Au volant d’une Eden Roc, petit plaisir

Au volant d'une Eden Roc, petit plaisir
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Conduire un cabriolet italien, on l’a déjà fait. Mais les Alfa Spider, c’est tellement courant. Alors on va faire plus original. Plus petit et populaire (dans sa définition initiale aussi). Direction l’ouest pour essayer cette puce transalpine, une Autobianchi Bianchina Cabriolet, autrement appelée Eden Roc.

L’Eden Roc en bref

Déjà petit rappel : Autobianchi naît de la volonté commune des dirigeants de la firme de vélos Bianchi, de Monsieur Pirelli et d’Agnelli. Fiat voit avec cette nouvelle marque l’opportunité de produire encore plus de Fiat 500 mais sans mettre encore plus dans le rouge son outil de production.

Naît ainsi la marque et sa première auto : la Bianchina. Apparue en 1957 elle est basée sur la Fiat 500. Seule la carrosserie diffère, elle n’a rien à voir ! La première version est la Trasformabile, une sorte de coupé découvrable qui sera rejoint par une version quatre place en 1960 mais aussi le cabriolet. La gamme s’élargira encore avec la version fourgonette. En 1964 Chardonnet, l’importateur français, se met à importer le cabriolet. Mais il renomme l’auto avec un nom qui fleure bon la riviera : Eden Roc.

Les évolutions seront surtout mécaniques et suivront celles des Fiat 500. Les Bianchina de toutes versions seront produites jusqu’en 1969 et 301.300 autos sortiront de Désio près de Milan.

Notre Eden Roc du jour

Notre petite puce du jour porte sur elle les mots dolce vita. Ça se traduit en fait par une robe rouge réhaussée par la bande latérale blanche. C’est chic, c’est mignon, ça lui va bien.

Dans 3,04 m de long Autobianchi a réussi à créer une vraie ligne tricorps. Bon avec ce gabarit on se dirait presque que c’est caricatural, mais non, c’est mignon. Les phares sont vraiment dans les coin et se prolongent avec des ailes… forcément très courtes. Même chose à l’arrière de l’Eden Roc même si ces fameuses ailes ne montent pas si haut, en tout cas pas plus que le sommet du capot moteur. L’habitacle est situé juste au milieu et son pare-brise est plutôt incliné. Les roues sont petites, forcément, mais participent à l’impression de justesse des proportions.

En tout cas l’Eden Roc a une bouille, une vraie signature. Simplement elle respire les 50s. En 1969, quand celle-ci a été fabriquée, elle était déjà rétro !

Même sa capote en place, la ligne est sympathique. Pour le coup le dessin de la toile et de son armature font dans le simpliste mais la ligne ressemble beaucoup à la trasformabile. Aussitôt mise, aussitôt enlevée, il fait beau et il serait dommage de rouler en cabriolet sans en profiter pour parfaire son bronzage.

Niveau détails, l’Eden Roc est assez chiche. Même si le cabriolet est la version luxueuse de la gamme, la “voiture de madame” ne doit pas être trop chère. Néanmoins les décorations chromées sont bien là. La bande latérale blanche est aussi chromée. Les rares aspérités de la tôle se retrouvent sur le capot moteur, parce qu’il faut quand même extraire l’air chaud du moteur. On remarquera d’ailleurs le pot d’échappement, façon paille de soda plus que bazooka.

Intérieur simple et coquet

Dans un cabriolet de cette taille, l’intérieur est forcément petit. Pourtant, surprise, une banquette est bien présente à l’arrière. Bon, soyons honnête, à part pour être à genoux dessus et prendre des photos, elle ne servira pas à des adultes ni à des enfants de plus de 3 ans. Mais vous pourrez au moins y caser des bagages supplementaires.

