America, SuperAmerica ou Superfast, quand Ferrari s'attaque aux USA

America, SuperAmerica ou Superfast, quand Ferrari s'attaque aux USA

Replaçons nous aux tout début de Ferrari. La marque remporte vite des succès en course et se forge une bonne image. Mais pour rouler en course, il faut vendre des autos de route. Et comme la superpuissance américaine est une terre où les belles autos ont tendance à bien se vendre, Ferrari va s’attaquer à ce marché avec des modèles spécifiques. Ce sont les America, SuperAmerica et Superfast dont on vous parle aujourd’hui.


Tout commence avec un moteur

Si Colombo et son V12 on forgé la légende de Ferrari, il ne faut pas oublier l’autre V12 de la marque, le Lampredi. Les deux sont très proches dans leur définition avec l’emploi d’aluminium, arbre à cames en tête, deux soupapes par cylindres et trois carbus double corps pour les alimenter. Mais le Lampredi est plus gros. Sa cylindrée de base est de 3.3 litres au début de l’année 1950. Très vite on le pousse à 4.5 litres… pour la F1. Mais on ne va pas l’y cantonner.

Ainsi une version 4,1 litres voit le jour avec un alésage de 80 mm. De belles gamelles qui permettent de sortir 220 ch. Reste maintenant à lui trouver une auto. Et c’est le début de la lignée des America.

America, SuperAmerica ou Superfast, quand Ferrari s'attaque aux USA

La Ferrari 340 America

Nous sommes en 1951. Ce gros moteur conviendrait parfaitement au marché américain. Mais niveau châssis, rien ne convient parfaitement. Alors on allonge le châssis de la 275 S. Cela offrira également plus de place aux occupants.

La Ferrari 340 America est exposée au salon de Paris 1950 en barquette signée par Touring. Mais Vignale et Ghia en réaliseront également. 23 autos seront ainsi construites. On en retrouvera en course, Viloresi remporte les Mille Miglia au volant d’une de ces autos.

La Ferrari 342 America

Apparue en 1952 la 342 America reprend le moteur de la 340, légèrement dégonflé à 200 ch. Par contre elle est plus destinée à un usage routier. Elle est extrêmement confidentielle puisque seulement 6 autos ont été construites ! Cinq seront carrossées par Pinin Farina.

Le cabriolet bicolore ci-dessous est la 6e auto carrossée par Vignale et c’est le même, en bleu, vu à la Villa d’Este en 2019.

La Ferrari 375 America

En 1953 apparaît la 375 America. On ne se cache plus, le 4.5 litres est directement issu du moteur de F1 avec la même cylindrée et 300 ch pour les voitures de sport. Le châssis est dérivé des précédentes mais encore rallongé. Lancé en même temps que la 250 Europa dont elle est proche, les noms et les fiches techniques annoncent clairement les marchés visés. Si la plupart des 11 autos sont carrossées par Pinin Farina, quelques unes le seront par Vignale (la rouge ci-dessous notamment).

L’une d’elle, commandée par la famille Agnelli se démarquera par une ligne unique.

La Ferrari 410 SuperAmerica

Pour remplacer les America arrivent les 410 SuperAmerica. L’empattement dépasse de 20 cm celui des “classiques” 250. Imposantes, elles sont propulsées par le Lampredi de 4.9 litres développant 360 ch et directement issu des moteur utilisés pour les séries sud-américaines où les grosses puissances ont reines. Majoritairement habillées par Pininfarina elles sont 5 à être construites en 1956 et 1957.

Quand Pininfarina lance une nouvelle ligne, 12 autres autos sont produites en 1958.

La Ferrari 410 Superfast

Modèle unique, la 410 Superfast date de 1956. Habillée par Pininfarina et motorisée par le moteur de la 400 SuperAmerica elle repose sur un châssis plus court, plus sportif.

La Ferrari 400 Superamerica S1

Finie l’augmentation de cylindrée en 1959, on redescend. 400 ne désigne plus la cylindrée unitaire mais la cylindrée globale : 4 litres. Et ce n’est plus le Lampredi qui est à la manœuvre. C’est le “petit” moteur, le Colombo qui est généralisé. Mais comme on a un peu de marge, au lieu des 3 litres des 250 on le passe à 4 litres et 300 ch. Côté châssis, la nouvelle auto se démarque par l’emploi de 4 freins à disques mais fait appel globalement à celui d’une 250 allongé.

La ligne de cette première auto, unique signée Pininfarina pour la famille Agnelli, est particulière puisque la calandre rectangulaire la démarque franchement des précédentes.

La Ferrari 400 Aerodinamico

En 1960 Ferrari et Pininfarina ont exposé la Superfast II. Un coupé beaucoup plus aérodynamique qui ne satisfait pas aux performances des 250. Mais les 400 sont plus lourdes et les problème de stabilité disparaissent.

Les premiers exemplaires sont désignés comme Ferrari 400 SuperAmerica et douze autos sont produites.

Ensuite arrivent les S2 en 1962. Les passages de roues arrière sont totalement ouverts. L’empattement est également rallongé sur ces LWB qui gagnent 10 mm.

La Ferrari 500 Superfast

C’est l’apothéose de la série. En 1964 on présente la 500 Superfast. Le moteur Colombo cube désormais 5 litres et sort 400 ch. La ligne est proche des 400 Aerodinamico mais on les distingue par l’absence de verre sur les phares.

Ce sont 36 exemplaires de cette dernière qui seront produites.

La fin des séries spéciales

Quand la dernière 500 Superfast sort de production en 1966 c’est un peu la fin des modèles spéciaux chez Ferrari. La lignée des America a vécu et toute la gamme sera dorénavant recentrée sur les 275 et 330. Cela nous laisse un peu plus d’une centaine d’américaine à gros cube. Alors apprécions les quand on les croise !

Photos : News d’Anciennes, Bonhams, RM Sotheby’s, Gooding & Co, Supercars.net, Ferrari


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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

3 commentaires sur “America, SuperAmerica ou Superfast, quand Ferrari s'attaque aux USA”

  1. Une centaine, vous voulez dire qu’il ne reste qu’une centaine survivantes de tous ces modèles ? Sur combien de produites, même approximativement ? Merci

    1. Les chiffres de production sont donnés à chaque fois. Donc une centaine d’autos, c’est la production de base. Il doit une rester une grande majorité, difficile de les recenser.

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