Mais une fois arrivée sur place, les enfants le chien et les valises débarqués, vous avez l’auto presque pour vous tout seul. Choix de l’itinéraire : des virages et des petites routes. Volvo 850R à nous deux.

Un R qui veut dire rolala !

Clignotant à gauche, voilà une belle ligne droite. Pied gauche sur l’embrayage, main droite qui met la seconde, pied gauche qui se relève et pied droit qui dégoupille. Bam. Le moteur qui sait se montrer civilisé en dessous des 3000 tours a bien ses chevaux. Quand on dépasse les 3000 tours il se révèle et pousse beaucoup plus, mais alors BEAUCOUP plus. Le premier virage arrive vite, je n’ai pas passé la 4. Je monte sur les freins. Le toucher de la pédale est assez dur et sa course assez courte. Ça freine fort mais il y en aurait eu une louche de plus, je la prenais volontiers.

La direction permet de bien inscrire la voiture dans les virages. La quasi absence de rappel est bien moins remarquée quand le rythme s’accélère et que c’est le bonhomme qui tient le volant qui décide. On peut réaccélérer assez tôt et ça suit. On ne va pas dire qu’on ressent le delta-link, mais l’arrière suit bien, malgré le poids il ne veut pas forcément pousser la trajectoire vers l’extérieur.

Quand la route s’ouvre un peut et que le pied droit se fait lourd, la Volvo 850R devient vraiment très sympa. L’effet turbo ne ressemble pas à une claque mais vous n’avez pas besoin de regarder l’aiguille pour savoir que les ailettes tournent vite. Par contre si vous sentez cela, vous êtes probablement en train d’évoluer à des vitesses prohibées. Quand vous passez la 4e à 5500 on vous recommande de regarder plutôt la route.

Un gros freinage de plus. Je ralentis un peu le rythme tout en restant énergique. Dans un enchaînement de virages on remarquera deux choses. D’abord que les sièges ne sont vraiment pas des semi-baquets. Leur maintien latéral est au mieux moyennasse. Et puis on remarque aussi que sans s’aider des freins à un rythme soutenu l’avant voudra vraiment élargir. Pour autant on arriver à bien cerner le caractère le Volvo 850R. Et ce qu’on sent quand on est à 80% ne vous invite pas forcément à aller beaucoup plus loin. On a bien un moteur de folie, mais une traction et un poids lourd à manier.

Alors on calme le jeu. Allez, papy et mamie sont rentrés du parc d’attraction. Nous aussi. La Volvo 850R va reprendre sa vie de break. Et attendre les prochains virages pour se remontrer méchante.

Conclusion :

Jamais un constructeur de break sportif ne pourra dire que son auto a l’agilité d’une Lotus. En revanche pour ce qui est du caractère du moteur et des performances pures, il y a aura plus que match.

La Volvo 850R c’est vraiment un couteau suédois. Comme le suisse il sert à tout : un break vivable et spacieux qui peut vous faire perdre votre permis à l’envie. Mais son sang suédois amène ce côté sainte nitouche. Un design on ne peut plus banal et classique qui ne saurait pas éveiller les soupçons au feu tricolore.

Une voiture pour tous, qui pourra être un parfait daily… si les ZFE ne s’en mêlent pas puisqu’elle est encore trop jeune pour avoir un quelconque laisser-passer. Mais bon, une Volvo 850R en ville, c’est du gâchis !

CritèreNote
Budget Achat14/20
Entretien13/20
Fiabilité15/20
Qualité de fabrication16/20
Confort15/20
Polyvalence20/20
Image14/20
Plaisir de conduite16/20
Facilité de conduite15/20
Ergonomie16/20
Total15,4/20

Acheter une Volvo 850R

On a l’impression que les breaks Volvo sont courants. Mais on parle ici d’une auto bien particulière. Au total il y a eu 6800 Volvo 850R de produites ! Pour les prix, vous trouverez les plus belles à plus de 20.000 €. Ensuite les prix descendent en fonction de l’état. Entre 10 et 15.000 vous trouverez de beaux modèles qui vous emmèneront partout sans trop de frais. Par contre en dessous de 10.000 € il faudra réviser l’auto sérieusement car l’état n’est pas top et le kilométrage est souvent élevé.

Le kilométrage des Volvo 850R est d’ailleurs souvent élevé. Du coup cela peut entraîner une hausse de la conso d’essence et d’huile. Autre chose : vérifiez bien le Turbo qui reste quand même à l’ancienne. La corrosion n’est pas toujours un problème… sauf si comme celle-ci elle vient du nord de l’Europe et ses routes salées de longs mois chaque année. Enfin les trains roulants peuvent être à revoir. Au delà d’un certain kilométrage les triangles pourront ainsi faire parti des choses à changer.

Cette belle bleue est d’ailleurs à vendre, en compagnie d’une rouge, et c’est chez les copains de Mecanicus que vous les retrouverez. Toutes les infos sont par là.

Fiche Technique d’une Volvo 850R
MécaniquePerformances
Architecture5 cylindres en ligneVmax243 km/h
Cylindrée2319 cm³0 à 100 km/h6,9 s
Soupapes20400m da15,1 s
Puissance Max240 ch à 5400 tr/min1000m da27,2 s
Couple Max350 Nm de 2400 à 5000 trs/minPoids / Puissance6,3 kg/ch
Boîte de vitesse5 rapports manuelle

TransmissionTraction
ChâssisConso Mixte9,7 litres
Position MoteurTransversale avantConso Sportive28,2 litres
FreinageDisques ventilés AV et pleins AR
Dimensions Lxlxh466 x 176 x 140 cmCote 2020
Poids1580 kg

Au volant d'une Volvo 850R, quick brick

Sur le même thème

1 COMMENTAIRE

  1. Ah… ce 5 pattes Volvo… Quel beau bruit au delà des 5000tr/min. On l’a retrouvé chez Renault sur la Safrane mais aussi chez Ford sur les Mondeo / Focus ST et RS – si je ne dis pas de bêtise. A lui seul, il me donnerait envi d’acheté une Renault Safrane.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Nos derniers articles

Les Voitures Anciennes de nos lecteurs, la MG B d’Arthur

Après un cabriolet italien la semaine dernière, voici une anglaise. Et pas n'importe laquelle puisque Arthur a le cabriolet qui fut longtemps le plus...

Nouveau : des sérigraphies pour les amoureux d’anciennes

L'idée nous trottait dans la tête depuis quelques temps. Le salon de Rouen a été le déclic puisque nous avons trouvé LE bon partenaire...

Distribution, tout est dans le timing

La distribution est l'organe vital de votre moteur. Sans elle, tout fout le camp, mon bon monsieur ! Penchons-nous quelques instants sur son rôle,...

Essai d’une Traction 15 Six H, digne fin de règne

J'avais déjà eu la chance il y a quelque temps de m'installer au volant du mythe de l'automobile française qu'est la Citroën Traction, c'était...