Les sièges de l’Eden Roc sont simples et leur sky noir, également présent sur les habillages de porte, apportent une seconde couleur dans cet habitacle dominé par le rouge des tôles. Niveau commande, la planche de bord en accueille peu. Le volant est on ne peut plus simple, lui aussi, et derrière on retrouve l’instrumentation. Un seul bloc, avec deux voyants, un pour contrôler la dynamo, un autre pour les lumières, et un dernier pour la pression d’huile. En face on retrouve la jauge à essence et au centre le compteur de vitesse.

Je reconnais d’ailleurs la pâte de la Fiat 500 avec des indications pour le changement des rapports de boîte en fonction de la vitesse.

Sous le capot de l’Eden Roc

Après avoir tourné deux loquets, voici que se dévoile le moteur de l’Autobianchi Eden Roc. Bon, aucune surprise de ce côté, on retrouve le 2 cylindres de chez Fiat. Ici, c’est le moteur de la 500L dont l’Eden Roc s’est équipé en 1965. Au programme 21 ch ! Heureusement que la puce dépasse à peine la demi-tonne (sans les pleins ni les occupants).

Petite particularité de notre auto du jour : elle se dote d’un allumage électronique et sa boîte d’origine a été remplacée par une autre provenant d’une 126 +. Maintenant on va voir comment cet équipage peut nous mener !

Au volant de l’Autobianchi Eden Roc : même pas peur

Avant même que je ne monte dans l’Eden Roc, j’avoue ne pas être hyper rassuré. Contrairement à certaines sportives, ce n’est pas tant le caractère pointu et piégeur de l’auto. Non là le souci c’est plus que cette puce là va vraiment être à part dans les rues de Nantes. En 2020 elle est quasi invisible de la conductrice de 1m50 perchée dans son SUV. Sachant qu’en plus la puissance disponible est aussi grande que mon envie de rouler dans le SUV précédemment cité, j’ai bien peur de me transformer en chicane mobile.

Allez, j’ouvre la porte et me glisse au volant de l’Eden Roc. Heureusement que je ne fais pas 2 mètres, car même en reculant le siège au maximum il m’est impossible de trouver une position de conduite où j’aurais les jambes tendues et les bras presque droits. Cela dit ce n’est pas inconfortable pour autant et me voilà prêt. Bon, heureusement que le propriétaire est encore dans les parages sinon j’aurais cherché longtemps pour faire vrombir la mécanique Fiat. Le démarreur n’est pas au tableau de bord, il ne faut pas non plus enfoncer la clé comme dans une Fulvia. Non, il faut tirer sur une manette située entre les deux sièges. Original.

Ensuite, c’est parti ! J’ai beau démarrer en côte le petit moteur n’est pas tant que cela à la peine. La voiture est à peine chaude, je ne monte pas dans les tours, mais elle monte ! J’arrive même à accrocher les 50 avant un premier rond-point. Là, le freinage est largement suffisant pour que je laisse passer un des SUV que je redoute. C’est une Fiat 500L. Mais elle n’a rien à voir avec celle qui prête sa mécanique à notre auto du jour.

Allez, c’est reparti. Un axe un peu plus dégagé me permet de monter en vitesse. Les 50 puis 70 km/h sont atteints facilement. L’Eden Roc s’intègre au final plutôt bien dans la circulation, la file de voiture qui se forme derrière est égale à celle de devant. Ouf. Les feux tricolores permettent de me jauger, on repart comme un diesel en boîte auto. Bref, rien à signaler. Bon, quand j’arrive à un rond point qui m’indique de prendre une 4 voies, pour seulement 3 km… j’avoue préférer la sortie précédente qui serpente en ville… mais à une allure que mon italienne du jour pourra tenir.

Quelques bornes plus loin, arrêt photo. Premier bilan : rien à signaler. L’installation d’une boîte 100% synchro est une bonne idée. Je ne garde pas de mauvais souvenirs de la boîte d’origine de la Fiat 500 mais j’avoue que celle-ci est quand même plus sécurisante. Je n’ai besoin de me concentrer que sur la trajectoire. Parce que si j’arrive à tenir le rythme, c’est en jouant là dessus. Ne pas trop ralentir, essayer de prendre les virages le plus vite possible pour éviter les relances. Et ça marche ! En même temps le châssis et la légèreté de l’auto rendent l’exercice réalisable plutôt facilement.

Allez c’est reparti. La route du retour est un peu différente. Voilà que se présente une route à 80 avec une bon faux plat, forcément montant. Et bien l’Eden Roc y va. J’avoue essayer d’aller plus loin. Cette fois je ne passe pas les vitesses quand l’aiguille du compteur atteint le petit chiffre peint en rouge. Mais en même temps ça ne sert à rien. Au dessus du fameux signal, l’Eden Roc semble au bout de ses possibilité. Est-ce dû à l’allumeur électronique qui empêche la montée en régime ou bien est-ce que je suis déjà dans la zone rouge ? Mystère puisqu’aucun compte-tour ne m’éclaire sur la question.

Alors je monte. Et à 80 km/h s’il vous plait. En plein soleil, sans avoir trop chaud et sans me poser trop de questions. Une bonne balade qui est un petit peu sportive puisque je joue toujours à garder un rythme élevé en profitant du châssis de la belle. Et c’est un jeu auquel je pourrais jouer longtemps… mais j’arrive au terme de cet essai. Et il faut rendre les clés.

Conclusion :

Conduire une petite auto avec un moteur qui paraît sous-dimensionné peut faire peur au premier abord. Mais il faut simplement se rappeler que l’auto a été conçue comme ça et qu’il n’y a pas de raison qu’elle ne se comporte pas bien !

L’Eden Roc est donc une auto parfaite pour la balade à un rythme adapté pour la circulation de tous les jours. Et puis elle a suffisamment de qualités dynamiques pour qu’on ne la choisisse pas uniquement à cause de son image !

Points forts Points faibles
Un cabriolet de poche comme il y en a peuUn moteur qui manque un peu de pêche
Un châssis qui répond présentUn habitacle riquiqui
Une bouille à craquerDes prix qui s’envolent
CritèreNote
Budget Achat14/20
Entretien15/20
Fiabilité14/20
Qualité de fabrication12/20
Confort13/20
Polyvalence12/20
Image17/20
Plaisir de conduite14/20
Facilité de conduite16/20
Ergonomie12/20
Total13,9/20

Conduire une Autobianchi Eden Roc

Sur le nombre d’Autobianchi Bianchina produites, l’Eden Roc reste une rareté. 9000 exemplaires, sans savoir combien ont traversé les ans, cela laisse peu d’autos à collectionner. Alors il faudra se montrer patient et avoir un porte-monnaie bien garni. Même les modèles les moins en forme ne passent pas sous les 15.000 € ! La côte moyenne se retrouve plutôt vers les 20.000 et certaines autos sont affichées vers les 25.000 € ! Et la mécanique reste celle d’une Fiat 500 !

Pour l’achat, vérifiez évidemment la rouille, mais aussi la présence des quelques pièces spécifiques et le bon état de la carrosserie, elle aussi spécifique. Parce qu’ensuite pour la mécanique vous n’aurez pas plus de souci à trouver les éléments qu’il vous faut que si vous vouliez acheter une 500.

Un grand merci à Jules, amateurs d’automobiles décalées et minuscules pour le prêt de cette petite italienne.

Fiche Technique de l’Eden Roc
Mécanique Performances
Architecture 2 Cylindres ligne Vmax 100 km/h
Cylindrée 499 cm³ 0 à 100 km/h 95 s
Soupapes 4 400m da 25,1 s
Puissance Max 21 ch DIN à 4800 tr/min 1000m da 48,9s
Couple Max 39 Nm à 3500 tr/min Poids / Puissance 24 kg/ch
Boîte de vitesse 4 rapports manuelle

Transmission Propulsion
Châssis Conso Mixte ±6 L/100 km
Position Moteur Longitudinale arrièreConso Sportive
Freinage Tambours AV et Ar
Dimensions Lxlxh 304 x 134 x 126 cm
Poids 520 kg

Source : CarJager

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